Eli et le secret des dunes - Elsa de Bono - E-Book

Eli et le secret des dunes E-Book

Elsa de Bono

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Beschreibung

Un jeune adolescent aux prises avec une divinité menaçante et un monde sous-marin parfois hostile...

Orphelin, Eli a perdu l’usage de la parole. Il est la risée de nombreux camarades et sa tante l’ignore. C’est auprès de l’Océan blanc, son meilleur ami, qu’il trouve refuge. Mais un jour, l’Océan se recouvre d’une substance noire, inconnue, qui sème la mort sur son passage. C’est lui, l’enfant exclu de la société, que les Fées des dunes vont choisir pour aller sauver l’Océan devenu sombre. Pour cela il devra rejoindre l’autre monde et affronter Ierkos. Va-t-il les écouter ? En sera-t-il capable ?

Avec l'aide des fées des dunes et de deux jeunes océanides, parviendra-t-il à sauver l’Océan ?

EXTRAIT

Bouleversé, Eli ne pouvait détacher son regard de l’Océan Blanc. Il resta pétrifié par la vue qui s’offrait à lui. Un flot noirâtre, épais et qui semblait gluant, même à cette distance, sourdait du fond de l’Océan et se déversait, lentement, mais sans fin. Le liquide noir s’étalait en nappes qui se transformaient en galets collants. Ils venaient s’échouer sur le sable et peu à peu se coagulaient pour former une croûte noire, épaisse et solide. Doucement, mais sûrement, l’étrange liquide envahissait l’océan, chassant les occupants qui pouvaient fuir, engluant ou étouffant ceux qui ne le pouvaient pas. Les yeux remplis de larmes, au comble du désespoir, Eli ne pouvait quitter son poste d’observation, là, en haut de cette dune. Le temps s’était suspendu et Eli n’avait plus aucune notion du monde qui l’attendait là-bas, au bout de ce chemin qui ramenait au village. Abasourdi, pétrifié comme si lui-même était recouvert de ce liquide noir, il ne bougeait plus, ne respirait plus. Il n’essuyait même pas les larmes qui roulaient le long de ses joues. Brusquement, des bruits de moteur le ramenèrent à la réalité. Des hélicoptères tournoyaient, des camions et des voitures approchaient. Sans doute des spécialistes venus analyser le phénomène ; ou des policiers chargés de boucler le secteur par mesure de sécurité. Qu’importe ! Il lui fallait disparaître avant d’être repéré.

À PROPOS DE L'AUTEURE

Elsa de Bono est née à Bayonne et vit dans la région des Grands Lacs des Landes. Docteure en littératures française, francophone et comparée, le sujet de sa thèse interpelle le personnage de la fée au Moyen Âge. Un monde imaginaire qu’elle aime fréquenter et réinvestir dans ses écrits. Amoureuse de la langue française, elle a reçu deux prix de poésie. C’est ce même amour qui l’a poussée à enseigner durant de nombreuses années dans les lycées et collèges, et surtout dans un atelier relais pour élèves en rupture scolaire, parce que transmettre et partager sa passion sont l’essence de sa vie.

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Seitenzahl: 130

Veröffentlichungsjahr: 2020

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Elsa de Bono

Eli et le secret des dunes

Livre Jeunesse

ISBN : 978-2-37873-906-5

Collection Saute-mouton

ISSN : 2610-4024

Dépôt légal : mars 2020

© 2020 Couverture Ex Æquo

© 2020 Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction intégrale ou partielle, réservés pour tous pays

Toute modification interdite

Éditions Ex Æquo

Chapitre I

Le soleil plongeait ses derniers rayons dans les profondeurs de l’Océan Blanc. Le mouvement des vagues, régulier, emplissait l’air d’une douce et fraîche musique. Assis, adossé à la dune, Eli contemplait l’étendue scintillante qui prenait les teintes du couchant. Il savait tout de cet océan : ses colères furieuses, ses repos tranquilles sous le soleil d’été, ses clapotis dansants qui faisaient la joie des enfants. Il était son ami. Il venait lui confier ses secrets, ses moments de tristesse ou de joie. Sa présence l’apaisait.

Tout doucement, le soir envahissait l’espace et la nuit, très bientôt, serait là. Des larmes roulaient sur les joues d’Eli. Il les laissait glisser, une à une, lentement. Il pouvait se laisser aller, personne ne le voyait, pas un naze pour se moquer de lui. Il profitait du calme, se laissait bercer par le bruit des vagues, regardait se former cette écume blanche à laquelle l’océan devait son nom. Il était loin alors de se douter de ce qui se tramait dans les profondeurs sous-marines.

« Et dire qu’il va falloir que je rentre, » se dit Eli, la mort dans l’âme. C’était toujours pour lui le moment le plus cruel de la journée ; comme si on lui arrachait un morceau de lui-même. Laisser là son meilleur ami, ses pensées et ses rêveries, ses instants de paix. À contrecœur, il se leva, essuya ses dernières larmes et, comme chaque jour, reprit le chemin qui longeait la dune et peu à peu s’éloignait pour le ramener au village.

Il savait déjà ce que sa tante lui dirait lorsqu’il refermerait la porte d’entrée, mais cela n’avait aucune importance. Tous les soirs les mêmes paroles sifflaient, des mots qu’il n’entendait même plus. Sa tante Ida ne comprenait rien, et ne comprendrait jamais rien à ce qu’il pouvait éprouver. Que pouvait-elle savoir, au fond ? Ce n’était pas elle qui avait perdu ses parents.

— Ah ! Te voilà enfin ! s’exclama-t-elle en l’entendant arriver. Où étais-tu encore en train de traîner ? Tous les jours, c’est la même chose. Tu rentres à la nuit tombée, tu pourrais m’aider un peu ! Tu es grand maintenant !

Eli ne répondit pas. Il en était incapable. Depuis la mort de ses parents dans ce tragique accident, il ne parlait plus à personne. Plus aucun son ne sortait de sa bouche. Il était muet, ce qui amusait les autres enfants à l’école et le bloquait encore plus. Et puis s’il avait pu parler, qu’aurait-il pu dire à sa tante ? Ils étaient si différents ! Chacun dans son monde... Il avait l’impression qu’elle ne le comprenait pas, qu’elle ne faisait aucun effort pour venir à sa rencontre. Il se sentait isolé, incompris, abominablement seul. Et profondément triste.

Le repas se déroula comme tous les soirs, silencieux et lugubre. Tante Ida était prise dans sa vie de tous les jours et ne pouvait imaginer ce qui trottait dans la tête d’Eli. Et comme il ne s’exprimait que par signes, ils avaient du mal à communiquer.

 L’atmosphère était pesante. Ils restaient assis l’un en face de l’autre, dans le silence que seule la pendule de la cuisine brisait. Dès que le repas était terminé, Eli s’éclipsait dans sa chambre et s’y enfermait. Il était censé faire ses devoirs. Elle rangeait la cuisine, seule, soulagée d’une présence qui lui pesait. Ce n’était que par devoir qu’elle gardait Eli chez elle : elle était sa seule famille. Mais le mutisme de son neveu la désespérait. Certes, elle avait consulté de nombreux médecins et spécialistes, mais aucun n’avait trouvé de solutions. Tous lui avaient répondu qu’Eli retrouverait la parole lorsqu’il serait prêt à le faire. Il fallait attendre...

***

Assis sur son lit, les yeux dans le vague, Eli revoyait l’étendue bleue de l’Océan Blanc. Il ne pouvait vivre sans lui. Il avait besoin de respirer l’air frais et pur qu’il agitait, il lui fallait lui rendre visite chaque jour. Il pouvait alors se noyer dans cette immensité au point d’oublier la réalité, au point de ne plus faire qu’un avec cette masse d’eau aux couleurs de l’azur et aux reflets argentés. Perdu dans ses pensées, il ne vit pas l’heure tourner et ce fut la voix de sa tante qui, tout à coup, le ramena à la réalité :

— As-tu fini tes devoirs ? Il est l’heure d’éteindre maintenant !

Elle frappa à la porte et entra. Elle jeta un coup d’œil circulaire pour voir si tout était en ordre dans la pièce et lui souhaita « bonne nuit », sans même vérifier si les devoirs étaient bien faits. Après tout, il avait de bons résultats, c’est qu’il devait travailler... Mais Eli n’avait pas encore ouvert le moindre cahier. Comme tous les soirs, il alluma sa lampe de poche sous sa couverture afin que sa tante ne voie plus aucune lumière et le croie endormi, puis il se mit à l’ouvrage. L’école ne l’intéressait pas beaucoup, mais il faisait toujours ses devoirs consciencieusement, car il avait compris que c’était le meilleur moyen d’éviter les retenues du soir et la surveillance de sa tante. C’était le prix de sa liberté et pour rien au monde il n’aurait tenté de perdre une occasion d’aller rendre visite à son ami l’Océan. Alors, avec application, il se mit au travail.

Chapitre II

Le soleil éclairait le chemin d’une lumière douce et rassurante. Pas un nuage ne troublait l’horizon. En ce début de printemps, la nature s’éveillait et tout reprenait un aspect plus vivant. Pourtant, il affleurait dans l’atmosphère quelque chose d’étrange, une impression incertaine et inexplicable, le sentiment flottant d’une catastrophe annoncée. Eli sentait tout cela, une sensation diffuse, un malaise qu’il ne pouvait s’expliquer. C’était comme si, au loin, son ami l’Océan l’appelait au secours. Mais que pouvait-il lui arriver ? Il était si grand, si fort !

Eli se dit que ce devait être lui qui n’allait pas bien et il hâta le pas vers l’école pour y retrouver son autre meilleur ami, Antoine. Celui-ci arrivait à peine et se jeta sur Eli, les cheveux irrémédiablement en bataille, comme s’il ne parvenait jamais à les coiffer. Antoine se moquait bien de sa coiffure rebelle, comme il se moquait de bien d’autres choses. Mais jamais d’Eli. Lui, au moins, respectait son camarade et ses différences.

Le regard vif et sombre d’Antoine donnait vie à ce petit visage rond. Il questionna aussitôt Eli :

— Tu connais la nouvelle ? 

Eli fit signe que non. Il échangeait par signes avec ses camarades, certains aimaient bien ce mode de dialogue, d’autres en riaient. Antoine en avait si bien pris l’habitude qu’il comprenait son camarade à demi-gestes. C’est alors que la sonnerie retentit.

— Il paraît que l’Océan Blanc est en train de changer de couleur, il devient noir, souffla Antoine alors que le maître apparaissait et que le silence se faisait dans les rangs.

La stupeur frappa Eli d’un coup. Il blêmitet son cœur s’arrêta de battre.

Il sentit ses jambes devenir toutes molles. Antoine n’avait pas l’habitude de colporter n’importe quelle rumeur. Il devait y avoir quelque chose de vrai dans ce qu’il lui avait dit. Mais comment cela était-il possible ? D’où Antoine pouvait-il tenir cette information ? Des milliers de questions se mirent à tourbillonner dans la tête d’Eli lorsqu’une voix forte le sortit de ses réflexions. C’était le maître, Monsieur Martin :

— Eli, allons, ne traîne pas, tout le monde est déjà dans le couloir. Que t’arrive-t-il ? Tu as l’air soucieux, tu es bien pâle. Ça ne va pas ? 

Eli fit signe que tout allait bien ou presque. Il essaya de lui expliquer ce qu’Antoine lui avait dit. Après tout, il était le maître, il devait tout savoir. Mais dans la panique, il ne parvenait pas à s’exprimer, ses gestes s’emmêlaient et le maître ne comprit absolument rien. Il se tourna vers Antoine et l’interrogea du regard pour obtenir des éclaircissements. Antoine vint au secours de son camarade :

— Il paraît que l’Océan change de couleur...

— Eh bien ! Je ne suis pas au courant de cette nouvelle. Peut-être quelqu’un veut-il faire une blague. Tu sais, les rumeurs souvent ne sont pas exactes. Avec un peu de patience, nous saurons le fin mot de cette histoire.

Cette réponse ne rassura pas vraiment Eli. Et toute la matinée, ses pensées ne cessèrent de retourner vers cet Océan qu’il aimait tant et qui souffrait peut-être... Eli était sur des charbons ardents, il était impatient et écouta très peu les leçons du jour. Il devait attendre midi, il ne pourrait rien envisager avant. Il profiterait alors de l’heure du repas pour éclaircir ce mystère. Si Antoine pointait pour lui à la cantine, personne ne s’apercevrait de son escapade. Ce n’était pas la première fois et il s’en était toujours bien tiré. Bien sûr, il fallait éviter de rencontrer du monde à l’extérieur, mais avec un peu de chance, Eli s’en sortirait sans ennuis. La cloche venait de sonner et il quitta la classe machinalement, perdu dans ses pensées.

— Eli, que mijotes-tu ? Je vois bien que quelque chose te tracasse depuis ce matin !

C’était la voix d’Antoine. Il se retourna d’un bond.

Il expliqua à son ami qu’il fallait qu’il pointe pour lui à la cantine, qu’il avait besoin de sortir. Heureusement Antoine avait l’habitude des signes d’Eli et lecomprenait très vite.

— Tu vas où encore ? J’en ai assez de te couvrir chaque fois que t’as envie d’aller faire un tour au lieu de venir manger. Si jamais on se fait prendre, on est bons tous les deux pour une visite chez le directeur, et mon père va me tuer... 

Eli insista et tenta d’expliquer à son ami que c’était important pour lui. Il devait à tout prix aller se rendre compte.

— Bon, O.K. ! Mais c’est la dernière fois. Et si on te cherche, je sais rien...

— D’accord, merci. T’es super ! répondit Eli par signes qu’Antoine comprit aussitôt.

Puis il se mêla au flot des externes et disparut aux yeux d’Antoine. Il longea le mur extérieur de la cour, contourna l’enceinte de l’école et se retrouva dans une rue étroite et déserte qui menait à la plage et que personne, à cette heure de la journée, n’empruntait. Il pressa tout de même le pas. Son cœur battait à tout rompre. Les odeurs de l’Océan lui parvenaient, il approchait... Il gravit la dune aussi rapidement qu’il le put et se figea en haut, le cœur battant, le souffle coupé, contemplant l’immense étendue qui s’agitait sous ses yeux...

Chapitre III

Bouleversé, Eli ne pouvait détacher son regard de l’Océan Blanc. Il resta pétrifié par la vue qui s’offrait à lui. Un flot noirâtre, épais et qui semblait gluant, même à cette distance, sourdait du fond de l’Océan et se déversait, lentement, mais sans fin. Le liquide noir s’étalait en nappes qui se transformaient en galets collants. Ils venaient s’échouer sur le sable et peu à peu se coagulaient pour former une croûte noire, épaisse et solide. Doucement, mais sûrement, l’étrange liquide envahissait l’océan, chassant les occupants qui pouvaient fuir, engluant ou étouffant ceux qui ne le pouvaient pas. Les yeux remplis de larmes, au comble du désespoir, Eli ne pouvait quitter son poste d’observation, là, en haut de cette dune. Le temps s’était suspendu et Eli n’avait plus aucune notion du monde qui l’attendait là-bas, au bout de ce chemin qui ramenait au village. Abasourdi, pétrifié comme si lui-même était recouvert de ce liquide noir, il ne bougeait plus, ne respirait plus. Il n’essuyait même pas les larmes qui roulaient le long de ses joues. Brusquement, des bruits de moteur le ramenèrent à la réalité. Des hélicoptères tournoyaient, des camions et des voitures approchaient. Sans doute des spécialistes venus analyser le phénomène ; ou des policiers chargés de boucler le secteur par mesure de sécurité. Qu’importe ! Il lui fallait disparaître avant d’être repéré. Il dégringola de la dune à toute allure. Heureusement, le chemin pour piétons n’était pas encore envahi de curieux, et les quelques personnes qui l’empruntaient étaient trop préoccupées par ce qui les attendait sur la plage pour s’intéresser à ce qui se passait autour d’elles. La nouvelle ne s’était pas encore répandue, mais cela n’allait plus tarder...

Eli fit de son mieux pour effacer toute trace de larmes. À son retour dans la cour, il lui faudrait se donner une contenance et ne rien laisser paraître. L’agitation qui se manifestait maintenant lui rendait service, il passait inaperçu, personne ne faisait attention à ce garçon qui reprenait le chemin de l’école. Quoi de plus naturel, après tout ? Il rejoignit le portail sans encombre et s’engouffra dans la cour en même temps que les derniers externes.

Chapitre IV

L’après-midi parut interminable, une vraie torture ! Que se passait-il là-bas ? Qu’était-il arrivé à son ami ? Quel était ce liquide qu’il avait vu se déverser dans l’Océan ? Tant de questions sans réponse trottaient dans la tête d’Eli. Les images des oiseaux pris par le liquide gluant lui revenaient, comme dans un cauchemar. Comment allait-il s’y prendre pour savoir ce que personne ici ne savait encore ? Tout cela occupait son esprit et il ne suivit pas beaucoup le cours. La sonnerie retentit enfin.

Eli se précipita dehors. Il était un des premiers à sortir de la classe. Il proposa à Antoine de venir avec lui. Il lui expliqua ce qu’il avait pu constater le midi. Il aurait tellement aimé que son ami l’accompagne et l’aide à mener une petite enquête. Mais ce dernier déclina son offre :

— Pas ce soir, désolé ! Si je me pointe pas chez moi dès la sortie, ça va être ma fête. Mes parents ont décidé de me surveiller de près depuis que j’ai eu une mauvaise note l’autre jour. Mais tiens-moi au courant. Je t’attendrai dans ma chambre, tu n’auras qu’à jeter du sable sur ma fenêtre, j’ouvrirai.

Eli opina de la tête. Le cœur battant à tout rompre, il courut jusqu’à l’Océan. Il ne sentait même pas le point de côté qui le lancinait. Il voulait parvenir le plus rapidement possible à l’Océan, en savoir plus...

Sa course s’arrêta net. Là, en haut de la dune, un barrage avait été dressé. Des barrières, des cordes interdisaient le passage. À bout de souffle, Eli aperçut de nombreuses personnes ; certaines faisaient des prélèvements dans le sable, d’autres dans l’eau. Un murmure montait de la plage. Il s’approcha d’un policier en faction, bien décidé à en savoir plus. Mais il fallait qu’il se fasse comprendre, et ce n’était pas toujours évident avec son mode de communication. Il essaya malgré tout.

— Il est strictement interdit de passer. Va jouer plus loin, lui ordonna le policier qui ne chercha pas à savoir ce que voulait ce garçon.

Mais Eli était bien décidé à avoir quelques informations sur les événements. Il insista, fit des grands gestes et finit par écrire sa question sur une feuille qu’il sortit de son cartable. Le policier lut, regarda le visage de ce garçon qui avait l’air à la fois si triste et si inquiet. Alors, il lui répondit :