Esprit Guerrier - S.E. Smith - E-Book

Esprit Guerrier E-Book

S.E. Smith

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Beschreibung

La vie de Jacob Tucker est bouleversée lorsqu’il quitte son ranch en 1867 pour se rendre en 2013. Les véhicules métalliques et les machines volantes sont époustouflants, mais c’est sa rencontre avec Allie Whitewater qui change réellement sa vie. Elle a le langage d’un cowboy, le corps d’un ange, et le tempérament du diable lui-même, il est donc évident que c’est la femme qu’il lui faut. Jacob n’a jamais été aussi sûr de lui de sa vie, et quand elle rentrera avec lui à son époque, la vie sera presque parfaite. Il a un plan infaillible : il n’aura qu’à l’enlever assez longtemps pour qu’elle n’ait plus jamais envie de partir.

Allie Whitewater prévoit de passer le reste de sa vie dans le ranch que son père a fondé. Elle le dirigera et l’améliorera. Du moins, c’était le plan jusqu’à ce qu’elle parte en vacances dans le passé et qu’un cowboy sexy décide de rendre son départ difficile… et ce n’est que le début de ses problèmes. Allie embrasse depuis longtemps l’héritage amérindien de son père et l’héritage blanc de sa mère, mais voilà qu’à présent, des vies dépendent de la façon dont elle traitera avec ses ancêtres. Que faudra-t-il pour prouver à l’armée blanche et aux « Peaux-Rouges » qu’elle est une force à ne pas sous-estimer ?

L’histoire ne s’arrêtera pas pour deux âmes séparées par le temps. Le passé pourra-t-il supporter une femme moderne ? Ou détruira-t-il l’essence même qui fait d’elle la partenaire idéale de son cowboy, son esprit guerrier ?

Auteur de renommée internationale, S.E. Smith propose une nouvelle histoire d’action pleine d’aventure et de romance. Débordant de l’humour qui la caractérise, de paysages éclatants et de personnages attachants, il est certain que ce livre deviendra un nouveau favori des fans !

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Veröffentlichungsjahr: 2025

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ESPRIT GUERRIER : LA PASSE DES ESPRITS, TOME 2

S.E. SMITH

REMERCIEMENTS

Je voudrais remercier mon mari Steve de croire en moi et d'être assez fier de moi pour me donner le courage de suivre mes rêves. J'aimerais également remercier tout particulièrement ma sœur et meilleure amie, Linda, qui non seulement m'a encouragée à écrire mais a également lu le manuscrit. Et également mes autres amis qui croient en moi : Jennifer, Jasmin, Maria, Rebecca, Gaelle, Angelique, Charlotte, Rocío, Aileen, Julie, Jackie, Lisa, Sally, Elizabeth (Beth), Laurelle, et Narelle. Les filles qui m'aident à continuer !

Et un merci tout particulier à Paul Heitsch, David Brenin, Samantha Cook, Suzanne Elise Freeman, Laura Sophie, Vincent Fallow, Amandine Vincent, et PJ Ochlan, les voix fantastiques derrière mes livres audios !

—S.E. Smith

Esprit Guerrier : La Passe des Esprits, Tome 2

Copyright © 2025 par Susan E. Smith

Publication E-Book en anglais Novembre 2014

Publication E-Book en français August 2025

Traduit Par : Charlotte Spender

Relu Par : Gaëlle Darde

Couverture par : Laurelle Santamaria

TOUS DROITS RÉSERVÉS :

Cette œuvre littéraire ne peut être reproduite ou transmise sous quelque forme ou par quelque moyen que ce soit, y compris la reproduction électronique ou photographique, en tout ou en partie, sans l'autorisation écrite expresse de l'auteur. Aucune partie de l’œuvre de l'auteur ne pourra être utilisée pour l'entraînement d'une IA sans l'autorisation écrite expresse de l'auteur.

Tous les personnages et événements de ce livre sont fictifs ou ont été utilisés de façon fictive, et ne doivent pas être interprétés comme étant réels. Toute ressemblance avec des personnes vivantes ou décédées, des événements réels ou des organisations est strictement fortuite et n'est pas voulue par l'auteur.

Résumé : Pour garder Allie, Jacob pense qu’il lui suffit de la ramener à son époque et de la serrer si fort dans ses bras qu’elle ne regrettera pas ses véhicules de métal et ses machines volantes, mais les tensions croissantes de son siècle menacent tous ses espoirs.

ISBN : 978-1-963823-75-2 (livre de poche)

ISBN : 978-1-963823-74-5 (eBook)

Western Romance | Paranormal (Magie) | Voyage Dans le Temps

Publié par Montana Publishing, LLC

& SE Smith de Florida Inc. www.sesmithfl.com

RÉSUMÉ

La vie de Jacob Tucker est bouleversée lorsqu’il quitte son ranch en 1867 pour se rendre en 2013. Les véhicules métalliques et les machines volantes sont époustouflants, mais c’est sa rencontre avec Allie Whitewater qui change réellement sa vie. Elle a le langage d’un cowboy, le corps d’un ange, et le tempérament du diable lui-même, il est donc évident que c’est la femme qu’il lui faut. Jacob n’a jamais été aussi sûr de lui de sa vie, et quand elle rentrera avec lui à son époque, la vie sera presque parfaite. Il a un plan infaillible : il n’aura qu’à l’enlever assez longtemps pour qu’elle n’ait plus jamais envie de partir.

Allie Whitewater prévoit de passer le reste de sa vie dans le ranch que son père a fondé. Elle le dirigera et l’améliorera. Du moins, c’était le plan jusqu’à ce qu’elle parte en vacances dans le passé et qu’un cowboy sexy décide de rendre son départ difficile… et ce n’est que le début de ses problèmes. Allie embrasse depuis longtemps l’héritage amérindien de son père et l’héritage blanc de sa mère, mais voilà qu’à présent, des vies dépendent de la façon dont elle traitera avec ses ancêtres. Que faudra-t-il pour prouver à l’armée blanche et aux « Peaux-Rouges » qu’elle est une force à ne pas sous-estimer ?

L’histoire ne s’arrêtera pas pour deux âmes séparées par le temps. Le passé pourra-t-il supporter une femme moderne ? Ou détruira-t-il l’essence même qui fait d’elle la partenaire idéale de son cowboy, son esprit guerrier ?

1

Montana, 1867

Jacob Tucker tira sur les rênes de son cheval et examina l’étroite ouverture de la passe. Un frisson descendit le long de son échine et il leva les yeux vers les rochers qui la bordaient. Il était monté dans ces montagnes de nombreuses fois, mais il n’avait jamais vu cette passe. Cela ne voulait pas dire grand-chose. Les montagnes regorgeaient de choses devant lesquelles on pouvait passer, à pied ou à cheval, sans rien en voir.

Jacob lança un regard par-dessus son épaule et fit un signe de tête à son frère jumeau, Jonathan. Ce dernier avait lui aussi senti le changement. Il y avait quelque chose d’étrange à propos de la passe qu’ils franchissaient.

Perdu dans ses pensées, Jacob se retourna. Il repensait aux événements qui avaient conduit le petit groupe ici. S’il croyait que leurs vies avaient changé depuis qu’une femme entêtée et insolite était soudain apparue, ce n’était rien à côté de ce qui les attendait. Son regard se posa sur l’étranger qui chevauchait devant son frère et lui.

Billy Cloudrunner, pensa-t-il en fixant le dos de l’homme.

Jamais il n’avait rencontré d’Indien comme lui. À vrai dire, il n’avait jamais rencontré d’homme comme celui qui montait le cheval de Jonathan. Il parlait, mais Jacob ne comprenait qu’un mot sur trois, et ce n’était pas parce qu’il parlait lakota. Non, Billy s’exprimait en anglais, mais Jacob n’avait jamais entendu les mots qu’il employait. Il parlait de choses comme des lunettes de vision nocturne, des pick-up, et de quelque chose appelé « le match de football américain du lundi à la télévision ».

Billy se retourna sur sa selle et lui fit un sourire qui n’étira qu’un coin de sa bouche, peut-être parce que sa mâchoire était enflée à l’endroit où Jonathan l’avait frappé. Néanmoins, il lisait un amusement ironique dans le regard de l’homme qui n’avait pas lieu d’être, comme s’il n’avait pas conscience du danger qu’il courait.

— C’est encore plus flippant quand on la franchit, lança Billy en observant l’étroite ouverture. Mon vieux ne va pas me croire quand je vais lui dire que j’ai vraiment franchi la passe, que je suis allé de l’autre côté et que je suis revenu en un seul morceau.

— À quelle distance se trouve l’autre côté ? demanda Jacob tandis que Jonathan allait se mettre au même niveau que lui avec Midnight, le cheval noir qui appartenait à sa femme disparue.

— Je ne sais pas, répondit Billy en se grattant le bras gauche. Je dirais environ un kilomètre et demi. Je n’ai jamais été doué pour estimer les distances.

— Allons-y, lança sèchement Jonathan en reculant afin de surveiller leurs arrières. Plus on attend, plus les hommes qui ont enlevé Indy s’éloigneront.

Billy secoua la tête.

— Je suis vraiment désolé pour cette histoire, grommela-t-il, talonnant les flancs de son cheval et prenant la tête de leur petit groupe. J’aime bien Indy. Je ne savais pas que c’était elle qu’ils cherchaient. Indy n’a vraiment pas eu de chance. Tout le monde en ville pense que ses frères ne sont rien d’autre que des sales cons.

Jacob sentait la tension irradier de son frère. Billy ferait mieux de se montrer prudent ; s’ils n’avaient pas tant besoin de lui, Jonathan lui aurait mis une balle dans la tête pour avoir admis que c’était lui qui avait conduit les deux autres hommes à Indy. Il se pencha en avant sur sa selle et tapota l’encolure de son cheval lorsqu’il dansa à l’entrée de la passe.

Indiana Wild s’était présentée à leur ranch, à Jonathan et lui, plusieurs mois plus tôt. Elle était arrivée juste à temps pour sauver deux de leurs hommes et un grand troupeau de voleurs de bétail. Jake, l’un de leurs employés, s’était fait tirer dessus pendant l’attaque. Indy avait rafistolé le vieil homme et était restée pour leur prêter main-forte. Quand Jonathan était arrivé le lendemain, il avait embauché Indy comme cowboy.

Heureusement pour Jonathan, Jacob n’avait pas été présent au moment de son arrivée. Il devait admettre que c’était probablement une bonne chose, car s’il avait été là, son frère aurait dû se battre, et pas seulement avec Indy.

D’après ce qu’il avait appris, avant son retour, Jonathan et tous les autres cowboys avaient cru qu’Indy était un garçon. Son frère avait même laissé Indy sur le terrain plus longtemps qu’il n’y laissait normalement ses hommes. Apparemment, son attitude froide avait irrité son frère. Ils avaient découvert que le garçon impoli était en réalité une femme très insolite grâce à Jake qui, dans tous ses états, avait raconté avoir trouvé une femme nue en train de travailler sur le toit de la vieille cabane près de la rivière.

Jacob venait de rentrer à la maison et avait à peine eu le temps de se laver lorsque Jake avait déboulé dans la cuisine en racontant des choses folles à propos d’Indy et de la femme nue qu’il faisait travailler sur le toit de la cabane pour lui. Il avait failli se rompre le cou en s’habillant afin de retrouver au plus vite Jonathan au rez-de-chaussée. Sautant dans le chariot, ils avaient filé vers la rivière pour découvrir que la femme « nue » était en fait Indy vêtue de choses qui s’appelaient un short et une brassière de sport.

Le lendemain, il y avait eu un mariage hâtif avec une mariée pieds et poings liés et de nombreuses révélations choquantes. Indy les avait stupéfiés en leur affirmant venir du futur. Jacob se rappelait que Jonathan lui avait parlé de certaines choses que la jeune femme avait apportées. Au fond de lui, il savait que sa nouvelle belle-sœur était différente et il n’avait pas tardé à la croire.

Diable, personne n’aurait pu inventer ce qu’elle leur avait dit, ni même réagir comme elle l’avait fait au moment où elle avait découvert qu’elle était dans le passé, songeait Jacob.

À présent, elle avait disparu. Mais cette fois, c’était contre sa volonté. Billy avait conduit deux hommes du futur à travers la passe des Esprits. Ces hommes avaient enlevé Indy et l’avaient ramenée à leur époque.

Alors qu’il jetait un coup d’œil par-dessus son épaule pour s’assurer que Jonathan et les deux chiens d’Indy, Chester et Tweed, étaient toujours derrière lui, il ravala un juron. Derrière eux, un épais brouillard avait envahi le canyon, l’empêchant de voir l’entrée de la passe.

— Dis-nous ce qu’il y a de l’autre côté, exigea Jacob d’une voix basse et dure en se retournant.

Billy lui lança un regard déconcerté par-dessus son épaule.

— Qu’est-ce que vous voulez savoir ?

Jacob regarda de petits cailloux tomber le long de la paroi à sa gauche depuis le haut du canyon, qui était couvert d’un épais brouillard.

— Comment… comment est-ce ? demanda-t-il.

— C’est comme partout ailleurs, j’imagine, répondit Billy en haussant les épaules. Plus de pauvreté dans la réserve, ajouta-t-il amèrement. Ce n’est pas facile de subvenir aux besoins de sa famille quand c’est aussi difficile de trouver du boulot. Ma Rosalie est de nouveau enceinte. C’est seulement pour ça que j’ai accepté ce job. Quand Gent a demandé si quelqu’un pouvait le conduire à la passe des Esprits, je me suis dit que c’était un moyen rapide de me faire quelques billets. Comment je pouvais savoir qu’ils cherchaient Indy, l’autre type et lui ?

— Que t’ont-ils dit ? interrogea calmement Jonathan. Je veux savoir tout ce qu’ils ont dit.

— D’après ce que j’ai compris, Hayden, le grand frère d’Indy, voulait la récupérer, répondit Billy d’une voix qui résonna lugubrement dans le silence étouffant du canyon. Je ne sais pas pourquoi, mais il la veut, il a besoin d’elle. Quelle qu’en soit la raison, ça ne peut pas être bon. Gent, le type qui m’a embauché, n’avait pas l’air commode, mais l’autre type, Spencer, était carrément flippant. J’ai bien cru qu’il allait me tuer.

Jacob vit Billy frissonner. Il se tourna lorsque Jonathan s’approcha de lui et haussa un sourcil.

— Je vais tuer ce salaud, marmonna son jumeau à voix basse.

— Lequel ? Gent ou Spencer ? demanda Jacob.

— Hayden Wild, cracha Jonathan d’un ton menaçant. Indy m’a raconté ce qu’il a fait. Il a franchi la limite quand il l’a enlevée. Ce qu’il veut lui faire la terrifie. Je compte le tuer. S’il lui a fait du mal…

— On va la récupérer, répondit Jacob. J’espère seulement que ça ne prendra pas trop de temps. Je ne sais pas ce qu’on va trouver quand on y sera. Ces choses que tu m’as montrées… Bon sang, Jonathan, je n’ai pas honte de te dire que certaines m’ont fait sacrément peur.

— Je sais, convint Jonathan en tirant sur les rênes de Midnight alors que le passage s’étrécissait encore. Et je ne t’ai pas tout montré.

Jacob aurait fermé les yeux de frustration s’il n’avait pas eu aussi peur de ce qui se passerait. Le brouillard, la brume, peu importait ce que c’était, tourbillonnait autour d’eux et la température avait chuté de façon significative.

— C’est encore loin ? demanda-t-il doucement à Billy, qui commençait à accélérer.

Celui-ci pivota sur sa selle et sourit.

— Non, ce n’est plus très loin. Ça fait peur, hein ? dit-il en regardant autour de lui. J’ai bien failli me chier dessus la première fois que mon père m’a amené ici quand j’étais enfant…

Jacob n’écouta que d’une oreille Billy leur parler de la première fois qu’il était venu ici. Il était censé trouver une plume et la rapporter. Il l’avait fait, mais c’était une plume qu’il avait cachée dans sa chemise.

Jacob ne pouvait pas vraiment le reprocher à Billy. Il avait la chair de poule et les poils à la base de sa nuque étaient dressés comme pour le mettre en garde, le prévenir que sa vie s’apprêtait à changer d’une façon qui allait lui déplaire. Le sixième sens d’un homme pouvait lui sauver la vie, il n’allait donc pas l’ignorer.

Il poussa un soupir soulagé lorsqu’il vit que le brouillard qui les enveloppait s’amincissait. Il entendit Jonathan grogner derrière lui. Il le sentait aussi.

Jacob se remit à respirer au moment où ils franchirent enfin l’étroite ouverture. Billy était toujours en tête avec lui au milieu, et Jonathan et les deux chiens qui fermaient la marche. Dès qu’ils quittèrent la passe, Chester et Tweed filèrent uriner contre les arbres les plus proches.

Je pourrais faire la même chose, là, tout de suite, songea Jacob, l’ombre d’un sourire flottant sur ses lèvres.

Il se retourna vers Jonathan. Son frère considérait l’ouverture du canyon en fronçant les sourcils. Son regard suivit celui de Jonathan et un pli lui barra le front. Il était presque impossible de deviner que la passe se trouvait ici.

— Personne ne peut la trouver à moins qu’on ne la lui ait montrée, commenta Billy en souriant.

Jonathan fit avancer Midnight et passa devant Jacob pour se retrouver au même niveau que l’Indien.

— Quelle direction, maintenant ? exigea-t-il de savoir d’une voix frustrée.

Jacob remua sur sa selle et promena un regard autour de lui. S’ils étaient dans le futur, ce n’était pas bien différent du passé, pensa-t-il avec soulagement. Ce ne serait peut-être pas aussi terrible qu’il le craignait.

2

Dans le présent

Allie appuya sa tête contre le pick-up et compta lentement jusqu’à cent. Elle aurait tué Boseman si elle s’était arrêtée à dix. Relevant la tête, elle regarda sa jumelle, Aleaha, se diriger vers elle. Elle esquissa un sourire malgré elle à la vue des lèvres pincées et de la mine sombre de sa sœur.

Elle ne savait pas ce que Boseman avait dit, mais si c’était suffisant pour mettre Aleaha en rogne, cela avait dû être sérieux. Elle se redressa et ouvrit la portière conducteur de son pick-up argenté. Elle monta derrière le volant et claqua la portière avant de mettre le contact. Un instant plus tard, sa sœur grimpa sur le siège passager.

— Je dirai à papa qu’on ne refera plus jamais affaire avec lui, marmonna Allie, s’éloignant lentement du petit groupe d’hommes. Il ne sait pas encore combien ça va lui coûter, mais quand il le saura, ce sale arrogant peu fiable regrettera de s’être mêlé des affaires des ranchs.

— Je suis fière de toi, finit par répondre Aleaha.

— Fière de moi ! Pour quoi ?

Le van vide rebondit derrière elle au moment où elle franchit la barrière canadienne au bout de la route. Elle jeta un coup d’œil des deux côtés avant de s’engager sur la route principale en direction du sud.

— Il a dit quoi quand je suis partie ?

— Que tu méritais une bonne fessée, répondit Aleaha à contrecœur.

— Sérieusement ? demanda Allie, incrédule, jetant un coup d’œil au van dans le rétroviseur central.

— Sérieusement, dit Aleaha en se laissant aller contre l’appui-tête. Il a aussi ajouté qu’il était l’homme de la situation.

Un juron fleuri échappa à Allie, qui serra plus fort le volant dans ses mains avant de se mettre à rire. Ce vieux pervers ne saurait pas quoi faire d’elle au lit. Si elle était toujours énervée d’avoir roulé pendant trois heures pour rien, l’idée que Boseman puisse penser qu’il avait une chance avec elle était hilarante.

— Oh, ouais, sourit Allie en voyant sa sœur hausser un sourcil interrogateur. Il ne sait pas du tout combien d’argent il vient de perdre. Il s’occupe de huit ranchs en ce moment, dont le nôtre. Il aura de la chance s’il lui en reste un d’ici demain.

— Allie, commença Aleaha avec inquiétude. Je ne l’aime pas non plus, mais… ça pourrait être dangereux d’énerver un homme comme lui.

Allie jeta un coup d’œil à sa jumelle très collet monté. Aleaha était peut-être la plus âgée des deux, mais elle était aussi la plus inexpérimentée. Elle s’était concentrée sur ses études et avait eu le nez plongé dans les livres alors qu’Allie n’avait vécu que pour le ranch.

Et voilà pourquoi elle est médecin et moi cowgirl, pensa-t-elle en s’engageant sur la bretelle d’autoroute.

Mais elle ne changerait cela pour rien au monde. Allie savait qu’elle aurait dépéri si elle avait dû passer sa vie enfermée entre quatre murs ou vivre dans une grande ville loin du ranch. Indiana Wild, sa meilleure amie et la seule personne en qui elle avait confiance en dehors de sa famille, lui ressemblait plus qu’Aleaha. En ce moment même, Indiana se cachait de ses frères, quelque part dans les montagnes.

Ils avaient vendu à son insu le ranch que le grand-père d’Indy avait promis de lui donner. Le frère aîné de son amie était un con de première catégorie. Allie n’avait jamais aimé Hayden et Matthew Wild, l’aîné et le benjamin des frères. Gus, le deuxième frère, n’avait pas été si mal. C’était le seul à s’être préoccupé du sort d’Indy et de son grand-père après le décès de leurs parents et de leur grand-mère. Quand bien même, ils ne l’avaient pas non plus beaucoup vu dans le coin au cours des six dernières années, car il était pris par sa propre famille.

— Qu’est-ce qu’il y a ? demanda Aleaha d’une voix douce, tournant la tête pour jeter un coup d’œil à sa sœur. Il n’y a pas que Boseman qui te contrarie.

— Tu sais que ça me fait toujours flipper quand tu fais ça ? se plaignit Allie en mettant le clignotant pour dépasser un véhicule plus lent. Comment tu sais que ce n’est pas à propos de Boseman ?

Le petit rire chantant d’Aleaha emplit l’intérieur de la grande cabine du pick-up. Allie ne put se retenir de sourire. Elle était toujours en colère, mais il était difficile de rester fâchée longtemps. Ce n’était pas comme si elle n’avait jamais rencontré de connards. Elle avait une longue liste de noms, tant masculins que féminins, qu’elle ne donnerait jamais à ses enfants si elle avait un jour.

Ça ne risque pas d’arriver au rythme où la liste s’agrandit, pensa Allie en soupirant.

— Indy te manque, pas vrai ? demanda Aleaha avec douceur. Je n’arrive pas à croire que papa l’a laissée partir. C’est dangereux d’être seul dans la nature.

— Elle n’est pas seule, répondit Allie à voix basse en contemplant les montagnes au loin. Elle a Midnight et Kahlua, sans parler des chiens. Ils seraient prêts à donner leur vie pour la protéger. Et puis elle est intelligente. Elle sait comment survivre. Papa a fait du bon boulot pour nous apprendre comment vivre de la terre.

Aleaha plissa le nez de dégoût. Allie savait que sa sœur serait la première à admettre qu’elle n’aimait pas vivre là où il n’y avait pas d’eau courante, la climatisation centrale et de beaux verrous aux portes. Allie avait découvert ce dernier petit détail lorsqu’elle était allée voir Aleaha à Billings alors qu’elle faisait son internat au centre médical régional de Billings. De l’avis d’Allie, ces deux semaines avaient été les plus effrayantes de sa vie. Donnez-lui une bonne bagarre de bar et elle pouvait affronter n’importe qui. Donnez-lui une carte du métro en pleine heure de pointe et elle se transformait en une masse tremblante.

Les deux heures et demie suivantes filèrent tandis qu’Allie et sa sœur parlaient de tout, des crétins de frères d’Indy à la femme de Billy Cloudrunner, Rosalie, qui était de nouveau enceinte. Mais l’essentiel de la conversation tourna autour du ranch. C’était la seule chose qu’Allie connaissait et adorait.

Elle savait qu’Aleaha devait mourir d’ennui, mais les manières de sa sœur étaient impeccables. Allie était impressionnée qu’elle ne bâille pas, ne soupire pas de façon continue et que ses yeux ne se voilent pas pendant qu’elle parlait des nouvelles méthodes de saillie qu’ils utilisaient avec les juments. À vrai dire, Aleaha fit même quelques bonnes suggestions dont Allie devrait parler à leur vétérinaire.

— Tu aurais dû soigner les animaux, pas les gens, se plaignit Allie en sortant la main par la vitre pour saluer le semi-remorque qu’elles dépassaient. Ça nous aurait fait faire des économies et tu aurais été super.

Aleaha secoua la tête.

— Désolée, Allie. Les humains sont plus ma came, gloussa-t-elle.

Soudain, la radio CB qu’Allie utilisait lorsqu’il n’y avait pas de réseau de téléphonie mobile grésilla.

— Il vaudrait mieux que ce ne soit pas papa qui appelle pour me dire que Boseman a tout à coup retrouvé nos juments disparues et qu’il veut qu’on fasse demi-tour, grommela Allie entre ses dents alors que la radio CB grésillait de nouveau.

Aleaha jeta un coup d’œil au chauffeur qui souriait et la regardait. Cole Jonesboro la salua de la main avant de faire un signe de tête vers Allie et d’utiliser son pouce et son petit doigt comme un téléphone. Elle fit mine de ne pas avoir vu son geste.

— Je crois que Cole veut que tu l’appelles, murmura Aleaha quand elles eurent dépassé le camion juste à la fin de la voie de dépassement. Il en pince toujours pour toi ?

— Ouais, même si je lui ai cassé le nez avec une chaise chez Butch. C’était un accident, mais quand même, on pourrait croire qu’il aurait compris que je n’étais pas intéressée, depuis le temps. En plus, il a déjà été marié au moins trois fois. Je n’ai aucune envie d’être la femme numéro quatre, marmonna Allie en levant les yeux au ciel avant d’appuyer sur le bouton de la radio. Ici Allie.

— Salut, Allie, répondit la voix à l’autre bout sur un ton joyeux. C’est Ansel. Je suis au niveau du chemin forestier près de Wilson Creek. Billy est là et il a besoin qu’on l’emmène en ville. Cole a dit que tu avais le van et qu’il semblait vide. Est-ce que tu peux les emmener, lui et deux amis à lui ? Oh, salut, Aleaha. Cole a dit qu’il t’avait vue aussi.

Aleaha gloussa.

— Salut, Ansel, lança-t-elle.

— Ouais, je peux le prendre, répondit Allie avec exaspération. Autant utiliser le van, étant donné que j’ai traversé l’a moitié de l’État pour rien.

— Merci, je préviens Billy, dit Ansel. Hé, Aleaha, tu veux sortir ce soir ?

Aleaha se couvrit la bouche et secoua la tête lorsque Allie mit un doigt dans sa bouche. Ansel était imposant, maladroit, et généralement couvert de sciure de bois et de sueur. Ce n’était pas du tout le genre de mec de sa sœur. L’idée qu’il se faisait d’une boisson de qualité, c’était une bouteille de bière.

— Merci, Ansel, répondit Aleaha d’une voix qui masqua son sourire. Mais j’ai déjà des choses de prévues pour ce soir.

— Pas de problème. Peut-être demain soir.

Allie leva de nouveau les yeux au ciel et secoua la tête.

— Dis à Billy qu’il a intérêt à ramener son cul et qu’il se tienne prêt ou il pourra finir la route à cheval. Je suis fatiguée et énervée.

— Quand est-ce que tu ne l’es pas ? rétorqua Ansel avec bonhomie. Je préviens Billy.

— Va te faire, Ansel, répondit Allie avant de lancer le micro sur le tableau de bord.

— Tu n’es pas censée parler comme ça à la CB, si ? demanda Aleaha, l’air inquiet.

Allie jeta un coup d’œil à sa sœur. Elle ravala la réplique sarcastique qu’elle s’apprêtait à faire. Aleaha était très à cheval sur les règles.

— J’ai dit « va te faire », expliqua-t-elle plutôt. Pas « va te faire foutre ». Ce n’est pas la même chose. Je trouve que je suis restée très polie, comme maman et papa me l’ont appris.

Le rire d’Aleaha retentit de nouveau. Elle essuya le coin de son œil tandis que le pick-up commençait à ralentir.

— Oh, Allie ! J’adore ton esprit et ton sens de l’humour.

Allie posa brièvement la main droite sur sa poitrine.

— Sens de l’humour ? Moi ? Oublie ça tout de suite. Je tiens le rôle de la garce effrontée et sarcastique. Tu es le cerveau. Je suis les muscles. Ne ternis pas mon image maintenant que tu es de retour en ville, d’accord ? J’ai une réputation à défendre.

— Pourquoi ? demanda Aleaha, soudain sérieuse. Pourquoi tu laisses les autres croire que tu n’es rien d’autre qu’une dure à cuire, Allie ? Tu es intelligente, belle, talentueuse, empathique, et pourtant, tu te caches derrière ce mur.

Allie s’arrêta au bord de la route et attendit un moment avant de répondre. Beaucoup de choses avaient changé depuis qu’Aleaha était partie pour ses études. Une vague de douleur l’envahit brièvement alors que les souvenirs du passé menaçaient de la submerger. Elle n’était pas encore prête à les affronter. Il y avait certaines choses que l’on cachait au fond de soi et dont on ne parlait à personne, pas même à sa jumelle.

— Billy devrait arriver, répondit plutôt Allie.

Elle jeta un coup d’œil dans le rétroviseur afin de s’assurer qu’elle pouvait descendre sans risque avant d’ouvrir la portière.

— Il faut que j’aille lui ouvrir le van.

* * *

Jacob écoutait avec frustration Billy expliquer où ils allaient. Ils devaient partir en direction du sud et se trouvaient à l’arrière du ranch d’un homme appelé Sam Whitewater. Ce fut à peu près tout ce qu’il fut capable de saisir des mots qui se déversaient de la bouche de l’Indien. Il ne savait toujours pas exactement ce qu’était un « pick-up », ni pourquoi un cheval avait besoin d’une remorque. Il se disait que ce devait être un genre de chariot.

Tirant sur les rênes, il arrêta sa monture au niveau de son frère. Un sentiment de malaise s’empara de lui tandis qu’il observait le dos de Billy. Et si c’était un piège ? Et si la passe des Esprits ne les avait pas réellement conduits dans le futur, mais seulement de l’autre côté de la montagne ? Et si… Il préférait ne pas penser à ce qui se passerait s’ils étaient vraiment dans le futur. Parviendraient-ils à retrouver Indy dans son monde ?

— Tu as compris la moitié de ce qu’il a dit ? marmonna-t-il dans sa barbe.

Jonathan hocha brièvement la tête et expliqua qu’Indy lui avait montré des images de sa vie ici. Jacob aurait aimé qu’elle lui en montre à lui aussi. Il aurait préféré savoir à quoi il allait avoir affaire plutôt que d’avoir à utiliser son imagination. Il ne s’était jamais vu comme quelqu’un à l’imagination débordante, mais en cet instant, son esprit se représentait toutes sortes de choses horribles.

Jacob touchait nerveusement le pistolet à sa taille. Il tira du réconfort de savoir qu’ils n’étaient pas complètement sans défense. Laissant sa main retomber sur sa cuisse, il suivit Billy et son frère cette fois. Les chiens, semblant sentir qu’ils étaient de retour en terrain connu, allaient et venaient en courant le long de leur petit convoi. Les seuls bruits étaient les halètements des chiens, le renâclement occasionnel de l’un des chevaux et le crissement des selles tandis qu’ils descendaient la colline.

Environ une demi-heure s’écoula avant qu’ils n’arrivent à une large route. Les yeux de Jacob cherchèrent immédiatement des traces sur le sol. La perplexité obscurcit son regard lorsqu’il vit des empreintes comme il n’en avait jamais vu mélangées aux traces de sabots de plusieurs chevaux. De longues lignes parallèles s’étiraient à perte de vue dans les deux directions.

— Des chariots ? demanda Jonathan, revenant à son niveau maintenant qu’ils étaient sur une route plus large.

Jacob étudia les marques en haussant les épaules.

— Je n’ai jamais rien vu de tel. Elles sont trop larges et présentent des lignes étranges. Si ce sont des chariots qui les ont faites, ils sont plus gros que tous les chariots que j’aie jamais vus, marmonna-t-il.

Ils continuèrent à longer la route en silence pendant près de dix minutes. Au détour d’un virage, Billy lâcha un grand juron. Jacob se redressa sur sa selle et observa l’homme, les yeux plissés, alors qu’il descendait du cheval de Jonathan en tombant à moitié. Un sourire amusé étira ses lèvres quand Billy se frotta le cul et tourna sur lui-même avec une drôle de démarche.

— Qu’est-ce qui ne va pas ? demanda Jonathan.

— Ces connards ont pris mon pick-up, grogna Billy.

Ce dernier se passa les mains dans les cheveux et se pencha en avant avec un autre juron avant de se redresser et de regarder la route.

— Ça doit être eux. Je l’avais fermé. Ils ont dû prendre les clés quand j’étais inconscient, ajouta-t-il en commençant à fouiller frénétiquement ses poches.

Alors que Jacob s’apprêtait à répondre, le sol se mit soudain à vibrer et un grondement puissant se fit entendre plus loin sur la route. Les chevaux de Jacob et de Billy dansèrent nerveusement, forçant l’Indien à attraper les rênes, tandis que Midnight restait calme. Au milieu de la route, les chiens commencèrent à aboyer avec excitation.

— Qu’est-ce que c’est ? lança Jonathan en s’approchant de Billy.

— De l’aide, j’espère ! sourit Billy. Mon cul ne supportera pas de rester plus longtemps à cheval, et Rosalie va me tuer si je ne retrouve pas le pick-up.

* * *

Les yeux de Jacob s’écarquillèrent et il se mit à jurer dans sa barbe quand une énorme bête, un monstre, quelque chose apparut au détour du virage. De la fumée s’échappait de chaque côté comme les dragons des images qu’il avait vues dans un musée dans l’est. Sa main alla instinctivement se poser sur le pistolet à sa taille alors que la chose continuait d’avancer vers eux.

Il entendit vaguement le juron étranglé de Jonathan et sut que son frère pensait à la même chose que lui… tirer dessus et prendre ses jambes à son cou ! Un frisson le parcourut au moment où il vit le visage et les épaules d’un homme à travers le ventre transparent de la bête. Les traits de l’homme étaient cachés par l’ombre de son chapeau et ses mains agrippaient quelque chose de rond.

— Bon sang, mais qu’est-ce que c’est ?! grogna-t-il en voyant Billy commencer à faire des signes à la créature et à crier.

Un instant plus tard, la chose s’arrêta au milieu de la route et une porte s’ouvrit. Un homme imposant, d’environ le même âge que Billy, descendit de la machine. Maintenant qu’elle était assez près pour que Jacob puisse la voir, il se dit qu’elle ressemblait plus aux trains à vapeur qui passaient par North Platte, dans le Nebraska, qu’il avait vus l’année précédente. Seulement celui-ci n’utilisait pas de rails, était plus petit et avait des lignes plus épurées que tout ce qu’il avait vu là-bas.

— Salut, Ansel, lança Billy d’une voix soulagée. Tu as ton téléphone sur toi ? Le mien est mort.

Jacob écouta Billy et Ansel discuter. Pendant ce temps, il rapprocha un peu son cheval de la machine de métal. S’il avait eu des doutes à propos du fait qu’ils avaient voyagé dans le futur, ils s’étaient envolés.

— Qu’est-ce que c’est ? demanda-t-il à son frère tandis que celui-ci le rejoignait.

— Ça ressemble à ce qu’Indy appelle un pick-up, mais en plus gros, répondit Jonathan avec une grimace. Bon sang, le fait qu’elle m’en a parlé et même montré des images sur sa petite boîte ne m’avait pas préparé à ça.

Jacob jeta un coup d’œil au visage pâle et tendu de son jumeau. Une vague de compassion le traversa alors qu’il prenait conscience que savoir et vraiment savoir étaient deux choses bien différentes. Il essaya d’imaginer comment il aurait géré la situation si c’était lui qui avait trouvé Indy et l’avait revendiquée. Une grimace de dégoût tordit ses lèvres lorsqu’il pensa à Indy autrement que comme sa nouvelle petite sœur. Néanmoins, il savait que ce devait être un choc incroyable pour son frère.

Ils reportèrent leur attention sur l’homme nommé Ansel au moment où il ouvrit la porte et remonta dans le pick-up. Cette fois, il la laissa ouverte. Fasciné, Jacob regarda l’homme prendre quelque chose et commencer à parler dedans. Il était trop loin pour entendre la réponse, mais il eut l’impression d’entendre une voix de femme.

— Qu’est-ce qu’il fait maintenant ? demanda-t-il avec frustration, détestant le fait de devoir sans cesse poser des questions. On dirait qu’il y a une femme avec lui dans la bêt… dans la machine.

— Je ne sais pas trop, admit Jonathan. Ce qu’il utilise est différent de la boîte qu’Indy m’a montrée.

Billy se tourna et adressa aux deux frères un sourire nerveux, comme s’il savait qu’ils parlaient de quelque chose d’important.

— Je n’aime pas ça, fit Jacob entre ses dents. Comment va-t-on trouver Indy dans ce monde ? On ne sait rien !

— Je la trouverai, affirma Jonathan, son visage exprimant clairement sa détermination. Je ne partirai pas sans elle, Jacob.

Ce dernier secoua la tête.

— Je ne te demande pas de faire ça, insista-t-il, se redressant au moment où Ansel fit de nouveau rugir la machine. Je déteste seulement me retrouver dans une situation sans savoir à quoi l’on est face.

Jonathan se détendit légèrement avant de faire un bref signe de tête.

— Moi non plus, marmonna-t-il. Moi non plus.

Ils se turent tandis que Billy les rejoignait en tenant son cheval. Son visage était fendu d’un grand sourire et il secouait la tête. Il attendit d’être à quelques pas d’eux pour parler.

— La bonne nouvelle, c’est que quelqu’un va nous emmener en ville, ce qui va me sauver de plus d’une façon, dit Billy, mettant le pied à l’étrier et se hissant sur la selle avec un grognement. Là, tout de suite, j’ai mal au cul. J’ai hâte de m’asseoir sur un siège bien rembourré.

— Tu as dit que c’était la bonne nouvelle. Quelle est la mauvaise ? demanda Jonathan, la mine sombre.

— La mauvaise nouvelle, c’est que c’est Allie Whitewater qui va nous emmener. J’imagine très bien sa réaction si elle apprend ce que j’ai fait. J’aurais de la chance si ELLE ne me tire pas dessus. Indy est sa meilleure amie. Ces deux-là sont toujours fourrées ensemble quand elles vont en ville, expliqua Billy avec une grimace au moment où il se rassit sur la selle. Bon sang, j’espère juste qu’Allie ne me fera pas faire le voyage à l’arrière comme la dernière fois.

L’homme grogna en remuant pour essayer de trouver une position qui n’était pas douloureuse. Puis il tira sur les rênes et talonna les flancs de son cheval. Jacob suivit derrière son frère tandis qu’ils s’écartaient de la route pour éviter l’imposante machine noir et argent. Il toucha le bord de son chapeau lorsque Ansel leur fit un signe de la main, à Jonathan et lui.

3

L’endroit où ils étaient censés retrouver cette Allie n’était pas si loin qu’il l’avait imaginé et ils ne mirent pas très longtemps à s’y rendre, notamment grâce à la large route sur laquelle ils chevauchèrent. Il soupçonnait néanmoins que c’était parce que Billy voulait absolument descendre du cheval qu’ils avaient parcouru cette distance en un temps record.

Jacob poussa un soupir soulagé lorsque Billy ralentit à l’approche d’une route à la surface dure. Excepté Ansel et son pick-up bruyant, qui, en s’éloignant, les avait effrayés, son cheval et lui, au point qu’il avait failli tomber de sa selle, ils n’avaient rencontré personne d’autre. Il fit un signe de tête à Billy quand il leur demanda de s’arrêter.

— Allie ne devrait plus tarder, dit Billy, remuant de nouveau sur sa selle.