Erhalten Sie Zugang zu diesem und mehr als 300000 Büchern ab EUR 5,99 monatlich.
Nous retrouvons Hibiscus, la fillette créole, dans une nouvelle aventure.
Une mystérieuse vache géante aux pouvoirs magiques lui propose de voyager dans le temps pour découvrir la terre de ses ancêtres, en Afrique. Avec compère Zamba, drôle de compagnon rencontré par hasard, Hibiscus fait un bond de 200 ans en arrière, à l’époque des premiers explorateurs et des derniers marchands d’esclaves. Elle va vivre une aventure riche en émotions avec moults dangers, où son rôle aura un impact sur l’avenir.8/11 ans
À PROPOS DE L'AUTEURBruno Bourdet est avant tout peintre et dessinateur. Il a vécu à Paris, notamment à Montmartre, avant de s’installer dans la région nantaise. Il expose dans des galeries parisiennes et nantaises mais, avec la naissance de ses enfants, il s’est trouvé une nouvelle corde d’inspiration : écrire pour la jeunesse. Les deux romans d’Hibiscus sont illustrés par l’auteur lui-même.
Sie lesen das E-Book in den Legimi-Apps auf:
Seitenzahl: 148
Veröffentlichungsjahr: 2023
Das E-Book (TTS) können Sie hören im Abo „Legimi Premium” in Legimi-Apps auf:
Bruno Boudet
Hibiscus et
La Gardienne du Temps
Série Les aventures d’Hibiscus
Roman Jeunesse, illustré par l’auteur
ISBN : 979-10-388-0658-0
Collection Saute-mouton
ISSN : 2610-4024
Dépôt légal : avril 2023
© 2023 Couverture Bruno Bourdet pour Ex Æquo
© 2023 Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction intégrale ou partielle, réservés pour tous pays
Toute modification interdite
Éditions Ex Æquo
6 rue des Sybilles
88370 Plombières-les-Bains
www.editions-exaequo.com
Grâce à la gardienne du Temps, cette nouvelle aventure d’Hibiscus, va permettre à la fillette créole de retourner sur les terres de ses ancêtres, en Afrique noire, en l’année 1879. L’occasion de faire la connaissance d’un personnage historique, mais également d’être confrontée à la terrible réalité des chasseurs d’esclaves.
Note de l’auteur
Je sais qu’il faut éviter de parler de colonialisme en ce moment, mais Livingstone était un ami du peuple noir qui combattait l’esclavage. Et puis, il était totalement conquis par l’Afrique, non pas pour ses richesses économiques, mais par l’Afrique elle-même, ses paysages, son peuple, son mystère. Un curieux homme qui ne pouvait plus s’en extirper, malade comme un chien, préférant crever sur place plutôt que de renoncer à quitter ce continent de terre rouge et de forêts impénétrables.
Le rôle d’Hibiscus est de lui ouvrir davantage l’esprit sur le monde africain et le peuple noir, grâce à ses références du futur. Sans pour autant tenir de grands débats, car cela ne m’intéresse pas. Je préfère le divertissement teinté d’humanisme et de pédagogie modérée. Hibiscus fait partie de cette pluralité juvénile et métissée qui englobe à elle seule toutes les cultures et les valeurs du monde, sans pour autant renier sa famille caraïbéenne… Une petite fille moderne, heureuse et sans problèmes.
La rencontre de Zamba
Il y a des interdictions qu’on aime franchir. Hibiscus savait très bien qu’elle ne devait pas s’enfoncer trop profondément dans la forêt de son île. Dans les pays tropicaux, la végétation y est exubérante, voire étouffante et impénétrable, avec de multiples dangers cachés, comme des trous d’eau marécageux pareils à ceux de la mangrove. Les mygales et sangsues pouvaient venir se coller à vous, comme si cela ne suffisait pas de transpirer sous la chaleur moite. Et puis surtout, on pouvait se perdre parmi ces légions de fougères, de plantes grasses et ces lianes et racines qui vous entravaient le passage.
Ceci dit, Hibiscus ne craignait pas de s’égarer. Comme elle vivait sur une île, il suffisait de marcher tout droit pour atteindre la mer. Le danger venait plutôt d’ailleurs, plus précisément des superstitions locales. On disait qu’à trop s’enfoncer dans la forêt, on pouvait faire de mauvaises rencontres. Pas forcément de méchantes personnes qui veulent du mal aux enfants, mais surtout des êtres surnaturels qui y vivaient. Les légendes relataient des zombis ou des gnomes maléfiques qui pouvaient vous dévorer ou vous chambouler le cerveau à jamais. Heureusement, là encore, Hibiscus était confiante, car elle connaissait très bien la seule femme des bois qui se complaisait à vivre seule parmi les arbres et les araignées, c’était Poulerousse, une redoutable ennemie de la gent humaine, et qui lui disait que tous ces "qu’en-dira-t-on" n’étaient que des sornettes émises par des froussards qui ne voyaient pas plus loin que le bout de leurs sandalettes.
Ce jour-là, Hibiscus cherchait à capturer avec une épuisette le plus beau papillon de l’île, et bien évidemment, elle lui courait après, ralentissait, se faisait la plus discrète possible, et quand elle croyait enfin attraper l’insecte, celui-ci s’envolait plus loin. Si bien qu’au bout d’un moment, elle fut complètement perdue. La fillette réalisa son imprudence, mais elle avait déjà vécu trop de situations plus périlleuses pour craindre quoi que ce soit. C’est plutôt la nuit qui tombe vite sous les tropiques qui pose problème. Mais il n’était que 14h, l’heure de la sieste après manger pour tonton Balaou qui se reposait dans son hamac, au phare dont il était gardien. Donc, rien d’alarmant ! Néanmoins, il fallait penser à revenir au village, et ça, c’était plus compliqué. Hibiscus pouvait crier à tue-tête "Poulerousse ! Poulerousse !", la dame des bois l’entendrait-elle parmi toute cette cacophonie de stridulations de grillons, ces coassements de grenouilles et ces hurlements de perruches ? Hum, c’était peu probable… Il lui fallait se débrouiller par elle-même. Elle décida donc d’aller de l’avant et de garder le même cap. La forêt n’était pas amazonienne et elle atteindrait rapidement la côte.
Seulement voilà, entre les bons principes et la réalité, il y avait des paquets de broussailles à contourner. Hibiscus se penchait, levait les jambes, enfourchait de hautes racines… Pffff, que le temps paraît long quand on ne voit pas le bout de son chemin ! Elle repensait alors à toutes les légendes créoles, dont la plupart étaient issues de l’héritage africain, mais nulle part ne surgissait un loup-garou ou un vampire, seuls la forêt et ses grands arbres enchevêtrés les uns aux autres.
Ce fut au bout d’une longue demi-heure qu’il lui sembla entendre quelqu’un pleurer. Plus elle avançait, plus les gémissements devenaient perceptibles. Elle pressa le pas, se demandant si un autre enfant n’était pas perdu. Sa surprise fut énorme en arrivant sous le couvert d’un grand fromager. Il y avait là un petit être de sa taille qui ressemblait à une hyène dotée d’une corpulence humaine. Quand Hibiscus apparut, la bête se retourna et la fillette eut un sursaut de frayeur. Cet animal avait quasiment le visage d’un être humain, comme une espèce de singe en réalité, mais avec des yeux oblongs et un sourire carnassier de chacal. Jamais Hibiscus n’avait vu ce type de bestiole, si bestiole cela s’avérait.
— Qui es-tu donc ? demanda Hibiscus en reprenant courage.
— Zamba, répondit l’inconnu.
Tout se fit très clair dans l’esprit d’Hibiscus, mais elle avait du mal à le croire.
— Zamba, le compagnon de compère Lapin dans les contes créoles ?
— Oh, ne me parle pas de ce filou ! Oui, je suis bien Zamba Et toi, tu es qui ?
— Hibiscus !
— Et ton nom de famille ?
— Qu’est-ce que ça peut te faire ? Hibiscus, c’est déjà pas si mal que ça !
— Tu me fais rire, c’est un nom de fleur !
— Et alors, je suis une fille que je sache !
— Mouais, ben c’est pas ça qui me remonte le moral.
— Explique-moi pourquoi tu pleures ? Tu t’es perdu ?
— Boh non, c’est à cause de compère Lapin. Il n’arrête pas de me faire tourner en bourrique.
— Que t’a-t-il donc fait ? demanda Hibiscus.
— Nous étions partis pêcher dans la rivière noire de la forêt, celle où Dame Poulerousse vient laver son linge avec ses biquettes et son âne. Nous avions chacun notre canne et vas-y que je te taquine le poisson ! Rapidement, j’avais les plus belles prises et Lapin se montra vite jaloux. Plus je remplissais mon panier, plus il me regardait de travers avec ses oreilles basses, car lui ne puisait que de minuscules sardinettes. Bref, j’étais meilleur que lui et, tout heureux, je rentrais chez moi quand ce filou m’a joué un sale tour de cochon…
— Ça, je m’en doute ! Ton compère Lapin est bien trop malin pour toi, quelle farce t’a-t-il faite cette fois ?
— Eh bien, après nous être séparés, qu’est-ce que je vois sur mon chemin ? Un lapin inerte sur le sol… Je me dis « Oh, oh, cela pourrait faire un joli civet, mais bon, j’ai de quoi me nourrir pour ce soir »… J’ai donc tracé ma route sans m’arrêter quand, au détour d’un grand fromager, je découvre encore un autre lapin mort ! Diable, si je n’avais pas tous ces bons poissons sur mon dos, je l’aurais bien pris avec moi, cette bonne viande fraîche… Et alors que j’arrive à deux cents mètres de mon gîte, j’en vois encore un autre ! Plein de lapins prêts à cuire dans ma poêle ! Vite, vite, vite, je cours déposer ma puisette de poissons, je prends un sac et retourne en arrière cueillir ces jolies bestioles crevées… Et tu sais quoi ? Plus aucun lapin nulle part ! J’ai compris que c’était mon satané rongeur qui m’avait induit en erreur en jouant la comédie du lièvre mort. Conscient de m’être fait rouler, je rentre chez moi et je découvre que ce coquin en a profité pour voler tous mes poissons ! Bouhouhou !!!
Hibiscus n’avait jamais consolé de Zamba, et elle tapota le dos du drôle d’animal. Celui-ci se mit à renifler en grognant comme un sanglier ; il ne sentait pas très bon…
— Tes déboires sont connus de tout le monde, dit-elle. Tu devrais apprendre à être moins naïf et glouton.
— C’est facile à dire ! Si jamais je l’attrape, je le tuerai pour de bon !
— Puisque nous nous connaissons maintenant, pourrais-tu m’indiquer par où sortir de cette forêt ?
— Tu prends la direction de ce grand fromager, puis tu vires à droite pour contourner le banian-prison, tu arrives ensuite à un bouquet de palétuviers, tu contournes les six bananiers pour traverser la vieille mare aux grenouilles, tu remontes le talus de fougères, tu baisses la tête sous un couvert de fleurs porcelaine, de balisiers et d’oiseaux de paradis, pour enfin atteindre l’arbre du voyageur qui te dévoilera le second chemin à suivre, lequel est quasiment le même que celui dont je t’ai fait la description.
— Mais c’est trop compliqué, je n’y arriverai jamais ! Tu ne veux pas me guider ?
— Oh non, c’est impossible, car moi-même je ne sors jamais de la forêt ! J’ai trop peur des humains qui sont méchants… Seule, Poulerousse est gentille avec moi, mais je ne l’aime qu’à moitié, car elle n’arrête pas de me traiter d’imbécile et de macaque semi-fini.
— Je lui dirai deux mots, je la connais bien, c’est ma copine.
— Il paraît qu’elle cohabite avec un gorille…
— Oui, c’est Momo, l’ancien pensionnaire de la ménagerie de Monsieur Strytchine… Mais bon, c’est une autre histoire qui serait bien longue à te raconter.{1} Essayons d’unir nos intuitions respectives pour nous tirer d’ici.
— Je n’ai pas besoin de t’aider, j’ai mon trou…
— Sois un peu sympathique, je suis une petite fille perdue dans la forêt, tout de même !
— Mouais, c’est pas moi qui t’ai entraînée ici.
— Je comprends pourquoi compère Lapin te remonte les bretelles constamment ! dit sèchement Hibiscus. Retourne à ton gîte et laisse-moi me débrouiller toute seule !
Zamba fronça les sourcils et montra les dents ; il n’aimait pas que cette gamine lui parle comme ça. Non, mais, de quoi se mêlait-elle, cette chipie égarée de son village ? Rien que pour l’embêter, il décida de la suivre, et tous deux traversèrent la grande forêt tropicale de l’île. Ils ne réussirent qu’à s’enfoncer davantage dans la broussaille, les hautes fougères et les lianes. La situation semblait désespérée, quand Hibiscus remarqua un sentier marqué par une ribambelle de champignons orange, alignés comme le marquage d’une ligne de route nationale. Cette signalisation plutôt curieuse devint vite obsédante, et nos deux êtres égarés s’y engagèrent instinctivement.
Il ne tardèrent pas à avoir une surprise de taille !
La bête endormie
Dans un tapis de fougères se dressait un grand rocher beige envahi par la mousse et quelques tiges d’arbustes naissants, les champignons orange venant s’y perdre en grappes au-dessus. À mesure qu’ils s’en rapprochaient, Hibiscus et Zamba ressentaient une grande crainte, car cette pierre semblait être recouverte de poils avec une odeur animale entêtante. Zamba commençait à marcher doucement, sans écraser la moindre racine ou branche tombée. La peur faisait naître en lui des effluves nauséabonds qui obligeaient Hibiscus à se boucher le nez avec ses doigts. Ça et l’odeur qui émanait des fossés marécageux, inutile de préciser que cette partie de la jungle ne sentait pas l’eau de rose !
Quand elle arriva près du rocher réellement couvert de pelage et de mousse, la jeune fille pointa le pied et vit avec une grande surprise le bout de sa semelle s’enfoncer dans la pierre comme dans du beurre mou. Horrifiée, elle fit un bond en arrière et chercha à comprendre. Était-ce un lion géant venu se perdre dans la forêt ? Aucun fauve ne faisait une taille pareille ! Il accaparait au moins huit mètres d’espace à travers les arbres. Zamba tremblait de tout son corps et grimpa en haut d’un grand gommier tordu pour mieux se dissimuler dans les feuillages.
Campée sur ses deux jambes, Hibiscus prit un bâton et se mit à détailler cette masse incongrue. Son sang se glaça quand elle en comprit la nature !
Là même où le sentier s’interrompait, le rocher ressemblait à un énorme mufle, avec des narines profondes envahies de fourmis et, à mesure que le regard remontait la courbe, une gigantesque tête se dessinait avec d’énormes paupières closes et un front bombé d’où s’élevaient deux grandes cornes lisses qui se perdaient aux basses frondaisons des arbres, le tout décoré par des oreilles duveteuses au sein desquelles bourdonnait une multitude de moustiques. C’était une vache géante qui dormait dans la forêt, couchée à travers les dizaines de troncs massifs emberlificotés de lianes. Par derrière sa tête, on comprenait mieux la masse imposante de son corps avec la haute bosse au-dessus des épaules, typique des zébus. Cet animal devait être fort paresseux, car comme nous l’avons dit, la végétation grignotait son corps.
D’un geste, Hibiscus conseilla à Zamba de quitter les lieux dare-dare, mais quand elle recula, une racine lui fit perdre l’équilibre et elle s’étala dans les fougères… Cette chute provoqua une envolée d’oiseaux et une peur supplémentaire qui scotcha davantage Zamba à son arbre.
La conséquence tant redoutée se produisit. La vache géante ouvrit ses yeux et braqua ses prunelles auréolées de bleu cendre sur Hibiscus.
La pauvre fillette se redressa pour fuir, mais une voix impérieuse la cloua sur place, tandis qu’une longue branche poilue, surgie du sol, lui barrait toute retraite possible.
— Pourquoi veux-tu détaler, ma jolie ?
C’était le monstre qui venait de parler, en allongeant sa grande patte qui, jusqu’alors, était restée enfouie sous les fougères. Hibiscus se sentit prisonnière et son cœur se mit à battre à mille à l’heure.
— Il ne faut pas avoir peur de moi, dit la vache en redressant sa colossale tête et en ouvrant une gigantesque bouche. Je suis la protectrice de tes ancêtres. Ne te l’a-t-on jamais dit ?
— Mes ancêtres viennent de très loin, dit Hibiscus. Je n’ai pas la chance de pouvoir me suspendre à la branche d’un arbre généalogique aussi beau que celui de la Reine d’Angleterre. Je ne connais même pas mes parents, je suis orpheline.
— Je pourrais t’aider à les retrouver. Mais je vois que tu ne me connais pas. N’aie pas peur, je ne vais pas te manger, je suis herbivore.
— On m’a déjà raconté la légende d’une grande vache qui avale pourtant des gens, dit Hibiscus qui redoublait de méfiance. Ce qui me surprend le plus, c’est que je puisse te parler. Comment as-tu appris le langage des hommes ?
— Je suis bien la vache magique des contes créoles, celle qui invitait jadis les esclaves à fuir les plantations pour leur proposer de rejoindre la terre de leurs ancêtres. Moi aussi, j’ai mes propres aïeux qui pouvaient dialoguer avec les hommes. La plus célèbre est IO dans la mythologie grecque, mais il y a aussi le Minotaure. Bon, je reconnais que celui-ci n’était pas des plus sympathiques…
Hibiscus avait finalement de moins en moins peur, car c’était tellement surnaturel de discuter avec une vache que le mieux était de lui faire confiance. Ce n’était pas tous les jours qu’on rencontrait un animal légendaire. Quoique, connaissant Hibiscus, ça devenait presque de la routine de croiser des êtres atypiques : sorcières, sirènes, pirates et aujourd’hui encore, ce stupide Zamba et ce zébu géant avec sa bosse en pain de sucre.
— Pour que les esclaves d’antan s’échappent de cette île, je leur proposais de pénétrer dans ma gueule, car c’est un couloir qui mène directement en Afrique noire. Comme ceci…
La vache ouvrit sa grande bouche qui atteignait deux mètres de hauteur, et elle déroula sa longue langue au-devant d’Hibiscus qui recula de trois sauts en arrière. Sur cette massive chair rouge criblée de spores, filaient, à la ravine du milieu, les champignons orange qui devenaient phosphorescents et lumineux à mesure qu’ils s’enfonçaient dans la gorge de l’animal. La route était toute indiquée pour les audacieux qui oseraient s’y aventurer.
— On se croirait dans le train fantôme, dit la fillette. Mais que fais-tu donc là toute seule dans la forêt ? L’esclavage n’existe plus depuis longtemps. Tous les hommes sont libres sur Terre (ou du moins sont censés l’être du côté où j’habite). À part quelques bandits qui voudraient échapper à la Police, tu ne dois pas avoir beaucoup de clients.
— Tu as bien raison, ma petite. Les temps sont durs et mes pouvoirs ne servent plus à grand-chose depuis des décennies. Alors je m’ennuie et je dors, je dors… à ne plus en finir ! Si tu as trouvé mon chemin, ce n’est pas le fruit du hasard. Ne voudrais-tu pas connaître la terre de tes ancêtres ? Je peux t’offrir ce voyage avec l’assurance de revenir ici même sans accrocs.
— Pourquoi te ferais-je confiance ?
— Parce que je suis unique en mon genre, et tu ne me rencontreras pas une seconde fois, excepté si tu acceptes ma proposition. Je ne demande rien en échange, juste le plaisir de te faire ce beau cadeau, et d’avoir la satisfaction d’être encore un peu utile.
Hibiscus se tortilla les cheveux avec sa main droite et se frotta le bas du nez avec sa main gauche. C’est toujours ainsi qu’elle réfléchissait avant de s’engager quelque part ou de donner sa promesse à quelqu’un.
