Erhalten Sie Zugang zu diesem und mehr als 300000 Büchern ab EUR 5,99 monatlich.
L'écrivain toulousain Joël Fauré, amoureux de Jacques Brel, raconte son idole comme si c'était son ami de toujours.
Jacques Brel nous a quittés le 9 octobre 1978. Plus qu’un chanteur, il fut un artiste complet, un homme attachant, un poète qui brûla la vie par les deux bouts. Il laisse un patrimoine inestimable. Ses chansons ont marqué toutes les générations et continuent de séduire aujourd’hui même les plus jeunes interprètes.
Dans
J’ai bien connu Brel, Joël Fauré évoque bien sûr le grand Jacques et son immense talent mais il propose surtout de s’en faire un ami, un proche qui aurait accompagnés chacun de nous tout au long de sa vie, comme ce fut le cas pour l'auteur, dans son imaginaire personnel ou parfois au contact de ceux qui ont vraiment connu l’artiste.
C’est ce parcours initiatique qu’il partage aujourd’hui avec le lecteur au travers de cet ouvrage empreint d’une poésie et d’une tendresse véritables, ponctué de documents iconographiques inédits.
Jacques Brel raconté autrement dans un ouvrage intimiste et richement documenté.
EXTRAIT
J’ai très bien connu Jacques Brel. C’est un ami personnel de longue date. J’ai passé avec lui des heures formidables et torrentielles, des secondes chair-de-poule, des jours inoubliables. Des nuits ? N’en parlons pas. J’ai très bien connu Jacques Brel. Quand il est mort, le 9 octobre 1978, j’avais 16 ans et lui 49. J’ai des révélations à faire... J’ai très bien connu Jacques Brel. Quand il est mort, j’ai été bouleversé, atterré, malheureux. Et seul. Je le suis resté.
À PROPOS DE L'AUTEUR
Joël Fauré est né en 1962 à Toulouse. Il a écrit pour le théâtre, pour la radio, pour la presse, et même pour le cirque. Après avoir été assistant de rédaction à Europe 2, il est aujourd’hui fonctionnaire au ministère de la Justice. Joël Fauré milite aussi contre la maladie dont il a été atteint et qu'il a vaincue : les Troubles Obsessionnels Compulsifs.
Sie lesen das E-Book in den Legimi-Apps auf:
Seitenzahl: 135
Veröffentlichungsjahr: 2018
Das E-Book (TTS) können Sie hören im Abo „Legimi Premium” in Legimi-Apps auf:
« Je connais un million de types qui vont écrire un livre.(...)Moi, je crois que, quand on a envie de faire un truc, il faut plonger comme un fou et le faire.Quitte à se tromper »
Jacques Brel
À Marie-Madeleine.Elle m’a montré cet homme Providentiel.
Les notes numérotées de 1 à 24 figurent en fin de livre et précisent les éditeurs et l’année d’édition des titres des chansons de Jacques Brel cités dans ce livre.
J’ai très bien connu Jacques Brel. C’est un ami personnel de longue date. J’ai passé avec lui des heures formidables et torrentielles, des secondes chair-de-poule, des jours inoubliables. Des nuits ? N’en parlons pas. J’ai très bien connu Jacques Brel. Quand il est mort, le 9 octobre 1978, j’avais 16 ans et lui 49. J’ai des révélations à faire... J’ai très bien connu Jacques Brel. Quand il est mort, j’ai été bouleversé, atterré, malheureux. Et seul. Je le suis resté.
J’ai très bien connu Jacques Brel. Aujourd’hui qu’il a plusieurs décennies de tombeau, on va tous planter des chrysanthèmes en même temps. Je sais qu’il n’aimerait pas beaucoup mais, moi, j’ai très bien connu Jacques Brel. Je peux bien vous l’avouer aujourd’hui : le « Joël » de la chanson Madeleine1, c’est moi. Vous ne me croyez pas ? Vous avez sans doute raison. Et pourtant... J’ai très bien connu Jacques Brel. Surtout depuis septante-huit. J’étais apprenti cuisinier alors. Le 10 octobre, place Esquirol à Toulouse, il était une heure après midi. Je suis furtivement passé devant un café. Une télévision était allumée. Oui, il était une heure après midi et c’est important. C’était l’heure du journal télévisé. J’ai simplement eu le temps de voir, moi, le passant, Brel en noir et blanc dans le tube. Au même instant, ailleurs que là, j’ignore que ma mère, Marthe, Madeleine, Mathilde Trémolières, à la campagne, près de la forêt de Buzet-sur-Tarn, dans la maison, dans la salle à manger, a branché un magnétophone et enregistre. Elle ne sait pas trop s’en servir. Et le micro capte tout ce que dit la télé, mais aussi tout ce qu’elle dit, elle. À un moment, elle dit : « S’il était là, il serait à ses pièces, le pauvre enfant. » Mais loin de ma maman, dans ma tête, je me suis dit : « S’ils le passent comme ça, à cette heure-là, c’est qu’il doit être mort, Brel. » Je suis monté dans un autobus. J’ai dit à un copain, arpète lui aussi : « J’en suis pas sûr, mais je crois que Brel est mort. » Une dame m’a entendu. Elle m’a dit : « Oui, il est mort. »
Si pour Philippe Delerm, la mort de Brel est « une autoroute à trois voies avec un gros camion Antar sur la file de droitei », pour moi, c’est un café, un autobus et la place Esquirol à Toulouse. J’ai très bien connu Jacques Brel.
Vous avez vu, l’éditeur a pris mon livre ! Vous l’avez entre les yeux. Dites, c’est Brel qui vous a attiré ? Sa photo et son nom sur la couverture, c’est ça ? Je me trompe ?
Marie-Madeleine a épousé mon frère Bernard, Émile Fauré le 27 juillet 1974. Marie-Madeleine aime Brel, le saucisson sec et mon frère. C’est mon frère qu’elle épouse. Elle veut me faire partager sa passion pour Jacques Brel. Elle insère une cassette dans un lecteur et me dit : « Écoute... Écoute... » Brel tonitrue sur un port de Hollande, s’emporte contre des notables, éructe, s’apitoie, sanglote, transpire... Les Bourgeois2 et Amsterdam.3 Je n’aime pas.
Pourquoi n’ai-je prêté d’abord aucune attention à ce que disait ce type ? Et pourquoi ensuite me suis-je arrêté au bout de ses phrases, jusqu’à les connaître presque toutes par cœur ?
Qu’est-ce qui s’est passé ? Mon Brel à moi, vous ne pourrez pas me le voler. Il ne ressemble pas au vôtre, ni à aucun autre.
Il est un peu ici et un peu là. Vous pouvez me l’envier mais pas le copier. Il est debout dans la salle à manger, devant le micro que lui tend ma mère. Il est caché dans ma chambre, sous le lit. Il a déboulé comme un fou avec de la bière, des bonbons, un doigt de couvent, un grand verre de grand’messe, dix éléphants, cent kilos et trois cent trente-trois fois le temps de bâtir un roman. Il est entré dans ma cage thoracique, tel un oiseau, un singe, un fauve. Un lion. Il est couché du berceau de la joie au lit de la puissance. Il est courbé sur mon front. Il m’engueule parce que je suis trop lâche...
En 1977, pour mon petit Noël, Marie-Madeleine m’offre un électrophone. J’ai pris la mobylette et je suis allé à Saint-Sulpice acheter mon tout premier disque, un 33 tours... Il y avait Les Bourgeois2. Je les écoutais souvent. Déjà Jojo était là. Ma mère riait. Mon père disait : « Tu commences à nous faire chier avec tes disques... »
La veille de ma première communion, j’ai vraiment vomi. De peur. Une aube blanche, c’est aussi impressionnant qu’une robe noire de magistrat ou d’avocat.
Ça doit être l’une des rues les plus inconnues de Toulouse. Paradoxalement, elle se trouve au cœur même de la ville, là où des foules de gens battent le pavé... Mais ici, personne ne passe. Il ne se trouve aucune enseigne attractive, aucun néon aguicheur, rien qui ne se mange, se boive, se lise, se sente... On n’y fait pas de cadeaux. Je crois même qu’il n’y a pas de boîte aux lettres... Pas de plaque, pas de pair ni d’impair. On pourrait s’y méprendre, à une lettre près, elle porte le nom du psychiatre suisse Hermann Rorshach (Prononcez ROR - SAX), inventeur de ce fameux test qui nous a tous traumatisés, avec ces planches de taches d’encre symétriques obtenues par pliage, où il était hypocrite de ne pas voir une araignée, une grenouille ou un sexe. Ici donc, il s’agit d’Ernest Roschach, archiviste de la ville que l’on a voulu, maladroitement, honorer. Et pourtant, il y a un donjon et une entrée des artistes... Alors, pas étonnant que Brel y ait été photographié lors d’un de ses passages dans la ville Prose, chère à Nougaro. La photo, publiée dans La Dépêche du lundi 3 septembre 1962 est légendée : « Jacques Brel a donné à l’hôtel d’Assezat, samedi soir, un récital qui lui a valu des rappels enthousiastes. Voici le sympathique artiste surpris par notre photographe, dans la rue Roschach, avant d’être reçu amicalement au Donjon par M. GIBERT, président du Syndicat d’initiative. »
La photo est signée Jean-Louis Jammet. Je connaissais un peu Jean-Louis Jammet. Il était photographe à La Dépêche du Midi. Chaque fois que je le rencontrais, il me promettait de me confier les négatifs. « Je me souviens très bien de Brel » me disait-il. « J’ai fait les photos le jour de l’anniversaire de ma femme. La prochaine fois, promis, sans faute, je vous fais passer les négatifs. » Jean-Louis Jammet est mort, ne me laissant pas si négatif...
Mon père disait à propos des artistes : « Ces gens-là, ils ne se font pas vieux. Ils font trop la bringue. » Brel, mort jeune, lui a donné raison. « Ce qui compte dans une vie, c’est son intensité pas sa durée. » « Tout est extrêmement dangereux pour la santé puisqu’il y a un phénomène d’usure. » Alors, comment faut-il vivre ? Qui a les règles du jeu ? Mieux vaut-il mourir à 81 ans, en ayant toujours gueulé ou fait la gueule, ou à 49, en souriant, et en continuant à fumer quatre paquets de cigarettes par nuit, malgré un cancer du poumon ?
Moi, je crois qu’un artiste, c’est important.
Un écrivain est quelqu’un qui peut écrire des choses épouvantables auxquelles il n’adhère pas. Du genre : « J’ai placé ma mère dans une maison de retraite mais je ne sais plus laquelle. » Ce qui en fait un être redoutable.
J’ai vraiment voulu voir Vierzon. Ce que j’ai vu de Vierzon est moche. Il vaut mieux écouter la chanson.
La chanson Seul4 est un petit chef-d’œuvre de lucidité. Elle est réussie, tant sur la forme que sur le fond. Elle est bien charpentée. Elle illustre à merveille le crescendo/decrescendo cher à Brel. Elle est à rapprocher des mots d’Albert Cohen : « Chaque homme est seul, et tous se fichent de tous, et nos douleurs sont une île déserte.ii »
Les bottes vont bien à Jacques Brel. Dans le film Mon oncle Benjaminiii, il les porte hautes, à la mousquetaire.
Dans Montdragoniv, ses bottes d’écuyer fascinent son entourage. À l’église, du bout de sa cravache, il soulève les jupes d’une femme... Les bottes sont esthétiques, fonctionnelles et sensuelles... Moi, je me suis fait fabriquer sur mesure une paire de cuissardes, en cuir souple de veau, chez un bottier toulousain. Et j’ai aussi acheté un fouet, à la brocante, allées Jules-Guesde. Avait-il déjà servi ? Et pour qui, par qui, où et quand et pourquoi ? Je me suis autoproclamé Père Noël, Père Fouettard, flibustier, égoutier, dompteur, oncle Benjamin, fétichiste, sado-maso... Les tarses calés dans des bottes carénées comme des paquebots de croisière, je vous jure qu’on peut arpenter la Terre et devenir citoyen du monde.
J’imagine déjà la critique du livre que vous avez entre les yeux : Joël Fauré mélange des éléments de sa propre biographie avec ceux de celle de Brel... Sans en avoir l’air, avec des textes brefs comme des chansons, il réussit à nous saisir... mais vraiment, sans que nous en prenions garde... Je repense à certaines critiques sur Brel au début de sa carrière : « Ce type ne fera jamais rien de bon : il ne fait que transpirer. » « Quant à Monsieur Brel, je lui indique qu’il existe de très bons trains pour rentrer en Belgique. »
Quand j’étais petit, j’ai été gravement malade. La médecine m’a condamné. Le diagnostic est tombé : méningite cérébrospinale. Les « ils » et les « on » pratiquent une ponction lombaire. Voleurs ! Ma mère file à Midi-Caoutchouc, place Esquirol, pour m’acheter un dernier jouet. C’est un curieux et surréaliste coq en matière plastique monté sur 4 roulettes multicolores. À Lavaur (Tarn), Brel est l’invité des Grandes Fêtes Générales de Jour et de Nuit, présidées par René Cazelles. Brel chante le dimanche 2 septembre 1962, place Pasteur, au théâtre de Verdure, devant plus de 2 000 personnes. Le prix des places va de 5 nouveaux francs à 12 nouveaux francs. Pour le gala, Brel a pris environ 6 000 nouveaux francs. En vedette américaine, il y a un plateau composé d’Isabelle Aubret, qui vient d’obtenir le prix Eurovision de la chanson, André Aubert, l’imitateur... Avant d’entrer en scène, les premières notes de l’orchestre sont saluées par un tonnerre d’applaudissements. En coulisses, Cazelles dit à Brel : « C’est gagné d’avance. » Brel répond : « Rien n’est jamais gagné d’avance. »
Cazelles affirme n’avoir pas vu Brel vomir. Il s’est peut-être isolé pour le faire... À l’hôpital Purpan, je réchappe de la maladie. Je suis inscrit sur la liste des sursitaires. Viendront les premières peurs, les premières frayeurs, les premières terreurs. Suivront les premiers TOC.
Vous croyez que si je demande un acte de décès de Jacques Brel à la mairie de Bobigny, ils vont me le délivrer ? Comment ? Si je suis de la famille ? Mais bien sûr, je suis le fils caché de Brel. Menteur ! Chut ! Vous ne pouvez pas vous taire ? Vous savez bien que j’ai très bien connu Jacques Brel.
– Jacques Brel est mort à l’âge de 49 ans le 9 octobre 1978, à l’hôpital franco-musulman de Bobigny, à 4 h 10 du matin, chambre 305.
– Le 9 octobre 1978, à 4 h 10 du matin, chambre 305, à l’hôpital franco-musulman de Bobigny, est mort Jacques Brel. Il avait 49 ans.
– Chambre 305, 4h10 à l’hôpital franco-musulman de Bobigny, Jacques Brel, 49 ans, meurt.
– À l’hôpital franco-musulman de Bobigny, le 9 octobre 1978, Jacques Brel, âgé de 49 ans, est mort chambre 305, à 4h10 du matin.
– Il avait 49 ans. À 4h10 du matin, dans la chambre 305 de l’hôpital franco-musulman de Bobigny, le 9 octobre 1978, Jacques Brel est décédé.
Jean-Charles Aschéro travaille à France Inter. Toutes les nuits de dimanche à lundi, il anime une émission : « Les choses de la nuit ». Fervent admirateur de Brel, il a instauré une tradition : à l’heure de la mort du chanteur, il passe à l’antenne une chanson de lui. J’aimais beaucoup son émission. En 1996, Aschéro est « remercié » sans ménagement par la station embouteillée par une Ève d’Évangile selon Saint-Bosch. Je me sens orphelin d’âme et de cœur. En juillet 1999, je passe une annonce dans Libération : « Recherche nostalgiques de l’émission de Jean-Charles Aschéro sur France Inter... » Et c’est Jean-Charles Aschéro lui-même qui me répond : « Les revenons-y de l’extrême nostalgie sont toujours décevants »! Sur mon répondeur, je trouve un jour ce message : « Bonjour, vous ne me connaissez pas, je m’appelle François Rauber. Je réponds à votre annonce de Libé... » Comment, si je ne connais pas François Rauber ? Je ne connais que lui. Il a été l’accompagnateur de Brel, dans toutes les acceptions du terme, durant de longues années ; il a été de toutes les tournées, musicales, labiales, des grands ducs et des petits bouis-bouis.
« Encore une fois dire “Je t’aime”, encore une fois perdre le Nord. En effeuillant le chrysanthème qui est la marguerite des morts.v » (Brassens) Combien de fois Brel a-t-il dit, écrit et chanté « encore une fois » ? Un nombre incalculable pour cet athlète du verbe. Ah ! Et Oh ! Vous réécouter encore une fois... Georges, Jacques... Vous me manquez...
Nous sommes de plus en plus nombreux et il y a de moins en moins de place. On se déshumanise. Jacques, si tu voyais tous ces pendus par les pieds qui encombrent les rues, qui obstruent les sorties de secours, qui saturent les espaces vitaux... Si tu voyais toutes ces marionnettes téléguidées par un boîtier soudé à l’oreille... Au secours, Jacques, je voudrais te serrer la paluche, et puis je voudrais retourner dans le ventre de ma mère, et puis dans le sperme de mon père, et puis dans le néant.
Je sens que les gens ne vont pas aimer ce livre. On va lire quelque chose sur du papier glacé du genre : « Fauré se prend pour qui ? Les parallèles qu’il établit frisent l’indécence. Fauré fait une récupération déplacée de Brel qui va se retourner dans sa tombe. » « Si vous m’aimez, fermez vos gueules » avait-il dit avant de mourir. Oui, mais moi, j’ai très bien connu Jacques Brel.
« Il est extrêmement mal élevé, quand on est blessé, de le faire savoir. » « Nous avons des fonctions tellement exhibitionnistes que notre fonction n’est tolérable que dans la mesure où l’on ne peut pas se taire. »
Vous avez vu ce film d’André Cayatte ? Brel campe très finement un instituteur injustement accusé de viol par l’une de ses élèves. Lors de la reconstitution, les enquêteurs demandent à Brel de refaire une scène. Brel dit : « Non, monsieur le commissaire, je suis instituteur, je ne suis pas comédien. » Il a raison et il a tort. Le faux est un moment du vrai. Est-ce le « mentir vrai » ou le « Paradoxe du Comédien » de Diderot ? Dans la vie en vrai, le commissaire n’est pas commissaire ; Brel n’est pas instituteur. Par contre, c’est un excellent comédien. Et menteur. Et moi, je suis le fils caché de Jacques Brel.
Mon père fait suivre ce qu’il appelle « le petit poste » partout, dans la cuisine, le jardin, quand il plante les patates. Il écoute « les chansons à la demande ». Parmi celles-ci, il doit bien y en avoir quelques unes de Brel. Mais, mon père, son idole, c’est Tino Rossi. Moi, j’ai longtemps gardé en mémoire cette mélodie, ce jingle, ce sonal qui disait : « Nana nana nanana ». Oui, j’écoutais sans comprendre ce sybillin « akiradioendora ». Plus tard, j’ai appris qu’on avait demandé à une petite bergère des Pyrénées de s’installer devant un gros micro carré et de dire : « Aqui Radio Andorra ». Ici Radio Andorre. C’est un peu comme le logo des supermarchés Carrefour. Je ne sais pas vous, mais moi, j’ai mis du temps avant de me rendre compte qu’au milieu des deux « flèches », la rouge et la bleue, se découpait sur fond blanc le « C » de Carrefour.
Je suis presque sûr que Brel a dû avoir des emmerdements avec une certaine Frida, quand il a chanté : « Avec Frida la blonde, quand elle devient Margot.5 »
