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"Le chrétien doit offrir un visage joyeux, pas une face de piment au vinaigre." Jargonnier (adj. subst. m.) Lexique du vocabulaire particulier (dit aussi jargon) utilisé à l'intérieur d'un groupe. Ce terme peu élégant désigne aussi un ouvrage de très bon goût qui amuse la galerie en pointant et en décryptant avec malice les usages, les phrases ronronnantes, les charmantes désuétudes et parfois les petites scories de langage (quand l'esthétique côtoie l'anesthésique). A conseiller, donc !
À PROPOS DE L'AUTEUR
Edmond Prochain est journaliste. Il aime les librairies anglaises, la carbonade flamande, le saint-joseph (AOC) et les parapluies. Quand il ne boit pas de thé, il note des tas de choses insolites, drôles et poétiques, dans ses petits carnets.
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Seitenzahl: 89
Veröffentlichungsjahr: 2016
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Couverture : Emmanuel Brejon (7eyes)
Composition : Soft Office (38)
© Éditions de l’Emmanuel, 2015
89, bd Auguste-Blanqui – 75013 Paris
www.editions-emmanuel.com
ISBN : 978-2-35389-520-5
Dépôt légal : 4e trimestre 2015
Edmond Prochain
Jargonniercatholiquede poche
La langue de buis décryptéeà l’usage des croyants et autres mécréants
« Le miracle de l’Église, c’est qu’elle survit chaque dimanche
à des millions de très mauvaises homélies. »
(Attribué au cardinal Joseph Ratzinger)
à david, peut-être.
L’Église catholique, c’est bien connu, interdit à ses ouailles de rire. Surtout en carême. Pourtant, on imagine mal les apôtres tirant chacun une tête de six pieds de long, ce qui, multiplié par douze, commence à bien faire. Le Pape François va jusqu’à écrire dans une exhortation apostolique : « Un évangélisateur ne devrait pas avoir constamment une tête d’enterrement » (LaJoie de l’évangile, n°10). « Heureux qui accepte de rire de soi, il n’a pas fini de s’amuser », écrit l’auteur des Petites béatitudes. Avec son Jargonnier catholique de poche, Edmond Prochain nous aide à (re)devenir des catholiques heureux. Si possible contagieux.
Peut-on rire de tout ? Ce n’est pas conseillé. La ligne est vite franchie, qui sépare l’humour de la dérision et du mépris. Mais apprendre à rire de soi, même en carême, est une prodigieuse école d’humilité. En riant de soi, on ne blesse personne. Rire de soi, c’est refuser de s’enfermer dans ses façons de parler et de penser, pour s’ouvrir à la vérité de ses actes.
Car savoir rire ou sourire de nos limites, de nos faiblesses, de notre hypocrisie latente, ne reste pas une affaire interne. Il ne s’agit pas seulement, entre cathos, de nous défouler en savourant nos petits ou grands travers. En reconnaissant avec humilité et humour nos replis, nos faiblesses, ou les caricatures plus ou moins méritées auxquelles nous donnons lieu, en acceptant de bonne humeur un peu d’humiliation, nous ouvrons grand la porte à l’humilioration.
Edmond Prochain revisite avec bonhommie le vocabulaire en usage chez les catholiques, les mots dont nous usons et qui nous usent. Avec un grain de sel de la terre.
Tous puiseront dans ce lexique décidément spirituel de quoi réfléchir au témoignage que peuvent donner les catholiques et que le monde attend d’eux. Avec le sourire de ceux et celles qui savent que le monde est sauvé. Et que l’humour bien placé est le commencement de la joie.
Paul Clavier
Abbaye (n.f.) Couvent ou monastère producteur de bière (dans le meilleur des cas).
Abbé (n.m.) 1.Supérieur d’une abbaye. Il se distingue des autres moines par sa sagesse plus profonde, ses cheveux plus blancs ou son embonpoint plus impressionnant. 2. Titre parfois donné à certains prêtres en raison des jeux de mots désopilants qu’il permet de faire.
Abbesse (n.f.) Dans les congrégations féminines, on applique ce verset d’évangile : « Qui s’élève sera abbesse. » Une erreur courante consiste à croire que l’abbesse est la femme de l’abbé ; il n’en est évidemment rien.
Absolution (n.f.) Acte par lequel le prêtre, à la fin d’une confession, « délie » le fidèle pénitent de ses péchés. Pour expliquer ce geste sacramentel, on emploie souvent l’image d’un boulet que l’on détacherait du pied d’un bagnard. L’image de la chasse d’eau que l’on tire est également valable, mais sans doute moins élégante.
Absoute (n.f.) À la fin des obsèques, ultime recommandation dont on munit le défunt pour ne pas le laisser se présenter au Ciel avec, pour tout bagage, son C.V. et sa lettre de motivation.
Abstinence (n.f.) Privation de viande traditionnellement recommandée le vendredi pendant le carême, en signe de pénitence. L’imagination des fidèles étant généralement très féconde lorsqu’il s’agit de gruger un peu, d’habiles parades peuvent être trouvées, comme par exemple l’assimilation du castor à un poisson, en vertu du fait qu’il « vit dans l’eau » (quoique, dans ce cas précis, beaucoup préfèreront sans doute manger du poisson que s’aventurer à goûter du castor…).
Acédie (n.f.) Péché capital qui consiste à estimer de façon permanente que le Christ et l’Église en ont assez dit (d’où son nom, semble-t-il). Le terme est souvent remplacé par « paresse », nettement plus sympathique aux oreilles de ceux qui y sont vautrés.
Acolyte (n.m.) Personne collée aux basques du prêtre ou du diacre pour l’assister dans le déroulement de la liturgie. Malgré l’entrée du terme dans le champ lexical du banditisme, l’acolyte est souvent un vrai enfant de chœur.
Actes des apôtres (n.m.pl.) Nom donné à la seconde partie du Nouveau Testament. Après avoir reçu les leçons de Jésus dans l’Évangile, les apôtres sont passés aux Actes, puis certains se sont mis à faire l’Épître. Comme on pouvait s’y attendre, tout cela a fini en Apocalypse.
A.D.A.P. (abrév. pour Assemblée dominicale en l’absence de prêtre) Coutume mise en place dans les campagnes durant la seconde moitié du XXème siècle pour célébrer la crise des vocations.
Adoration (n.f.) Activité qui consiste à somnoler devant l’hostie consacrée. Il s’agit d’une application quelque peu littérale du psaume qui dit : « Dieu comble son bien-aimé quand il dort. » Peut se pratiquer de jour comme de nuit, voire, dans certaines églises, en continu – on parle alors d’adoration perpétuelle, du nom de la peine que le curé a choisi d’infliger à ses paroissiens.
Ad gentes (loc.) Du latin « vers les nations ». Désigne l’envoi en mission des chrétiens au-delà des limites du territoire ou en dehors des activités paroissiales. Il s’agit donc d’une forme d’évangélisation exclusivement réservée à une élite (le Christ a été très clair sur ce point). Au temps des grandes missions, de l’ad gentes à l’ad patres il n’y avait parfois qu’un pal…
Agnosticisme (n.m.) Athéisme peu contrariant. Doctrine qui applique la philosophie normande à la métaphysique ordinaire. À la question « Dieu existe-t-il ? », l’agnostique répond sans hésiter : « P’têt ben qu’oui… p’têt ben qu’non… »
Agnus Dei (loc.) Métaphore animalière rabâchée à chaque messe pour demander au Christ de prendre pitié de nous et, tant qu’il y est, de nous accorder la paix. Selon les orientations pastorales en vigueur dans la paroisse, elle peut être soit dite en latin, soit remplacée par une variation sur l’idée que la paix – oui, la paix – c’est le don de Jésus.
Alléluia (interj.) Youpi tralala !
Ambon (n.m.) Pupitre utilisé par le prêtre lors de l’homélie. Dans une moindre mesure, c’est à l’ambon que sont lus des extraits « best of » de la Bible censés donner envie aux fidèles de lire l’ouvrage entier une fois rentrés chez eux. Il existe des ambons de deux sortes : les ambons sobres et les ambons moches.
Amen (interj.) Soupir de soulagement à la fin d’une prière jugée trop longue.
Amour (n.m.) Voire charité. Alpha et Oméga de la vie évangélique. Il fait passer les chrétiens pour des nunuches depuis la nuit des temps.
Anachorète (n.m.) Sorte d’ermite, mais avec un h dedans.
Anamnèse (n.f.) Après des années de réflexion et moult concertations, ce moment, situé juste après la consécration eucharistique, a été jugé idéal pour massacrer en français le tube protestant Amazing Grace.
Ange (n.m.) Créature à tout faire (très bon esprit). Les anges sont des serviteurs zélés, créés pour remplir toutes sortes de fonctions : messager, garde du corps, dénicheur de place de parking… Les anges sont équipés d’ailes pour faire joli.
Angélus (n.m.) Prière autrefois récitée trois fois par jour, mais aujourd’hui largement délaissée en-dehors des cercles scouts ou catholiques très motivés. L’Angélus peut avantageusement être utilisé comme bénédicité : sa longueur inhabituelle ouvre remarquablement bien l’appétit.
Annonciation (n.f.) Faire-part perpétuel de la naissance de Jésus. Épisode fameux au cours duquel l’ange Gabriel vient annoncer à la Vierge Marie qu’elle sera la mère du Sauveur des hommes. Plutôt que de la ramener en allant crier la nouvelle sur tous les toits, Marie, qui est une fille toute simple avec un sens du féminisme bien à elle, se définit alors comme la servante du Seigneur.
Anticléricalisme (n.m.) Les tenants de cette opposition démonstrative à la hiérarchie ecclésiastique se présentent fièrement comme des « bouffeurs de curé », ce qui est une vision assez petits bras si l’on songe que les catholiques, eux, bouffent carrément le Bon Dieu.
Antienne (n.f.) Sorte de refrain plaqué sur un psaume pour faire chanson. Certains liturgistes affirment que l’assemblée est plus réceptive aux antiennes quand elles sont paraboliques, mais cela n’a jamais pu être prouvé.
Apocalypse (n.f.) Nom vachement classe pour désigner l’épilogue de la Bible. À noter : ce n’est pas parce que c’est la fin de l’Histoire que c’est forcément la fin des haricots.
Apocryphes (n.m.pl.) Sortes d’évangiles déclarés inauthentiques par l’Église, et, pour cette raison, déclarés authentiques par les exégètes amateurs. Remplis d’anecdotes et de détails, les apocryphes ne présentent un intérêt médiatique que lorsqu’ils permettent de supposer un mariage de Jésus.
Apologétique (n.f.) La parole est à la défense.
Apostasie (n.f.) Démarche bébête par laquelle on choisit de rétrograder officiellement au rang de mécréant, au lieu d’arrêter tout simplement d’aller à l’église, comme tout le monde.
Apôtre (n.m.) VRP pour le compte de l’entreprise familiale « Dieu & Fils ». Comme les œufs, les huîtres et les bières de mauvaise qualité, les apôtres allaient initialement par douze.
Ascension (n.f) Moment où Jésus ressuscité s’afflige de constater que ses disciples n’ont toujours rien compris et lui demandent encore quand il compte « rétablir la royauté en Israël » (MDR). Selon la tradition, le Christ préfère alors retourner chez son Père plutôt que de rester avec cette bande de boulets.
Aspersion (n.f.) Rituel très amusant qui consiste, pour le célébrant, à envoyer de l’eau froide à la tête des fidèles, en signe de purification. L’aspersion peut également être pratiquée sur des objets, mais elle perd alors une large part de son caractère ludique.
Assemblée (n.f.) L’assemblée chrétienne a ceci de notable que les éléments qui la composent sont généralement assez volatils. Dans la nef d’une église, par exemple, elle se comporte exactement comme un gaz : spontanément, les particules se dispersent de sorte à occuper l’espace de manière homogène, plutôt que de se regrouper devant.
Assomption (n.f.) Fête qui rappelle le jour où la Vierge Marie est retournée habiter chez son fils. Le mot viendrait, selon une étymologie vraiment très, très ancienne, de l’association de deux racines qui pourraient signifier littéralement « quinze » et « août ». Mais les experts demeurent divisés sur ce sujet.
Athéisme (n.m.) Croyance en l’inexistence de Dieu. Après la mort, faute d’avoir misé sur le bon cheval, cette doctrine damne…
Aube
