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Qui parmi nous n’a jamais ressenti l’éclat soudain du langage ? Qui n’a jamais éprouvé le désir, ne serait-ce qu’une fois, de puiser au plus profond de soi pour exprimer, à sa manière, l’exception ou la banalité d’une réalité, afin de décrire ses contrastes et ses harmonies autant que possible ? Toute tentative de retranscrire les émotions après notre propre parcours, parfois éclairci, parfois assombri, parfois calme, parfois tumultueux, parfois immergé et parfois émergeant, implique intrinsèquement une invocation auprès du firmament des mots, dans l’espoir de rencontrer la grâce du poème. Cet ouvrage nous entraîne dans un voyage lyrique au cœur d’une existence peinte en vers.
À PROPOS DE L'AUTEUR
Azzeddine Habib consacre sa vie entière à l’art qu’il étudie, pratique et enseigne depuis de nombreuses années. "Jasmin en pétales" témoigne de tout son savoir-faire artistique et de son savoir-sentir existentiel.
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Seitenzahl: 33
Veröffentlichungsjahr: 2024
Azzeddine Habib
Jasmin en pétales
Recueil
© Lys Bleu Éditions – Azzeddine Habib
ISBN : 979-10-422-2946-7
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À toute ma famille
« Qui de nous n’a pas été un jour traversé par la fulgurance du verbe. Qui n’a pas été tenté un jour d’aller chercher celle-ci loin au fond de lui afin de dire à sa manière l’exception ou la trivialité d’une réalité, de dépeindre tant soit peu que possible ses tons contrastés et harmonieux à la fois. Toute tentative de restitution d’émotions – par le truchement des vers –, et à l’issue de nos expériences teintées tantôt par des éclaircies tantôt par des obscurcissements, tantôt par des accalmies tantôt par des turbulences, tantôt immersion et tantôt émergence, passe intrinsèquement par une forme invocatrice auprès du ciel des mots afin d’espérer rencontrer la grâce du poème ».
Note d’atelier, janvier, 2014
Nul ne le propose,
Vivre en nostalgique,
Vertige de vivre,
Pourvu qu’il reste un peu de ce qu’on a connu
Sentiment partagé.
Ce qui peut ne plus être comme c’était,
Goût d’une certaine inquiétude, la dernière bouchée, la dernière gorgée, le dernier regard, le dernier souffle.
Possibilité… Brèche dans l’éternel, vacuité du devenir, désagrégation du monde, dérisoire dans nos actions.
Pompéi en est le microrappel, hommes figés dans leurs ultimes postures,
Voulant croire, ne pas croire, n’avoir que faire, le sous-jacent vous le dira, l’aveugle vous le montrera, le sourd vous le fera entendre, le collectif vous l’insufflera, le commun en nous l’insinuera…
Dessein ô combien commun,
Éternelle errance, l’inconnu est mesurable
L’incommensurable est voyage,
Le fardeau est à porter.
S’agit-il d’essayer de comprendre Ulysse ? De compatir avec Sisyphe ?
Faut-il les rejoindre ? Leur exprimer sa solidarité ?
Leur doit-on du respect ? Doit-on saluer leur lutte martyre ? Leur humanité au titre de symboles ? Ou bien leur dévouement à notre condition ? Le sacrifice de consacrer sa vie pourvu qu’on puisse se comprendre ?
Être là au moment où il n’y a personne,
Accompagner ceux qui partent et ceux qui ressassent,
Ceux qui sont pris par le besoin de partir et d’autre par l’impulsion de répéter. Accrochés à la vie et contraints par le glissement dû à ses aspérités.
Le temps ne passe pas partout pareil et l’espace n’est guère senti de la même façon,
Ce qui se trouve entièrement plein par les uns et entièrement néant pour les autres,
Il n’est pas étonnant que ce qui est sombre et maussade puisse s’avérer lumière et quiétude.
La lumière qui sert à éclairer le monde peut pourtant l’aveugler – à certains égards,
Quand tout le monde croit avoir le bon feu, il y a que le feu qui demeure.
Le temps d’une vie, d’un voyage,
Incessant retour de toujours au même point.
Prométhée a pu faire de lui le martyr de l’humanité,
Tant d’effort pour finir au sort du soir, commencer celui de la journée,
Insouciance diurne et malaise nocturne,
Le feu qu’on jouit tant de l’avoir peut pourtant tout embraser,
Ce qui peut être d’une grande utilité peut être aussi néfaste,
La mesure guettée par la démesure,
Vallée verte enviée par le désert,
Accepter ce qui nous fait, de quoi sommes-nous faits ?
Lymphes, plis, plissement, entrailles,
