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Dans le présent ouvrage, l'auteur s'essaie à peindre un portrait vraisemblable de Jésus le "Fils de l'homme", comme des événements déroutants le touchant de près. Il cherche éperdument à le montrer aux assoiffés de vérité, de liberté et de justice. Prenons et lisons ces pages à l'accent d'authenticité pour un moment de bonheur. Laissons-nous surprendre, la beauté nous attend. Une rencontre vraie et juste rend nécessairement et inévitablement heureux. Bientôt notre coeur empli de joie s'étonnera d'être...
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Seitenzahl: 275
Veröffentlichungsjahr: 2019
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À ma mère
À ma famille
À mes bienfaiteurs
J’ai soif !
(Jn, 19,28)
Donne-moi à boire !
(Jn, 4,7)
Le Christ a sous le soleil
semblance d’un (Prince) mendiant
(Hölderlin)
Notice biographique
LIVRE I Gethsémani
Jésus
se rend
à Gethsémani
1 Départ
2 Arrivée
Jésus
prie à
Gethsémani
3 Lutte corps à corps
4 Sueur d’effroi
5 Première venue
6 Deuxième et Troisième venue
7 Grand cri et larmes
Jésus
arrêté à
Gethsémani
8 Brutale arrestation
10 Visages ombreux
11 Le dernier disciple
Épilogue
Poème Autour de l’âtre
Annexe
En bref
Analyse de l’arrestation
LIVRE II Le procès de l’histoire
Introduction
Un débat préliminaire
1 Des ailes de plomb
2 La pierre d’achoppement
3 Une table ronde
L’interrogatoire juif
4 L’odieux personnage
5 L’obscur témoignage
6 Le tragique face à face
7 La lourde accusation
8 Désolation Consternation
Les outrages
Les trois reniements
Le prix du sang innocent
La fin des procédures juives
Le procès romain
9 Les premiers pas
10 L’enquête préparatoire
L’envoi au tétrarque Hérode
L’interrogatoire
Le renvoi au gouverneur Pilate La moquerie subie
Sur la genèse du récit de Luc
11 Clameurs de la foule
Le démon de l’envie
Vrai et faux fils du Père
Les hurlements affreux Voici l’homme
Enlève cet individu Crucifierai-je votre roi ?
D’où es-tu ?
Un mystérieux songe
Le violent élu
La flagellation
12 Cruelles railleries romaines
Annexe
En bref
Le procès de l’histoire
LIVRE III La mort de Jésus
Jésus est emmené pour être crucifié
1 Jésus emmené
2 Fixé au bois (Crucifié)
Ce qui se passe Alentour de la croix
3 Un grouillement cosmopolite
4 Une sombre nuit ténébreuse La mort de Jésus Pourquoi ?
5 Des faits insolites
6 Les témoins oculaires
L’ensevelissement de Jésus
7 Joseph demande le corps
8 La mise au tombeau
9 Le sabbat La garde au sépulcre
Épilogue
La résurrection de Jésus
Michel BOUZAT est né le 21/04/1956 à VILLEFRANCHE DE PANAT dans le beau département de l’Aveyron. Ses parents y exercent le métier de commerçants en produits agricoles. Il y passe une enfance heureuse. L’amour de la nature l’impressionne fort, le captive et le charme. Avec sa famille, adolescent il est cruellement éprouvé par la perte accidentelle de son frère Jean, âgé de 20 ans. La population locale est consternée. L’action bienfaisante du silence éloquent et de la solitude source des inspirations l’attire davantage. Il trouve son équilibre dans une vie de relation et de solitude. Un temps, il envisage de devenir prêtre. Après avoir passé avec succès son Bac B, il suit un cursus de philosophie, d’abord au Séminaire Régional de TOULOUSE-RANGUEIL, puis à la Faculté. La rencontre de Mr PHAM CÔN THIEN (1941-2011), Enseignant de Philosophie à l’Université TOULOUSE LE MIRAIL l’impressionne, contribue à la découverte de sa vocation. En synergie avec les Autorités religieuses de l’époque, il décide alors d’arrêter sa formation de jeune séminariste et est conforté dans sa vocation à répondre à l’appel divin à produire une pensée originale au service de la Foi et de Jésus. Pour gagner sa vie, il exerce des fonctions de Surveillant dans des écoles locales et au Foyer des jeunes Orphelins de CACHAN (Val de Marne), ensuite il crée un libre-service d’alimentation dans son village. Il passe avec succès le concours de Préposé à la Poste et y il fait sa carrière. Après le décès de son père (1925-1998), il prend soin de sa mère (1924-2017) qu’il accompagne jusqu’au bout et qui l’inspire. Recevoir et rencontrer des voyageurs dans son bel appartement, comme leur faire découvrir les charmes de RODEZ où il réside et de sa région l’a réjoui. Jeune retraité depuis mai 2018, il aspire à écrire pour transmettre « notre héritage spirituel » (le Pape François, Mt 25,14-30), jusqu’au crépuscule du Soir.
DU MÊME AUTEUR
LIVRE SECOND
« LE PROCÈS DE L’HISTOIRE »
(Auto-édition)
(LIVRE SECOND
DE LA TRILOGIE
« Jésus !
Qui est comme Toi ?
Le livre de Michel »
Auto-édition)
LIVRE TROISIÈME
« LA MORT DE JÉSUS »
(Auto-édition)
(LIVRE TROISIÈME
DE LA TRILOGIE
« Jésus !
Qui est comme Toi ?
Le livre de Michel »
Auto-édition)
Michel BOUZAT
« Qu’il me soit fait selon ta parole » (Lc 1,38)
Références scripturaires
Mc 14 ,26-31
Mt 26 ,30-35
Lc 22 ,39
Jn 16 ,1 ; 32-33 ; 36-38
(Jésus parle au cours d’un dîner)
Jn 18 ,1-2
(Jésus traverse le Cédron pour
se rendre dans un jardin)
Une lumière douce fait étinceler les boiseries nues de la vaste pièce grave et majestueuse.
Le bahut en chêne emplit l’odeur du temps.
Une longue desserte forme l’espace désert.
Des couverts luisent vaguement sur la table encore dressée de nappe et presque desservie.
Jésus a lavé les pieds des disciples.
Du pain et du vin il a fait don de son corps et de son sang pour la multitude (pour tous).
Judas a quitté l’immense Cène pour la nuit.
Arrive la mélancolie du soir.
Profonde.
Celle de la fin et du départ définitif.
La scène déplace l’action de la salle du dîner au mont de l’Oliveraie.
Il existe une parfaite cohérence des parties de l’ensemble des quatre Évangiles dans les récits de ce qui se passe après la Cène.
Dans les Évangiles synoptiques1 après avoir chanté le « Hallèl », l’hymneim, l’hymne de la Pâque ou le chant des psaumes de louange, du Psaume 113 au Psaume 118, chantés ordinairement après le dîner pascal indiquant une atmosphère de prière à la fin de la Cène, à la fin du dernier repas des apôtres et de Jésus, le Maître et ses disciples partent à pied dans la nuit sombre jusqu’au mont des Oliviers (Mc 14,26 ; Mt 26,30 ; Lc 22,39)2.
Situé à une distance d’environ 1,8 km à l’est de Jérusalem, haut de plus de 800 mètres, cet éperon rocheux s’étire au-delà du nord au sud parallèlement à l’enceinte de la citadelle sur quatre kilomètres, à une hauteur de quelque centaine de mètres au-dessus du niveau de l’esplanade du Temple.
Il est séparé de la cité fortifiée par la vallée du Cédron.
L’appellation mont des Oliviers s’applique au tronçon central de la chaîne montagneuse à l’air imposant, avec le mont Scopus au nord et le mont du Scandale au sud-est.
Le mont jouit d’une haute portée symbolique et spirituelle.
Dans une vision, le prophète Zacharie y décrit l’impressionnante scène du Jugement final3.
Nuitamment, Jésus y loge régulièrement4, et s’y rend pour prier sur ces hauteurs seul ou en compagnie des disciples (Lc 6,12 ; 9, 28).
Il s’y assoit pour prononcer avec autorité son discours incisif et pathétique sur le sort de Jérusalem et le drame planétaire de la fin des temps (Mt 13,1-37).
Depuis son faîte, il s’élève dans l’au-delà plein de grâce et simplicité promettant de revenir de la même façon5.
Suivant l’Évangile de Jean, ils progressent de l’autre côté du torrent du Cédron6, jusqu’à un jardin où souventefois Jésus se rend avec ses adeptes (Jn 18, 1- 2).
Ce cours d’eau torrentueux de Cisjordanie - aux temps bibliques, on y jette les objets cultuels idolâtriques (I Rois, 15, 13) -, s’écoule l’hiver par temps pluvieux au pied du mont de l’Olivaie, le séparant de la vallée du Cédron - ou de Josaphat (roi de Juda, de -869 à -848) -, dominée par le quartier juif de la Cité, aux nombreux grottes, tombes et cimetières juifs et musulmans.
Au dire de Joël, les morts y ressusciteront au Jugement dernier (Jl 4,2).
Au visage grave et énergique, Jésus chemine d’un pas lent avec ses disciples7 .
À leur endroit, il adresse respectivement deux mystérieux avertissements8.
Le premier vise leur communauté.
À tout coup, cette nuit, ils vont se scandaliser et se disperser de tous côtés à cause de lui :
Tous vous trébucherez comme il est écrit : Je frapperai le berger, les ovins se disperseront
(Mc 14,279 ; Mt 26, 31).
La prophétie sort du Livre de Zacharie :
Épée frappe le pâtre, les ovins se dispersent ! (Za 13,7).
La nuit montée le Seigneur frappera à mort le berger.
Au coup de l’arrestation de Jésus, les disciples se disperseront10 (Za 13,7).
Pris de vertige, ensemble ils vont chanceler devant la fatalité, le coup du sort et la fureur de la persécution11.
Temporairement mais très sérieusement, ils vont manquer d’adhérence et de foi rendus si parfaitement semblables aux siens n’adhérant pas et butant contre et sur lui12.
Faute de racine profonde, ils vont se dérober, se défiler et s’éparpiller de tous côtés en une sorte d’excitation hagarde (Mc 14,50).
Ils vont tomber à cause de Jésus motif de leur chute :
Vous tous vous trébucherez cette nuit à cause de moi (Jn 16,1-3).
Voire pécher13, se manquer à eux-mêmes, aux hommes et à Dieu.
S’éloignant ils vont se séparer d’eux-mêmes et de la fratrie.
Privés des soins du pasteur ils ne formeront plus le troupeau pacagé, tranquille broutant de gras pâturages au grand air libre, comme le dit explicitement l’ajout de Matthieu :
Les brebis du troupeau seront dispersées (Mt 26,31).
La prophétie s’accomplira alors que Jésus les laissera partir14 :
Laissez ceux-là s’en aller (Jn 18,8-9).
Dans cette suite, Pierre se croit unique en son espèce et original et il se pose seul devant tous en être d’exception :
Même si tous trébuchent moi sûrement pas !
Il conteste l’affirmation de Jésus qui se réfère aux Écrits :
Comme il est écrit (Mc 14,27a).
Pierre objecte, affirme de nouveau15 avec plus d’énergie et au-delà de toute mesure sa folle prétention à souffrir et à mourir avec et pour Jésus :
Même si je dois mourir avec toi, non, je ne te renierai pas ! (Mc 14,29-31).
Il se sépare et s’égare par faiblesse humaine presque irrémédiable16.
Le deuxième avis sérieux donné par Jésus le concerne personnellement.
Il le reprend vertement et le met en garde :
Aujourd’hui cette nuit même (au couchant selon une coutume juive le jour commence au coucher du soleil), avant l’aurore prochaine, avant que le coq ne chante deux fois (d’après les manuscrits gréco-romains l’aurore et le lever du soleil s’associent au deuxième chant du coq17) tu m’auras renié trois fois18 en te désavouant fortement (Mc 14,30).
Tous également déclarent ne pas se rétracter (Mc 14,31).
Devenir l’ami plus cher et proche de Jésus est un sort que tous les premiers adeptes envient au prix de longs et pénibles efforts, des plus dures privations, comme de leur propre vie : Thomas dit :
Allons, nous aussi, mourir avec lui ! (Jn 11,16) ; Parole d’adhérence (de foi) : Si nous mourons avec lui, nous vivrons avec lui (Tm 2,11).
Progressant avec ses disciples le dos au vent, Jésus échange un mot énigmatique, fulminant comme l’éclair : Après m’être réveillé, j’irai devant vous en Galilée (Mc 14,2819).
Le Ressuscité nous précède toujours.
Il revendique priorité et primauté pour nous montrer le chemin.
En Galilée durant l’annonce, les disciples vont à lui, derrière lui et le suivent20.
En marche vers sa montée à Jérusalem et sa mort, il va toujours devant eux et les devance encore (Mc 10,32).
Une fois ressuscité Jésus a encore et toujours la prééminence.
Il garde l’initiative aujourd’hui tous les jours comme partout.
Tel le pâtre menant les troupeaux à travers le soir, il fait rentrer les moutons au bercail.
Il fait revenir les exilés et expatriés en Galilée, sol natal du primitif appel et des premiers pas et du rassemblement et de l'originelle parole créatrice21.
Il restaure de nouveau et encore plus fort la Communauté (l’Humanité) encore et toujours dispersée et désemparée :
Me voici. Je cherche la brebis perdue, égarée. Je bande la mutilée et fortifie la malade22 (Ez 34,11-16 ; Lc 15,4-7).
Références scripturaires
Mc 14 ,32-34
Mt 26 ,36-38
Lc 22 ,40
Jn 18 ,1
Après une longue marche pénible, Jésus et ses disciples arrivent enfin au haut du mont de l’Oliveraie.
Ils entrent dans un domaine (un jardin, un verger ?) nommé Gethsémani pressoir à huile (Jn 18,1b-2)23.
De sa hauteur l’on y découvre sise à l’écart la Cité antique fortifiée et inaccessible.
Une force mystérieuse s’exhale de l’endroit pittoresque au sol étagé et irrégulier peuplé d’oliviers aux troncs noueux, massifs et tordus aux rigoles, rocailles et sentes étroites, moitié escalier moitié sentier de chèvres.
Un vieux mur de clôture s’écroule par endroits sillonné de lézardes de part et d’autre troué de rejetons.
Un logis humble comme modeste cependant bien tenu enferme vers le milieu un pressoir à olives ; ouvert, il jette des senteurs parfumées et apaisantes.
Une douceur sauvage se répand partout dans l’innocence de la sombre solitude.
Ce coin de terre élevé, retiré et solitaire, asile sacré, offre une retraite tranquille et sûre, inviolable et secrète (néanmoins bien connue du traître Judas).
À la fin du jour, après avoir enseigné au Temple de Jérusalem et achevé ses ouvrages (Jn 18,1), Jésus s’y rend habituellement avec ses disciples pour se reposer, y dormir (Lc 21,37 ; 39) et prier (Mc 14,32 ; Mt 26,36 ; Lc 22,41).
Celui qui s’arrête en ce lieu se trouve devant un sommet dramatique du mystère de notre Rédempteur :
ici Jésus a fait l’expérience de la solitude ultime,
et de toute la tribulation de l’être homme.
Ici, l’abîme du péché et du mal dans tous ses aspects a pénétré dans les profondeurs de son âme.
Ici, il a été frappé par le bouleversement de la mort imminente.
Ici, le traître l’a embrassé.
Ici, tous les disciples l’ont abandonné.
Ici, il a combattu aussi pour moi24.
À la nuit tombée, la bise légère souffle âpre et se lamente au seuil du lieu sauvage et désert baigné de mystère pour l’âme.
Jésus demande oralement à ses disciples de s’asseoir ici, en cet endroit25, là où ils sont aux abords de l’olivaie (Mc 14,32b ; Mt 26,36a).
Il s’éloigne à quelques pas de là pour prier26 :
Pendant que je prie (Mc 14,32).
Pendant que je m’en irai prier là - là-bas - (Mt 26,36).
Tout en s’écartant il prend27, il arrache et il sépare du groupe Pierre, Jacques et Jean (Mc 14,33), les trois témoins de son autorité28 et splendeur ayant pu observer Dieu l’appeler sur le mont de la Transfiguration :
Mon fils et bien-aimé29 (Mc 9,2-7).
Sur l’heure, il tire ces trois-là pour le suivre et l’accompagner jusque dans son agonie, leur découvrir une part intime et secrète de son âme, en grande partie la terreur du mystère de sa personne et de sa vie, à la vérité que :
Le Fils de l’homme souffrira beaucoup. Les Scribes le mépriseront… (Mc 9,12).
Sitôt une horrible et épaisse ténèbre de mort30 s’abat sur Jésus.
Soudainement, il commence à être effrayé31 : frappé d’angoisse, saisi de terreur, d’effroi et de tristesse devant l’indéfinissable souffrance et frisson d’horreur à venir (Mc 14,33).
Il affronte l’heure de sa destinée32 sur la terre.
La peur, celle d’Adam33, universelle s’empare de lui (Le malaise existentiel).
Une tristesse de mort si profonde, impérieuse à l’infini le désole et l’afflige âme, tête, cœur et corps.
De nuit, elle s’échappe par ses yeux profonds et noirs dans un frisson d’épouvante où passe la vision du néant inévitable, la vue précise de sa destinée : être abaissé et réduit à rien.
L’auteur du livre des Juges reflète ce voile de tristesse (dé) bordant Jésus quand il dépeint Samson excédé à mourir, affligé et à bout, ne pouvant plus supporter sa fatale courtisane (Dalila) qui sans cesse le presse et le harcèle extrêmement de ses paroles (Jg 16,16).
Plus que jamais il mendie la compagnie de ses proches :
Restez ici et veillez avec moi (Mt 26,38).
D’abord de noirs pressentiments submergent son âme.
Entrevoir les siens lui réserver un sort si cruel : Judas34 le trahir, Simon Pierre35 le renier et tous fuir devant son arrestation et sa mort36.
Séparé des siens, il revêt sur les épaules le fardeau du péché, de la solitude et de l’exil.
Encerclé, sa vie tombe au séjour des morts (Si 51,6).
D’autres faces rendent compte de sa profonde affliction.
Voir Judas rejoindre Satan (Lc 22,3).
L’atmosphère délétère de la grande épreuve37. Assumer la peine trop vive d’être fait péché38. Subir une mort maudite hors du camp39. Être privé de Celui qui seul peut le remplir. L’incertitude devant la fécondité de sa mort40. Endurer le manque de foi des siens, parmi les siens et de la multitude.
Une hymne du Qumrân rédigée probablement par le Maître de Justice lui-même comme le Psaume 42 font écho au grand dénuement du Pauvre qui prie de nuit la face levée, implore les mains ouvertes, adresse à Celui qui peut le sauver hors de la mort d’humbles touchantes et pathétiques supplications :
Mon âme est abattue au-dedans de moi. Quoi, tu t’affliges mon être !
Et tu gémis contre moi (He 5,7 ; Ps 42,6)41.
La nuit majestueuse impose.
Tout dort dans l’attente du jour.
Le Maître va à la rencontre des appesantis.
Il se préoccupe de leur endormissement :
Restez ici et veillez.
Tenez-vous éveillés, lestes, vifs, très alertes et vigilants, circonspects, résolus et prêts, l’œil perçant et sûr guettant le retour du Maître et du Bien-Aimé nuitamment, volontairement et physiquement, âme et corps (Mc 14,34).
Ils se réveillent, voudraient se lever…
L’appesantissement les replonge aussitôt dans leur premier sommeil42.
Leur somnolence est un engourdissement de l’âme qui ne se laisse pas émouvoir par le pouvoir du mal dans le monde, par toute l’injustice et toute la souffrance qui dévastent la terre. Il s’agit d’une insensibilité qui préfère ne pas voir tout cela ; elle se tranquillise en se disant, qu’au fond tout cela n’est pas si grave, afin de pouvoir rester ainsi dans la jouissance d’une vie satisfaite d’elle-même. Mais cette insensibilité des âmes ce manque de vigilance aussi bien à l’égard de la présence toute proche de Dieu qu’à l’égard de la puissance menaçante du mal, confère au Malin un pouvoir sur le monde. En présence des disciples ensommeillés et peu disposés à s’alarmer le Seigneur dit : Mon âme est triste à en mourir43.
Ce que je vous dis, je le dis à tous :
Veillez ! (Mc 13,33 ; 37).
Veillez c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra (Lc 12,35-38).
Ces mots signifient : vous devez être éveillé et vigilant, car vous ne savez pas le temps où le Seigneur viendra des noces (…). Car dès qu’un sentiment d’orgueil, de complaisance en soi-même ou de volonté propre entre en l’homme, aussitôt l’Ennemi est là et lui coupe la bourse précieuse de toutes ses bonnes œuvres. Mes enfants combien en verrez-vous de ces gens qui auront fait de grandes œuvres (…), auront ainsi acquis grand renom (…), mais la présomption les aura dépouillés de tout (…). On les rangera après les autres hommes, pauvres, simples, que personne n’apprécie en raison de leur extérieur et de leurs œuvres. Parce qu’ils s’abaissent avec humilité, ces derniers seront placés au-dessus des autres (…). Veillez donc avec une âme vigilante et de vos yeux ouverts vous verrez la vérité pure (…).
Prenez garde.
Vous ne savez pas quand ce sera le temps.
Veillez tous durant la nuit austère quand bien même tout dort autour jusqu’au Jour44!
Au final, Jésus demande à Pierre, Jacques et Jean de prier et veiller comme l’attitude juste requise aux derniers temps, également devant l’atmosphère oppressive de l’épreuve ultime et imminente : sa mort atroce qui approche !
Références scripturaires
Mc 14 ,32 ; 35-36 ; 39
Mt 26 ,36 ; 39 ; 42 ; 44
Lc 22 ,39 ; 41-45
Jn 18 ,1a, 2b ; 12,27
(À la fin du ministère
quand les Grecs arrivent
marquant la venue de l’heure)
L’heure45 critique avance, là, pour lui, funeste. Fatale, elle arrive.
Elle est là.
La sphère céleste gravite autour.
Cette soirée lugubre Jésus s’arrache aux siens.
Il s’écarte46 et se détache dans la nuit sombre pour entrer dans la solitude complète et vraie de la prière47.
Ses proches donnent l’impression de ne plus pouvoir le suivre.
La distance d’éloignement leur permet-elle de l’apercevoir dans la pénombre ?
De l’entendre et de garder contact avec lui ?
L’Exterminateur attaque en force et de toutes parts met en pièces les corps et les âmes.
Sous un ciel noir tombe un profond silence.
Le sentiment de la vie devient accablant.
Dans l’attente mortelle, l’heure présente dure s’étire et s’allonge en éternité.
Jésus s’effondre48 en pleine possession de ses forces.
Face à face avec la nuit, il fléchit les genoux et se prosterne49 devant Dieu, les coudes serrés tout au long de son corps, dans une attitude suppliante de docilité, de soumission absolue et d’adoration profonde.
Prostré et très abattu il s’écroule dans l’abîme sans fond au milieu de nulle part de l’absence et de l’oubli.
Sa face au front de splendeur prostrée abattue colle contre terre, étreint et baise la poussière au sol.
À ce propos, A. Stöger fait remarquer : Tous ceux-là devant la mort prient à genoux ; le martyre ne peut être supporté que grâce à la prière. Jésus est le modèle des martyrs50.
Aussitôt après, un souffle imperceptible léger, délié et humain monte des profondeurs.
Ce rien presque inaudible comme mystérieux, délicatement sèche ses pleurs, recompose son visage torturé et fait tout.
Son corps s’y appuie et reprend souffle.
De sa bouche aux lèvres livides, entrouvertes, une murmurante émanation secrète, voilée et indéfinissable s’exhale vers Dieu : … Abba51 ! Cher Père ! Papa ! Mon papa ! (Mc 14, 36).
Jésus (à l’exception du cri de la Croix, Mc 15, 34) a toujours appelé Dieu ainsi. Nous nous trouvons donc face à une caractéristique absolument évidente de l’ « ipsissima vox Iesu52» (Abbà, Jeremias, 1966, p. 59). En outre, Jeremias montre que cette parole Abbà appartient au langage des enfants, c’est ainsi que dans une famille l’enfant s’adresse à son Père (…).
Jésus parlait à Dieu comme un enfant parlait avec son père53.
L’esprit…
… Cherche le Centre :
Abba ! Père, Papa ! (Mc 14,36).
Le drame du mont des Oliviers consiste en ce que Jésus ramène la volonté naturelle de l’homme de l’opposition à la synergie (à la coopération) et rétablit ainsi l’homme dans sa grandeur. Dans la volonté humaine naturelle de Jésus est en quelque sorte présente en Jésus lui-même toute la résistance de la nature humaine contre Dieu. Notre obstination à tous, toute l’opposition à Dieu est là et Jésus entraîne dans son combat la nature récalcitrante vers son essence véritable54.
… Oscille :
Si possible que cette heure passe loin de moi.
Éloigne donc cette coupe55loin de moi (Mc 14,35-36).
Jésus implore-t-il son Père, pour être délivré de l’ heure : sa destinée ?
Que, dans sa lutte et sa prière, Jésus ait pu ou voulu prier pour être délivré de la mort d’un hors-la-loi, ne choquera pas ceux qui accordent une attention suffisante à ce qu’il annonce (…) : l’avènement du royaume de Dieu implique une lutte sans merci contre l’opposition diabolique, dans l’arsenal duquel la mort a servi jusqu’alors d’arme formidable56.
À toute peine au cœur déchiré et endolori son Papa regarde.
Il sait comme…, son trouble, sa peine et son affliction.
Compatissant, associé et complice il l’aide, le stimule et l’aime.
Au visage transfiguré, embelli par l’attrait de riches larmes perlées aux yeux noirs, candides et profonds, l’acte de Foi unique qui sauve sort des entrailles profondes et souterraines de l’esprit :
Tout est possible pour toi ! (Mc 14,36).
L’Enfant adhère inconditionnellement au bon vouloir de son Papa.
Plus encore que la peine sans borne l’esprit de joie le tient par un fil ténu.
L’aimé est enfin totalement lui-même.
Pas ce que moi je veux mais toi57 ! (Mc 14,36).
Incomparable de splendeur, sans autre appui, dépouillé, parfait le geste de l’amour vrai rend à la fois plus beau, enrichit, fait faire à tous ce petit pas de plus qui est un pas de géant.
Le Juste vit de foi elle métamorphose, féconde et fructifie toute vie et existence.
Dès le Ier siècle de notre ère et par la suite certains auditeurs se scandalisent devant le contenu de cette séquence : Comment un être divin peut-il pleurer et se lamenter et prier pour échapper à la peur de la mort en s’exprimant ainsi : Ô Père si c’est possible que cette coupe passe loin de moi ? Comment a-t-il pu être abandonné par ses compagnons avec qui il partageait tout ? S’il savait que de telles choses devaient lui arriver pourquoi ne les a-t-il pas évitées58 ?
À leurs yeux, Jésus n’endure pas le martyre avec bravoure comme les justes mémorables, le noble vieillard Eléazar ou les sept frères et leur valeureuse mère au courage intrépide, tous trépassés d’une mort violente aux mains d’autorités tyranniques.
Pour nous (pour moi), en écho au jardin des délices d’Éden, à l’oliveraie de Getshémani le Sauveur accepte purement et simplement… la mort.
Il consent pour nous (pour moi) à traverser (à passer par) la douleur d’une mort horrible : le trépas du pauvre malheureux maudit-honni et rejeté portant l’ignominie des âmes privées de la grâce :
Pour tous Jésus a goûté (a traversé) la mort (Ga 3,13-14 ; 2 Co 5,21 ; He 2,9).
Pour que s’arrête le faux, Jésus boit jusqu’à la lie le vase plein de courroux céleste, de poison antique aux odeurs, aux sons, aux projets et au climat d’oubli du Chemin à charge d’être bu des homicides et criminels59.
Le Sauveur des âmes fait don de son sang (sa vie et sa personne) tout entier et sans mesure et jusqu’au bout à cause de nous et pour nous (à cause de moi et pour moi).
Il pardonne tous les torts, fautes et offenses, il efface et enlève le péché du monde (le mien), il donne naissance à la vie et à la joie de vivre toute divine, palpable et visible sous l’étreinte de son Cœur battant pour nous (pour moi) :
Son humanité… extrême60.
Ce combat unique et singulier devant sa mort accepter de mourir pour nous (mourir pour moi) s’inscrit dans l’environnement cosmique de la lutte de la fin contre les forces du Mal61 :
(…) Jésus est là comme le prototype du comportement demandé à chacun (…). Celui qui révèle et celui dont le seul choix rend possible l’option humaine pour Dieu en une telle heure62.
La lutte courageuse de Jacob se battant en duel jusqu’à l’aube avec un être mystérieux, pour en venir à bout et devenir Israël Lutteur de Dieu Fort et invincible face à Dieu (Gn 32,25-33) renvoie à ce combat singulier dans la prière à la nudité d’esprit émouvante, corps à corps avéré avec Dieu au sujet de sa destinée (une mort imminente proche et menaçante), partie intégrante de la réalité de l’avènement sur terre comme au ciel du Règne de Dieu63.
La prière de Jésus pour être délivré de l’heure et de la coupe reste sans réponse.
Sa prière pour être sauvé de la mort se voit exaucée.
Être sauvé de la mort ne signifie pas qu’elle lui soit épargnée.
Dieu le sauve de la mort en ce sens qu’il lui donne la victoire finale à travers la mort :
Puisque les enfants ont en commun le sang et la chair, sont mortels, il a partagé les mêmes conditions afin d’abolir par la mort celui qui avait le pouvoir de la mort : le diable (He 2,14).
Jésus dépasse la mort.
Étant épargné d’être vaincu par elle, il devient source de vie pour lui, pour nous et pour moi.
Les Évangiles parlent de la Résurrection (Du Réveil ou du Relèvement d’entre les morts) de Jésus.
Un messager lui apparaît du ciel et
Le réconforte.
Il entre en agonie et
Prie plus ardemment.
Sa sueur devient
Comme des gouttes de sang
Tombant à terre
(Lc 22,43-44).
Ces versets ont-ils été écrits par l’évangéliste Luc64 ?
Ont-ils été ajoutés au IIe ou IIIe siècle par un copiste ?
L’Église considère le fragment d’inspiré même s’il ne fait pas l’unanimité (Concile de Trente, 1546).
Inéluctablement le soir descend.
L’âme noire de la mélancolie a tombé au beau milieu du sommeil des disciples endormis.
L’esprit destructeur rôde, s’agite impitoyable, met à sac cruellement et blesse mortellement.
Bientôt après, entouré des ombres de la mort, Jésus entre en agonie (une douleur extrême).
L’homicide acier disjoint le corps de l’âme du pauvre malheureux.
L’empire des ténèbres (l’esprit malin avec ses puissances infernales conjurées et coalisées contre Jésus) l’écraserait et l’abattrait sans la concentration d’une suprême force (vertu), un effort énergique et une lutte obstinée65convenant à la sainteté, à laquelle tant de nos frères, à cause de leur piété, ont été appelés dans une arène de souffrance66.
Le Sauveur des âmes prend en considération l’issue finale le salut du troupeau, l’Humanité qui s’ouvre à lui67.
Au mérite sublime et prêt à s’élancer, le noble athlète68, semblable à l’intrépide et infatigable marathonien, au front auguste et majestueux sur la ligne de départ, concentre son énergie, se rassemble, se recueille dans le silence de la solitude, implore et prie avec plus de fermeté, de force et d’instance69 (Lc22,44).
De part en part, anéanti, terrassé et foudroyé, retiré et solitaire, Jésus combat corps à corps la tristesse destructrice de force70, le péché qui s’oppose à la joie de l’âme71.
L’horrible affliction serre le cœur percé.
Elle secoue les flancs les fait presque éclater.
D’abord une larme monte aux yeux profonds, puis, un tremblement vient dans la voix.
Prier, aimer d’amour vrai, sans relâche le jour et la nuit à toute heure est toute sa vie.
Comme il arrive à l’heure la plus noire72, il ne peut plus prier.
(Son angoisse) est quelque chose de beaucoup plus radical que l’angoisse qui assaille tout homme face à la mort : c’est l’affrontement même entre la lumière et les ténèbres, entre la vie et la mort le drame véritable du choix qui caractérise l’histoire humaine (…). En ce sens, nous pouvons, avec Pascal et de manière tout à fait personnelle, appliquer l’événement du mont des Oliviers à nous-mêmes, mon péché à moi aussi était présent dans ce calice d’épouvante. Ces gouttes de sang, je les ai versées pour toi, telles sont les paroles que Pascal entend comme lui étant adressées par le Seigneur en agonie sur le mont des Oliviers73.
L’auteur du Troisième Livre des Maccabées dépeint le Martyr ainsi :
Qui voit l’aspect du grand prêtre en est blessé au cœur, son regard et l’aspect de ses faces bouleversées révèlent la détresse de son être. L’homme est envahi par la peur et le tremblement de son corps. Ainsi la détresse habitant son cœur se découvre à tous ceux qui le regardent74.
L’abyssale douleur s’adresse au Ciel…, monte plus haut et s’agenouille devant Dieu.
Prière pleine d’ardeur incandescente supplie, crie, invoque du fond de l’abîme !
Le corps brisé adhère (Il m’est bon d’adhérer à Dieu) et joint à la vigueur, force et beauté, l’esprit de calme, patience et douceur devant qui tout plie.
Sous la peau ivoirine laiteuse et moite veinée de bleu et bois de rose, les muscles de la foi respirent profondément, librement, adressent la juste répartition des forces.
Bientôt à l’air effaré, Jésus se lève son visage émacié de fatigue, tout trempé de sueur.
Aux yeux profonds et limpides, il se penche.
Sa lutte passe au-dehors par la sueur d’effroi de sang le couvrant : Sa sueur devient comme des gouttes de sang tombant à terre (Lc 22,43-44).
Glacé et très abondant le suintement de sang coule sur son corps athlétique, par endroits le couvre, perle au front jusqu’au cou, mouille sa tunique entre les épaules et ruisselle au long de ses membres.
L’écoulement suggère le plus le martyre moral et corporel enduré par d’anciennes et illustres figures prophétiques d’Israël au visage baigné de sueur dégouttant (gouttes à gouttes) de sang et luttant avec leur propre sang et avec leur noble sueur (cœur) dans les souffrances, jusqu’à la mort75.
Il témoigne de son irruption toute singulière dans la redoutable et grande épreuve, de son combat à mort et titanesque contre le mystère d’iniquité fomenté par les puissances du mal (Satan, le Tentateur, le diable).
D’un fichu (Un mouchoir de coton ? De lin ?) glissé dans sa paume de main mouillée des sueurs terribles de l’agonie, Jésus s’essuie la figure, le torse, les pieds dégouttant (coulant) des gouttes de sang tombant sur le sol aride et froid (Lc 22,43-44).
Incontinent (aussitôt) le linge blanc immaculé se tache de minces plaques rouges.
L’effort d’une nuit de sueur divine, étrange et inouïe qui arrose et irrigue le sol désert ajuste, unifie, ordonne, harmonise la vie des corps à l’esprit et au cœur.
