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« De façon inattendue et contradictoire, le décès de mon fils m’a renvoyée à la demande que j’avais faite à l’âge de cinq ans. À l’occasion d’une promenade familiale dans la forêt de Mervent, en Vendée, je suis tombée à genoux dans une grotte où, m’avait-on dit, se réalisait ce que l’on demandait. Dans cette grotte où avait vécu le Père Grignon de Montfort, j’ai demandé de connaître « l’amour qui ne meurt pas », pensant que si on perdait l’amour après l’avoir connu, cela devait être pire que de ne jamais le connaître. C’est dans le creuset de ma douleur de mère que j’ai découvert la profondeur de l’amour divin – qui dépasse toute connaissance » (Éph 3, 1421) – et transforme l’épreuve en espérance.
À PROPOS DE L'AUTEURE
Née dans un milieu théâtral athée,
Michaëlle Domain rencontre le Christ vivant en 1958 et reçoit à Pâques 1975, le don de danser des prières, elle commence à s’exprimer en soliste dans des Monastères. C’est alors qu’elle éveille l’intérêt des responsables des Centres spirituels qui lui demandent des sessions de formation. A partir de 1976, pendant plus de 25 ans, elle anime de nombreuses sessions et retraites. Ainsi, la pédagogie des sentiers s’est progressivement mise en place, s’affirmant avec le temps pour aboutir à un ensemble pédagogique complet. En 1983, elle fonde l'Association Culturelle Oecuménique des Pèlerins Danseurs (ACOPD). En 2007, elle répond à l’appel des Évêques de France pour l’orientation de la catéchèse. Elle rédige également un document reprenant ses recherches pour une mise en application de la pédagogie gestuelle aux lectures bibliques des différents dimanches de l'année liturgique.
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Seitenzahl: 150
Veröffentlichungsjahr: 2022
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l’amour
qui ne meurt pas
© Saint-Léger éditions, 2019.
Tous droits réservés.
l’amour
qui ne meurt pas
Michaëlle DomainFondatrice des pèlerins danseurs
« Il essuiera toute larme de leurs yeux,
Et la mort ne sera plus,
Et il n’y aura plus ni deuil ni cri, ni douleur,
Car l’ancien monde a disparu ».
Apocalypse 21,4
PreMière PArtie
l’amour qui ne meurt pas
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Introduction
Cela fait aujourd’hui cinq ans que mon fils, François, est décédé, cinq hivers que son corps a été confié à la terre, ce corps que je ne peux plus protéger comme au temps où il se formait à l’intérieur de mon corps, et que nous dormions, lui et moi, à même le sol, en hiver, enveloppés d’une couverture, dans le grenier d’un immeuble ancien d’une petite ville de montagne, l’une des plus froides de France, dit-on ! Voici le quatrième récit que j’ai entrepris de sa maladie et de son départ tant il est difficile de dire les mots justes exprimant la douleur vécue lors de la perte d’un être auquel on a transmis la vie. Il est fréquent d’entendre dire que c’est la pire des douleurs, bien que nul ne peut l’imaginer sans l’avoir soi-même vécue. Marie-Camille, théra-peute accompagnant des personnes endeuillées et des « mères désenfantées », la compare à un tsunami.
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On vit d’abord un grand désordre psychologique, la perte de ses repères, et on ne sait plus prier à un moment où l’on en aurait tellement besoin. On risque même de perdre la foi. Après un tel drame, certains quittent l’Église et se révoltent contre Dieu.
François est venu au monde dans des conditions dramatiques, et c’est en le voyant inerte, allongé dans un cercueil que j’ai soudain pris conscience avec effroi qu’il aurait pu ne jamais naître.
Si j’ai persisté à faire ce récit, ce n’est pas pour évo-quer les souffrances morales et physiques endurées durant mes neuf mois de grossesse , – j’aurais préféré m’en abstenir – mais parce que, très vite, j’ai découvert que cette douleur inconsolable était liée à la transmis-sion de la vie du fait qu’elle est le reflet de l’immense souffrance de Dieu et de son amour pour l’humanité, Dieu étant plus que nous le sommes, à la fois père et mère de chaque petit d’homme.
De façon inattendue et contradictoire, le décès de mon fils m’a renvoyée à la demande que j’avais faite à l’âge de cinq ans. A l’occasion d’une promenade familiale dans la forêt de Mervent, en Vendée, je suis tombée à genoux dans une grotte où, m’avait-on dit, se réalisait ce que l’on demandait. Dans cette grotte où avait vécu le Père Grignion de Montfort, j’ai demandé de connaître « l’amour qui ne meurt pas », pensant que
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si on perdait l’amour après l’avoir connu, cela devait être pire que de ne jamais le connaître.
C’est dans le creuset de ma douleur de mère que j’ai découvert la profondeur de l’amour divin « qui dépasse toute connaissance »1et transforme l’épreuve en espérance, parce que Dieu est Amour.
1 Eph 3, 14-21
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20 décembre 2015
En me déposant devant le portail de mon domicile, le brave homme qui conduisait le taxi, et dont j’avais apprécié la compagnie durant le trajet, me souhaita « bonnes et joyeuses fêtes ». Au lieu de le remercier et de lui présenter mes vœux selon la coutume, je lui répondis de façon spontanée et inattendue que mon fils était mort.
L’homme qui ne pouvait pas deviner qu’il n’y aurait plus jamais pour moi de fête à la maison, ni ailleurs, du moins comme autrefois, repartit attristé, le visage assombri.
C’était déjà la troisième année que je vivais cette période de festivités et cohabitais avec les paillettes et les étalages de gourmandises dont la présence me paraissait étrange.
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En cette fin d’année 2015, je ne pouvais m’empê-cher de penser aux mères, pères, enfants, frères, sœurs, proches et amis, pour lesquels il n’y aurait plus jamais de fêtes comme avant, au temps du bonheur d’être ensemble et de le partager.
Au début, on croit, on imagine, on espère que le temps adoucira la douleur, qu’il permettra de prendre de la distance par rapport à la séparation, au manque, « au plus jamais », mais il n’en est rien. Le passage sur terre d’un être cher laisse de multiples traces. Au fil des jours on retrouve une ancienne carte postale, une image, une fleur séchée, un mouchoir, un vêtement qu’il a porté, une adresse, un numéro de téléphone écrit de sa main sur un agenda ou au dos d’un livre, ou encore un objet offert à l’occasion de la fête des mères et précieusement conservé, une petite flûte qui jadis a résonné du souffle du disparu…
À la mort d’un être cher, on bénéficie d’un certain soulagement en pensant qu’il ne souffre plus, mais avec le temps, ce soulagement peu à peu s’atténue et il ne reste que la souffrance de la famille.
De nouveau, de Rama, une voix se fait entendre, c’est Rachel qui pleure et qui ne « veut pas qu’on la console car ils ne sont plus » (Matt 2,18). L’idée même de consolation est devenue insupportable.
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Nous savons que le pire peut advenir à tout instant en raison de la fragilité de notre existence, mais nous n’y sommes jamais préparés. Quand de tels drames surviennent, chacun découvre qu’il porte au plus pro-fond de soi une douleur qui ne ressemble à aucune autre. Transmise de génération en génération avec notre ADN, elle remonte à nos plus anciens ancêtres, à Ève pleurant la mort de son fils Abel.
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Février 2013
Durant ce mois de février 2013, nous vivions une grande joie. Après des années de recherche et d’errance, François avait enfin trouvé sa place au sein de l’Église, et il se préparait, avec son épouse, à être consacré. La cérémonie était prévue pour le 17 février.
Mon cœur de mère débordait de reconnaissance.
Le parcours de François n’avait jamais été un long fleuve tranquille. Dès le plus jeune âge, il s’était révélé être, ce qui est convenu d’appeler, « un enfant surdoué ». Mais à l’époque, comme la plupart de mes contempo-rains, j’ignorais tout à ce sujet. Je me réjouissais seule-ment de son intelligence qu’il avait, pensais-je, hérité de son père.
François était né musicien. Au berceau, âgé de quelques semaines, son petit corps apparaissait modelé par la moindre bribe musicale. Vers l’âge d’un an, il
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pinçait les fils de fer qui attachait son parc à un mur, pour en retirer des sons. À trois ans, il jouait sur un vieux piano La Sonate au clair de lunejouée par notre voi-sin aveugle, professeur de musique, et probablement entendue à travers le mur. Il fut pendant longtemps persuadé en être le compositeur ! Tout cela m’étonnait, mais je n’y prêtais guère attention en raison des condi-tions dramatiques dans lesquelles je vivais.
À l’approche de la trentaine et au bout de huit années de mariage – durant lesquelles je n’avais cessé de tra-vailler et pourvu aux besoins du ménage – j’avais eu le désir d’un deuxième enfant, d’autant que le moment me paraissait opportun. J’avais quitté mon emploi, mon conjoint voulant revenir dans ses montagnes d’origine. Grâce à l’aide de mes parents, nous avions fait l’acquisition d’un fonds de commerce.
Quelques semaines après notre nouvelle installation, je m’aperçus que j’étais tombée dans un piège. De plus, ma nouvelle grossesse s’engageait très mal. Marchant difficilement et devant rester allongée, j’étais devenue sans défense face à un clan dont je découvrais le véri-table visage, car je ne rapportais plus d’argent.
La nuit, pour éviter insultes, coups de poing et coups de pied et être jetée au sol, je dus, pendant mes neuf mois de grossesse, y compris en hiver, dans une ville située à 1000 mètres d’altitude, dormir par terre
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au grenier, enveloppée d’une couverture. Fort heureu-sement, cette année là, les pommiers avaient donné des fruits en abondance, et je pus me nourrir de pommes et de tapioca, ce qui valut au bébé d’être, à la naissance, aussi blanc qu’un cachet d’aspirine. Il arrivait que mon conjoint parte plusieurs jours, me laissant sans argent avec ma fille âgée de trois ans. Cette situation dura quatre années durant lesquelles je ne reçus aucune aide ni soutien. Seule, Roselyne, une dame de passage, à laquelle je pus confier ma détresse, me dit qu’elle prie-rait pour moi. Élevée dans l’athéisme, je ne voyais pas comment cela pouvait m’aider. La pire souffrance était, lorsque à force de privations et de menaces multiples, je craignais de perdre la raison. Seule la volonté de pro-téger ma fille me permettait de tenir.
Lorsque François fut âgé de trois ans et demi, la situation se dénoua soudain et je pus quitter le domi-cile conjugal ayant trouvé un emploi à Toulouse dans une grande entreprise.
Mon conjoint me laissa partir, espérant à nouveau profiter de mon salaire. Il envisageait de me rendre visite tous les quinze jours pour récupérer sa part, me conseillant de l’améliorer grâce à des rencontres que je pouvais faire sur mon lieu de travail. En cas de refus, il me prendrait les enfants et obtiendrait une pension alimentaire. Ainsi pourrait-il vivre sans travailler avec
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une ancienne employée de maison dont il avait un enfant, une fille née trois mois après la naissance de François. Il m’avait appris la nouvelle le matin de la naissance de François, en me montrant la photogra-phie de la personne enceinte, et me disant combien ils étaient heureux !
En quittant le domicile conjugal, j’ai perdu tout ce qui avait été acquis par mon travail, y compris le fonds de commerce, et me retrouvais avec mes deux enfants dans un misérable meublé dont j’ai embrassé les murs en pensant qu’ils ne me frapperaient pas.
Grâce à notre installation dans cette grande et belle ville de Toulouse, la gentillesse de ses habitants, la stabilité de mon emploi, je pus reprendre ma vie en main, retrouver des forces et assurer les besoins de mes enfants. De plus, à l’adolescence, François découvrit la musique liturgique au sein de la chorale du frère domi-nicain André Gouzes et commença lui-même à compo-ser des chants de louange.
Pour ce jour de joie que devait être celui de sa consé-cration, il avait, pour la cérémonie, composé un chant qu’il appela En ce jour de Lumière.
En ce premier dimanche de Carême, l’Évangile de Luc nous emmène au désert où le démon a recours à tous les pièges du mensonge et de la flatterie pour ten-ter Jésus et le faire tomber dans ses filets.
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Le psaume 90 apporte la promesse que les anges porteront le croyant sur leurs mains afin que son pied ne heurte les pierres.
Pour François, cette promesse, hélas, arrivait trop tard. En se rendant à son travail, le 25 janvier de cette même année 2013, au matin, il avait glissé sur le verglas, et ce que l’on pensait être un simple hématome allait en quelques semaines le transformer en grabataire.
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L’infernal engrenage
De fin février à juillet 2013, consultations, analyses et interventions chirurgicales se succédèrent sans interruption, provoquant chaque fois des hémorragies d’une extrême gravité, mettant la vie de François en danger.
N’ayant pas été présente durant tous ces mois, je ne connais pas les détails de ce que François eut à subir, de l’état dans lequel il survécut à ces nombreuses inter-ventions, non à cause de l’incompétence et de la mau-vaise volonté des équipes soignantes, mais à cause du manque de moyens. En raison des urgences imposées par les accidents de la route, le personnel était par-fois obligé de le laisser en salle de réveil, faute de lit, pour qu’il se repose dans de bonnes conditions avec une plaie large et profonde laissée ouverte à l’arrière du bassin et de la jambe. Quand on connaît le désagré-
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ment d’une simple écharde dans un doigt, on imagine ce que devait être sa souffrance.
À cause de prélèvements et d’analyses insuffisantes antérieures, ce n’est que début août que le corps médi-cal s’aperçut enfin que le prétendu hématome qui refu-sait de guérir et provoquait les hémorragies, était en fait un sarcome. François fut aussitôt transféré dans un autre hôpital pour être à nouveau opéré par un spécia-liste de ce type particulier de cancer.
L’opération eut lieu, provoquant de nouvelles hémorragies et la perte de l’usage de la jambe gauche, à cause du nerf sciatique qui avait été touché. Chimio-thérapie et même amputation furent programmées. Mais le mal était trop avancé. Ce qui aurait pu être tenté quelques mois plus tôt, ne pouvait à présent qu’affai-blir le malade que les chirurgiens décidèrent d’aban-donner, et d’envoyer en soins palliatifs avec ceux qui vont mourir.
Dans ce grand malheur, nous avons eu « la chance » que les équipes soignantes de ce service de soins pal-liatifs soient d’une attention, d’une gentillesse et d’une compétence remarquables. Mais dans de tels services, on ne soigne plus, on accompagne le malade en veillant à ce qu’il souffre le moins possible et parte en douceur dans les meilleures conditions.
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C’est à cette période que je me suis rendue auprès de mon fils, porteuse d’un traitement qui – me dit-on – avait sauvé des gens condamnés à mort par la médecine officielle, et j’étais persuadée que François guérirait.
Il est troublant d’apprendre qu’il devient possible d’administrer des produits parallèles, voire interdits en France, quand les malades ont été abandonnés par la médecine officielle, et que certains produits naturels ont la capacité de sauver des vies.
En fait, les thérapies dites naturelles offrent plusieurs options parmi lesquelles il faut choisir, alors qu’on ne connaît rien au problème, et le choix qui est fait peut être fatal. Parmi ces différentes possibilités, certaines sont inapplicables en milieu hospitalier, en particulier celles qui ont recours à l’alimentation et qui ne peuvent agir que sur la durée, alors qu’on se trouve dans une situation d’extrême urgence.
Du reste, il ne s’agit jamais de produits miracles. On a besoin de temps pour qu’ils puissent soigner, voire guérir ce que la médecine officielle n’a pas su faire, avec un malade terriblement affaibli, et qui se retrouve à « la déchetterie » du système de santé. Si François avait pu tenir trois mois après l’abandon par les médecins, peut-être aurait-on pu obtenir une rémission et prolonger sa vie, voire parvenir à une guérison.
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Rapidement, en raison de la gravité de la situation, nous nous sommes sentis démunis, livrés à nous-mêmes pour administrer des produits coûteux dont nous igno-rions les effets contre un mal et ses stratagèmes de pro-lifération. Il s’agit toujours de tuer les cellules malades sans atteindre celles qui sont encore saines.
Nous avons cherché de l’aide, des conseils. Dans cette situation, le temps presse et on ne connaît per-sonne à qui faire confiance. Alors on se trouve exposé à tous les excités, aventuriers, aux recettes de charlatans et aux illuminés de toutes sortes, profitant du désespoir des familles et de la souffrance des malades. Certains, dont les consultations valent de l’or, appartiennent au corps médical officiel. Afin de se protéger d’éven-tuels problèmes, ils dictent leurs précieux conseils, le consultant devant écrire lui-même l’ordonnance sur une feuille ordinaire.
Il est urgent que l’enseignement officiel de la méde-cine, sans renier ni rejeter les acquis actuels de la recherche, reconnaisse et intègre une approche natu-relle de la santé, comme le réclament depuis des décen-nies des médecins, les docteurs Jean Valnet et Jean-Paul Curtay, pour ne citer qu’eux. La nature offre à tous les vivants de la planète une extraordinaire variété de tré-sors complémentaires pour les nourrir, les maintenir en
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vie, les soigner et souvent les guérir. « Que ton aliment soit ton premier remède » enseignait Hippocrate.
La mise en application de la nutrithérapie et de l’aromathérapie – entre autres – nécessite l’accompa-gnement de thérapeutes compétents et d’une recon-naissance officielle afin que le grand public, livré à lui-même, ne se transforme pas en apprenti sorcier.
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Le voyage de l’espoir
À 86 ans, je trouvai la force de prendre l’avion, emportant dans une valise un petit stock de précieuses gélules, persuadée que François allait guérir ! J’étais prête à dépenser toutes mes économies et même à vendre ma maison pour sauver la vie de mon fils.
Durant mon séjour de trois semaines auprès de mon fils, nous avons vécu deux alertes graves. Les hôpitaux, d’abord Cochin, puis Clémenceau, nous téléphonèrent, et nous partîmes en urgence, car selon les médecins, François était en train de mourir. On peut imaginer l’état d’angoisse dans lequel nous étions durant les trajets au milieu du trafic. La deuxième fois, à Clémenceau, arri-vée en haut des escaliers, – l’ascenseur étant en panne, – « tétanisée », je dus demander de l’aide, et parvins en fauteuil roulant jusqu’à la porte de la chambre.
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À Cochin, des amis nous avaient rejoints, et nous sommes restés, entourant le lit, surveillant le malade et nous avons prié. Au bout d’une heure, peut-être plus, François qui semblait être à l’agonie, a ouvert les yeux et il nous a souri. D’un coup, il semblait tout à fait bien. Nous sommes restés près de lui jusqu’au matin et avons dormi par terre et sur un lit de camp comme des réfugiés en temps de guerre. La nuit fut sereine. Au matin, nous avons eu droit à du café et à des petits pains, offerts par l’hôpital ! Merci.
À Clémenceau, l’alerte fut beaucoup plus longue. François souffrit d’un hoquet très inquiétant pendant un temps interminable. Nous nous sommes relayés de chaque côté du lit pour qu’il sache que nous étions là, près de lui, et je posai ma main sur son bras afin qu’il sente ma présence. Je ne sais plus combien de
