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Imaginez qu’un grand maître de l’Ordre de la Ceinture Noire Magique vous transmette des pouvoirs, à condition que vous les utilisiez en suivant le code d’honneur en vigueur dans les arts martiaux japonais, les budos. Vous considérez que c’est impossible ? C’est pourtant ce qui est arrivé à un lycéen que rien ne prédisposait à vivre une telle aventure !
Comme tout parcours initiatique, celui de Ludovic est jonché d’épreuves. Brutalement plongé dans un milieu hostile, l’adolescent découvre à la fois la dure réalité de la vie et le formidable potentiel des budos, en particulier l’aïkido. Toutefois, les pouvoirs de la ceinture magique sont éphémères : Ludo parviendra-t-il à vaincre les obstacles ?
À PROPOS DE L’AUTEUR
Auteur de fictions et 3ème dan d’aïkido, Patrick Guichet a mis sa plume au service des budos. Pour s’adresser à un large public à partir de 13 ans, il nous propose ici un conte où l’action côtoie la réflexion, où le suspense se mêle à l’émotion. À lire si on s’intéresse aux arts martiaux japonais !
L’auteur vit à Nevers.
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Seitenzahl: 143
Veröffentlichungsjahr: 2023
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Patrick GUICHET
LA CEINTURE NOIRE
MAGIQUE
Conte
ISBN : 979-10-3880-737-2
Collection : Passerelle
ISSN : 2729-2843
Dépôt légal : septembre 2023
@ couverture Ex Æquo
@ 2023 Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction intégrale ou partielle, réservés pour tous pays
Toute modification interdite
Éditions Ex Æquo
6 rue des Sybilles
88370 Plombières Les Bains
www.editions-exaequo.com
AVANT-PROPOS
Même avec la ceinture magique, le chemin est semé d’embûches.
Ludo avance pas à pas sans discernement, l’apprentissage se faisant toujours en apprenant de ses erreurs. On a quelquefois la chance d’avoir un guide sur le chemin. Remplacer le maître est compliqué voire impossible. Toujours se rappeler que du 1er au 4ème dan : on regarde, on fait, on se tait. On est honoré quand, au 5ème dan, on remplace le maître occasionnellement.
Devient-on maître ?
Michel Benard
7ème dan d’aïkido
La rencontre
Il était une fois, un jeune citadin prénommé Ludovic. Sa ville ? Quelle importance ? Ce pourrait être n’importe quelle cité moderne avec ses quartiers chics, son secteur résidentiel où les pavillons sont sagement alignés et sa zone périurbaine, c’est-à-dire sa zone…
Comme tous les jours en rentrant du lycée, Ludo traversait ce faubourg, plus ou moins désert suivant les moments de la journée. Son esprit vagabondait sur les événements de l’après-midi quand le son d’une voix inconnue le tira de sa rêverie. Une voix inamicale, sortie de nulle part, et qui lui réclamait « des clopes ». Avant même d’avoir vu le quémandeur qui devait se situer derrière lui, le lycéen répondit qu’il ne fumait pas.
Mauvaise réponse, hélas !
— Comment il me parle celui-là ! vociféra le garçon à peine plus âgé que lui, qui lui barrait maintenant le passage. Alors, Ludo qui n’avait aucunement l’intention d’affronter ce grand escogriffe tenta simplement de contourner l’obstacle. La journée au lycée n’avait pas été de tout repos et il lui fallait encore réviser deux chapitres de physique-chimie pour le devoir du lendemain. Véritable obstacle mobile, l’autre avait devancé la manœuvre de contournement.
— Écoute ! lui dit Ludo sans aucune agressivité, je n’ai pas de clopes, je t’ai dit la vérité. Maintenant, sois sympa, laisse-moi passer…
Malgré le « s’il te plaît » prudemment ajouté par le lycéen, l’escogriffe ne voulut rien savoir !
— Eh ! les potes, vous l’entendez, le minus, là ?!
À ce moment précis, deux autres jeunes gens à peine sortis de l’adolescence surgirent et se disposèrent de manière à couper toute retraite à celui qui, de toute évidence, était devenu leur proie.
Considérés séparément, les trois champions de l’embuscade urbaine n’inspiraient aucune crainte. Deux gars d’environ dix-huit ans qui se prenaient pour des terreurs et une fille, un peu loubarde peut-être, mais avec un joli minois et de grands yeux verts. Pourtant, une fois réunis, le trio semblait se charger d’énergie agressive. La fameuse alchimie du groupe !
Ludo tenta alors un coup de poker. Il s’adressa à l’élément féminin de l’équipe qui lui semblait plus mature, moins agressive à première vue.
— Qu’est-ce que vous me voulez ? Je n’ai ni cigarettes ni fric, et j’vous ai rien fait ! Dis-leur, toi !
Malgré la douceur du ton de Ludo, la réponse qui fusa illustrait bien l’empathie dont la jeune fille était capable :
— Toi, tu fermes ta gueule !
Celle qu’il avait prise pour le maillon faible avait sûrement un compte à régler avec les mecs, avec la société, avec Dieu sait qui ! Joignant le geste à la parole inamicale, elle s’approcha de son interlocuteur et lui appliqua une poussée qui le projeta vers le leader du groupe, le fameux obstacle mobile qui, cette fois-ci, n’avait pas bougé…
— Mais, je rêve, il m’a bousculé ! hurla alors l’escogriffe qui repoussa violemment le lycéen. Celui-ci n’eut d’autre choix que de partir à la renverse. Jouant parfaitement son rôle dans une chorégraphie bien orchestrée, le troisième larron s’était accroupi en se plaçant sur la trajectoire de Ludo… Par chance, son sac à dos fit office d’airbag. Le lycéen mesura alors le pouvoir amortisseur des manuels scolaires, sans lesquels il se serait sûrement assommé.
Vertu insoupçonnée des livres !
Ludovic qui avait l’esprit vif prit alors conscience que son intérêt était de déguerpir séance tenante. Il allait donc leur servir sa tactique favorite, déjà éprouvée avec succès : se mettre doucement debout, se tenir le dos en feignant de souffrir et faire quelques pas maladroits en claudiquant. Profiter enfin du temps d’hésitation pour exploiter ses compétences dans l’art du 100 mètres !
Bizarre, se dit-il en se relevant, on dirait que les trois racailles ne s’intéressent plus à moi… Il était sur le point de démarrer son sprint lorsqu’il comprit les raisons de l’accalmie : le commando s’était tourné vers un quidam qui s’avançait sur le chemin. Un vieil homme qui marchait en s’appuyant sur un bâton de randonnée.
— C’est dangereux ce que vous venez de faire, les jeunes ! il aurait pu se faire très mal… allez ! soyez gentils, laissez-le filer…
L’homme leur parlait d’une voix douce, un peu comme un grand-père qui inviterait ses petits-enfants à modérer leurs ardeurs… Le grand escogriffe s’était planté devant lui et lui criait au visage :
— Qu’est-ce qui t’arrive, le vieux ? Tu veux jouer avec nous, toi aussi ?
Les deux autres firent alors une ronde autour du septuagénaire en grimaçant et en scandant : « papy veut s’battre ! papy veut s’battre ! »
Avec une étonnante vélocité pour un homme de cet âge, une rapidité qui aurait dû alerter le trio agressif, le vieil homme se faufila pour se rapprocher de Ludo. Il prit le temps de poser son bâton pour aider le lycéen à rajuster son sac à dos.
C’en était trop !
L’escogriffe choisit cet instant précis pour ceinturer le septuagénaire par-derrière. Il l’enserra de ses longs bras pour mieux l’offrir aux coups de ses deux lieutenants qu’il haranguait à qui mieux mieux. Cela dit, le scénario ne se déroula pas tout à fait comme prévu : la terreur des grands chemins eut soudain la désagréable impression que son étreinte s’était desserrée. L’homme avait légèrement écarté les bras, effectué un pas vers l’avant tout en donnant une petite impulsion, comme pour se secouer. L’agresseur lâcha prise et fit une embardée{1}… Se faire ridiculiser ainsi devant ses potes, le caïd ne pouvait l’accepter, d’autant que le vieux ne l’avait certainement pas fait exprès. Il s’était débattu, pensait le malchanceux assaillant, le sol sablonneux avait fait le reste, voilà tout !
Alors, le grand escogriffe vit rouge, il fonça, les deux bras en avant. Il allait offrir à ses subalternes une magistrale démonstration de sa spécialité : une poussée frontale qui en avait déjà fait valdinguer plus d’un ! L’ancêtre allait bientôt être catapulté à l’autre bout du quartier ! Étonnamment calme, sans aucun mouvement superflu, le grand-père ne chercha pas à repousser son assaillant. Au contraire, il avait posé une main sur un avant-bras du jeune homme, glissé l’autre main sous l’aisselle opposée. Combiné à une brusque rotation du corps juste au moment de la poussée, le mouvement de balancier des bras déséquilibra le caïd dont la brillante démonstration s’acheva par un roulé-boulé pitoyable{2}.
Alors, la tigresse du groupe rugit. Qui était-il, ce vieux, pour venir faire sa loi ici, dans leur quartier et malmener ses copains ?! Il allait voir à qui il avait affaire ! Son frère pratiquait des sports de combat genre boxe thaïe, elle s’était terriblement aguerrie à son contact. D’ailleurs, elle passait beaucoup plus de temps devant le punching-ball que devant ses manuels scolaires. Le moment était donc venu de montrer son talent à ses petits camarades de jeu. Solidement chaussée d’élégants godillots de type « rangers », elle lança son fameux coup de pied de face…
Bizarre ! L’homme n’avait pas cherché à reculer… au contraire, on aurait dit qu’il était venu au-devant du coup… Pourtant il avait bien dû bouger un peu puisque le godillot avait rencontré le vide. L’homme s’était écarté au dernier moment, s’était rapproché d’elle et avait disparu de son champ de vision. Pendant une fraction de seconde, elle avait même cru qu’il était parti ! En fait, il avait glissé derrière elle, avait posé les mains sur les épaules de la jeune fille, presque amicalement. Il lui avait alors suffi d’exercer une pression vers le bas pour qu’elle se retrouve sur son séant{3} ! Incompréhensible : le sac de frappe, lui, il reste bien dans l’axe ! Le plus étonnant, c’était la très nette impression qu’elle avait eue, que l’homme l’avait plus accompagnée que jetée au sol, comme s’il avait voulu atténuer sa chute…
C’était le moment ou jamais pour le troisième larron d’entrer en lice. Lui au moins, il allait sauver l’honneur du groupe et conquérir un peu de gloire. Alors, il se mit en mouvement, se rapprocha du vieil homme en sautillant et en boxant dans le vide, l’air menaçant. Face à une telle parade d’intimidation, d’autres auraient perdu leurs moyens. Très serein au contraire, le septuagénaire ramassa sa canne de randonnée et répondit à la séance de shadow-boxing par une série de moulinets avec son bâton. Difficile dans ces conditions d’atteindre le bonhomme sans être touché. Le boxeur des terrains vagues marqua alors un temps d’arrêt que le vieil homme exploita. Saisie à deux mains comme un sabre japonais, la canne de marche s’abattit d’un coup sec, de haut en bas, en direction du crâne du jeune homme. Le malheureux lieutenant du grand escogriffe se dit que sa dernière heure était arrivée. Une frappe dévastatrice… qui s’arrêta net à quelques centimètres de l’abondante chevelure du troisième membre du trio.
Sidéré par l’extrême rapidité du coup, le jeune homme resta sans réaction, un peu comme si ses yeux avaient croisé le regard pétrificateur de la Gorgone. Une pause d’une fraction de seconde que l’homme au bâton utilisa pour faucher, d’un geste circulaire, la jambe d’appui de son attaquant. Précipité au sol, désorienté par ses ratages successifs, le jeune l’était aussi par la mansuétude incompréhensible de cet homme qui aurait pu lui fracasser le crâne. À sa place, lui, il n’aurait pas hésité ! Il se releva aussi vite que possible et se mit à courir pour prendre le large, tout en invitant ses comparses à le suivre. Tout en proférant des menaces, le grand escogriffe lui emboîta le pas, sous le regard admiratif et interrogateur de Ludovic. En point d’orgue de cette scène quelque peu surréaliste, le lycéen crut entendre la loubarde balbutier un « au revoir monsieur » au vieil homme qui les avait mis en fuite…
Le deal
À peine remis de ses émotions, Ludo se confondit en remerciements. Il ne savait comment exprimer sa gratitude au septuagénaire qui se contenta de lui répondre :
— Le courage consiste à faire ce qui est juste.
Comme d’autres vénérables qu’on trouve dans les contes, celui-ci lançait parfois des phrases sentencieuses, un peu énigmatiques. Pourtant Ludo avait déjà sa petite idée…
— Vous avez sans doute raison, insista le lycéen, mais comment diable avez-vous pu vous débarrasser de trois adversaires beaucoup plus jeunes que vous avec une telle facilité ?
— Comment t’appelles-tu ? lui demanda le vieil homme en guise de réponse.
— Ludovic, monsieur, mais tout le monde dit Ludo… cela dit vous n’avez pas répondu à ma question.
— En réalité, je n’ai aucun mérite : ces trois jeunes gens étaient entièrement dominés par leur colère. Leur nervosité les a perturbés au point de leur faire perdre leurs moyens, et même leur équilibre parfois…
— Pardon, mais je ne crois pas à cette version. Je suis persuadé que vous avez un secret, un peu comme les vieux maîtres de kung-fu, discrets, mais efficaces.
— Quelle idée ! j’ai seulement eu la bonne réaction, je leur ai tenu tête, ma résistance et mon calme ont suffi à les déstabiliser.
— Justement ! n’importe qui aurait perdu son calme face à ces trois excités ! Et puis, cette phrase que vous avez prononcée tout à l’heure, sur le courage… je l’ai déjà entendue ou lue quelque part. Il s’agit de philosophie des arts martiaux, n’est-ce pas ?
Voyant que l’intérêt du lycéen ne se limitait pas à l’aspect extérieur des choses, le septuagénaire consentit à se livrer un peu. Il admit d’abord que sa maxime sur le courage venait du bushido, ce fameux code d’honneur des samouraïs. Il expliqua ensuite qu’il avait longtemps pratiqué les arts martiaux japonais, ceux où l’on apprend à exploiter la force de l’autre, à la retourner contre lui. Le judo, le jiu-jitsu et surtout l’aïkido, une discipline martiale sans compétition, un travail sur soi où l’on ne cherche pas à vaincre l’autre, mais à rendre son agressivité inopérante.
— Apprenez-moi ! lâcha brusquement Ludo. Je veux devenir votre disciple.
— Eh ! jeune homme, on n’est pas dans un de ces films où le vieil expert finit par accepter de transmettre son art. Reviens dans la réalité ! Et puis on n’apprend pas un art martial en dix leçons !
— Mais, j’ai tout mon temps, maître…
— Ne m’appelle pas ainsi ! Je ne suis le maître de personne, c’est tout juste si je suis maître de moi-même parfois. Si tu veux vraiment recevoir un enseignement digne de ce nom, inscris-toi dans un club… et appelle-moi monsieur Charles, c’est mon nom.
— Un club de judo ? Certainement pas ! Ils ne pensent qu’à la compétition. On n’y apprend pas ce que vous savez faire.
Le septuagénaire qui avait découvert les disciplines japonaises par le biais du judo savait bien que les propos du jeune homme étaient fondés. Certes Jigoro Kano avait donné à son art un nom qui signifie « la voie de la souplesse » ; certes les grands maîtres japonais du début illustraient à merveille cette image de la branche de saule qui ploie sous le poids de la neige, qui se débarrasse de son fardeau avant de reprendre sa forme initiale. Pour autant, avec l’avènement des règles de la compétition, la création des catégories de poids, le développement de la musculation et l’influence du sambo russe, le judo moderne était devenu une discipline sportive parmi d’autres. Une discipline certes respectable, mais un peu éloignée de ses principes originels. Au vingt-et-unième siècle, outre l’aïkido, seuls quelques styles de jiu-jitsu et quelques écoles de judo traditionnel ont préservé l’héritage du fondateur.
— Ce que tu affirmes sur le judo moderne est un peu vrai, concéda monsieur Charles. Dans ce cas, mets-toi en relation avec la section d’aïkido la plus proche. Va les voir, tu y trouveras certainement ce que tu cherches. Cela dit, je préfère te prévenir, il te faudra de longues années de pratique avant d’acquérir une certaine aisance.
Il tendit ensuite une petite carte à Ludo, en lui proposant de l’appeler dès qu’il aurait commencé la pratique…
Quelques jours plus tard, Ludovic lui téléphona. Le club d’aïkido le plus proche se situait à une cinquantaine de kilomètres et, compte tenu de son emploi du temps et des horaires de ses parents, c’était compromis. Le désespoir du jeune homme lui parut si sincère que monsieur Charles lui donna rendez-vous chez lui, le lendemain.
Quand Ludo se présenta à son domicile, il fut invité à entrer dans une petite pièce quasiment vide, à l’exception d’une petite table basse et de quelques présentoirs chargés de bâtons et de sabres japonais qui rompaient la monotonie décorative. Le sol était recouvert de tatamis. Au centre de la pièce, la petite table ; au milieu de la table, une bande de tissu noir enroulée. En s’approchant, Ludo reconnut une ceinture noire piquée, comme celle des profs de judo.
L’homme agenouillé derrière la table fit un geste pour inciter Ludo à prendre place. Imitant son hôte, le jeune homme s’installa en seiza, position agenouillée bien connue des pratiquants d’arts martiaux.
— C’est votre ceinture ? demanda naïvement Ludovic.
Parce qu’il voulait s’assurer que son interlocuteur méritait cette initiation, monsieur Charles répondit par une question…
— Dis-moi, dans ce qui s’est passé l’autre jour, entre ces trois jeunes gens et moi, qu’est-ce qui t’a le plus impressionné ?
— La manière dont vous avez stoppé le troisième attaquant, répliqua Ludo sans l’ombre d’une hésitation. L’espace d’un instant, j’ai même eu peur…
— Peur de quoi ?
— Eh bien… si vous aviez vraiment porté le coup, à pleine vitesse, vous lui auriez sûrement ouvert le crâne…
— Vaincre sans effusion de sang, c’est le summum. Ce n’est pas l’adversaire qu’il s’agit de maîtriser, mais l’événement. Ne pas devenir le jouet du destin. Si j’avais grièvement blessé ce jeune homme qui ne m’avait fait aucun mal, je serais aujourd’hui devant la justice…
Ludovic n’avait jamais pensé à cet aspect-là des choses… Le vieil homme reprit alors son propos :
— Et je n’ai rien inventé, tu peux me croire : le principe de soumettre l’ennemi sans avoir à le combattre est énoncé dans un ouvrage chinois très ancien, l’Art de la guerre de Sun Tzu. Je te prêterai ce livre, tu y trouveras cette idée au début du troisième chapitre.
