0,49 €
Le jeune Docteur Martelac, les deux mains dans ses poches et les yeux fixés sur les pavés inégaux entre lesquels une pluie d'orage venait de laisser des plaques d'eau jaunâtre, descendait une longue rue en pente comme il y a tant à Poitiers. Cette ville, dont une partie est sur une hauteur, est séparée des coteaux connus sous le nom de dunes, qui l'entourent presque entièrement, par des faubourgs étalés sur les rives du Clain. Des rues, partant du plateau sur lequel s'élèvent ses principaux édifices, vont aboutir aux boulevards qui longent la rivière et forment une ceinture trop souvent poussiéreuse à la vieille cité. Robert Martelac marchait depuis dix minutes et atteignait une ruelle peu éclairée quand un jeune officier venant d'une rue opposée, se trouva subitement en face de lui, le regarda un instant avec hésitation et parut disposé à l'arrêter. La rue était déserte, étroite; les trottoirs attestaient plus d'ambition que d'espace, le ruisseau coulait encore lentement et reflétait les étoiles, à présent visibles dans le ciel redevenu clair....
Das E-Book können Sie in Legimi-Apps oder einer beliebigen App lesen, die das folgende Format unterstützen:
Veröffentlichungsjahr: 2017
The Project Gutenberg EBook of La destinée, by Lucie des Ages
This eBook is for the use of anyone anywhere at no cost and with almost no restrictions whatsoever. You may copy it, give it away or re-use it under the terms of the Project Gutenberg License included with this eBook or online at www.gutenberg.net
Title: La destinée
Author: Lucie des Ages
Release Date: October 7, 2008 [EBook #26813]
Language: French
*** START OF THIS PROJECT GUTENBERG EBOOK LA DESTINÉE ***
Produced by Daniel Fromont
[Transcriber's note: Lucie des Ages (1845-?), La destinée (1891), édition de 1891. L'orthographe et la ponctuation de l'édition de 1891 ont été conservées.]
La Prophétie de Maurice. 1 vol. in-12…… 3fr.
(Tous droits réservés.)
Le jeune docteur Martelac, les deux mains dans ses poches et les yeux fixés sur les pavés inégaux entre lesquels une pluie d'orage venait de laisser des plaques d'eau jaunâtre, descendait une longue rue en pente comme il y a tant à Poitiers. Cette ville, dont une partie est sur une hauteur, est séparée des coteaux connus sous le nom de dunes, qui l'entourent presque entièrement, par des faubourgs étalés sur les rives du Clain. Des rues, partant du plateau sur lequel s'élèvent ses principaux édifices, vont aboutir aux boulevards qui longent la rivière et forment une ceinture trop souvent poussiéreuse à la vieille cité.
Robert Martelac marchait depuis dix minutes et atteignait une ruelle peu éclairée quand un jeune officier, venant d'une rue opposée, se trouva subitement en face de lui, le regarda un instant avec hésitation et parut disposé à l'arrêter. La rue était déserte, étroite; les trottoirs attestaient plus d'ambition que d'espace, le ruisseau coulait encore lentement et reflétait les étoiles, à présent visibles dans le ciel redevenu clair.
Il était difficile aux deux jeunes gens de passer ensemble, à pied sec du moins; il fallait que l'un des deux s'effaçât contre le mur pour faire place à l'autre. Mais le nouveau venu s'était carrément installé devant Robert et paraissait oublier l'urbanité française au point de lui barrer le chemin. Le docteur, ayant levé les yeux,, parut étonné de cet arrêt imposé à sa promenade par un inconnu.
- Voulez-vous me faire place? demanda-t-il.
Celui à qui il s'adressait était petit et mince. Son képi enfoncé sur ses yeux et les ténèbres de la rue, fort mal éclairée par de rares becs de gaz dont la lumière était énergiquement secouée par le vent, ne permettaient guère de distinguer ses traits. Il parut ne pas entendre cette parole, demeurant immobile devant Robert comme s'il eût cherché à le reconnaître.
- Que demandez-vous? reprit ce dernier, non sans une certaine impatience.
L'officier continua à le regarder en murmurant.
- C'est sa voix, sûrement!
- Enfin, parlez! s'écria le docteur ou laissez le passage libre. Si votre costume, sur lequel je distingue il me semble les galons d'un grade, ne me rassurait, cette singulière insistance me ferait croire à une attaque nocturne. Toutefois, si vous vous êtes posté là pour demander la bourse ou la vie, vous vous adressez mal. Ma bourse, assez légère en ce moment, ne peut tenter personne; de plus, je compte la garder pour mon usage personnel. Quant à ma vie, j'y tiens plus encore qu'à ma monnaie et je suis prêt à la défendre bravement.
Lesen Sie weiter in der vollständigen Ausgabe!
Lesen Sie weiter in der vollständigen Ausgabe!
Lesen Sie weiter in der vollständigen Ausgabe!
Lesen Sie weiter in der vollständigen Ausgabe!
Lesen Sie weiter in der vollständigen Ausgabe!
Lesen Sie weiter in der vollständigen Ausgabe!
