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Théologien, poète et prédicateur au IVe siècle, saint Ephrem vit à Nisibe puis à Edesse, en Syrie. Il permet notamment aux femmes de chanter dans les églises et aux fidèles de participer à la prière liturgique grâce aux hymnes qu'il compose. Une vingtaine d'entre eux sont traduits et présentés par le diacre D. Rance.
À PROPOS DE L'AUTEUR
Théologien parce que poète et poète parce que théologien, l’humble diacre
saint Éphrem a vécu à Nisibe et à Édesse (Syrie) au IVe siècle. Maître de chœur, compositeur et prédicateur, ses hymnes magnifiques, chantées durant les offices, ont été traduites du syriaque en de nombreuses langues. Elles lui ont valu son surnom de Harpe de l’Esprit et sa renommée dans toutes les Églises chrétiennes. Il a été proclamé Docteur de l’Église
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Seitenzahl: 89
Veröffentlichungsjahr: 2022
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La collection La Manne des Pères
Collection dirigéepar Sœur Marie Ricard, Bénédictine de Martigné-Briand (49)
La liste des ouvrages déjà parus se trouve en fin de volume.
Couleurs des bandeaux de la collection
rouge : IIe siècle
vert : IIIe siècle
jaune : IVe-Ve siècle
terre de Sienne : VIe siècle et au-delà
Envoi de manuscrit ou de projet audio :
Saint-Léger éditions
1, chemin des pièces Bron
49260 Le Coudray-Macouard
02 41 67 79 30
© Saint Léger éditions, 2021.
Tous droits réservés.
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TEXTE SOURCE
Saint Éphrem : Choix d’hymnesTraduction française par le diacre Didier Rance
INTRODUCTION ET JALONS
Diacre Didier RanceRévision : Sœur Marie Ricard, osb.
Un « Livret général », donnant des repères historiques, est édité à part et offert pour l’achat d’un exemplaire de la collection La Manne des Pères.
À demander à votre libraire.
Il est aussi téléchargeable sur :
saintlegerproductions.fr
dans l’espace La Manne des Pères
Moyen-Orient : les lieux où saint Éphrem a vécu.
Icône de saint Éphrem, paroisse syriaque catholique Saint-Éphrem, Paris.
La mesure de notre amour
nous obtiendra, par la louange,
la vie qui n’a pas de mesure.
INTRODUCTION
UN CHRISTIANISME AUTRE
L’Évangile a été annoncé vers l’Orient autant que vers l’Occident dès l’âge des apôtres et le christianisme des Pères de l’Église est certes grec et latin mais aussi syriaque, la langue et la culture de l’Orient chrétien (une des formes de l’araméen, que Jésus parlait). Il va se répandre du Moyen Orient jusqu’en Inde et en Chine et donnera des communautés vivant de façon originale leur foi. Il est illustré à l’époque des Pères de l’Église par des figures peu connues chez nous : Aphraate, Babaï, Philoxène, Martyrius ou Isaac de Ninive. Le plus grand est incontestablement saint Éphrem, surnommé « la Harpe de l’Esprit » ou « l’Avocat de la Vérité ». Lire notre foi avec les yeux d’un Père de l’Église orientale tel que lui, c’est découvrir combien elle est à la fois une, et multiple dans son expression.
Ce christianisme syriaque est toujours vivant, au Moyen Orient, en Inde et dans la diaspora, avec une dizaine de millions de fidèles répartis en deux branches, jadis respectivement appelées « monophysite » et « nestorienne », et diverses Églises unies ou non à Rome : Église syriaque orthodoxe, Église de l’Orient, leurs sœurs de l’Inde, des communautés protestantes, et cinq Églises catholiques : syriaque, maronite, syro-malabare, chaldéenne et syro-malankare.
VIE DE SAINT ÉPHREM
Né vers 306 à Nisibe en Mésopotamie, avant-poste de l’empire romain face aux Perses, saint Éphrem sert comme diacre ses évêques successifs tout en suivant une vocation « monastique », avant même que le nom n’existe. Il dirige la prière des fidèles, il est maître de chœur, musicien, compositeur et prédicateur ; il s’occupe d’une école renommée de catéchèse, y commente la Bible, et exerce les fonctions caritatives du diacre. On lui doit deux innovations liturgiques : que les femmes puissent chanter dans les églises1, et le refrain, pour que les fidèles participent mieux à la prière chantée.
En 363, Nisibe, souvent assiégée par les Perses, tombe entre leurs mains. La communauté croyante, fuyant la persécution, s’exile plus à l’ouest, à Édesse, où Éphrem poursuit les mêmes missions près de l’évêque du lieu.
Il vit dans une époque troublée, à Édesse comme à Nisibe, car la cohabitation entre les diverses communautés religieuses, chrétiennes et autres, est conflictuelle. Son Église, fidèle au Credo de Nicée (le nôtre), est pour lui l’Église tout court ! Cependant, elle n’est alors qu’un groupe se réclamant du Christ parmi d’autres ; l’époque est compliquée, traversée en particulier par les luttes contre l’arianisme2. Les empereurs gagnés à l’arianisme persécutent l’Église et soutiennent des groupes dissidents.
Saint Éphrem combat des déviations de la doctrine et de la vie chrétiennes dont les noms sont bien oubliés, mais les idées toujours présentes. Il en mentionne une vingtaine, dont ceux qui nient la Trinité et ne veulent voir dans le Christ qu’un homme, ceux qui se prétendent initiés à un savoir secret, ceux qui soumettent la foi à la raison, ceux qui pensent que la liberté des enfants de Dieu, c’est de faire n’importe quoi et ceux qui au contraire veulent interdire aux baptisés d’avoir des enfants, ceux qui voient dans le Mal un dieu aussi puissant que le Bien, ceux qui refusent l’Ancien Testament… Il participe aussi aux polémiques avec les juifs, les zoroastriens, les manichéens.
Comment se bat-il ? À coup d’hymnes ! Ce sont des poèmes chantés qu’il compose et dont la beauté est l’écrin de la force de vérité. Il le fait avec vigueur et parfois avec violence verbale, mais il prie aussi Dieu de « donner le repos dans le Royaume » à tous les hérétiques, aux juifs et aux persécuteurs. On dit qu’à sa mort la plupart des hérésies qu’il a combattues ont disparu de sa région. En fait, ces hymnes polémiques ne représentent qu’une petite partie de sa création et son génie consiste surtout à créer des œuvres de louange et de joie pour célébrer les mystères de la foi.
Sa mort est à l’image de sa vie. Devenu vieux, Éphrem se retire dans un ermitage de la montagne pour y finir ses jours dans la prière. Mais une peste éclate, suivie d’une famine. Les pauvres en sont les premières victimes, tandis que les riches font la sourde oreille aux appels à la solidarité : « On ne sait pas où ira notre argent ». On fait alors appel au vieil Éphrem, qui redescend de sa montagne et à qui nul n’ose refuser les secours qu’il demande. Il construit des hôpitaux provisoires et fait venir des secours alimentaires. Au bout de trois mois, la peste et la famine sont vaincues. Il retourne alors dans son ermitage où bientôt il meurt, le 9 juin 373, d’épuisement, et peut-être de la peste contractée en soignant les malades.
DIACRE ET MOINE DANS LA VILLE
Éphrem reste diacre toute sa vie (on raconte qu’il refuse par humilité l’épiscopat). Ses missions sont typiques de l’Église ancienne, à commencer par le lien fort avec l’évêque « pour le service duquel le diacre est ordonné, … dont il doit être l’oreille, la bouche, le cœur et l’âme …, et tout lui rapporter comme le Christ à son Père », ainsi que l’écrit un évêque syriaque du siècle précédent. Toutes les activités de saint Éphrem et ce qu’il écrit sur ses évêques successifs témoignent de cet esprit non seulement envers les trois premiers, mais aussi quand son jeune collègue diacre, Abraham, devient son évêque : il le soutient de ses conseils respectueux et avisés. Éphrem suit ainsi les traces des premiers diacres : d’Étienne, en servant à la Table de l’eucharistie et en organisant celle des pauvres, de Philippe en se consacrant à l’enseignement. Il ne suit pas le premier dans le martyre, mais sa mort est un « acte héroïque de charité », couronnant « l’offrande de sa vie », vrai « martyre de la charité » sur lequel l’Église réfléchit en notre temps.
Il existe une figure de diacre très proche de la sienne : saint François d’Assise. Tous deux le restent toute leur vie, manifestent une tendre dévotion envers Jésus et Marie et un grand amour de l’eucharistie, catéchisent les hommes de leur temps tels qu’ils sont (l’un par ses hymnes, l’autre comme « jongleur du Seigneur ») ; ils suscitent des communautés de foi et de vie, ont le souci des pauvres, sont des précurseurs de l’écologie chrétienne etc.
Et par rapport aux diacres permanents d’aujourd’hui ? Vatican II a restauré de façon permanente ce ministère ordonné « pour servir le peuple de Dieu dans la diaconie de la liturgie, de la parole et de la charité » (Lumen Gentium § 29) : ce triple service résume bien la vie de saint Éphrem et tous, diacres ou non, peuvent s’inspirer de lui.
Saint Éphrem est-il aussi un moine ? Oui, mais de façon différente du monachisme qui, parti des déserts d’Égypte, se répand à l’époque dans le monde grec et en Occident. À Nisibe et à Édesse, il participe au développement d’une forme originale de vie consacrée qu’on peut appeler moines et moniales dans la ville : des groupes qui vivent auprès de leur évêque, combinant l’obéissance, la pauvreté et le célibat consacré (la continence pour les couples mariés) avec l’action pastorale et caritative. Comme toujours, les réalités précèdent les noms qui vont les nommer ; Éphrem n’en propose pas moins de quatre, pour essayer d’exprimer ce qu’il vit avec d’autres :
•Les « seuls » ou les « unifiés » (monos ou monachos en grec, d’où vient moine en français) – non pas au sens d’ermite, mais parce que leur vie est unifiée en Dieu.
•Les « veilleurs », selon la demande de Jésus – en syriaque le mot désigne aussi les anges.
•Les « vierges » (terme alors masculin autant que féminin) et les « saints » pour les couples qui entrent dans cette voie après leur baptême.
•Les « Fils et Filles du Pacte », son expression favorite.
Tous ont une vie de prière, de louange et d’enseignement. Éphrem compose souvent ses hymnes pour eux car, selon lui, seul celui qui loue Dieu reçoit le charisme d’enseigner la foi : on ne vit que de ce qu’on mange et assimile. Les prêtres et les évêques sont souvent choisis parmi les « Fils du Pacte » tandis que les « Filles du Pacte » préparent les femmes au baptême, chantent, catéchisent et sont mères spirituelles d’hommes comme de femmes.
Pour saint Éphrem, cette vie monastique est une vie de renoncement, mais l’essentiel n’est pas là. Pour lui, c’est l’amour et la recherche de la seule vérité qui en sont le cœur : dans une méditation sur ce que produit le bon grain de la parabole évangélique, il écrit que le renoncement produit du trente pour un, l’amour du soixante pour un et la vérité (de Dieu) du cent pour un3.
THÉOLOGIEN-POÈTE
Saint Éphrem n’est pas théologien et poète, mais théologien parce que poète et poète parce que
