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Le deuxième épisode de l'incroyable histoire de Final Fantasy.
Les épisodes IV et V de Final Fantasy marquent un véritable tournant pour les jeux de cette grande saga, coïncidant avec l’arrivée de la Super Nintendo. Plus narratifs, jalonnés de thématiques et de personnages forts, ces deux opus ont ouvert la voie à la reconnaissance internationale.
Une analyse fine et didactique de l'un des plus célèbres jeux vidéos.
EXTRAIT
Sur une planète bleue, il y a des milliers d’années, naquit une race humanoïde, dont le nom est tombé dans l’oubli. Cette race ancienne allait développer une civilisation sans nulle autre pareille, à l’origine d’une technologie des plus avancées. Sa soif de progrès insatiable finit cependant par épuiser toutes les ressources, jusqu’à affecter le cœur de la planète et condamner celle-ci à courte échéance.
Parce qu’il ne leur était plus possible de rester sur leur monde natal sans mettre en danger leur espèce, les habitants mirent au point des vaisseaux interstellaires et quittèrent leur foyer pour ne plus jamais revenir. Leur quête d’une nouvelle planète habitable leur imposa de vivre dans l’espace pendant plusieurs générations. Mais cet environnement artificiel avait un prix : progressivement, cette race s’éteignait, la capacité de survie de ses membres s’étiolant petit à petit alors qu’ils ne trouvaient aucune planète qui pût convenir à leur espèce.
À PROPOS DE L'AUTEUR
Maniaque de RPG depuis sa plus tendre enfance,
Jonathan Remoiville, ce trentenaire professeur d’histoire-géographie, intègre la rédaction du site O’Gaming, pour lequel il commet plusieurs articles depuis 2014. Entre deux parties de Suikoden II, il lui arrive de présenter des émissions sur la Toile et de parler de sa passion sur son blogue, tout en continuant à tester tous les jeux de rôle qui lui tombent sous la main.
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Seitenzahl: 562
Veröffentlichungsjahr: 2017
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La Légende Final Fantasy IV & Vde Jonathan Remoiville est édité par Third Éditions 32 rue d’Alsace-Lorraine, 31000 TOULOUSE [email protected] www.thirdeditions.com
Nous suivre : @ThirdEditions Facebook.com/ThirdEditions Third Éditions : Third Éditions
Tous droits réservés. Toute reproduction ou transmission, même partielle, sous quelque forme que ce soit, est interdite sans l’autorisation écrite du détenteur des droits.
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Le logo Third est une marque déposée par Third Éditions, enregistré en France et dans les autres pays.
Édition : Nicolas Courcier et Mehdi El Kanafi Textes : Jonathan Remoiville Relecture : Thomas Savary et Claire Choisy Mise en pages : Julie Gantois Couvertures : Johann « Papayou » Blais Montage des couvertures : Frédéric Tomé
Cet ouvrage à visée didactique est un hommage rendu par Third Éditions à la série de jeux Final Fantasy.
L’auteur se propose de retracer un pan de l’histoire des jeux vidéo Final Fantasy IV & V dans ce recueil unique, qui décrypte les inspirations, le contexte et le contenu de ce titre à travers des réflexions et des analyses originales.
Final Fantasy est une marque déposée de Square Enix. Tous droits réservés.
Le visuel de couverture est inspiré d’un artwork du jeu Final Fantasy IV.
Édition française, copyright 2017, Third Éditions. Tous droits réservés.
ISBN 979-10-94723-82-1
À Cyril, Arnaud, Anne-So et Morgane, qui ont ravivé une flamme trop longtemps éteinte.
Maniaque de RPG depuis sa plus tendre enfance, ce trentenaire professeur d’histoire-géographie intègre la rédaction du site O’Gaming, pour lequel il commet plusieurs articles depuis 2014. Entre deux parties de Suikoden II, il lui arrive de présenter des émissions sur la Toile et de parler de sa passion sur son blogue, tout en continuant à tester tous les jeux de rôle qui lui tombent sous la main.
UN JEU VIDÉO peut-il nous mettre une claque plus de dix ans après sa sortie ? Une question que dut se poser, la joue rosie, une grande partie des joueurs européens ayant fait l’acquisition de Final Fantasy Authology, soit la compilation pour PlayStation de deux titres Super Famicom sortis respectivement en 1991 et 1992. Final Fantasy IV et V, puisque c’est bien d’eux qu’il s’agit, faisaient leur apparition en Europe en 2002, une semaine avant la sortie sur le Vieux Continent du dixième épisode de la saga, et trois mois après l’arrivée de Final Fantasy VI. Un peu tard, les Européens découvraient tout le potentiel créatif de la saga pilotée depuis 1987 par Hironobu Sakaguchi, et il faudra encore du temps avant que les trois premiers épisodes soient proposés dans le monde entier. Malgré ce décalage temporel, toute une génération de joueurs européens nourris aux aventures de Cloud, de Squall ou de Djidane a fait ainsi connaissance avec leurs glorieux aînés.
De manière stupéfiante, ces deux jeux n’avaient pas pris une ride. Final Fantasy IV et V, en effet, portaient en eux les germes de la réussite planétaire de la licence, à court comme à long terme. Final Fantasy IV est le premier home run de la saga en matière de scénario, le premier épisode réussissant à allier plaisir de jeu et parfaite maîtrise du rythme narratif, procurant au joueur une sensation que l’on ne retrouvera par la suite qu’aux plus grandes heures du J-RPG. La quête de rédemption de Cécil Harvey, ses personnages secondaires hauts en couleur ainsi que son excellente musique passionnent les joueurs depuis vingt-six ans. On peut d’ailleurs noter que FF IV est l’épisode de la saga ayant connu le plus grand nombre de portages, avant de se voir agrémenté de l’Interlude, et d’une suite, Les Années suivantes, dix-sept ans après sa sortie.
Départ de plusieurs rouages essentiels de l’équipe de création, découverte d’un nouveau support, la Super Famicom : nombreux étaient les défis qu’avait à relever Sakaguchi, outre ceux liés à l’ambition croissante du créateur et de ses équipes. Ambition quant à l’histoire et la narration du jeu, mais aussi dans son système de combat, l’ATB, appelé à devenir une marque de fabrique de la saga.
Pour Final Fantasy V, le fardeau est plus lourd. Écrasé entre un aîné à l’héritage imposant en matière de scénario et un cadet prodige ayant joué le rôle d’introduction au genre pour beaucoup de joueurs en Occident, FF V n’a guère impressionné par son intrigue... S’il tire néanmoins son épingle du jeu, c’est par son gameplay. Repris en effet par la suite dans plusieurs autres J-RPG, c’est le seul de ses atouts que retiendra la mémoire collective. Pourtant, à l’heure du bilan, on oublie souvent qu’il fut le dernier épisode qui vit Hironobu Sakaguchi œuvrer comme seul directeur, et que Tetsuya Nomura comme Yoshinori Kitase y firent leurs débuts créatifs. Il s’agit en outre du premier Final Fantasy adapté en vidéo avec Final Fantasy : Legend of the Crystals, animé paru en 1994. Dernier des jeux de l’ère Super Famicom à sortir en Amérique comme en Europe, réputé pour sa difficulté et une narration moins linéaire que dans les autres volets, Final Fantasy V aura connu au Japon une plus grande réussite commerciale que son prédécesseur, lui permettant de talonner son éternel concurrent, la saga des Dragon Quest. Comment dès lors expliquer que malgré un tel succès à sa sortie, cet épisode soit aujourd’hui l’un des plus sous-estimés ? Comment Final Fantasy V a-t-il gravé dans le marbre la formule de la franchise ? Et surtout, pourquoi Gilgamesh est-il aussi génial ?
Cet ouvrage ne se contentera pas de présenter l’univers et la création des volets IV et V de la série, il se propose également d’en analyser les thèmes et de montrer tout ce que leur doivent leurs successeurs, voire ce qu’ils ont encore à nous révéler. On pourra trouver saugrenu de chercher à explorer ainsi deux jeux parus voilà plus de vingt-cinq ans. Ce livre n’entend pas ignorer le chemin parcouru depuis, ni l’excellence des épisodes suivants. C’est même en réalité tout le contraire. Chercher à comprendre l’intérêt présent dans Final Fantasy IV et V va nécessiter de remettre ces jeux dans leur contexte pour ensuite mieux appréhender leur place dans la série ; mais également au sein de leur propre genre, ce qui nous conduira par ailleurs à nous pencher sur Square en tant qu’entreprise ainsi que sur les différents créateurs qui ont pu travailler à ces œuvres, parfois sur une période de plus de vingt ans.
En quoi peut-on dire que Final Fantasy IV a servi de modèle et d’inspiration à ses successeurs, avant d’influencer une grande partie du J-RPG ? Quel impact Final Fantasy V a-t-il eu sur l’ADN de la licence ? Surtout, quel intérêt y a-t-il à revenir aujourd’hui sur ces histoires, à l’heure de l’action-RPG et de la 3D, avec la concurrence féroce des jeux vidéo occidentaux que subit le RPG japonais ? Pourquoi se pencher sur ces antiquités, alors que le jeu vidéo a connu récemment pléthore de jeux de rôle d’excellente qualité ? Peut-être parce que, loin d’appartenir à un passé révolu, la grande force de ces deux jeux tient à ce qu’ils ont été réalisés par des artisans soucieux du travail bien fait et sachant raconter de manière efficace des histoires simples à la portée universelle, ce qui est un gage de qualité et d’intemporalité, quelle que soit l’époque dans laquelle on vit.
Sur une planète bleue, il y a des milliers d’années, naquit une race humanoïde, dont le nom est tombé dans l’oubli. Cette race ancienne allait développer une civilisation sans nulle autre pareille, à l’origine d’une technologie des plus avancées. Sa soif de progrès insatiable finit cependant par épuiser toutes les ressources, jusqu’à affecter le cœur de la planète et condamner celle-ci à courte échéance. Parce qu’il ne leur était plus possible de rester sur leur monde natal sans mettre en danger leur espèce, les habitants mirent au point des vaisseaux interstellaires et quittèrent leur foyer pour ne plus jamais revenir. Leur quête d’une nouvelle planète habitable leur imposa de vivre dans l’espace pendant plusieurs générations. Mais cet environnement artificiel avait un prix : progressivement, cette race s’éteignait, la capacité de survie de ses membres s’étiolant petit à petit alors qu’ils ne trouvaient aucune planète qui pût convenir à leur espèce. Leur agonie fut terrible, et leur flotte se réduisit à un unique vaisseau, à l’apparence d’une lune. À bord de ce dernier, un seul représentant de cette espèce allait réussir à survivre, en se connectant à un système de sa conception qui le maintenait artificiellement en vie. Amer et plein de regrets, il ne se laissa pourtant pas abattre et décida de lutter pour échapper à la mort.
S’arrogeant le titre de « Créateur », il commença à se consacrer exclusivement à l’expérimentation sur la nature de la vie et les conditions de son épanouissement. Afin d’archiver ses recherches, il créa des cristaux capables de stocker de nombreuses informations, qu’il pourrait ensuite utiliser dans le but de satisfaire sa soif de connaissances, devenue chez lui une véritable obsession. Il décida ensuite de les disperser aux quatre coins de l’univers, sur des planètes susceptibles d’abriter la vie. Artificiellement immortel tant qu’il restait branché à la machine assurant sa survie, il se mit à glaner les données récupérées par ses cristaux à travers l’univers. Si l’évolution des formes de vie abritées par telle planète lui semblait indigne, il s’octroyait le droit de la détruire avec son vaisseau. Au fil de ses voyages, il arriva dans un système solaire où, sur une planète bleue, il déposa seize de ses cristaux1. Puis il repartit afin de continuer sa quête éternelle...
Sur la planète où le Créateur avait laissé ses cristaux, une nouvelle espèce vit le jour : les Sélénites, êtres humanoïdes caractérisés par leur chevelure blanche et leur capacité à utiliser la magie sous toutes ses formes. Ils finirent en outre par donner naissance à leur tour à une technologie très avancée, puisant sa source dans les cristaux, auxquels ils devaient leur prospérité. Cependant, les jours de leur planète étaient comptés, et ils durent, la mort dans l’âme, quitter leur monde avant que celui-ci ne devînt leur tombeau. À la différence néanmoins du peuple du Créateur, ils trouvèrent très vite refuge sur une autre planète bleue, du même système solaire. Cette planète était déjà habitée par la race primitive des humains. Ces derniers n’avaient aucune connaissance en magie, et leur durée de vie était éphémère ; quant à leur technologie, elle était encore arriérée, et il lui aurait fallu des centaines, voire des milliers d’années pour égaler celle des Sélénites. Fondamentalement non violents, ces derniers ne purent que déplorer l’impossibilité d’une coexistence pacifique entre eux et ces humains agressifs. Refusant de condamner une autre espèce pour assurer leur propre survie, ils espéraient qu’avec un peu de temps l’humanité serait capable d’évoluer jusqu’à leur niveau et qu’alors les deux espèces pourraient s’entendre et s’entraider. C’est pourquoi ils choisirent de quitter la planète bleue et de construire un satellite artificiel, la Lune rouge, où ils se placèrent en stase afin d’attendre le bon moment pour se révéler aux humains. Pour hâter néanmoins leur évolution, ils choisirent de confier aux peuples de la planète bleue huit de leurs seize cristaux : quatre aux humains de la surface et quatre aux habitants du monde souterrain, en majorité des nains.
Cependant, tous les Sélénites n’adhéraient pas à ce projet : un certain Zémus, en particulier, méprisait souverainement les humains et ne comprenait pas pourquoi les Sélénites n’exerceraient pas leur domination sur la planète bleue. Plein de haine envers l’humanité, qu’il estimait être une race inférieure, mais aussi envers son propre peuple, qui selon lui s’abaissait au niveau des humains, il construisit une machine, le géant de Babil, doté d’un armement de pointe. Zémus avait construit ce colosse métallique dans le but de détruire toute vie sur la planète bleue. Son plan allait toutefois échouer, et il fut placé dans un sommeil forcé, emprisonné par les cristaux de la Lune rouge au cœur du satellite artificiel ; quant à son androïde géant, il fut désactivé puis enfermé avec son créateur. Pour veiller au repos des Sélénites, l’un d’eux resta éveillé, le grand mage nommé Fusoya qui avait tenu Zémus en échec : c’est lui qui s’assurait que rien n’altérât ce qu’il appelait le « sommeil lunaire ». Pendant de nombreuses années, les Sélénites dormirent paisiblement, sans que le magicien pût constater aucun problème. Mais il avait sous-estimé la haine et la détermination de son adversaire : Zémus, bien qu’endormi, avait conservé de grands pouvoirs télépathiques, et son sommeil forcé ne faisait qu’attiser sa rage, qui finit par acquérir une volonté propre. Celle-ci allait se fortifier au fil du temps, jusqu’au jour où le Sélénite forcené eut assez de puissance pour contrôler un habitant de la planète bleue. À sa grande joie, la première personne qu’il réussit à manipuler ne lui était pas étrangère : il s’agissait du neveu même de Fusoya, Théodore.
En effet, Fusoya avait un jeune frère, Kluya, qui était en tout point l’exact opposé de Zémus : non seulement il ne haïssait pas les humains, mais il les chérissait. Il souhaitait étudier toutes les formes de vie de la planète bleue, mais il lui fallait d’abord s’y rendre. Grâce à ses compétences en ingénierie très poussées, il construisit un vaisseau spatial, la Baleine lunaire, qui lui permit de gagner la planète voisine depuis la Lune rouge au nez et à la barbe des autres Sélénites. Il laissa son vaisseau au fond des océans près du village de Mysidia et se mit à enseigner à plusieurs adeptes les rudiments de la magie et de l’ingénierie. Dans l’ombre, il put dispenser son savoir à de petits groupes durant plusieurs siècles, grâce à la longévité de son espèce. Ce fut sur ses enseignements d’une part que se fonda la doctrine des mages de la nation de Mysidia, d’autre part que les ingénieurs du royaume de Baron finirent par concevoir les premiers aéronefs. Sans aspiration au pouvoir, Kluya se contentait d’observer discrètement cette évolution, sachant que certains de ses élèves n’adhéraient pas à son pacifisme et comptaient utiliser sa magie à des fins belliqueuses.
À sa grande surprise, Kluya finit par s’éprendre d’une humaine, Cécilia, et décida de vivre à ses côtés. Ensemble, ils eurent un fils, Théodore, premier métis mi-humain, mi-sélénite. Kluya décida toutefois de ne pas lui révéler trop vite ses origines, car il voulait pour son enfant une vie normale sur cette planète. Avec sa femme et son fils, il s’établit dans un petit village où pourrait s’épanouir Théodore, tandis qu’il aiderait les habitants du mieux qu’il pouvait. Dix ans passèrent sans que Kluya eût encore révélé la vérité à son fils, qui venait de commencer l’apprentissage de la magie. Théodore discutait souvent avec son père dans l’espoir que celui-ci dissiperait le mystère entourant ses origines. En vain. Un soir, après avoir ainsi conversé avec son père, le jeune novice rentra seul chez lui. Sa mère lui apprit alors qu’il allait avoir un petit frère. La joie qu’il ressentit fut malheureusement de courte durée : le lendemain, il découvrit son père gisant sur le sol, meurtri par les sorts lancés par un groupe de mages insatisfaits de ses positions pacifistes. Kluya, incapable de recourir à la violence fût-ce pour sauver sa propre vie, ne s’était pas défendu quand ses adversaires avaient commencé à le cribler de leurs sortilèges. Faute de maîtriser encore les sorts de soin, Théodore ne pouvait faire appel à la magie pour sauver Kluya, grièvement blessé ; il s’efforça de rassurer son père sur le choix qu’il avait fait d’enseigner la magie aux humains. Le Sélénite rendit peu après son dernier soupir, laissant son fils et sa femme enceinte livrés à eux-mêmes.
En reconnaissance pour tout ce que Kluya leur avait apporté, les villageois les aidèrent de leur mieux, mais ils ne purent rien contre le destin qui s’acharnait contre la famille de Théodore. Cécilia, en effet, allait succomber à son tour en donnant naissance à son deuxième fils, laissant Théodore seul et désemparé face à ses nouvelles responsabilités.
Accablé par le chagrin et la charge que représentait ce nouveau-né, le jeune garçon traversait une période de grande vulnérabilité psychologique : voilà qui offrait à Zémus l’occasion parfaite d’exercer sa vengeance et de mettre en œuvre son plan, mûrement réfléchi. Sa voix commença à résonner dans la tête de l’orphelin désorienté, lui murmurant constamment que son petit frère était la cause de la mort de ses parents. Sans cesse, le Sélénite répétait aussi à Théodore qu’il n’était qu’un insecte, un être insignifiant. Il le rabaissait en lui rappelant son incapacité à soigner son père le jour de son trépas. En jouant sur le ressentiment du garçon que ce dernier cherchait à refouler, il commença par l’influencer, jusqu’à finir par réussir à le contrôler. Théodore ne chercha plus alors à contenir la haine qu’il vouait à son frère cadet, qu’il décida d’abandonner en pleine nature dans le royaume de Baron. Il se retira ensuite à la lisière du monde, où Zémus progressivement établit un contrôle total sur son esprit, effaçant jusqu’à sa mémoire et son nom : il rebaptisa Golbez son nouveau pion et le chargea de mettre en place un plan qui nécessiterait plusieurs années de préparation, visant à prendre le contrôle des cristaux puis à le libérer du sommeil lunaire.
Le nouveau-né abandonné n’allait cependant pas rester seul bien longtemps : il fut découvert à temps par une patrouille conduite par le roi de Baron lui-même, qui prit l’enfant en pitié et ne put se résoudre à laisser un être aussi faible et fragile à la merci de la nature. Ce dernier lui rappelait irrésistiblement une jeune femme qu’il avait connue jadis, Cécilia, dont il retrouvait l’image dans ce bébé, sans pouvoir s’expliquer pourquoi. En souvenir de celle-ci, le roi décida de nommer l’enfant Cécil Harvey, puis il se chargea de son éducation. Le souverain ne tarda pas à déceler le potentiel de l’enfant : Cécil promettait en effet de devenir un guerrier d’exception, un soldat loyal, et il avait tout du futur meneur d’hommes. À la cour du roi, il grandit aux côtés d’autres enfants de l’aristocratie de Baron comme le fils du commandant des chevaliers dragons, Kaïn Highwind, qui devint son meilleur ami, mais aussi son rival. Il se lia également d’amitié avec Rosa Joanna Farrell, une aspirante magicienne blanche qui finit par tomber amoureuse de lui. Le temps s’écoula, et Cécil se révéla de fait l’un des meilleurs soldats de Baron, jusqu’à devenir un chevalier noir et, à seulement vingt ans, le commandant de la flotte aérienne du royaume, les Ailes rouges. Le roi s’était pourtant progressivement détaché de Cécil, bien que celui-ci n’eût jamais failli dans sa dévotion à l’égard du souverain. Le jeune commandant espérait pouvoir regagner la confiance de son père adoptif en accomplissant la dernière mission que ce dernier venait de lui confier : récupérer le cristal de l’eau, détenu par le peuple de Mysidia.
Résolu à mener sa mission à bien, Cécil, à Mysidia, s’est emparé du cristal avec succès. Pour ce faire, il a dû assassiner les gardiens du cristal, non armés et pacifiques, qui essayèrent de le raisonner. Sa fidélité à son roi le poussait à agir de la sorte, mais sur le chemin du retour, il ne peut s’empêcher d’avoir des remords. Même s’il balaie les questions embarrassantes de ses soldats, Cécil est de plus en plus miné par le doute. Sous les assauts de monstres aériens de plus en plus violents contre la flotte, les soldats de Baron retournent au château, couronnés de succès.
Cécil confie alors ses états d’âme au capitaine de la garde royale, Baigan. Ce dernier fait mine de compatir, mais c’est en réalité pour annoncer de manière perfide au souverain le retour de Cécil en mettant l’accent sur l’insolence du jeune officier. Lors de l’entrevue qui suit, Cécil remet le cristal au roi, qui le congédie rapidement sans aucun remerciement ou manifestation de gratitude. Cécil se permet alors d’écouter sa conscience : il demande à son souverain, l’homme qui l’a élevé, la raison de son récent changement d’attitude. Ce dernier interprète la question comme une provocation et déclare avoir été informé de la déloyauté de Cécil à son égard. C’est une sentence terrible qui s’abat alors : le capitaine des Ailes rouges est déchu de son rang et de la flotte aérienne de Baron. Il se voit cependant confier une nouvelle mission : se rendre dès le lendemain dans la vallée de Mist pour y traquer et détruire un éon, créature magique très puissante, puis remettre aux villageois de Mist une bague carnélite confiée par le souverain. Malgré l’intervention de Kaïn, entre-temps promu comme son père capitaine des chevaliers dragons, le roi reste inflexible : pire encore, il lui ordonne d’aider son camarade à s’acquitter de sa tâche.
Démoralisé, Cécil est réconforté par Kaïn, qui se charge de préparer l’expédition, tandis que lui-même retourne dans ses quartiers se reposer. En chemin, il croise Rosa, devenue une magicienne blanche accomplie, qui s’inquiétait à son sujet.
Il retrouve ensuite son vieil ami Cid, ingénieur en chef des aéronefs de la flotte de Baron. Ce dernier se plaint lui aussi du récent changement d’attitude du roi, qui lui a demandé de concevoir un nouveau vaisseau aérien, aux performances militaires accrues. Dans sa chambre, le jeune chevalier ne parvient pas à trouver le sommeil : pour quelles raisons son père adoptif et souverain se comporte-t-il désormais de la sorte ? Malgré les paroles de Rosa, venue réconforter l’homme qu’elle aime, Cécil pense être désormais trop engagé dans la voie des ténèbres pour qu’il reste en lui une once de lumière. Rosa ne parvient pas à l’empêcher de douter de lui-même : en particulier, il n’arrive pas à se pardonner le crime de Mysidia. Le chevalier noir n’en est pas moins résolu à obéir aux ordres qu’il a reçus. Le lendemain matin, il s’équipe en vue d’accomplir sa mission, puis il quitte le château en compagnie de Kaïn pour atteindre le val brumeux. En chemin, les deux hommes traversent une ville de Baron où circulent les rumeurs les plus viles et les plus folles sur l’état mental du souverain, qui inquiète les marchands comme les croquants. Voilà qui n’est pas pour rassurer le chevalier noir déchu.
Sans attendre, les deux soldats de Baron se rendent dans la grotte reliant leur royaume au val brumeux. Alors qu’ils cheminent dans l’excavation, une voix leur demande de partir sur-le-champ. N’obtempérant pas, ils finissent par être bloqués peu avant la sortie par un dragon des brumes, qui leur impose cet ultimatum : rebrousser chemin ou mourir. Bien que ne sentant aucune malveillance émaner de la créature, Cécil est obligé de l’affronter pour pouvoir continuer sa mission. La tâche s’avère des plus ardues, car le monstre est capable de se dissiper sous la forme de brume. En combinant leurs forces, les deux chevaliers n’en finissent pas moins par abattre la créature, avant de reprendre leur route jusqu’à leur destination, le village de Mist.
Arrivés à bon port, Cécil et Kaïn se rendent compte que la bague carnélite s’est mise à rougeoyer vivement. En l’espace de quelques secondes, elle libère une demi-douzaine de bombos, des démons de feu, qui vont immédiatement percuter les quelques maisons du village pour les incendier. Les deux soldats comprennent alors avec horreur que l’objectif réel de leur mission était de réduire en cendres le village de Mist avec l’anneau qu’était censé remettre aux villageois le chevalier noir. Mist est ravagé par les flammes, tous les habitants, surpris par la soudaineté et la violence de l’incendie, ont été tués.
Complètement abattu devant la scène tragique à laquelle il assiste, impuissant, Cécil découvre soudain une fillette épargnée par les flammes. L’enfant se lamente devant le corps d’une femme, sa mère. Avec Kaïn, il comprend que celle-ci n’est pas morte à cause des explosions ou de l’incendie, mais à la suite du décès de son dragon des brumes. Kaïn comprend alors qu’ils se trouvent dans un village peuplé de gens capables d’invoquer des éons, et Cécil fait à voix haute le lien avec la créature qu’ils ont tuée dans la grotte. Alors que ce dernier demande pardon à la jeune fille, Kaïn comprend que la volonté du roi était de tuer ces villageois jusqu’au dernier. Il s’avance pour achever sa mission, mais Cécil s’interpose, refusant d’obéir plus longtemps aux ordres d’un monarque qu’il ne reconnaît plus. Si Kaïn semble de prime abord contrarié, il finit par prendre le parti de son camarade, ne voulant pas non plus ternir le nom de ses chevaliers dragons par un tel massacre.
Les deux soldats font alors face à une dure réalité : leur choix fait d’eux des déserteurs, et il leur faudra toute l’aide possible pour faire face à la colère du roi et à l’armée de Baron, la plus puissante au monde. Kaïn propose de se rapprocher des puissances étrangères, mais aussi d’entraîner Rosa dans leur désertion, ce que Cécil approuve sans comprendre à ce moment que son ami souhaite avant tout garder la magicienne blanche à ses côtés. Alors que le chevalier dragon décide d’emmener la fillette de gré ou de force, cette dernière invoque de manière inconsciente un autre éon, Titan. La colère assourdissante de la créature provoque un séisme qui assomme tous les acteurs encore vivants de ce drame.
Quand Cécil revient à lui, il ne trouve à ses côtés que l’enfant, évanouie mais vivante. Kaïn reste introuvable. Cécil décide alors de se rendre dans la ville la plus proche pour y mettre à l’abri la petite villageoise.
Après avoir traversé un désert aride, il finit par atteindre l’oasis de Kaïpo, village situé à la lisière du royaume de Damcyan. L’aubergiste accepte de les loger gratuitement pour que la petite fille s’y repose. Ce n’est qu’à la nuit tombée que cette dernière finit par reprendre connaissance, mais elle reste muette en présence de Cécil, qui lui fait peur. Un général de Baron et son escorte viennent d’arriver en ville, avec un message du roi destiné à Cécil : le souverain absoudra le chevalier noir de tous ses crimes s’il remet la fillette à ses hommes. L’officier justifie ensuite la nécessité de tuer tous les habitants du village de Mist en expliquant qu’ils représentent un danger pour le royaume de Baron, mais Cécil n’en a cure et affronte les hommes du roi, dont il va triompher sans difficulté. Consciente du sacrifice que vient de faire pour elle le chevalier en défiant les ordres de son suzerain, l’enfant change alors d’attitude à son égard et lui révèle son nom, Rydia. Le lendemain matin, en discutant avec les habitants, Cécil apprend que l’on aurait découvert, aux portes de Kaïpo, une jeune femme aux cheveux blonds presque inconsciente, originaire de Baron. Sans tarder, Cécil se rend chez le guérisseur de la ville. Ses craintes s’avèrent fondées : il s’agit bien de Rosa. Elle a contracté une maladie appelée « la fièvre du désert », qui a provoqué une perte de connaissance et la fait délirer dans son sommeil. Selon le guérisseur, seule une perle des sables pourrait la soigner, que l’on trouve uniquement dans une grotte où un fourmilion a fait son nid. Aucune hésitation pour le chevalier noir : sauver Rosa est une priorité absolue.
Pour cela, Cécil se rend avec Rydia vers le cœur du royaume de Damcyan à travers un canal souterrain. À l’intérieur, ils croisent un vieux magicien, Tellah, dont la fille Anna a été séduite par un barde beau parleur qui l’aurait emmenée au château de Damcyan. Parti la retrouver, Tellah requiert l’assistance de Cécil et Rydia pour l’aider à vaincre le monstre du lac situé avant la sortie du tunnel et qui l’empêche d’avancer. Les trois voyageurs finissent par arriver devant une créature aquatique visqueuse et tentaculaire qu’ils défont après un âpre combat, avant de ressortir à l’air libre. Mais c’est hélas pour assister au loin au bombardement du château de Damcyan par les aéronefs des Ailes rouges de Baron, qui sont déjà repartis lorsque Cécil et ses compagnons parviennent à destination.
Au château, le groupe constate que Baron a volé le cristal du feu qui se trouvait à Damcyan. Les pertes dues à l’attaque sont nombreuses, le roi et la reine eux-mêmes ont trouvé la mort. Dans la salle du trône, Tellah découvre avec horreur le corps inanimé d’Anna. Le vieux magicien se rue sur le barde qu’il trouve aux côtés de sa fille, lui reprochant sa mort. Ce dernier, très affecté, se contente d’encaisser les coups en essayant mollement de raisonner Tellah. C’est la voix mourante d’Anna qui ramène le mage à la raison : cette dernière révèle que le barde est en réalité le prince Edward de Damcyan, qui se déguisait ainsi pour éviter d’attirer l’attention. Anna en était tombée amoureuse et désirait vivre à ses côtés, mais elle s’apprêtait à rejoindre son père, s’en voulant de rester ainsi au château sans sa permission. C’est alors que les Ailes rouges ont attaqué, avec à leur tête un nouveau commandant, un certain Golbez, qui a détruit Damcyan sans aucune hésitation.
Mortellement blessée, Anna pousse bientôt son dernier soupir, aux côtés de son père et de son amant. Edward et Tellah réagissent alors très différemment : tandis que le prince s’effondre sur le corps de sa bien-aimée, le mage, ivre de vengeance, part seul pour tuer le meurtrier de sa fille. Rydia et Cécil doivent secouer Edward pour le tirer de son deuil, car le chevalier noir, bien que désolé pour le prince, a d’abord à cœur la guérison de Rosa. À son évocation par Cécil, Edward ne peut s’empêcher de comparer le dévouement du jeune soldat à celui qui fut le sien pour Anna. Il accepte donc de lui venir en aide, non seulement en l’accompagnant, mais en lui fournissant un aéroglisseur qui leur permettra d’atteindre le nid du fourmilion.
Arrivés à destination, Cécil et ses compagnons trouvent un fourmilion ainsi qu’une perle des sables. Pour obtenir cette dernière, ils doivent affronter la créature, anormalement hostile. Puis, sans perdre de temps, les trois jeunes gens retournent en aéroglisseur à Kaïpo pour y soigner Rosa. Une fois rétablie, la jeune femme explique au groupe qu’à Baron elle refusait de croire à la version officielle de la mort de Cécil dans le séisme de Mist. Elle confirme que Golbez semble manipuler le roi pour s’emparer des cristaux : il ne lui manque plus désormais que le cristal de la terre à Troïa et celui du vent à Fabul. Bien qu’encore affaiblie par la fièvre du désert, Rosa veut à tout prix rester près de Cécil. Le groupe passe la nuit à Kaïpo, mais Edward ne parvient pas à trouver le sommeil, à cause de la perte d’Anna. Sorti jouer de la harpe au clair de lune, il finit par retrouver du courage après une apparition du fantôme de sa bien-aimée à l’occasion d’un combat impromptu avec un monstre caché dans le village.
Le jour suivant, le groupe reprend l’aéroglisseur jusqu’à l’est de Damcyan pour se rendre à Fabul, où se trouve le cristal du vent, qui devrait être le prochain objectif de Golbez, selon Rosa. Les compagnons arrivent au mont Hobs, dont l’accès est bloqué par une barrière de glace des plus solides. Rosa demande à Rydia de la faire fondre à l’aide d’un sort de feu, mais cette dernière refuse. Cécil explique le traumatisme qui paralyse l’enfant et son incapacité à jeter un sort de magie noire pourtant considéré comme basique. Rosa réussit cependant à faire comprendre à la petite invocatrice qu’il lui faut aller de l’avant2. Rydia parvient à lancer le sort et à surmonter sa crainte des flammes : le groupe peut alors accéder au mont Hobs. Pendant l’ascension, il rencontre un moine de Fabul aux prises avec une maman bombo et un régiment de gobelins. Le bonze règle son compte sans difficulté au menu fretin, avant que Cécil et ses camarades ne l’aident à triompher de la maman bombo. Ce combattant redoutable n’est autre que Yang, le grand maître des moines de Fabul, qui s’entraînait sur le mont avec ses disciples. Avant l’arrivée du groupe, des monstres leur ont tendu une embuscade. Aucun de ses élèves n’a survécu. Cécil et ses compagnons lui expliquent la menace que représente Golbez. Rosa imagine que l’embuscade a pu être planifiée par celui-ci pour affaiblir les défenses du royaume : la disparition des moines tués sur le mont Hobs, tous combattants confirmés, il ne reste pour défendre Fabul que des adeptes encore jeunes et inexpérimentés. Les quatre voyageurs reprennent leur route en direction du cristal du vent, Yang à leurs côtés, pour empêcher que se répète la tragédie de Damcyan.
Arrivé à destination, le groupe, grâce à Yang, obtient une entrevue du roi de Fabul, qui se montre méfiant envers Cécil, qui porte toujours l’uniforme de l’armée de Baron. Le souverain s’apaise cependant en conversant avec le prince Edward, qu’il connaît bien. Tout le monde se prépare alors à défendre le château contre l’attaque imminente de Golbez et de Baron. Yang, Cécil et Edward sont en première ligne tandis que Rosa et Rydia, avec leurs pouvoirs de magie blanche, aident à l’infirmerie. Nos trois héros et les moines de Fabul affrontent vaillamment les vagues d’ennemis successives. Mais, les attaques conjuguées au pilonnage aérien des Ailes rouges les forcent à se retrancher toujours plus loin dans le château, jusqu’aux appartements royaux, où Yang espère pouvoir se replier. C’est alors qu’un monstre déguisé en novice ouvre la porte qui devait faire barrage à l’ennemi, et les trois camarades n’ont d’autre choix que de reculer jusqu’à la salle du cristal.
Alors qu’ils s’attendaient à devoir combattre de nombreux ennemis, la personne qui s’avance devant eux n’est pas du tout celle qu’aurait imaginée Cécil : Kaïn. Armé pour le combat, ce dernier exige d’affronter en duel son ancien compagnon d’armes. Partagé entre une grande confusion et le soulagement de retrouver son ami vivant, Cécil ne se bat pas sereinement et va être défait par le chevalier dragon, qui semble plein de colère à son égard. Malgré l’intervention de Yang, Kaïn est sur le point de transpercer Cécil de part en part avec sa lance, quand la voix de Rosa stoppe son bras. Le chevalier dragon, soudain désorienté, ne semble plus savoir ce qu’il doit faire.
C’est le moment que choisit Golbez, accompagné par des mages noirs, pour faire son entrée : l’immense chevalier à l’armure de jais écrase Cécil, sans probablement imaginer qu’il s’agit du frère qu’il a abandonné, puis somme Kaïn de s’emparer du cristal. Alors que ce dernier, comme possédé, s’exécute, de nouveau la voix de Rosa le désarçonne : elle s’avère être la seule capable d’interférer avec le contrôle mental exercé sur le chevalier dragon. Golbez kidnappe la jeune femme, tout en laissant la vie sauve au groupe, avant de se retirer. Après s’être finalement emparé du cristal, Kaïn le suit, non sans une dernière parole méprisante adressée au chevalier noir.
Après leur départ, Rydia soigne ses amis grâce à sa magie blanche, mais leurs blessures sont plus morales que physiques : en effet, Golbez a pris possession du cristal, enlevé Rosa, et Kaïn travaille désormais à ses côtés. À l’auberge, les compagnons élaborent une stratégie, Yang étant déterminé à récupérer le cristal, mais aussi à aider Cécil et Rosa pour les remercier de leur soutien. Pour réussir leur mission de sauvetage, ils auraient besoin d’un aéronef, mais la seule personne qui sache tout de ces machines, Cid, est toujours à Baron. Cécil, qui connaît mieux que personne les forces et les faiblesses du royaume, entrevoit une autre possibilité : si la flotte aérienne de Baron est le point fort de son armée, sa marine de guerre est restée très peu développée. Un voyage en bateau serait donc beaucoup plus sûr pour mener à bien leur mission. Yang se charge d’obtenir un navire et se voit octroyer par son roi la permission de suivre le groupe, tandis que Cécil ne peut s’empêcher de s’interroger sur les motivations de Kaïn.
Après avoir retrouvé son épouse au port et lui avoir fait ses adieux, Yang embarque avec ses nouveaux compagnons à bord du vaisseau mis à leur disposition. La première partie du trajet se passe sans encombre, mais voilà que des flots surgit Léviathan, un éon gigantesque. Une tempête se lève, et Rydia est projetée par-dessus bord. Yang, sans aucune hésitation, plonge à son secours alors que le navire échappe à tout contrôle. La dernière chose que voit Cécil avant de perdre connaissance, c’est la gueule béante du serpent de mer qui se dirige vers lui...
Cécil se réveille seul sur une plage : aucun autre être humain en vue. De nouveau livré à lui-même, le chevalier noir est de plus en plus miné par les doutes. La question de savoir si ses compagnons ont survécu le tourmente cruellement. Progressant vers l’est, il arrive dans une ville qu’il ne reconnaît que trop bien : il s’agit de Mysidia, où sur les ordres du roi de Baron il avait dérobé le cristal de l’eau, là où il a commencé à douter de son seigneur, mais aussi de lui-même. Sans surprise, Cécil est pris à partie par les habitants, qui n’ont jamais oublié ses méfaits ni celui qui les a commis.
Dans la maison des Prières, Cécil tente d’expliquer sa venue ainsi que ses actions au chef de Mysidia, mais l’Ancien ne se contentera pas de simples paroles : obtenir son pardon, pour l’homme responsable de tant de morts et de malheurs, ne saurait être aussi facile. Cependant, il décèle une lueur dans le regard du chevalier noir, un espoir qui cependant restera lettre morte tant que Cécil continuera de puiser sa force dans des arts aussi obscurs que l’ennemi auquel il fait face. Il recommande au chevalier de se rendre au mont du Supplice, à l’est, pour se purifier et y affronter le destin qui l’attend. Désespéré par sa situation, impatient de voler à l’aide de Rosa et de ses amis, Cécil se montre d’abord très réticent, mais l’Ancien lui fait comprendre que la peur de perdre celle qui lui est chère ne doit pas le conduire à la précipitation ; il le rassure en lui disant qu’il n’est pas obligé de rester un chevalier noir.
L’épreuve qu’il lui propose peut faire de lui un paladin, un guerrier de la lumière dont la vocation est de protéger les faibles. Pour l’assister, il lui offre le service de deux enfants, jumeaux prodiges dans l’art de la magie : Palom, jeune mage noir, et sa sœur Porom, magicienne blanche. Ces deux novices sont chargés d’aider Cécil, même si Palom commence par afficher le mépris qu’il voue à l’ancien officier de Baron pour le mal qu’il a commis à Mysidia. Le groupe nouvellement constitué entame alors un long voyage vers l’est, jusqu’au mont du Supplice. Arrivé à destination, Cécil se rend compte de l’importance de ses compagnons quand Palom parvient à dissiper un mur de feu qui bloquait le passage.
Pendant ce temps, Golbez, qui n’a cessé d’espionner Cécil, charge un de ses sbires, Scarmiglione, d’éliminer le chevalier noir avant qu’il ne devienne paladin, ce qui n’est pas sans contrarier Kaïn, qui aurait voulu affronter Cécil en duel, mais Golbez l’assigne à la garde de Rosa, ce qui apaise quelque peu le chevalier dragon.
Lors de leur ascension du sentier du mont du Supplice, Cécil, Palom et Porom rencontrent Tellah, à la recherche du sort Météore, qui, d’après le magicien, se trouverait à proximité. Cette incantation interdite pourrait être le moyen de vaincre Golbez, même si, à son âge, ce sortilège risque fort d’épuiser son énergie vitale et de coûter la vie au vieux sage. Palom et Porom, qui connaissent la réputation de Tellah, lui rendent hommage, chacun à sa manière. Cécil l’informe de la disparition de Rydia et Edward, vraisemblablement morts, puis lui confie qu’il mène une quête personnelle pour devenir paladin. Tellah décide de le rejoindre de nouveau, pour assister à sa rédemption, mais aussi dans le but de résoudre le mystère du mont.
Après avoir livré bataille contre Scarmiglione, seigneur élémentaire de la terre3, les quatre compagnons atteignent le sommet de l’endroit, où ils découvrent une stèle étrange qui les téléporte dans une salle remplie de miroirs. Une voix se met à résonner dans leur tête, qui appelle Cécil « mon fils » et l’invite à se saisir de l’épée de lumière qui lévite devant lui. Ce faisant, le jeune homme dit adieu à son passé sanglant pour devenir quelqu’un d’autre et laisser derrière lui ces ténèbres dont il croyait ne jamais pouvoir s’affranchir. Le chevalier noir fait alors place à un paladin resplendissant de lumière.
L’épreuve qui permettra à Cécil d’expier totalement ses péchés n’est toutefois pas terminée : lui reste à affronter le chevalier noir qu’il n’est plus et qui s’est matérialisé devant lui. Le duel permet à Cécil de faire la preuve de sa vertu, sa part sombre disparaît alors que la lumière inonde le nouveau paladin et qu’elle octroie à Tellah le sort Météore qu’il convoitait tant... Cécil ne se doute alors aucunement que cette lumière provient de l’âme de Kluya, son propre père, inhumé à cet endroit : ce dernier attendait la venue de son fils afin de lui transmettre son pouvoir de magie blanche et lui redonner espoir, en ces temps difficiles.
Le groupe retourne à Mysidia, où l’Ancien raconte au chevalier blanc une légende mysidienne évoquant un être dont émanerait une lumière sacrée qui permettrait d’accéder à la Lune. Il envisage que Cécil soit cet individu, bien que le nouveau paladin reste circonspect. Après s’être également entretenu avec Tellah, une de ses vieilles connaissances, l’Ancien ouvre une porte menant à ce que les Mysidiens appellent « le chemin maudit », un raccourci menant à Baron ayant été fermé quand les relations entre les deux nations se sont tendues. Le vieil homme libère alors les jumeaux de leur mission, mais les enfants décident de rester aux côtés de Cécil pour l’aider le plus longtemps possible, car ils se sentent désormais solidaires de sa quête.
Arrivés au royaume de Baron, Cécil et ses amis trouvent le château fermé à tout visiteur. Une surprise attend Cécil à l’auberge, où il découvre Yang attablé avec deux soldats de Baron. Non seulement le moine ne reconnaît pas l’ancien chevalier noir, mais il se joint aux soldats pour l’attaquer. Le combat permet à Cécil de remettre en place les idées de Yang et de dissiper son amnésie. Ce dernier peut alors leur raconter le destin funeste de Rydia, avalée par Léviathan ; il n’a par contre aucune idée de ce qui a pu arriver à Edward.
Dans une chambre de l’auberge, le moine est présenté aux autres membres du groupe. Grâce au passe que Yang s’est vu confier après que, manipulé, il a rejoint l’armée de Baron, Cécil et ses camarades parviennent à s’introduire dans le château dans le but de délivrer Cid, qui s’y trouve détenu. Ils vont bientôt tomber sur Baigan, qui déclare être de leur côté : cependant, Palom et Porom ressentent la présence d’un monstre tout près d’eux. Ils démasquent rapidement le capitaine de la garde royale, qui a en réalité choisi de rallier Golbez afin de gagner en puissance. Alors que s’engage le combat, Baigan prend une forme reptilienne pour défaire ses adversaires, mais c’est lui qui finit terrassé, grâce aux efforts combinés des cinq compagnons.
Lorsqu’enfin il fait face de nouveau à son souverain, Cécil comprend qu’il a été dupé : le roi a été tué, puis remplacé par un des seigneurs élémentaires au service de Golbez, Cagnazzo de l’eau, contre lequel le groupe va devoir livrer bataille. Comme Scarmiglione, le monstre oppose une résistance farouche, mais il est finalement vaincu. C’est alors que Cid surgit : évadé de la prison où il était retenu, il vient offrir son assistance au groupe. Avant même d’avoir fait connaissance avec les camarades de Cécil, il se met à rabrouer ce dernier quand il apprend que Rosa a été enlevée. L’ingénieur en chef de Baron accepte de mener le groupe jusqu’à son nouvel aéronef, mais, dans l’antichambre du trône, l’ignoble Cagnazzo, par-delà la mort, met en œuvre son ultime vengeance : après avoir condamné toutes les issues de la salle, il enclenche un mécanisme qui fait se rapprocher les murs de la pièce pour écraser le groupe pris au piège. Palom et Porom décident alors de se sacrifier pour sauver Cécil et leurs amis en se jetant de manière synchronisée le sort Pierre sur eux-mêmes pour stopper le plan de Cagnazzo. Leur idée fonctionne : en se transformant en statues de pierre s’arc-boutant contre les murs, ils ont réussi à les immobiliser. Tellah essaie de les guérir avec sa magie blanche, sans succès : les deux enfants ont choisi de donner leur vie pour sauver celle de leurs compagnons. Chez ces derniers, le désir de revanche est à son maximum, au moment d’embarquer dans l’Entreprise, le vaisseau volant de Cid, caché au plus profond du château.
Pendant ce temps, Kaïn propose à Golbez de rançonner Cécil : le cristal de la terre, qui leur est inaccessible, contre la vie de Rosa. Golbez laisse son sbire agir à sa guise, alors Kaïn met immédiatement son plan à exécution. Le chevalier dragon accoste l’Entreprise, qui vient de décoller, avec un des vaisseaux des Ailes rouges pour faire part au paladin, sans tergiverser, de sa proposition. Cela fait, il repart aussitôt. Soulagé de savoir Rosa toujours vivante, Cécil demande à Cid de mettre les voiles vers Troïa, au nord-ouest, sans savoir encore avec certitude ce qu’il va y faire.
À Troïa, les héros apprennent que le cristal a été volé par un elfe noir, qui s’est réfugié dans une grotte inaccessible à ceux qui possèdent des équipements en métal4. À l’infirmerie du château, une bonne nouvelle attend cependant Cécil : Edward est vivant, bien que très affaibli. Le prince de Damcyan offre à son ami paladin une herbe murmurante pour l’aider face à l’elfe noir, puis le groupe, après avoir capturé un chocobo noir doté de la capacité de voler, arrive à destination. Sans armes ni armure de métal, la progression à l’intérieur de la caverne s’avère difficile, mais le groupe finit par arriver jusqu’à l’elfe. Le champ de force magnétique de ce dernier ainsi que sa maîtrise de la magie lui permettent de dominer sans peine Cécil et ses amis, mais Edward vient mettre son grain de sel grâce à l’herbe murmurante, qui reproduit tous les sons émis par le prince : sa lyre mélodieuse se met à retentir dans la grotte, qui va sonner le glas de l’elfe noir. La musique envoûtante du barde désoriente la créature, qui ne peut maintenir son champ magnétique, et le paladin peut alors occire son adversaire.
Cécil rapporte le cristal à Troïa, où les prêtresses acceptent qu’il l’emprunte pour libérer son amie : c’est à ce moment que la voix de Kaïn résonne dans son esprit pour le sommer de le rejoindre. Après s’être réapprovisionnés au château, Cécil et ses camarades rencontrent le chevalier dragon dans les airs, qui les conduit à la tour de Zott, où Rosa est détenue prisonnière.
Une fois arrivés, Cécil et ses amis constatent qu’ils ont été dupés : Kaïn a disparu, et Golbez les attend au sommet de la tour. Pendant leur ascension, ils devront affronter les sœurs Magus, au service du seigneur élémentaire du vent. Ces dernières ne peuvent venir à bout de la détermination de Cécil, qui poursuit son chemin vers le sommet de la tour. Le groupe y retrouve Golbez, qui réclame le cristal en échange de la vie de Rosa, mais refuse de tenir ses engagements une fois qu’il a obtenu ce qu’il voulait. Tellah, écumant de rage, se jette alors sur Golbez, qu’il commence par harceler de sorts très puissants, avant de se décider à utiliser Météore, malgré les avertissements de ses camarades.
Hélas, la magie interdite n’a pas les effets escomptés : certes, Golbez est blessé par la puissance du sortilège, mais il n’a pas été tué. En contrepartie, Kaïn s’effondre, libéré de son emprise. Tellah est en effet parvenu sans le savoir à annuler le contrôle mental exercé sur le chevalier dragon. Golbez s’empare du cristal de la terre et se retire rapidement alors que Tellah est en train de mourir. Dans ses derniers instants, il demande à ses trois compagnons de venger Anna, puis il meurt d’épuisement.
Le paladin remet Kaïn sur pied. Son ancien frère d’armes semble avoir recouvré ses esprits : il conduit le groupe jusqu’à Rosa, qui, une fois délivrée, enlace tendrement Cécil. Il a fallu à ce dernier que la jeune femme soit en danger pour qu’il prenne conscience de tout l’amour qu’il lui vouait. Kaïn, de son côté, semble mal à l’aise au spectacle de la réunion des deux amoureux. Il leur explique que son comportement n’était pas entièrement dicté par Golbez, et qu’il voulait garder Rosa près de lui. Il presse ensuite ses amis de s’enfuir rapidement. Mais Barbariccia, seigneur élémentaire du vent, se dresse sur leur chemin. La présence du chevalier dragon permet au groupe de triompher. Dans une dernière tentative de revanche, elle tente de faire s’effondrer la tour pour y piéger nos héros. Rosa met son plan en échec grâce à sa magie de téléportation, qui la ramène avec ses amis au château de Baron. Sans perdre un instant, Kaïn les informe des plans de Golbez : il leur révèle l’existence des quatre autres cristaux, les cristaux des ténèbres, situés dans les profondeurs de la terre. Associés aux quatre cristaux élémentaires de la lumière, ils permettraient de créer un chemin vers la Lune. Le chevalier dragon possède une roche magmatique qui, appliquée au bon endroit, permettra d’accéder au chemin vers les profondeurs ; cependant, il ignore où se trouve l’endroit en question.
Grâce à l’Entreprise, le groupe parcourt le monde et finit par trouver ce qu’il cherchait dans le petit village d’Agart. Le rocher magmatique s’est mis à luire près d’un puits, où il provoque, une fois qu’on l’y a jeté, l’affaissement d’un massif montagneux à proximité. L’aéronef s’engouffre dans le trou béant ainsi créé, et le groupe découvre alors un monde souterrain rempli de lave et de cratères, mais aussi des figures familières. Les Ailes rouges, en effet, sont déjà là et se battent contre une armée de chars d’assaut, sans qu’aucun des camps semble prendre l’avantage. Le vaisseau de Cid se trouve pris hélas entre les feux des deux lignes ennemies, et l’Entreprise finit par s’écraser, sans faire de victime, aux abords d’un palais. Cécil et ses amis y font la connaissance des nains et de leur roi Giotto, souverain du monde souterrain, qui constate que ses visiteurs sont comme lui des ennemis de Golbez. Il leur apprend que le chevalier de jais s’est déjà emparé de deux cristaux des ténèbres. Ses chars ont jusqu’à présent repoussé les attaques de Golbez, et le cristal à l’intérieur de son château se trouve selon lui en lieu sûr. Giotto requiert l’assistance de l’Entreprise pour faire face à la flotte aérienne de Golbez ; n’ignorant pas toutefois que ses troupes ont contribué à endommager l’appareil, il propose de tout mettre en œuvre pour contribuer à sa réparation. Cid quitte provisoirement le groupe pour aller réparer son aéronef tandis que Cécil discute avec le roi.
Golbez ne va pas tarder à passer à l’action, en commençant par enchanter les poupées de la princesse Luca pour qu’elles attaquent le groupe. Il apparaît ensuite pour finir le travail lui-même. Certain de sa victoire, il n’hésite pas à révéler ses intentions à ses adversaires : une fois qu’il se sera emparé du cristal du château, il ne lui restera plus qu’à mettre la main sur le dernier des huit cristaux pour enfin activer la tour de Babil, qui lui permettra de se rendre sur la Lune, où réside un pouvoir transcendant l’esprit humain. Malgré tous leurs efforts, Cécil, Rosa, Yang et Kaïn ne parviennent pas à le battre, faute de maîtriser comme Tellah le sort Météore. Pire encore, Golbez invoque un dragon sombre pour mettre à terre les héros, un à un.
Le sbire du chevalier de jais, qui a gardé Cécil pour la fin, s’apprête maintenant à lui régler son compte. C’est alors que surgit un dragon des brumes, qui sauve le paladin grâce à son souffle étincelant, élimine son homologue sombre et blesse Golbez. Un miracle qui en cache un autre : celle qui a invoqué ce dragon n’est autre que Rydia ! Désormais âgée de dix-sept ans, elle n’a pas été tuée par Léviathan, mais conduite dans le pays des éons, où le temps s’écoule bien plus lentement. Rydia a pu y apprendre l’invocation de nombreuses créatures ainsi qu’à y accroître sa maîtrise de la magie noire, sacrifiant toutefois au passage ses pouvoirs de guérison. Son intervention va permettre au groupe de défaire Golbez. Malheureusement, les héros baissent leur garde après leur victoire, et leur ennemi réussit à s’enfuir en emportant le cristal.
Le groupe fait le point avec le roi Giotto, qui assure que le dernier cristal se trouve bien protégé dans une caverne scellée. Puisqu’il paraît évident que Golbez va y jeter toutes ses forces au détriment de la défense de son quartier général, l’assemblée imagine un plan audacieux : se rendre à la tour de Babil pour y reprendre les cristaux que Golbez y a rassemblés, pendant que les chars de Giotto créeront une diversion en attaquant l’édifice. Le plan fonctionne. Le groupe gravit un à un les étages de la tour, infestés de monstres. Ils parviennent jusqu’au docteur Lugae, le sbire du seigneur du feu Rubicante. Le savant fou se fait fort d’éliminer Cécil et ses amis avec son horrible création, le géant Barnabas, mais la créature semble trop stupide pour suivre ses ordres, et cette première tentative du docteur échoue. Il va s’avérer bien plus dangereux une fois transformé en monstre robotique. Les héros n’en parviendront pas moins à le détruire et à subtiliser sa clef. Les cristaux restent toutefois introuvables... La porte qu’ouvre la clef du savant est celle de la salle des canons, dont les installations ont été sabotées pour piéger le groupe à l’intérieur. Yang décide alors de se sacrifier pour stopper les tirs de canon sur les chars d’assaut des nains, juguler l’explosion et permettre au groupe de s’enfuir. Cécil et ses amis fuient alors la tour, mais ils doivent faire face à une nouvelle chausse-trape de Golbez, qui fait s’effondrer le pont que vient d’emprunter le groupe. Heureusement, l’Entreprise réparée et pilotée par Cid récupère Cécil et ses camarades avant qu’ils ne s’écrasent au sol. Ils n’auront toutefois pas un instant de répit : les Ailes rouges se lancent à la poursuite de l’aéronef, qui ne parvient pas à les semer. C’est au tour de Cid de se sacrifier : à peine l’Entreprise a-t-elle regagné la surface qu’il se laisse tomber dans le gouffre donnant sur le monde souterrain, lesté d’une bombe pour sceller l’entrée et bloquer leurs poursuivants. Endeuillé, Cécil dirige l’Entreprise jusqu’à Baron pour respecter les dernières volontés de l’ingénieur en informant ses assistants : ces derniers modifient le vaisseau selon les dernières instructions de leur patron pour lui permettre de transporter l’aéroglisseur d’Edward.
Ainsi équipé, le groupe peut se rendre dans la nation ninja d’Éblana, encore récemment aux prises avec Rubicante et les forces de Golbez. Le royaume est déserté, la majorité de la population s’étant réfugiée dans les cavernes à l’ouest lors de l’attaque de Rubicante. Ces grottes recèlent un passage jusqu’à la tour de Babil, où s’est engouffré le prince Edge à la recherche de ses parents, le roi et la reine d’Éblana, capturés par le seigneur élémentaire du feu. Empruntant ces cavernes, Cécil et ses amis finissent par trouver Edge aux prises avec Rubicante, qui le domine complètement et quitte les lieux après l’avoir laissé en vie dans le seul but de le narguer. L’arrogance du jeune prince est mise à mal par sa défaite, et le groupe a beau essayer de l’aborder avec diplomatie, il désire à tout prix triompher du seigneur du feu sans l’aide de personne. C’est Rydia, au bord des larmes après tous les sacrifices auxquels elle a assisté, qui le ramène à la raison. Edge décide de rejoindre le groupe afin de poursuivre Rubicante. Ses aptitudes de ninja permettent à Cécil et ses compagnons de retourner à l’intérieur de la tour de Babil. Edge y retrouve ses parents transformés en monstres : le prince et ses nouveaux compagnons n’ont d’autre choix que d’affronter le couple royal. Juste avant de mourir, le roi et la reine recouvrent leurs esprits, le temps de faire leurs adieux au prince, après lui avoir demandé pardon. Consumé par la rage provoquée par la perte de ses parents, Edge n’a pas à attendre longtemps pour se venger : Rubicante apparaît peu après la mort du roi et de la reine. Niant toutefois toute implication dans leur transformation, il en rejette la faute sur le docteur Lugae, qui se serait livré à des expériences infamantes sur le couple royal sans le consulter. Lui-même n’a épargné Edge que pour le plaisir de l’affronter de nouveau : il soigne même le groupe avant leur combat. La rage du prince déchaîne ses pouvoirs latents, qui lui permettent, avec l’aide de Cécil et ses compagnons, de triompher d’un Rubicante profondément respectueux de ses adversaires, au point d’espérer pouvoir un jour les combattre de nouveau, avant de disparaître.
Edge a donc réussi à venger ses parents, comme le constate avec joie le sénéchal d’Éblana à son arrivée, peu après la destruction du seigneur du feu. Une fois informé par Cécil des enjeux de la guerre en cours, le prince décide de prêter main-forte au groupe pour arrêter Golbez avant qu’il ne soit trop tard.
À peine les compagnons ont-ils découvert la salle des cristaux qu’une trappe les renvoie quelques étages plus bas. Faute de récupérer les cristaux, au moins vont-ils réussir à s’enfuir en subtilisant à l’ennemi le tout dernier modèle de ses aéronefs, qu’Edge baptisera le Faucon. De retour au palais des nains, ils apprennent par Giotto que Golbez essaie toujours d’entrer dans la grotte scellée abritant le dernier cristal et qu’il ne leur reste pas beaucoup de temps avant qu’il y parvienne. Il leur révèle alors que la clef de la grotte n’est autre que le collier de la princesse Luca, qu’il confie à Cécil pour aller chercher le dernier cristal avant que l’ennemi s’en empare.
Avant leur départ, une formidable surprise les attend : Cid a survécu à l’explosion de la bombe ! Il se repose à l’infirmerie. Malgré ses blessures, l’ingénieur s’occupe d’optimiser le Faucon pour qu’il puisse tout comme l’Entreprise survoler la lave.
Leur voyage va donner l’occasion à Rydia de conduire ses amis dans le monde des éons pour demander l’assistance du roi et de la reine de ces créatures magiques, Léviathan et Asura. Après avoir été défaites par le groupe, ces deux puissantes entités accepteront de répondre aux appels de Rydia à l’avenir5.
Arrivés à destination, les héros accèdent à la grotte grâce au collier de Luca. Après s’être enfin emparés du cristal, ils doivent faire face à son système de protection, qui prend la forme d’un mur démoniaque menaçant de les écraser. Après en avoir triomphé de justesse, ils parviennent à retourner à l’entrée. C’est alors que retentit la voix de Golbez, qui a choisi ce moment pour reprendre le contrôle de Kaïn, qui n’avait en réalité jamais été totalement libéré de son emprise. Le chevalier dragon se jette sur Cécil pour lui voler le cristal et s’enfuit rejoindre son maître. Le moral du paladin est au plus bas, car Golbez dispose désormais des huit cristaux dont il a besoin, et Kaïn est possédé à nouveau. Amputé du chevalier dragon, le groupe retourne donc tristement au palais des nains, où Giotto est informé des événements. Le roi évoque devant Cécil une légende qui présente de nombreuses similitudes avec celle de Mysidia, évoquant une baleine lunaire qui permettrait à l’élu de la lumière d’atteindre la Lune. Il presse les héros de regagner la surface, ce que permet désormais le Faucon, grâce à la foreuse entre-temps installée par Cid. Ils retournent à Baron, où Cécil affronte le fantôme de son ancien roi, qui a pris la forme d’un éon appelé Odin. Ce dernier, comme Léviathan et Asura, acceptera d’aider le groupe après en avoir reconnu la valeur. À Mysidia, les héros retrouvent l’Ancien, qui leur rappelle la légende : « Née de la gueule de la chimère, portée vers la lumière et les ténèbres, vers les étoiles elle s’élèvera, et les serments oniriques renoueront. La Lune luira d’un éternel éclat qu’aucune éclipse ne saurait voiler. »
Alors que Cécil et ses amis accèdent au sommet de la tour où prient les mages de Mysidia, ils voient se former un tourbillon dans l’océan, d’où bientôt émerge un gigantesque vaisseau spatial : seul vaisseau capable d’emmener les héros sur la Lune, la Baleine lunaire se dresse devant leurs yeux. À bord, au centre de la salle de pilotage se trouve un cristal qui va leur permettre de se rendre sur la Lune rouge, où ils découvriront un cristal géant. Après avoir exploré plusieurs grottes, ils finissent par pénétrer dans un palais où depuis longtemps les attendait Fusoya, qui leur explique alors une grande partie des événements qui échappaient encore à leur compréhension : l’origine des Sélénites, leur décision de se retirer sur une lune artificielle et sa mission de gardien.
