La litanie des ombres - Julien Urvoy - E-Book

La litanie des ombres E-Book

Julien Urvoy

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Beschreibung

Le propre du poète est de connaître les âmes, de toutes choses et de chaque flamme, alors ne soyez pas surpris, si dans quelques-uns de vos songes, vous retrouvez ma litanie. Elle est comme une source que l'art abreuve, pour transformer les ombres en la plus belle chose qui soit, en cette lumière discrète et maladive, qui pousse comme les fleurs et fait de la beauté, la chose des poètes. N'y oublions pas les tourments, ils règnent avant tout en maiîre, mais les ténèbres s'inclineront toujours face à la poésie, la seule capable vraiment de les dompter. Savourez, chers lecteurs, savourez chers amis, les mots, les rimes, et les pensées du moins humble des poètes.

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Veröffentlichungsjahr: 2016

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À André et Denise Robert,

Le grand-père que j'eusse aimé connaître,

Et ma grand-mère trop méconnue…

Table des matières

Sarabande

La litanie des ombres

Auto célébration

Le juste prix

Mon style

Quelques explications

Bilan de rencontre

Dans ce recueil

De l’art du beau

Après l’art du voyage procrastinatique

La course au poète

Écrire

Le club des poètes

De la création

L’affection de l’art

Pourquoi j’écris

Le fond de l’art

Comment écrire

Mon talent

Le conteur

La litanie

Ma litanie

Mort l’écrivain

Grimper moins vite peut-être, mais tout seul

Ce que je ne devrais pas écrire et les certitudes que je ne devrais pas avoir

Doutes et Certitudes

La recette

Ma vérité

Trouver le repos

Aux bas-esprits

En dirais-je jamais assez?

Ce que je suis

Si j’avais

Vanité des vanités, et tout est vanité

L'inconscience de la pensée

Déclamation à l’avenir posthume

Balade matinale

Disparu

La redondance de nos tourments

La famille du diable

Trahi

Dans le silence et dans les cris

À l’aube des destins

Rompre

Dispute du soir

Dans cette sombre, sombre nuit

Au premier cinéma

Nuit de tourmente

Reste encore

Laisse-moi

Le clown

Nuit de terreur

Violences d’une nuit comme une autre

Enfance

De trop souffrir

Agonie du temps

Les chansons de mon enfance

À mamie

Votre mariage

Le nostalgique regret

André Robert

Maman

À tout faire

Souvenir de prime enfance

Noël

Petite enfance

À voyager dans la lumière

Ma rue

Ces gens-là

Vers la liberté…

Chez lui

Voguant en tourment

La marque de Satan

Les tergiversations

Dessous la haine

Pardon

Ta tombe

Désolé

Indigné

Sans remord

Déprime

Vie inondée

Mélancolie du bord de l’eau

La rancœur et les mots

Cette fameuse nuit

Saccage

Enfermé

Tunnel

Schizophrénie

D'une souffrance exquise

Mélancolie du soir

Moi comme lui

L’attente de la nuit

Marasme

L’autodestruction

La salle du repos

L’illusion véritable

Cesser le combat

Le soir

Froussard

Un tour dans la mémoire

Le choix

Penser à partir

Si je pouvais pour vous

Des années perdues…

P.

Le poids des autres

Repentance

Insurmontable

Fuite

Une histoire de tombé

Blindage à pleurer

Désinvolte

L’aube d’un jour nouveau

Jeune fille

Pour gagner son amour

Autre prose

Adieu tristesse

Gourmandises poétine I

Souvenir d’aujourd’hui

Mon âme

Des souvenirs du sourire?

Toujours là

Dans l’éternité

Te revoir

Mon cœur s’est réveillé,

Elle

Elle, encore

Elle, toujours

Ta vie

Un soir à la lune

Ah ce temps!

Les promesses

L’innocence

Ma muse

Elle est cachée

Te décrire

À toi si tu lis ces lignes

Occasion manquée

Occasion manquée II

Occasion manquée III

À toutes les autres occasions

L’intérêt

À la maison

Le voyage intérieur

CHAT CREUX OSE AMOUR I

De quelques souvenirs que ce soient

Les regrets

Derrière la porte bleue

La clairière

Ce sourire

Le banc

Souvenir du bord de l’eau

Le chien fou

Notre déclaration

Quelque chose à garder

Un peu plus

Sommeil féerique

Rêve de nuit

Sans elle

Rêve du soir

Nostalgique

Dans mon âme

Seras-tu là?

À hier nous deux

L’impression

À bientôt nous deux

Bonne nuit

Deuil

Au futur

Gourmandises poétine II

Pour toi

Où es-tu?

Le secret

Acrostiche de l’amitié

Imposture

Ma fidélité

Au fond on ne sait pas…

Trop impossible

Fausse amie

Mon amie qui s’en va

Fidélité et trahison

Erreur de parcours

La fin de notre amitié

Les leçons de la vie

Ce que valent les promesses

Seulitaire

Cœurs fragiles

Bien plus bas que tu ne penses

Ton retour

Partage donc ta vie

La tentation de la souffrance

Choisir la fin

Gourmandises poétine III

Cortège

Cirrhose

Ballade de la vie

Abandon

Horizon

Il suffit d’un appel

Ne le refais pas, je t’en prie

Des fleurs par milliers

Ode à la femme heureuse

Un cadeau pour toi

Le réconfort

Dans l’autre jardin

À faire une déclaration

La cour cabotine

Le prix de mon amour

L’ombre du baiser

En une nuit il y a longtemps

Nos yeux

Brouillard de noce

Une chanson

Le test de la larme

Ce qu’il nous reste

Plume d’été

Délire mégalomane

Dans les ténèbres

Le portrait de Dorian Gray

Pour douze mois

Le mort sans repos

En approchant de la fin

Le temps passé

Je t’ai vue ce matin

Sur la mer

En hiver

Gourmandises poétine IV

La nuit

Aux ténèbres

La grâce des anges

Le mois de mai

Les romances de mai

Ballade sommeillante

L’oiseau d’or

Ohé Ohé

Fable de la grâce

La sirène de papier

L’arbre de vie

Songe d'automne

Dans les brumes

Éclair d’une soirée

Le bal

La supplication de la subjugation

Ton évidence

Anges de la route

Nuit à venir

Rituel de l’amour

Laisse-moi

Sur la rose

Émanation

Amant

Suave chambre

Sur les lignes de ta peau

Caresse d’un soir d’été

Le temps d’une danse

L’évidence

L’attente de luxure

Première fois

Mon amour

Contestation

Ballade langoureuse

Le chemin du mariage

L’envie de miel

Noce

Au sortir de l'église

Renaissance éternelle

Ma femme

Sur la couche éternelle

Sentence d’éternel

Ballade de l’espoir

Coup de foudre et inanité

Après le soir

Une vie ensemble

Palimpseste

De quelques fleurs

Poésie romantique

Dans la cour du palais

Madame la marquise

Retrouvailles aimées

Rémission

Concert classique

Fille Tsigane

Incandescence

La poétesse

Clotilde

La semeuse

L’histoire d’une nuit

Ivresse

Au soir des rêves

L’étincelante évidence

Complicité

Sur un air de Jazz

Vers toi

Danse des mots et des désirs

L’un et l’autre

La sculpture

L’air de rien

Serment d’apocalypse

La fièvre

Instant de grâce

Oiseaux du paradis

Sur un marché quelques instants

Toi?

Sur l’eau

Le réconfort de la moitié

Par une journée grise

Sur la colline, un jour

Une après-midi délicieuse

Danseuse

Éruption volatile

Renaître

Une vie

Tombée du ciel jusqu’à mon lit

Toi

Si tu m’aimes

Nos cœurs épris

Réconfort

Tout peut aller

Ô quand vient le soir

Ode à l’avenir

Amour ensoleillé

Liberté

L’écriture

Le génie

Se vouloir être

À madame Mouësan

Sur ma bibliothèque

Des fleurs

Astre

Dans l’esprit de travers

Près de l’eau

Les répudiés

Aux origines

Derrière les masques

Recherche mystique

Les remords éteints

Amour préhistorique

Kidnapper

Droit de la bête

La catin du diable

Dame de petite vertu

Payer

Venus

Promenade légère

Ruelle misérable

L’ogre

Colère vengeresse

La bête désolée

Le répudié

Honni

L’heure de la cruauté

Orphelins

Le paria

Le rejeté

Le loup et le berger

Homme de peu de foi

Le pauvre abbé

Le troubadour révolté

Le monstre de la colline

Comptine de la différence

Le mauvais farceur

En guerre des nerfs

L’apprentissage du voleur

Deuil royal

Folie

Le barbier fou

Le prisonnier volontaire

Innocente à la foule

À la rancune

Maudit

Le prisonnier

Travaux forcés

La lutte du diable

Isolement

Derniers instants d'un mécréant

Pensées d’un condamné à mort

Le résigné

Presque damné

L'éternelle déroute

Le coutelas

L’Ermite du bois maudit

La légende de la belle

Le mage langoureux

Noir

Le rusé

Le premier soldat

Le chemin des dames

Le soldat

La marche en avant

Annihilation douloureuse

Au champ d’honneur

Après-guerre

Le souvenir de Martin

J’en garde les cicatrices,

Les serpents du désespoir

Lui

Pas meilleur

Pauvre monde

Les tempêtes

De la hauteur face à l’immonde

Le monde

Annihilation

Ma foi?

La foi

Perdus dans l'espace

Ville terrifiante

Parents

Mon petit garçon

Trop tôt

Crise de cœur

Perte

De mon humeur

En deuil

De l’autre côté

Le renard et le corbeau

L’histoire d’un pauvre torchon

Du rêve fantastique

Le dragon rouge

Chimère horrifique

Piraterie sentimentale

Au bout du monde

Toutes voiles dehors

La pieuvre géante

Le départ sur le quai

Le tourmenté de la mer

Au bout de la terre

Trois oiseaux

L’histoire du bateau tragique

Sirène des eaux basses

Sur la falaise

La femme veuve

Veuf

Moi, Thisbé

Dernier sauvetage

Le droit

La douleur… tout quitter.

Hurlement de folie

Sang noir

La nuit

Morphine

Cœurs tristes

Revenu d’ailleurs

Le questionnement du cœur

Lesbienne

D’image et de pensée

Le suppliant

Invincible pour toi

Près du divorce

Ma femme…

Pour un infidèle

Trahison de la couche

Crime du désespoir

Les errances de Juliette

Maux de cœur

La colère

Infidèle

Traître lubrique

Son déclin

Amour d’antan

Séparation

Les adieux

Le regret d'un temps jadis perdu

Point de pardon

Fini

En observant la gare

L'éternelle désirable

L’argent du bonheur

Dans la cohue des grands jours

On s’aime, on se sépare

Histoire impossible

Vers la ruine

Solitude du soir

Parti

Amour trop tôt

Ce temps

Le cœur en déroute

Le mal aimé

Le poète sans talent

Trahison amicale

Misère d’aimer

Vieille rancune

Nostalgie de jeunesse

La fonte de l’âme noire

Ainsi soit-il

Le retour

La fin des tourments

Remerciements

Sarabande

La litanie des ombres

Voici la litanie des ombres, Écoutez-la!

Elle berce les sangs impurs, le fils

Le sale esprit ; plus rude qu’un coutelas ;

Elle oppressait, voici qu’elle trisse!

Sur quelques pages trop neuves ou bien indélicates,

Sur quelques phrases fleuves, déversées à la hâte,

La litanie des ombres, de quelques danses

Ivrognes, saoulées à l’art et amatives,

Dévouées intentionnelles à la toute-puissance!

Est à la vanité, elle aussi créative.

Sur quelques pages trop neuves ou bien indélicates,

Sur quelques phrases fleuves, déversées à la hâte,

La litanie des ombres s’insurge et se défend,

Revenue d’une première, elle revient,

C’est, la rage ogresse de mes tourments,

Les poétiques, les plus anciens.

Sur quelques pages trop neuves ou bien indélicates,

Sur quelques phrases fleuves, déversées à la hâte,

La litanie des ombres se répand et se lit,

Saigne comme l’encre d’un condamné à mort,

Depuis les temps anciens, de l’existence, la lie ;

Voici donc mes doutes, mes peines et mes remords.

Auto célébration

Trois cents poèmes en deux semaines.

C'est un record personnel,

De litanies et d'ombres et d'haines,

Une marche de plus vers l'Éternel,

Une goutte de plus dans l'océan,

L'immensité profonde et bleue

De la création et de mon talent,

Où brûle le plus avide feu.

Tout sera au roman bientôt,

Passées de nouvelles destinées,

Mais d'abord un peu de repos,

Je crois l'avoir bien mérité.

Le juste prix

Vous trouvez mes livres chers

Mais le talent a un prix :

Celui de l'injustice, de la misère,

Qui me gardent en leur abri.

C'est le monde qui en décide

Dans de vastes imprimeries,

Qui connaissent tant de vide,

Livres des tops celebrity.

Ne parlez plus littérature!

Si vous vous contentez de lire

Ces ignobles brûlots, ces ordures,

Vengeance et aigreur sans lyre!

Venez donc dans un autre versant,

Découvrir dans le silence libre,

Quantité monstre de talents,

Que je défends, pour qui je vibre.

Mon style

J'écris sur un tableau

Quelques lettres, des accords,

Sans contrainte, sans barreaux ;

Je fais rimer les corps

En pleine liberté,

Dirons-nous, libertine,

Comme un monde enchanté

Vient, tintinnabuline.

Je n'ai pas de technique,

Pas plus de connaissances,

Qu'une culture anthropique

Et l'amour de la danse,

Pas de rêve de gloire,

Je suis bien dans ma grotte,

Où mon superbe écritoire,

Me fait grand maître prote.

Quelques explications

Ce recueil dans son style,

Est sans doute plus abrupt,

Le long de vers brutes,

Qui parent mon nombril.

Il est une confidence

De mon âme à la vôtre,

Comme tous les autres,

Qui s’écrivent en silence

Dans les profondeurs

De mon être absolu.

Voyez donc sans peur,

Et sans trop de déconvenue,

Ces lignes offertes

Pour mon seul plaisir,

Et d’un simple sourire,

Osez la découverte!

Bilan de rencontre

Dans le silence des rencontres,

J’ai exploré la compagnie,

Sans prendre le temps à ma montre,

Ni à l’égard de mes envies.

J’y ai trouvé quelques sublimes,

Quelques ambitions artistiques,

Les miennes, issues de mes rimes,

Par un jeu peu acrobatique,

Et d’autres dont je fais le détour,

Certaines avec belle réussite ;

D’aucune ne verront le jour,

Mais cela reste implicite.

Sans doute y reviendrais-je,

Passés le temps et les efforts,

Refaire un tour de manège,

Quand l’art en voudra encore.

Dans ce recueil

Vous trouverez dans ce recueil,

Quelques courages, quelques lâchetés,

Sur des pages grises ou enchantées,

Empruntes d'un puissant orgueil.

Ce livre est peut-être moins noir

Que les premiers sons poétiques,

Mais ne vous laissez pas avoir,

Les tourments y sont authentiques ;

Mais n'essayez pas de deviner,

Où est le vrai dans le tragique,

Où est le faux, le contrarié,

Dans mes poèmes les plus magiques.

Parcourez gentiment les feuilles,

Et flirtez avec le désespoir,

D'un bout de doigt et d'un seul œil,

Prenez plaisir à mon comptoir.

De l’art du beau

Moi. La grandeur des siècles passés,

Et une pointe à l’esprit, une idée,

À travers les nuits, les pluies, les fantasmes ;

Une révolution et plus d’un pléonasme.

J’étais comme le temps s’écoule,

Dans un flot déroutant qui roucoule

D’une voix sifflotante, et gracieuse,

Tantôt malmenée ou vicieuse…

Mais c’est l’art qui oblige les mots…

Pas celui présent dans les châteaux ;

Il vient d’un pays plus lointain,

Aux frontières de ce qui fait l’humain…

La nature, le monde, l’univers ;

Tel un dieu descendu sur terre…

C’est la force qui me gagne parfois,

C’est l’immense à mes pieds de pantois.

Après l’art du voyage procrastinatique

Souvent j’ai cru à ma paresse,

Qu’un songe était scélératesse,

Et que l’action sans aventure,

N’était que vaste forfaiture…

Mais j’ai découvert par l’art,

Que peu importe le rempart,

Quand on sait un jour le franchir,

Parfois y trouver un sourire.

Le monde est beau et est immense,

Mais il est tout aussi intense,

Et bien plus énorme encore,

Lorsque le rêve s’éprend du corps.

La course au poète

J'ai couru un marathon

Sur de vibrantes lignes,

Sans dormir, sans raison,

Folie d'esprit en signes ;

Pour assouvir ma passion,

Contenter mes témoins,

Obtenir l'attention,

De mes vers le soin ;

J'ai franchi les frontières,

Repoussé les limites,

Pour sortir la lumière,

De ces ombres qui méditent.

Écrire

Écrire à en vomir,

Se nettoyer les tripes,

Racler le fond où s’agrippent,

Des histoires à frémir.

Creuser profond,

Remuer les vers,

Avant de rentrer en terre

Bâtir son oraison,

Forger son œuvre,

Et puis sa gloire,

Pour former son oratoire

Et les futures manœuvres

Qui prolongeront l’existence,

Laissant une marque millénaire,

Dans les pompes poitrinaires,

Ô la plus belle récompense.

Le club des poètes

La poésie est une chose sérieuse.

Je vous invite au cercle,

Sortez vos rimes les plus gracieuses,

Et soulevons le fin couvercle

De nos esprits qui nous séparent.

Entrez, entrez donc en la ronde,

Je vous donne le départ.

Qu'elles soient brunes ou blondes,

Vos rimes sont les bienvenues,

Et qu'avec nos histoires,

Qu'elles soient belles ou noires,

Nous sauvions les poètes disparus.

De la création

C’est la plus grande des ardeurs,

Bien impossible à refreiner,

Quand une mélodie au cœur,

Nous pousse ainsi à refrainer ;

Des lignes bien trop nombreuses,

S’écrivent et vivement s’enchaînent,

De rimes en rimes et heureuses,

Ou en tourments qui se déchaînent,

Parcourent le corps d’un intense frisson ;

C’est une transe mystérieuse ;

Un coup de plume dans la raison,

À l’inspiration facétieuse ;

Et si, si peu en prennent don,

Dans le hasard des bonheurs,

C’est la folie leur vraie maison,

D’en rester simple spectateur.

L’affection de l’art

J'avais moins de dix ans,

C'était à la peinture,

Un Van Gogh puissant,

Tournesols en culture.

J'avais moins de quinze ans,

C'était de l'écriture,

Baudelaire en passant,

Découvrit ma nature.

J'avais moins de vingt ans,

Au goût de la lecture,

Werber me fit géant,

Je rêvais l'aventure.

J'avais moins de trente ans,

Dessins pleins de ratures,

Poèmes d'un instant,

Et sublime ouverture.

Pourquoi j’écris

Ma première ambition

Est bien sûr narcissique

Dans l'accumulation

De ces œuvres authentiques,

Mais rien n'occultera

L'importance artistique,

Comme égal repas

De mes besoins tantriques!

Ô que serais-je sans,

Ce talent poétique,

Qui parcours le temps,

D'un éclat chaotique.

Le fond de l’art

Vous pensez savoir ce que c’est,

Mais comment le pourriez-vous…

Vous en êtes si loin,

Ce sentiment que l’on ressent,

Ce plaisir intense, immense,

Si profond et si chaud,

Cette impression de voler,

Parmi les plus hautes étoiles,

Et vous croyez pouvoir juger…

Reconnaître la prétention,

Mais voyez donc, ouvrez les yeux!

C’est de l’or qui est là,

Juste sous vos yeux… ici…

Regardez d’un cœur ouvert,

Oubliez-vous un peu,

Et cherchez ce sourire,

Celui de vos passions à vos cœurs,

Dans l’intimité de votre âme,

Là où se jouent l’art et le beau,

Dans les abimes des sentiments,

Cherchez, cherchez donc,

Et trouvez-y l’éblouissement.

Comment écrire

Sur quelques notes de musique,

Sur le papier, j'ai fait des rimes,

Pour mieux trouver la dynamique.

C'est en chanson un jeu d'escrime

Où il faut trouver les accords,

Changer, piquer, petit accroc,

Quelques ratures sur de l'or,

Le temps de trouver le bon mot.

Et à ma droite un dictionnaire,

Pour me donner quelques pistes,

Non pas pour me dicter mes vers ;

Et dans l'âme une étoile brillante,

Qui des poèmes fait la liste,

D'une clameur scintillante.

Mon talent

Si à t'offrir ma plume,

Tu gagnais mon don,

Il faudrait une enclume,

Pour te céder mon nom!

J'aime trop mon talent,

Pour pouvoir te l'offrir,

Que deviendrais-je sans,

Un médiocre ou bien pire.

Ce n'est pas de l'orgueil,

Ni même du mépris

Que je pose sur la feuille,

Mais un simple choix

Que jadis j'appris,

Mon talent est à moi.

Le conteur

Voulez-vous que je récite,

Mille poèmes de papier.

Si cela vous incite

À mieux les savourer,

Je peux faire l’effort

De vous les déclamer!

Prenez donc confort,

Et venez écouter

Ma litanie des ombres.

Tout au coin du feu,

Dans la pénombre,

Un fauteuil affectueux,

Une tasse de chocolat

Au recoin de l’hiver…

Ouvrez donc vos bras,

Et recevez mes vers.

La litanie

La litanie des ombres

Accompagne le sombre,

Le soir dans la pénombre ;

Il en resplendit la lumière,

Traversant mon univers

Avec les malheurs d’hier.

N’est-il pas bénédiction?

Inégalable ascension

En cette vie de passion?

Donc je me réjouis!

Et d’un œil ébloui

Susurre épanoui ;

On me trouve du talent,

Meilleur que des gens

Bien-pensants,

Riez donc aux éclats!

Élégant? Je ne suis pas,

Sauf dans ses bras.

Ma litanie

Elle m’écrit chaque jour

Des poèmes perdus,

Dont quelques vautours

Profitent à l’inconnu,

Derrière de hauts murs,

Ses sons escaladent

De bien sombres futurs,

Et repartent en ballade,

Au fond d’un insomniaque,

Un lit trop confortable,

Elle rallume, maniaque,

La lumière exécrable,

Pour étancher sa peine,

Sa soif et son plaisir,

Et il est bien certaine,

Qu’elle va encore grandir.

Mort l’écrivain

C'est Duras qui disait :

« Morte, je peux encore écrire. »

Mais moi c'est ce que je fais,

Ce n'est pas pour de rire.

Dans mon âme qui titube,

Un morceau est de tache,

Un gigantesque cube,

Arraché à la hache.

Je suis comme né deux fois,

Et donc mort une première ;

Je la garde avec moi.

Cette poubelle de cendre,

C'est ma triste misère,

Elle ne peut que surprendre.

Grimper moins vite peut-être, mais tout seul

Si je ne dois rien à personne

C'est que rien ne m’a jamais aidé.

Seul dans un gouffre, pauvre garçonne,

Sombrement je me suis élevé

Comme une plante détestée et vivace,

Qu'aucun désherbant n'a pu faire rougir,

Ni les tumultes, ni les menaces,

Poussant fébrilement vers l'avenir.

Sorti du fond du fond du puits

Avec un étrange soleil pour témoin,

Un soleil noir chargé de nuit,

Dont la lune parjure les besoins,

J'ai trouvé sur un mur un fugace équilibre ;

Un mur de mots, un mur qui murmure,

Une merveilleuse mélopée qui me rend libre,

S'appuyant bien parfois sur mes failles obscures.

Ce que je ne devrais pas écrire et les certitudes que je ne devrais pas avoir

J'ai écrit plus de poèmes que Rimbaud

En deux ans, que lui dans toute sa vie.

J'ai modestement surpassé Hugo,

Et si à Baudelaire je dis merci,

Qu'il soit clair que je l'ai égalé.

D'une balle d'encre j'ai assassiné Verlaine,

Et cordialement enterré Mallarmé,

Avec admiration, sans concours et sans haine.

Certains crieront alors à toute ma prétention,

Mais si ma poésie est pleine d'arrogance,

C'est d'abord avant tout que j'ai la permission,

Du talent que je garde sans jamais de confiance.

Et si je ne vous convaincs, je vous réponds en chiffres!

Neuf minutes, Dix nuits et Cinq cents poèmes!

Ce n'est pas là simples accords de fifre,

Mais bien la litanie des ombres qui me mènent.

Et si la quantité est mauvais argument,

Je vous rétorque juste et de pleins droits,

Que si je me permets depuis mes longs tourments,

De discourir en vers et en prose parfois,

C'est que j'ai pour mon génie quelques témoins,

Qui me reconnaissent plus humblement l'égal,

Parfois trop proche, souvent trop loin,

De ces poètes morts qui sont mon idéal.

Doutes et Certitudes

Je connais trop les doutes,

Ils m'assaillent sans cesse,

Peu importe les routes,

Que j'emprunte en finesse,

Peu importe aussi celles,

Que par trop d'empressement,

Je brûle comme chandelle,

Toujours à court de temps.

Le talent... mon vieil ami,

Que je soupçonne de traîtrise,

Parfois, au creux du lit...

Il m'habite avec prétention,

Mais si je manque de maîtrise,

Sûrement pas de passion.

La recette

Le bonheur je n'en ai pas la recette…

Quelques heures intensives de travail,

La vue ancienne d'une botte de paille,

Et le goût sucré d'une sucette,

Une soupe revenue de mon enfance,

Sur des rails, un petit train électrique,

Quelques galets dans une crique,

Et face à la nature, le silence,

Au bord de mer une vaste tempête,

Quelques jours à l'ombre du repos,

La divine trouvaille d’un divin mot,

Et le plaisir extra de se sentir poète.

Ma vérité

Il est peut-être temps que je dise,

Ou mieux encore que je l'écrive,

Dans ce recueil fait de papier,

Et d'un peu d'encre, de voix brisées…

Porte-parole de personne,

Si ce n'est de ma vérité,

Celle qu'à mon tour je vous donne,

Moi qui n'ai jamais pu parler.

Je voudrais juste sans commentaire,

M'autoriser à raconter,

Sur des poèmes en quelques vers,

Tout ce que je n'ai pas osé.

J'aimerais tellement pourvoir le faire…

Me livrer, sortir des enfers…

Mais impossible je crois parfois.

Ô les tourments sont toujours là,

Ils règnent en maître depuis longtemps,

Ils règnent ici, dans ce roman,

Dans tous les écrits que je fais

Et même dans ceux à l'air joyeux,

Ils sont mes ombres, ma litanie,

Dans la pénombre et dans le vent,

Soufflée d'en haut, cette infamie,

Me poursuit à bientôt trente ans.

Ne croyez pas que je raconte

Tout ce qui a pu m'arriver,

Un peu trop peur ou trop de honte ;

De tout ce sang que j'ai versé

Comme de l'encre et des larmes,

Ou des sourires que j'ai biaisés,

Prisonnier d'un odieux vacarme,

Tantôt vénérable accordé.

Et je ne dois rien à personne!

Ce que j'ai fait, je l'ai créé ;

Ni dieu, ni mère, ni grâce bonne ;

Juste du travail à en crever,

Pour m'éloigner de ce cafard,

Ce géant monstre du bord du gouffre,

Qui m'a poursuivi jusque tard,

Et que je garde comme j'en souffre.

Je l'ai tué dix mille fois

Dans mes songes obscurs ;

Dans mes actes hors la loi,

Le faisait vivre cette ordure,

Par des mensonges à moi-même,

Sur quelques sentiments amènes,

Quelques temps souvent maudits,

Vérité mal et tant honnie…

Ou tant aimée peut-être…

De quelques larmes au paraître,

Quelques colères ou rancunes,

La nuit venue, lente à la lune…

C’est mon droit et j’en déclame,

Les phrases belles, les longs tourments,

Et n’autorise nul à réclame ;

Gardez pour vous vos jugements!

Trouver le repos

À l’ombre de mes longs tourments,

J’ai découvert un monde intime,

Où sous quelques fabuleuses rimes,

Naissait de mielleux sentiments,

Un monde affable, providentiel,

Où tous les rêves sont possibles,

Et tous les êtres accessibles,

D’un coup de crayon dans le ciel,

Là où l’artiste touche le divin,

Dans une paisible clairière,

Qui soigne comme une infirmière,

Dans la douceur et sur le sein.

Aux bas-esprits

Tu me penses triste,

Mais d'idée aucune,

Tu te trompes et persiste,

À me croire sous la dune,

Et tu vois mes silences,

Comme un terrible aveu,

Mais tais donc je pense!

À des mots fabuleux,

À des mondes exquis,

Que tu n'approches pas,

Pas même quand tu lis,

Les ouvrages de Zola,

Car tu ne sauras jamais,

Chercher derrière les pierres,

Les ombres et le mauvais,

Cette divine lumière

Que les poètes connaissent,

Comme ils l'inventent.

C'est toutes ces prouesses,

Dont ici je me vante.

En dirais-je jamais assez?

En dirais-je jamais assez dans ce simple recueil?

Il m’en faudrait des milliers…

Des milliers de poèmes, pour me faire un cercueil,

À la hauteur des tourments familiers.

J’ai cru dans mes tourments avoir changé de page,

Tourner une nouvelle, écrire une autre histoire,

Mais ce n’est que la mienne, du tréfonds de mes âges,

La douce litanie des ombres de ma mémoire.

Tant d’autres acteurs pourtant, lentement s’y mêlent,

Entre les joies, les peines, les pleurs et les délices,

La vie, la mort, et toujours un peu d’elle,

Caché par quelques rimes et de brefs artifices.

En dirais-je jamais assez… jamais ô grand jamais…

Qu’importe, de nouveaux mots feront les rimes,

Nouveaux mensonges, vérités sous extraits,

Pour parfaire mon œuvre d’un élément sublime.

Ce que je suis

J'ai besoin de le dire,

Ou plutôt non,

Que vous sachiez ;

Que mon nom est sans rime,

Mais mon cœur entravé,

Par un millier de mots,

De tournures poétiques,

Qui comme un lierre touffu,

Grimpe dans ma cervelle,

L'enlace et l'embrasse,

La transforme en cette chose,

Belle créature mutante,