La Morale de Confucius - Jean De Labrune - E-Book

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Jean De Labrune

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Beschreibung

On peut assurer que, dans cet abrégé de la morale de Confucius, on ne trouvera rien de semblable à ce qu'on vient de voir. On verra ici des essais de morale, qui sont des coups de maître. Tout y est solide, parce que la droite raison, cette vérité intérieure, qui est dans l'âme de tous les hommes, et que notre philosophe consultait sans cesse, sans préjugé, conduisait toutes ses paroles. Aussi les règles qu'il donne, et les devoirs auxquels il exhorte, sont tels, qu'il n'y a personne qui ne se sente d'abord porté à y donner son approbation. Il n'y a rien de faux dans ses raisonnements, rien d'extrême, nulle de ces subtilités épouvantables qu'on voit dans les traités de morale de la plupart des métaphysiciens d'aujourd'hui, c'est-à-dire dans les traités où la simplicité, la clarté, l'évidence devraient régner partout et se faire sentir aux esprits les plus grossiers.

Contenu :
- Avertissement
- De l,'antiquité et de la philosophie des chinois
- Recueil des ouvrages de Confucius : Livre premier, Livre second, Livre troisième
- Maximes

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Veröffentlichungsjahr: 2019

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La Morale de Confucius

Jean De Labrune

Table des matières

Avertissement

De l'antiquité et de la philosophie des Chinois

Recueil des ouvrages de Confucius

Livre Premier

Livre Second

Livre Troisième

Maximes

Avertissement

L'ouvrage qu'on donne au public, et où est contenue, en abrégé, toute la morale de Confucius, philosophe chinois, est assez petit, si l'on regarde le nombre des pages qui le composent ; mais il est fort grand, sans doute, si l'on considère l'importance des choses qui y sont renfermées.

On peut dire que la morale de ce philosophe est infiniment sublime, mais qu'elle est en même temps simple, sensible et puisée dans les plus pures sources de la raison naturelle. Assurément, jamais la raison destituée des lumières de la révélation divine, n'a paru si développée, ni avec tant de force. Comme il n'y a aucun devoir dont Confucius ne parle, il n'y en a aucun qu'il outre. Il pousse bien sa morale, mais il ne la pousse pas plus loin qu'il ne faut : son jugement lui faisant connaître toujours jusqu'où il faut aller, et où il faut s'arrêter.

En quoi il a un avantage très considérable, non seulement sur un grand nombre d'écrivain du paganisme, qui ont traité de semblables matières, mais aussi sur plusieurs auteurs chrétiens, qui ont tant de pensées fausses, ou trop subtiles ; qui outrent les devoirs presque partout ; qui s'abandonnent à la fougue de leur imagination, ou à leur mauvaise humeur ; qui s'éloignent presque toujours de ce juste milieu où la vertu doit être placée ; qui la rendent, par les faux portraits qu'ils en font, impossible à pratiquer, et qui, par conséquent, ne rendent pas beaucoup de gens vertueux.

L'auteur de la manière de bien penser dans les ouvrages d'esprit, qui joint toujours, à un style extrêmement exact et poli, un discernement exquis, remarque fort bien qu'il y a du faux et du faible dans ces paroles d'un écrivain de ce temps :

« Chacun tâche d'occuper le plus de place qu'il peut dans son imagination, et l'on ne se pousse et ne s'agrandit dans le monde que pour augmenter l'idée que chacun se forme de soi-même. Voilà le but de tous les desseins ambitieux des hommes. Alexandre et César n'ont point eu d'autre vue dans toutes leurs batailles, que celle-là.

En effet, Alexandre et César, dans leurs batailles, peuvent n'avoir pas songé à leur image intérieure, et, quand même la pensée, dont il s'agit, serait vraie en quelque rencontre, elle ne peut l'être dans l'étendue qu'on lui donne. Il n'y a donc rien de si mal pensé que ce que dit celui qui a composé le premier traité des Essais de morale, et dont l'on vient de voir les paroles.

Ce que l'auteur de ces Essais ajoute d'abord, et que celui qui a composé les beaux dialogues dont on vient de faire mention n'a pas voulu prendre la peine de relever, est à peu près de ce caractère ; c'est même quelque chose de pis, on n'a qu'à y faire tant soit peu attention.

« Je m'imagine, dit-il, que celui qui s'est le premier appelé haut et puissant seigneur se regardait comme élevé sur la tête de ses vassaux, et que c'est ce qu'il a voulu dire par cette épithète de haut, si peu convenable à la bassesse des hommes.

Que signifie tout ceci ? ou plutôt, comment ose-t-on avancer, d'un air sérieux et grave, des choses de cette nature ? Qu'entend-on par ces paroles, je m'imagine que celui qui s'est le premier appelé haut et puissant seigneur se regardait comme élevé sur la tête de ses vassaux ? Ces paroles ne peuvent avoir que deux sens ; l'un est le propre, l'autre le figuré. Le sens propre est que ce seigneur s'imaginait que ses pieds étaient sur la tête de ses vassaux, qu'il marchait sur leur tête effectivement, ou plus haut encore, et que, pour les voir et leur commander, il fallait qu'il regardât en bas. Le sens figuré est que ce seigneur se croyait élevé en autorité sur ses vassaux, et que son rang et son pouvoir étaient beaucoup plus considérables que le leur. Il est visible, qu'à moins que ce seigneur n'eût perdu l'esprit, il ne pouvait s'imaginer ce que le premier sens signifie ; et, pour le second, qui est le figuré il est très vrai ; ce seigneur avait raison de se regarder comme élevé sur ses vassaux, il était en droit de prendre des titres qui marquassent son autorité et sa puissance, et il ne faisait que ce qu'ont fait, de tout temps, ceux que Dieu a établis pour commander aux autres. Dieu lui-même, dans ses écritures, les appelle dieux, qui est bien plus que hauts et puissants seigneurs. Ainsi ces autres paroles, cette épithète de haut si peu convenable à la bassesse des hommes, ne sont pas plus sensées que les précédentes.

Ces endroits qu'on vient de voir ne sont pas les seuls de ce caractère qui se trouvent dans les Essais de morale. Il y en a une infinité d'autres semblables. Et, pour ne pas sortir du premier traité, en conscience ceux-ci sont-ils solides ?

« Quand les hommes y auraient fait de grands progrès (l'auteur parle de la science des choses) ils ne s'en devraient guère plus estimer, puisque ces connaissances stériles sont si peu capables, de leur apporter quelque fruit et quelque contentement solide, qu'on est tout aussi heureux en y renonçant d'abord, qu'en les portant, par de longs travaux, au plus haut point où l'on puisse les porter 1.

Nous ne sommes capables de connaître qu'un seul objet et une seule vérité à la fois. Le reste demeure enseveli dans notre mémoire, comme s'il n'y était point. Voilà donc notre science réduite à un seul objet 2.

Qui est-ce qui n'est pas convaincu que c'est une bassesse de se croire digne d'estime, parce qu'on est bien vêtu, qu'on est bien à cheval, qu'on est juste à placer une balle, qu'on marche de bonne grâce 3 ?

Quoi ! les sciences et les belles découvertes ne rendent-elles pas plus heureux, plus content et plus honnête homme, lorsqu'on en sait faire un bon usage ? Ne sait-on pas même qu'il y a beaucoup de théologiens qui croient qu'une des choses qui feront la félicité des saints dans le ciel sera une grande connaissance d'une infinité de vérités qui nous sont inconnues, ou peu connues, sur la terre ? Est-ce que parce que notre esprit ne peut bien penser, tout à la fois, qu'à un seul objet, il s'en suit de là, que tout le savoir d'un habile homme est borné à ce seul objet, qu'il ne sait autre chose ; qu'on peut dire d'un ton de maître : Voilà donc notre science réduite à un seul objet ? Enfin, est-ce une bassesse à un cavalier, à un homme de cour, de croire qu'il sera plus digne d'estime, s'il fait bien ce qui convient à son rang, si, entre autres choses, il est vêtu proprement, s'il est bien à cheval, s'il marche de bonne grâce ? Et ne serait-il pas effectivement digne de mépris, n'y aurait-il pas de la bassesse, s'il avait des habillements malpropres, s'il ne prenait nulle peine et nul soin pour être bien à cheval, s'il ne se piquait d'aucune adresse, ou s'il marchait comme un paysan ?

On peut assurer que, dans cet abrégé de la morale de Confucius, on ne trouvera rien de semblable à ce qu'on vient de voir. On verra ici des essais de morale, qui sont des coups de maître. Tout y est solide, parce que la droite raison, cette vérité intérieure, qui est dans l'âme de tous les hommes, et que notre philosophe consultait sans cesse, sans préjugé, conduisait toutes ses paroles. Aussi les règles qu'il donne, et les devoirs auxquels il exhorte, sont tels, qu'il n'y a personne qui ne se sente d'abord porté à y donner son approbation. Il n'y a rien de faux dans ses raisonnements, rien d'extrême, nulle de ces subtilités épouvantables qu'on voit dans les traités de morale de la plupart des métaphysiciens d'aujourd'hui 4, c'est-à-dire dans les traités où la simplicité, la clarté, l'évidence devraient régner partout et se faire sentir aux esprits les plus grossiers.

On trouvera, peut-être, un peu relâchée cette maxime, où Confucius dit qu'il y a certaines personnes qu'il est permis de haïr. Cependant si l'on considère la chose de près, l'on reconnaîtra que la pensée est juste et raisonnable. En effet, la vertu veut que l'on fasse du bien à tous les hommes, comme Confucius le pose ; mais elle n'exige pas que nous ayons effectivement de l'amitié pour toutes sortes de gens. Il y a certaines gens si haïssables, qu'il est absolument impossible de les aimer : car, après tout, on ne peut aimer que le bien ; on ne peut qu'avoir de l'aversion pour ce qui paraît extrêmement mauvais et plein de défaut. Tout ce que la charité oblige de faire, en ces sortes de rencontres, c'est de rendre office à une personne, lorsqu'on le peut, comme si on l'aimait, nonobstant les vices, la malice et les grands défauts qu'on remarque en elle.

Puisque l'occasion s'en présente, on remarquera qu'ordinairement on outre le devoir de l'amour des ennemis, que Jésus-Christ recommande tant dans son Évangile. Ce devoir est assez difficile à remplir dans sa juste étendue, sans qu'on le rende encore plus difficile, ou plutôt impossible à pratiquer, et capable de jeter dans le désespoir, ou de faire tomber dans un entier relâchement. La plupart de ceux qui expliquent ce devoir, parlent comme si nous étions obligés d'avoir dans le cœur une amitié tendre pour tous nos ennemis, quelque méchants et abominables qu'ils soient. Ce n'est pourtant point cela précisément que le Fils de Dieu demande de nous, parce qu'il ne demande point des choses absolument impossibles. Son but est de nous porter à agir envers tous nos ennemis quels qu'ils soient, comme l'on fait envers ceux que l'on aime. En effet, l'Écriture, en plusieurs endroits, par aimer entend précisément faire du bien, à peu près comme l'on en fait à ceux pour qui l'on a beaucoup d'amitié. Si c'en était ici le lieu, nous pourrions vérifier cela par plusieurs passages. Nous nous contenterons seulement d'alléguer l'exemple de Dieu lui-même, que notre Sauveur propose. Car après avoir dit : aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous courent sus et qui vous persécutent (car ce sont tout autant de synonymes), il ajoute : afin que vous soyez enfants de votre Père qui est aux cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et il envoie sa pluie sur les justes et sur les injustes. Or, il est certain que Dieu n'aime point les méchants et les injustes, quoiqu'il leur fasse du bien : il a eu une extrême aversion pour un Caligula, par exemple, pour un Néron, et pour d'autres semblables monstres, quoiqu'il ait fait lever son soleil sur eux, et qu'il leur ait envoyé sa pluie. Mais il a agi envers eux comme s'il les aimait ; et c'est de la sorte que nous en devons user envers nos ennemis. Ce n'est pas que nous ne devions faire sincèrement tout ce qui est possible pour avoir même dans le cœur des sentiments d'amitié pour eux : mais il y a certaines gens si méchants, si déréglés, si abominables, pour qui il est impossible d'avoir ces sentiments. Et c'est pour cela que la charité est encore plus grande, plus généreuse et plus digne de louange lorsque, nonobstant cette aversion qu'on ne peut pas s'empêcher d'avoir pour certaines personnes, l'on ne laisse pas de leur faire du bien dans l'occasion, dans la vue d'obéir a Dieu.

Au reste, par tout ce que nous avons dit jusqu'ici, on peut juger combien le public est redevable aux pères Intorcetta et Couplet, jésuites, qui ont traduit, du chinois en latin, les trois livres de Confucius, dont nous avons tiré cette pièce de morale qu'on voit paraître. Nous avons choisi les choses les plus importantes, et en avons laissé plusieurs qui, quoique bonnes en elles-mêmes, et conformes surtout au génie des personnes pour qui elles ont été dites et écrites, auraient semblé, peut-être, trop vulgaires, et de peu de considération dans notre Europe. Et comme dans l'ouvrage des pères Intorcetta et Couplet, outre la morale de Confucius, il est parlé de l'origine de la nation chinoise et des livres les plus anciens qu'ait cette nation, et qui ont paru plusieurs siècles avant celui de Confucius, nous avons traduit sur ce sujet, ce qu'il est le plus nécessaire de savoir.