La quête de l'ange - Deborah Fayada - E-Book

La quête de l'ange E-Book

Deborah Fayada

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Beschreibung

Le Petit Ange s’est malencontreusement égaré dans l’obscurité. Il y fera la rencontre de mystérieux personnages, découvrant ainsi que, même dans le noir, nous sommes souvent moins seuls qu’on ne l’imagine.
Un conte philosophique illustré pour petits et grands abondant de messages cachés sur la quête de soi, l’amitié, l’amour, l’espoir.

À PROPOS DE L'AUTEURE

Professeure de français diplômée d’un Master de philosophie, Déborah Fayada affirmait déjà à 9 ans qu’un jour elle ferait à son tour rêver, voyager et spéculer des lecteurs par le pouvoir des mots. La quête de sens, de vérité, la relation à soi et à autrui sont les thèmes qu’elle prédilectionne.

À PROPOS DE L'ILLUSTRATRICE

Du simple dessin à la peinture à l’huile, l’acrylique, l’encre de Chine, le pastel, en passant par la réalisation de décors de théâtre, MC Poirson est aujourd’hui illustratrice notamment pour la maison d’édition Ex Aequo. Elle y trouve le grand bonheur de travailler en duo avec des auteur-ice-s.

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Seitenzahl: 53

Veröffentlichungsjahr: 2022

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Cet ouvrage a été mis en page par Ex Æquo

 

 

Déborah Fayada

 

Illustrations de Marie-Christine Poirson

 

La Quête de l’ange

 

Conte philosophique illustré

 

 

ISBN : 979-10-388-0483-8

Collection : Hors Cadre

ISSN : 2106-4342

Dépôt légal : Décembre 2022

 

 

© 2022 couverture Marie-Christine Poirson pour Ex Æquo

©2022 illustrations Marie-Christine Poirson pour Ex Æquo

© 2022 Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction intégrale ou partielle, réservés pour tous pays

Toute modification interdite

 

 

Éditions Ex Æquo

6 rue des Sybilles

88370 Plombières Les Bains

 

www.editions-exaequo.com

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Les amis sont des anges silencieux, qui nous remettent sur nos pieds quand nos ailes ne savent plus comment voler. »

 

 

Victor Hugo

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 À Solal

 

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

l était une fois un petit ange qui errait seul depuis longtemps. Il marchait, tête baissée, nonchalamment, dégageant un halo de lumière bleue autour de lui, lorsqu’au dixième jour de son voyage, il entendit qu’on l’interpellait.

 

« Attends-moi ! S’il te plaît ! ».

 

Perplexe, le petit ange releva la tête et ne vit rien que l’immensité noire qui l’entourait.

 

« Ne pars pas ! » criait la voix.

 

Alors, le petit ange s’assit. Il n’était pas si pressé.

 

« Oh ! Ça alors ! Un ange !

 

⎯  Bonjour Étranger, dit le petit ange. Qu’est ce qui t’amène ?

 

⎯  Je crois bien que je me suis perdu. Je ne sais pas depuis combien de temps je suis parti. Il n’y a pas de jour, ici, tout est noir. Lorsque j’ai aperçu ta lumière, je me suis dépêché de te rattraper. Je pensais que, peut-être, tu pourrais m’éclairer.

 

⎯  Où veux-tu aller ?

 

⎯  Je ne sais pas.

 

⎯  Tu marches donc sans but ?

 

⎯  Je marche pour m’en aller. Je marche pour fuir d’où je viens.

 

⎯  Tu pourras m’accompagner aussi longtemps que tu le voudras, Étranger. »

 

C’est ainsi que l’histoire commença.

 

 

Ils avaient repris la route silencieusement.

« Petit Ange, demanda enfin l’étranger, pourquoi erres-tu ici, où ne vient personne ni ne pousse aucune fleur ?

 

⎯  Il y a une chose très importante qui me manque, répondit le petit ange. Je suis à sa recherche.

 

⎯  Quelle est cette chose ? interrogea l’étranger.

 

⎯  Je l’ignore moi-même.

 

⎯  Voilà qui est étrange, fit l’étranger, plus pour lui que pour son interlocuteur. Moi, je marche sans savoir où aller, mais mes pas me mèneront forcément quelque part. Mais comment peut-on trouver quelque chose si on ignore ce que l’on cherche ? Petit Ange, comment sauras-tu que tu as trouvé cette chose si précieuse ? Comment la reconnaîtras-tu ?

 

 

⎯  C’est une chose très très importante. »

Le petit ange baissa les yeux, et confia :

 

« Je ne suis plus complètement un ange. Un jour, alors que je voulais quitter le nuage où j’étais, mes ailes n’ont pas été capables de me porter.

Au lieu de m’envoler, je suis tombé, et cette chute m’a semblé infinie. Et puis, j’ai atterri ici. Mes ailes sont cassées. Je cherche ce qui les réparera et fera de moi de nouveau un véritable petit ange.

 

⎯  Moi, je trouve que tu es un ange très joli, assura l’étranger.

 

⎯  Dis, Étranger, tu veux bien inspecter mes ailes ? Si tu y décèles un défaut, je saurai mieux ce que je cherche. »

 

L’étranger se plaça derrière le halo de lumière et observa les ailes du petit ange, longuement, à la recherche d’un indice, une asymétrie, une déchirure, un accroc peut-être.

 

« Tu peux toucher, mais avec soin. Les ailes d’un ange, c’est fragile. »

 

L’étranger ne trouva pas plus. Le petit ange soupira :

 

« Ça, c’est parce que tu ne t’y connais pas en anatomie des anges. » Et ils repartirent.

 

 

Le deuxième jour — bien qu’il n’y ait pas en ce lieu de jours à proprement parler, mais nous dirons le deuxième jour car nos deux compagnons s’étaient arrêtés quelques heures pour dormir — l’étranger demanda :

 

« Ta lumière ne s’éteint jamais ?

 

⎯  Non. Sinon, comment trouverai-je cette chose qui me manque ? Tu sais, c’est une chose très très délicate. À peine visible. Si ma lumière s’éteignait un instant, je risquerais de passer à côté d’elle sans m’en être rendu compte, et de l’avoir perdue à jamais.

 

⎯  Ce doit être épuisant !

 

⎯  Ne plus jamais voler le serait encore plus. Je suis un ange. »

 

Ils avaient continué leur marche. Le petit ange était bien déterminé à mener à bien sa quête.

 

« Petit Ange ! Regarde ! »

 

 

Devant eux se dressait un arbre aux fruits d’un rouge flamboyant.

 

« C’est merveilleux ! Cela fait une éternité que je suis ici, et je n’ai rien rencontré d’autre qu’une nuit d’encre ! Sans toi et ta lumière, je n’aurais jamais vu cet arbre ! »

 

Le petit ange haussa les épaules :

 

« Tous les fruits du monde ne me rendront pas mon aptitude à voler de nuage en nuage.

 

⎯  Ne sois pas triste, Petit Ange. Nous trouverons ce que tu cherches. Je t’aiderai.

 

⎯  C’est une promesse ?

 

 

⎯  Oui. Une promesse. Sans toi, j’aurais sûrement été définitivement perdu dans l’obscurité. Et l’obscurité engloutit tout. Même moi, elle m’aurait fait disparaître. Je chercherai avec toi ce qui te manque. Goûte les fruits de cet arbre, Petit Ange. Je n’ai jamais rien mangé d’aussi bon !

 

⎯  Je n’ai pas le temps. Je dois trouver ce que je cherche.

 

⎯  Puisque je t’aiderai, nous trouverons plus vite. Cela fait un temps infini que nous sommes perdus dans cette éternité. N’avons-nous pas mérité un petit plaisir ? »

 

Le petit ange sourit. Il venait de se faire un ami.

 

 

                Le deuxième jour fut plus court que le premier, car, les deux amis, qui n’avaient pas mangé depuis bien longtemps, s’étaient rapidement trouvés bien alourdis par les fruits et s’étaient endormis. Au matin du troisième jour, l’étranger remplit sa besace de fruits avant de poursuivre leurchemin.

 

« Étranger, demanda le petit ange qui s’accordait rarement la possibilité de perdre de sa concentration sur l’objet de sa quête, c’est loin d’où tu viens ?