La Vie devant soi de Romain Gary (Analyse approfondie) - Karolin Brohee - E-Book

La Vie devant soi de Romain Gary (Analyse approfondie) E-Book

Karolin Brohee

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Beschreibung

Cet ouvrage fournit une analyse approfondie de La Vie devant soi de Romain Gary avec toutes les clés pour analyse l'œuvre.

Œuvre emblématique de Romain Gary qui s'est longtemps caché derrière le mystérieux Émile Ajar, La Vie devant soi raconte l'histoire de Momo, un jeune garçon musulman, qui s'est choisi comme mère adoptive Madame Rosa, une vielle dame juive. À travers les mots de ce jeune garçon, l'on découvre leur quotidien dans cet immeuble où Madame Rosa s'occupe des enfants des prostituées. Mais aussi et surtout la tendresse entre une vieille dame qui se meurt et un jeune garçon qui a la vie devant lui… 
Avant de résumer l'histoire de Momo et de Madame Rosa, Karolin Brohee nous raconte la vie de Romain Gary. Car, sans elle, il est difficile de comprendre toute la profondeur de l'œuvre de cet artiste insaisissable. C'est que Romain Gary déteste par-dessus tout être catalogué dans des cases bien souvent trop étroites pour son génie. Lui qui se plaît à se réinventer à chaque instant. C'est à l'aune de cette personnalité multiple qu'il faut lire La Vie devant soi et qu'il faut décrypter ses personnages ô combien attachants. Car derrière Momo, c'est bien Roman Kacew qui se cache, et derrière Madame Rosa, Romain Gary l'adulte. À travers des thématiques aussi fortes que la recherche identitaire et la solitude, l'on sent toutes les angoisses de l'auteur, celles qui le hantent depuis l'enfance. 




Profil Littéraire propose des analyses approfondies faisant le tour complet des plus grandes œuvres de la littérature. Notre objectif est de permettre à nos lecteurs d'aller plus loin dans leur expérience de lecture et leur offrir ainsi un nouveau regard sur l'oeuvre concernée. Nos "profils littéraires" sont conçus par des professeurs triés sur le volet et révisés par un comité éditorial constitué de professionnels de la littérature.

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Seitenzahl: 54

Veröffentlichungsjahr: 2016

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ROMAIN GARY/ÉMILE AJAR

Né en 1914 à Vilna (aujourd’hui Vilnius, en Pologne).

Mort en 1980 à Paris.

Quelques-unes de ses œuvres :

Éducation européenne (roman, 1945)

Les Racines du ciel (roman, 1956)

Vie et mort d’Émile Ajar (roman, 1981)

Il est né Roman Kacew et a donné la mort à Romain Gary. Le soir du 2 décembre 1980, Paris et ses critiques l’ignorent encore, mais Émile Ajar a lui aussi perdu la vie. Aujourd’hui, certains affirment qu’il est l’un des derniers grands écrivains de ce siècle ; ceux-là mêmes qui ne l’avaient jamais reconnu sous les noms Émile Ajar, Fosco Sinibaldi et Shatan Bogat. Ainsi, la première chose à savoir, c’est qu’un Gary peut en cacher un autre… Et c’est d’ailleurs tout le problème : cette démultiplication brouille les cartes et obscurcit l’image d’un homme qui a choisi de faire de son existence une épopée romanesque.

« La vérité est que j’ai été très profondément atteint par la plus vieille tentation protéenne de l’homme : celle de la multiplicité […] Je me suis toujours été un autre. » (Œuvres complètes de Romain Gary, Paris, Mercure de France, p. VIII-IX)

Frondeur du XXe siècle opposé à toutes les formes d’étiquetage, Gary envisage la création comme une façon de sortir de lui-même. Aussi l’auteur ne rentre-t-il dans aucune catégorie, aucun genre préétabli. Véritable caméléon de la plume, Gary revendique de façon exacerbée cette marginalité et défie toute idéologie qui prétend systématiser la compréhension du monde, de l’humain et de la littérature. Son œuvre littéraire (de même que sa carrière diplomatique) est marquée par un refus opiniâtre de céder face à la médiocrité humaine : ses personnages oscillent entre la souffrance de voir le monde abîmé et la lutte pour garder l’espérance.

Très vite, Romain Gary est célébré comme l’auteur de quelques romans à succès : Éducation européenne (considéré comme « la bible » de la Résistance), Les Racines du ciel, La Promesse de l’aube (1960) et, 15 ans plus tard, La Vie devant soi. Malraux (dont il incarne à la fois le rival et l’admirateur), Camus, Hugo et d’autres vont tour à tour influencer Romain Gary. À tel point qu’il est difficile pour ses contemporains d’identifier un ensemble cohérent et d’offrir des pistes de lecture à son œuvre. Néanmoins, la littérature scientifique est unanime : on ne peut comprendre et mesurer l’œuvre de Romain Gary sans replonger dans la biographie de Roman Kacew. C’est elle qui déterminera l’écriture des doubles littéraires et qui donnera un sens à son travail de création.

LA VIE DEVANT SOI

Genre : autofiction.

1re édition : en 1975.

Édition de référence :La Vie devant soi, Paris, Mercure de France, 1975.

Personnages principaux :

Momo, jeune garçon âgé de 10 ans, fils d’une prostituée et pensionnaire de Madame Rosa.

Madame Rosa, ancienne prostituée et rescapée d’Auschwitz. Gardienne d’enfants chargée de leur éducation.

Monsieur Hamil, ancien vendeur de tapis.

Madame Lola, ancien boxeur sénégalais devenu prostituée.

Monsieur N’Da Amédée, proxénète.

Thématiques principales : l’identité, l’amour, la peur de la mort, l’angoisse de la solitude, la vieillesse, la relation mère-enfant, la Shoah.

En 1975, Émile Ajar signe son second roman, intitulé La Vie devant soi. Cet auteur que le public connaît à peine séduit la critique et attise la curiosité du Tout-Paris. À travers la vie quotidienne de Momo et de Madame Rosa, l’auteur aborde des thèmes tels que l’angoisse de la solitude, la peur de la mort, l’amour tendre et profond entre un petit garçon et la mère qu’il s’est choisi.

Après des mois de mystère, Émile Ajar se fait connaître : son vrai nom est Paul Pavlowitch, le cousin du turbulent et dépassé Romain Gary. Il est loué pour la justesse de ses mots et la tendresse de son écriture. Son talent est d’ailleurs récompensé du prix Goncourt, qu’il refuse pourtant. En 1980, Romain Gary met fin à ses jours. Un an plus tard, Paul Pavlowitch sort de son silence et avoue n’avoir jamais écrit un seul mot sous le nom d’Émile Ajar. La vraie plume qui se cachait derrière ce pseudonyme n’était autre que celle d’un des plus talentueux auteurs du XXe siècle : Romain Gary lui-même.

LA VIE DE ROMAIN GARY

UN AMOUR INCONDITIONNEL POUR LA FRANCE

Roman Kacew naît un beau jour de mai 1914, à Vilna, un haut lieu du judaïsme situé en Pologne surnommé pour cette raison la Jérusalem de Lituanie, alors sous domination russe. Sa mère se dit comédienne et amoureuse de la France. En effet, comme beaucoup de citoyens de l’Empire russe de cette époque, Mina Kacew (1879-1941) est convaincue qu’un pays qui innocente le capitaine Dreyfus est forcément bon. Le père de l’écrivain, Arieh-Leïb Kacew (1883-1942), est négociant en fourrures. En 1925, après avoir pris les armes lors de la Première Guerre mondiale (1914-1918), il quitte le domicile conjugal pour refaire sa vie avec une autre femme. Il mourra de peur en 1943, juste avant d’entrer dans une chambre à gaz.

Roman et sa mère connaissent alors une existence d’errance, de Vilna à Varsovie. Malgré les problèmes financiers, Mina éduque seule son fils et lui inculque son amour de la France, ce pays éclairé, cette terre promise de culture et de liberté, l’asile des arts et de tous les poètes. Le petit Roman est bientôt investi par sa mère d’une mission : incarner ce pays qu’elle aime autant qu’elle en rêve.

En 1928, fuyant les pogroms et le communisme, le rêve devient réalité : Roman et Mina s’installent à Nice. Roman devient Romain, et commence ses études au lycée municipal, pendant que sa mère parcourt les grands hôtels de la Riviera dans l’espoir de vendre des bijoux confiés par les antiquaires niçois. Elle finit par prendre la direction de l’hôtel Mermonts, qu’elle gère d’une main de fer dans un gant de velours jusqu’à la fin de sa vie. Romain décroche son bac en 1933 et poursuit ses études à Aix-en-Provence puis à Paris, en droit. Il est naturalisé français deux ans plus tard.

Une fois sa licence en poche, Romain est appelé à faire son service militaire et sert dans l’aviation. Incorporé à Salon-de-Provence en novembre 1938, il est élève observateur à l’école de l’air d’Avord. Le 1er