La vie est belle ! - Antoinette Hontang - E-Book

La vie est belle ! E-Book

Antoinette Hontang

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Beschreibung

Le petit chien blanc de l’image, c’est moi, Lucky ! Si je suis si heureux, c’est parce qu’après deux longues années passées loin de mes maîtres, j’ai pu les retrouver ! Tu te demandes pourquoi, et ce qu’il m’est arrivé pendant tout ce temps ? Eh bien, justement, je te raconte tout dans le moindre détail...
Et crois-moi, mon aventure est incroyable pour le petit chien que je suis. Heureusement, ma bonne étoile ne m’a pas lâché. Lis mon histoire et tu comprendras jusqu’où peut conduire le courage.



Lectorat : 8/11 ans



À PROPOS DE L'AUTEURE


Après une jeunesse béarnaise et des études d’éducatrice spécialisée, c’est à Mimizan dans les Landes Océanes qu’Antoinette Hontang s’est installée voilà quarante ans déjà. Un amour pour la lecture et les mots depuis toujours, une priorité accordée d’abord à sa vie familiale, puis une carrière professionnelle passionnante auprès des enfants, voilà les ingrédients qui ont favorisé l’inspiration d’Antoinette et l’ont conduite à publier ses contes, recueils de poèmes et romans. 


À PROPOS DE L'ILLUSTRATRICE


Mido vit aujourd’hui en Bretagne où elle réalise l’un de ses rêves : publier et illustrer ses propres histoires. L’enseignante qu’elle était n’abandonne pas pour autant les enfants puisqu’elle écrit pour eux. Les interroger sur le monde, en passant par le biais de la poésie, de l’imaginaire et du questionnement philosophique, est essentiel pour elle. On retrouve dans ses récits son goût profond pour la nature mais aussi pour le mieux vivre ensemble. Dessinant depuis sa plus tendre enfance, Mido illustre très souvent ses histoires. Avec La vie est belle ! elle illustre pour la première fois le texte d’Antoinette Hontang.

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Seitenzahl: 96

Veröffentlichungsjahr: 2022

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Antoinette Hontang

Illustrations : Mido

La vie est belle !

Roman Jeunesse

ISBN : 979-10-388-0355-8

Collection Saute-mouton

ISSN : 2610-4024

Dépôt légal : Mai 2022

© Couverture Mido pour Ex Æquo

© 2022 Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction intégrale ou partielle, réservés pour tous pays

Toute modification interdite

Éditions Ex Æquo

6 rue des Sybilles

88370 Plombières Les Bains

www.editions-exaequo.com

1

Il faut croire en sa bonne étoile !

La mienne m’a ramené ici, après deux années mémorables, malgré moi passées ailleurs, très loin. Aujourd’hui, je suis de retour auprès de mes vrais maîtres, les seuls auprès de qui je me sens heureux chaque jour, simplement parce qu’ils m’aiment et que je les aime.

Et pourtant, l’affaire a été compliquée et rien n’était gagné, jusqu’à la dernière minute. Mais je m’étais, comme qui dirait, juré de tout faire pour les retrouver. Évidemment, je risquais de ne pas y arriver, mais voilà… ma bonne étoile a décidé de me venir en aide.

Ah oui, vous aimeriez savoir à qui vous avez affaire, car vous vous méfiez des inconnus beaux parleurs ? Bien sûr, c’est logique !

Eh bien, sachez d’abord que je suis un petit chien de la race des Bichons Maltais. Avec mon poil long et soyeux presque blanc, on me trouve toujours élégant. Il paraît que mes yeux ronds et noirs me font une si jolie bouille que j’en fais craquer plus d’une ! J’ai six ans et je peux me vanter d’être doux, affectueux et obéissant, oui oui, je vous assure, vous n’avez qu’à demander à mes maîtres ; de toute façon, j’en détiens LA preuve Incontestable : je cohabite désormais avec un chat. Ah… qu’est-ce que vous dites de ça ? Il est amusant bien sûr, mais légèrement provocateur aussi ; il court "comme un dératé" et me fait piquer de ces sprints… croyez-moi, j’aurais toutes les raisons de perdre patience et pourtant non !

Quant à mon nom, il est prédestiné : Lucky, chanceux en anglais (oui parce que je comprends cette langue aussi ; euh… juste ce mot-là en vérité). Ma maîtresse ne pouvait pas deviner l’avenir, or elle n’aurait pas pu mieux choisir en me donnant celui-ci. Je me souviens encore du jour où, petit chiot apeuré d’à peine deux mois, bien calé entre ses bras encore inconnus, elle m’a offert le plus beau des sourires en me disant : « Lui et moi, on nous appelle Marilou et Jo. Toi, je te baptise Lucky ! Ce nom te portera chance. »

Elle ignorait combien ce serait vrai.

2

Tout a commencé avec la séparation de mes maîtres.

J’avais bien remarqué que plus rien n’allait vraiment entre eux. Je n’étais pas aveugle, impossible de ne pas constater que leur entente s’effritait lentement mais sûrement !

Quelques années auparavant, ils avaient choisi de vendre leur maison et même de quitter leur région pour se rapprocher de l’océan (mes maîtres m’ayant fait voyager, j’ai aussi des notions de géographie) et avoir une vie meilleure. Moi, peu m’importait le lieu du moment que je faisais partie de leurs bagages.

On nageait dans le bonheur… du moins, moi, je nageais dans le bonheur à vrai dire ! Jo, déjà retraité, m’emmenait tous les matins pour notre promenade rituelle. Bien dans mes pattes, je trottinais fièrement à ses côtés. Je marquais mon territoire ici et là, comme si les arbres n’appartenaient qu’à moi. Nous croisions quelques habitués. J’aboyais à l’approche de ceux qui me semblaient être des intrus. Je me sentais utile, à la fois son compagnon et son protecteur. À Marilou, je réservais mes meilleures léchouilles, surtout à son retour du travail, alors même qu’elle me gratifiait de ses plus douces caresses. Leurs petits-enfants, tous en bas-âge, loin d’avoir peur de moi, me prenaient dans leurs bras, telle une peluche. Ils étaient mes récréations.

J’étais Heu-reux !

En revanche, ce n’était pas du tout le cas de Marilou et Jo dont les visages avaient définitivement chassé les sourires. Les silences retentissaient ; de part et d’autre, l’exaspération s’intensifiait ; les désaccords cuisants s’accumulaient… impitoyablement. Jusqu’au jour où les disputes pour tout et n’importe quoi eurent place nette pour s’installer, devenant de plus en plus régulières et blessantes. Je voyais ensuite Marilou pleurer, Jo se taire et se renfermer d’autant plus. Malheureusement, rien ne calmait leurs colères réciproques. Alors, à force de se jeter à la figure de vilaines rancœurs, le couperet tomba : Marilou mit sa menace à exécution en partant.

C’est là que, du jour au lendemain, ma vie a basculé du tout au tout ! Lui ne voulait pas me garder, assumant son refus de s’encombrer d’un chien et elle, pour qui il était hors de question de se passer de moi, se retrouva par malchance plus tard dans l’impossibilité de me garder. Je dois avouer que ce fut entièrement de ma faute, mais je jure que c’était indépendant de ma volonté.

D’abord, leurs querelles puis leur séparation avaient généré beaucoup de stress en moi ; ma nature anxieuse n’attendait qu’un couac pour revenir à la charge et s’incruster. Je me sentais si bien, moi, dans mon cocon !

Ensuite, malgré la petitesse de notre appartement, la solitude, dans laquelle je me retrouvais pendant les longues heures d’absence de ma maîtresse pour son travail, eut raison de ce qu’il me restait de confiance en moi. Résultat, je pleurais tout le temps ! La vieille voisine du haut qui entendait mes plaintes avait alerté Marilou et la tenait informée au jour le jour. Elle avait beau me cajoler, me rassurer, m’expliquer qu’il ne s’agissait pas d’un abandon, mais qu’elle n’avait pas d’autre choix que de me laisser là, le sentiment d’insécurité me submergeait trop ; je ne pouvais le maîtriser. Dès que Marilou me quittait, j’étais terrifié. Elle, par ma faute, devenait petit à petit aussi triste que moi. Cette situation dura je ne sais combien de temps.

À la fin, la mort dans l’âme, ma pauvre maîtresse me révéla sa décision, la seule qu’elle pensait raisonnable de prendre, celle de me donner (car elle se refusait à gagner de l’argent sur mon dos) à des gens disponibles qui sauraient me rendre la joie de vivre. Elle avait déjà une piste sérieuse. Ayant précédemment déposé une annonce dans les magasins alentour, une dame qui l’avait contactée s’était montrée intéressée pour son vieux père à qui la solitude pesait.

« Tiens donc, me dis-je alors, presque soulagé sur le moment de n’être pas le seul, ça arrive aussi chez les humains ? »

D’après sa fille, un petit chien comme moi ferait avec certitude un excellent compagnon à son pauvre papa. À première vue, le courant était bien passé.

Mais moi, Patatras, mon univers s’effondrait. Je n’avais pas vu venir cette Catastrophe ! Je refusais de m’en accommoder. Les jours suivants, je redoublai d’efforts, j’y mettais tout mon cœur, je la couvais des yeux pour l’amadouer ; je crois avoir tout essayé pour la faire changer d’avis, mais sa décision était prise et irrévocable{*}. D’autant plus qu’elle croyait en la qualité de mon prochain foyer.

Elle ne voulait rien me montrer, mais je la connaissais si bien ! À travers ses câlins, ses regards, je devinais qu’elle était aussi déchirée que moi à l’idée de me quitter.

On ne se dit pas vraiment adieu. Je m’étais bêtement laissé berner. Tout avait été prémédité au téléphone entre les deux femmes pour que je ne m’aperçoive de rien. Mes rituels, mon langage, mes angoisses… l’inconnue était déjà au courant de tout. Aussi, lors du rendez-vous qu’elles s’étaient donné, tout alla très vite. La femme en question m’attacha très naturellement la laisse, signifiant ainsi clairement la promenade ; moi trop content, je n’y vis que du feu. L’instant d’après seulement, je m’aperçus que ma maîtresse ne nous suivait pas, pire... qu’elle avait disparu… et voilà, c’était fini. J’eus beau refuser d’avancer, tirer sur ma laisse pour rebrousser chemin, rien n’y fit. C’était une douce journée, annonciatrice du printemps ; le soleil brillait haut dans le ciel. Mais moi, je me sentis soudain glacé de l’intérieur.

Gentiment (j’avoue), mais sûrement, l’inconnue me prit dans ses bras et me sépara définitivement de celle qui était tout pour moi. Je ne savais plus où j’en étais ni comment j’en étais arrivé là. De plus, j’ignorais complètement où l’on m’emportait et vers qui.

Je n’étais pas au bout de mes peines !

3

À peine étais-je embarqué dans sa voiture qu’elle posa à mes côtés mon doudou chat. « Ohlala… où était-il pour que je ne l’aie pas vu jusque-là ? Mumm, ça fait du bien, ça ! » Dès qu’elle fut montée à son tour, j’eus droit à toutes les descriptions et explications concernant mon futur maître, son père, donc. Celui-ci avait dû se résigner à l’admission de son épouse en maison de retraite, il en était très affecté. L’idée de lui offrir un petit chien pour l’accompagner dans sa solitude était alors venue à sa fille. Ensuite, les informations que ma maîtresse lui avait données sur moi avaient fait le reste. Elle était convaincue que lui et moi étions faits pour nous entendre.

Je ne disais rien, la tête posée sur mon doudou, je ne bougeais pas un poil, mais j’avais les oreilles aux aguets et n’en pensais pas moins. « Non, mais qu’est-ce qu’elle s’imagine ? Que je vais faire ami-ami avec un parfait inconnu ? Que je vais, comme ça, en un clap de pattes, effacer ma vie d’avant ? » Elle pourrait toujours courir, j’irais plus vite ! S’il le fallait, je ferais la grève de la faim, na ! 

Au bout d’un temps qui me parut très long tellement l’envie de faire pipi devenait pressante, nous arrivâmes devant une maison blanche avec des volets bleus ; entourée de plein d’autres, avec un joli jardinet à l’avant bien ordonné, très tentant pour aller y arroser les fleurs. Aussitôt la portière ouverte, je m’y précipitai ! « Ouf, je ne tenais plus ! À présent, mes idées seront nettement plus claires. » Bon, là, je m’étais fait un peu gronder :

— Comme entrée en matière, tu peux mieux faire ! Si tu ne veux pas te faire houspiller, il ne faudra pas recommencer, tu entends ? Ce sont les fleurs de ma mère et elles sont sacrées pour mon père ! m’asséna l’inconnue en fixant la laisse à mon collier.

«Ça commence bien », me dis-je. 

Elle frappa à la porte et, sans attendre de réponse, entra en appelant :

— Papa, t’es où ?

Assis sur mon arrière-train, je distinguai un bruit de pas.

— C’est moi… je suis venue te rendre une petite visite et t’apporter un cadeau, poursuivit-elle, l’entendant approcher.

Ce fut là que je découvris à quoi ressemblait celui qui allait s’occuper de moi… ou l’inverse. « Voyons comment il va réagir à la surprise. »

— Bonjour, ma fille. Oh, mais tu t’es acheté un chien ? Comme il est mignon ! dit l’homme en se penchant vers moi pour me caresser.

— Ça va, mon p’tit papa ? Eh non, ce n’est pas le mien, figure-toi… c’est ton cadeau justement !

Il se redressa vivement, la regarda pour être sûr qu’elle ne plaisantait pas, abaissa le regard sur moi et s’immobilisa.

— … …

Sa fille s’empressa alors de me présenter, lui affirmant combien je serai un compagnon agréable et affectueux. L’homme semblait perplexe ; pas franchement opposé, mais perplexe.

— Mais tu te rends compte, je n’ai jamais eu d’animal ; les seuls dans la maison ont été tes deux poissons rouges et je ne m’en suis jamais préoccupé !