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Un meurtre dans les rues de Paris. Un secret qui pourrait ébranler la République. Au cœur du Quartier latin, parmi les étagères poussiéreuses et l'odeur du vieux papier, un sacrilège se produit : un libraire respecté est assassiné dans sa propre librairie d'ouvrages anciens, avec un livre inestimable du XVIe siècle. Pour l'inspecteur Leprince, mélancolique, une enquête commence dans un monde où le savoir est une arme et où le passé n'est jamais vraiment mort. La première piste semble évidente : un manuscrit scandaleux, récemment découvert, datant de la Révolution française. Un document susceptible de déshonorer de puissantes familles et de bouleverser l'histoire officielle. L'enquête entraîne Leprince dans un réseau complexe de collectionneurs obsessionnels, de politiciens ambitieux et d'une aristocrate impitoyable prête à tout pour protéger l'honneur de ses ancêtres. Chacun a un mobile. Chacun a un alibi. Mais tandis que Leprince traque les fantômes de la Révolution, il découvre que le secret historique n'est qu'une brillante façade. Dans un laboratoire clandestin, il met au jour une vérité bien plus moderne et explosive : des photographies compromettantes qui pourraient faire tomber l'un des hommes les plus puissants de France. Soudain, il ne s'agit plus seulement d'un meurtre. C'est une course contre la montre pour empêcher un scandale politique d'envergure nationale et pour arrêter une redoutable tueuse prête à tout pour assouvir sa vengeance. Atmosphérique, intelligent et plein de rebondissements inattendus, le nouveau dossier du commissaire Leprince est un voyage au cœur des ténèbres de Paris, où les péchés du passé projettent une longue ombre sanglante. Leprince parviendra-t-il à découvrir la vérité avant qu'elle ne soit à jamais étouffée dans les archives du pouvoir ?
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Seitenzahl: 137
Veröffentlichungsjahr: 2025
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Le commissaire Leprince et un meurtre silencieux dans le Quartier latin : France Polar
Droits d'auteur
Glossaire sans spoilers : Personnes, lieux et termes
Les enquêteurs
Les suspects et les personnes impliquées
Lieux importants
Mots clés
Chapitre 1 : Une mort silencieuse dans le Quartier latin
Chapitre 2 : Les fantômes du passé
Chapitre 3 : Un cercle de suspects
Chapitre 4 : Les murs du silence
Chapitre 5 : La pièce cachée
Chapitre 6 : Les ombres numériques
Chapitre 7 : Le second vol
Chapitre 8 : Indices suspects et histoires cachées
Chapitre 9 : Le chasseur devient la proie
Chapitre 10 : Les détails finaux
Chapitre 11 : Réflexions dans une ville silencieuse
Chapitre 12 : Échos au palais de la République
Chapitre 13 : Éclats et silence
Chapitre 14 : La dernière page
Titelseite
Cover
Inhaltsverzeichnis
Buchanfang
de MAX BREVARD
Un meurtre dans les rues de Paris. Un secret qui pourrait ébranler la République.
Au cœur du Quartier latin, parmi les étagères poussiéreuses et l'odeur du vieux papier, un sacrilège se produit : un libraire respecté est assassiné dans sa propre librairie d'ouvrages anciens, avec un livre inestimable du XVIe siècle. Pour l'inspecteur Leprince, mélancolique, une enquête commence dans un monde où le savoir est une arme et où le passé n'est jamais vraiment mort.
La première piste semble évidente : un manuscrit scandaleux, récemment découvert, datant de la Révolution française. Un document susceptible de déshonorer de puissantes familles et de bouleverser l’histoire officielle. L’enquête entraîne Leprince dans un réseau complexe de collectionneurs obsessionnels, de politiciens ambitieux et d’une aristocrate impitoyable prête à tout pour protéger l’honneur de ses ancêtres. Chacun a un mobile. Chacun a un alibi.
Mais tandis que Leprince traque les fantômes de la Révolution, il découvre que le secret historique n'est qu'une brillante façade. Dans un laboratoire clandestin, il met au jour une vérité bien plus moderne et explosive : des photographies compromettantes qui pourraient faire tomber l'un des hommes les plus puissants de France. Soudain, il ne s'agit plus seulement d'un meurtre. C'est une course contre la montre pour empêcher un scandale politique d'envergure nationale et pour arrêter une redoutable tueuse prête à tout pour assouvir sa vengeance.
Atmosphérique, intelligent et plein de rebondissements inattendus, le nouveau dossier du commissaire Leprince est un voyage au cœur des ténèbres de Paris, où les péchés du passé projettent une longue ombre sanglante.
Leprince parviendra-t-il à découvrir la vérité avant qu'elle ne soit à jamais étouffée dans les archives du pouvoir ?
Un livre de CassiopeiaPress : CASSIOPEIAPRESS, UKSAK E-Books, Alfred Bekker, Alfred Bekker présente, Cassiopeia-XXX-press, Alfredbooks, Bathranor Books, Uksak Special Edition, Cassiopeiapress Extra Edition, Cassiopeiapress/AlfredBooks et BEKKERpublishing sont des marques de
Alfred Bekker
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© cette édition 2025 par AlfredBekker/CassiopeiaPress, Lengerich/Westphalie
Les personnages fictifs n'ont aucun lien avec des personnes réelles. Toute ressemblance avec des noms est purement fortuite et involontaire.
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Tout sur la fiction !
Kommissar Jean-Luc Leprince:L'enquêteur principal de la police criminelle parisienne. Un inspecteur réfléchi et expérimenté, doté d'un sens aigu des rouages psychologiques d'un crime.
Commissaire Claude Levoisseur :Le partenaire pragmatique et terre-à-terre de Leprince. Il est souvent le moteur du travail policier concret.
Marcel Santini :L'expert médico-légal de l'équipe est brillant mais arrogant et souvent moqueur. Ses analyses scientifiques fournissent des indices cruciaux, souvent inattendus.
Réalisateur Bertrand Duvalier :Le supérieur de Leprince et Levoisseur. Un bureaucrate expérimenté qui doit gérer les pressions politiques venues de sa hiérarchie.
Antoine Dubois:La victime. Un libraire âgé et très respecté, expert en manuscrits rares, qui tenait une librairie d'antiquités. Le Grimoire Ancienest retrouvé assassiné.
Elodie Renaud:La jeune étudiante en histoire à la Sorbonne et assistante d'Antoine Dubois, qui découvre que son mentor est mort.
Victor Moreau :Un magnat de l'immobilier impitoyable et un collectionneur d'art agressif. Ancien rival de Dubois, il convoite depuis longtemps sa boutique.
Professeur Alaine Bernard :L'éminent historien de la Sorbonne et spécialiste du philosophe Julien Cazeau. Son œuvre et sa réputation sont en jeu.
Isabelle de Valois:Aristocrate influente et impitoyable, descendante d'un personnage mentionné dans le Manuscrit de Cazeau, elle est déterminée à protéger l'honneur de sa famille.
Hélène Fournier:La jeune et brillante doctorante du professeur Bernard, qui effectue des recherches sur les documents historiques falsifiés.
Minister Jean-Luc Audran:Un ministre influent et respecté au sein du gouvernement français, jouissant d'une réputation irréprochable.
Gérard Fournier:Le père d'Hélène, décédé, et ancien directeur général de la fondation Patrimoine et Avenir.
Le Grimoire Ancien:La librairie d'antiquités poussiéreuse et encombrée d'Antoine Dubois, rue de la Sorbonne, devient le théâtre du crime.
Quartier latin:Le quartier historique étudiant et intellectuel de Paris autour de l'université de la Sorbonne.
Quai des Orfèvres:L'adresse légendaire du siège de la police criminelle parisienne sur l'Île de la Cité.
Sorbonne :La célèbre université de Paris, centre académique de l'affaire.
Bibliothèque Forney:Une bibliothèque publique spécialisée dans les arts et l'artisanat, située dans le quartier du Marais, et installée dans un palais médiéval.
Cercle Brossard:Un club privé exclusif et discret du 16e arrondissement, lieu de rencontre de l'élite politique et économique parisienne.
Manuscrit de Cazeau :Le journal intime, prétendument redécouvert, du philosophe révolutionnaire radical Julien Cazeau, contiendrait des secrets scandaleux susceptibles de bouleverser la version officielle de la Révolution française.
Marianne '89 :Un nom de projet mystérieux découvert dans les archives secrètes d'Antoine Dubois, qui ne semble de prime abord avoir aucun lien avec l'affaire.
Patrimoine et Avenir :Une fondation culturelle respectée qui, par le passé, a établi un lien entre certaines des figures principales de cette affaire.
Février étouffait Paris. Ce n'était pas un froid sec et vif, mais une humidité traîtresse qui s'insinuait sous les manteaux et s'installait sur les os. Le ciel au-dessus de la ville était un voile de plomb uniforme, absorbant la lumière et plongeant les couleurs du monde dans un gris morne. Jean-Luc Leprince se tenait à sa fenêtre du quai des Orfèvres, le regard perdu sur la Seine. L'eau était paresseuse et sombre, presque noire, et les quelques bateaux de touristes qui s'y aventuraient semblaient des fantômes solitaires. C'était un matin qui avait le goût d'un mauvais café et de nouvelles encore pires.
Le téléphone sur son bureau sonna, strident et impatient. Il savait qui c'était avant même de décrocher. « Leprince. » « Jean-Luc, c'est moi », répondit la voix familière et pragmatique de Claude Levoisseur. Pas de salutations, pas de bavardages. Ce n'était jamais le genre de Claude quand il y avait du travail. « On a une affaire. Rue de la Sorbonne. Ça ne sent pas bon. » « Ça ne sent jamais bon ? » marmonna Leprince en attrapant son manteau. « J'arrive dans dix minutes. »
Claude conduisait sa Peugeot sans prétention à travers les embouteillages matinaux du boulevard Saint-Germain. Les essuie-glaces luttaient contre une fine bruine qui transformait le monde extérieur en une aquarelle. Des étudiants, vêtus de vestes trop légères et chargés de sacs à dos trop lourds, se hâtaient vers la Sorbonne, le visage blême par le froid. Les façades des vieux immeubles semblaient dormir dans la lumière blafarde, témoins de siècles de drames et de révolutions. Le Quartier latin, cœur intellectuel de Paris, possédait une âme plus ancienne que la plupart des nations. Aujourd'hui, cette âme était de nouveau blessée.
La rue de la Sorbonne était une ruelle étroite, dominée par la vénérable université. Une voiture de police bloquait déjà l'entrée, son gyrophare bleu clignotant silencieusement et projetant des reflets agités sur les pavés mouillés. Un petit groupe de curieux – les badauds– s’étaient déjà formés, leurs voix étouffées un doux murmure sous le ciel gris.
Claude attendait près du ruban de signalisation bleu et blanc, les épaules voûtées pour se protéger du froid, le visage impassible. « Jean-Luc », fit-il en hochant la tête en guise de salutation. « Juste ici. » Il désigna la façade d'une petite boutique, coincée entre un café et une papeterie moderne. Le nom, inscrit en lettres dorées délavées, figurait sur le vieux store vert foncé. Le Grimoire AncienUne librairie d'antiquités.
Leprince passa sous le ruban adhésif et suivit Claude jusqu'à la porte. L'odeur le frappa d'abord. C'était le parfum sacré des siècles : un mélange de papier sec, de cuir craquelé, de vieille colle et de la fine poussière du temps, toujours présente. La boutique était petite, à peine plus qu'un long tube étroit, mais elle regorgeait de livres jusqu'au plafond. Ils n'étaient pas seulement rangés sur les étagères qui tapissaient les murs ; ils étaient empilés à même le sol, formant des tours qui semblaient défier la gravité, et s'étendaient sur chaque chaise et chaque table disponible. Ce n'était pas une boutique ; c'était une caverne, un chaos organisé, la mémoire de la ville sous forme de papier.
Et au milieu de ce labyrinthe de pages imprimées, régnait un silence anormal.
Au bout du couloir, derrière un imposant bureau en chêne, croulant lui aussi sous des montagnes de livres, était assise une silhouette. Ou plutôt, allongée. Antoine Dubois, 72 ans, propriétaire de la Grimoire AncienIl était allongé sur son bureau, le buste posé dessus, la tête tournée sur le côté. Ses fins cheveux blancs étaient mêlés à des reflets rouge foncé qui se répandaient lentement sur une page ouverte d'un vieux livre. Ses yeux, ouverts, fixaient avec une expression de surprise silencieuse une pile de manuscrits à côté de lui.
À côté du corps était agenouillé Marcel Santini, leur brillant et insupportable expert médico-légal. Il portait son costume impeccable comme s'il sortait tout droit d'un défilé de mode et examinait la scène de crime avec un mélange de détachement professionnel et de plaisir à peine dissimulé.
« Ah, la cavalerie arrive », dit Santini sans lever les yeux. « Pas de précipitation, messieurs les commissaires. Notre ami ne va nulle part. » « Qu’avons-nous là, Marcel ? » demanda Claude, ignorant le sarcasme. Santini se redressa lentement et retira ses gants d’un geste théâtral. « La cause du décès, pour quiconque a une vue perçante, est un traumatisme crânien massif. L’heure du décès, estimée approximativement, se situe entre hier soir et les premières heures de ce matin. Et l’arme du crime… » Il marqua une pause pour l’effet dramatique et désigna d’un signe de tête un gros livre posé sur le bureau, près de la tête de Dubois. « …est particulièrement élégante. Un vrai classique. »
Leprince s'approcha. Le livre était un imposant volume, relié de cuir sombre et craquelé, avec de lourdes agrafes en laiton. La couverture était ornée de dorures à la main, anciennes mais d'une grande finesse. Le dos était maculé de sang. « Un meurtrier doté d'un sens de l'ironie », murmura Leprince. « Un homme de savoir, tué par un livre. »
Il laissa son regard errer dans la pièce, cherchant à comprendre le chaos, à dénicher un détail incongru. C'était l'absence de certaines choses qui le troublait. Aucune trace de lutte ; les piles de livres autour du bureau semblaient intactes. Pas de caisse enregistreuse cassée. Cela ne ressemblait pas à un cambriolage.
Il remarqua alors deux choses presque simultanément. D'abord, un vide. Dans la bibliothèque juste derrière le bureau, à hauteur des yeux, il y avait un espace vide. La poussière y était moins épaisse, comme si quelque chose s'y était tenu récemment, quelque chose de volumineux, peut-être aussi imposant que le livre posé sur le bureau. Ensuite, une odeur. Sous la note dominante de vieux papier et l'odeur métallique du sang, quelque chose d'autre persistait dans l'air. Un souffle fugace, presque imperceptible. C'était un parfum. Cher, moderne, floral, avec un fond lourd et poudré. C'était le parfum d'une femme élégante, une fragrance qui avait autant sa place dans ce monde poussiéreux et masculin de vieux livres qu'un canari dans une mine de charbon.
« Quelqu’un a-t-il volé quelque chose ? » demanda Claude, reprenant les pensées de Leprince. « Difficile à dire », répondit Leprince d’une voix douce. « Dans ce chaos, un régiment entier pourrait disparaître sans que personne ne s’en aperçoive. Mais on n’en a pas l’impression. » Il désigna le vide sur l’étagère. « Peut-être ne cherchaient-ils qu’une seule chose. »
Santini, qui l'observait, renifla avec mépris. « Ou alors, le coupable a simplement saisi un projectile. Allez-y, spéculez, inspecteurs. Je m'en tiens aux faits. Et les faits me disent que j'ai besoin de cet endroit immédiatement pour une expertise médico-légale approfondie. Alors, quand vous aurez fini vos rêveries romantiques… »
Leprince se détourna. Il en avait assez vu. L'affaire l'avait déjà profondément marqué. Un vieil homme, tué dans son sanctuaire, entouré des témoins silencieux de milliers d'histoires. L'une de ces histoires avait dérapé, s'était arrachée à ses pages et avait pris une tournure meurtrière.
« Claude, dit-il en retournant dans le froid humide de la rue de la Sorbonne. Trouve qui l’a trouvé. Qui avait une clé ? Sa famille, ses employés. Et je veux tout savoir sur Antoine Dubois. Ses ennemis, ses amis, ses dernières ventes. » Claude acquiesça. « Et toi ? » « Moi ? » répondit Leprince en jetant un dernier regard à la petite librairie, une sombre niche dans la vieille façade. « J’essaie de déterminer quel livre vaut la peine de tuer. »
La bruine s'intensifiait, effaçant les traces de la nuit des rues de Paris. Mais dans la petite boutique, au milieu du murmure des livres, une nouvelle histoire, sombre et mystérieuse, venait de commencer.
Tandis que l'équipe de Santini — ces hommes en salopettes blanches que Leprince appelait secrètement « les chasseurs de fantômes » — transformait la petite boutique en une scène de crime stérile et impersonnelle, Leprince et Claude retournèrent dehors. La pluie s'était calmée, mais l'air était lourd d'une humidité persistante. La ville semblait pousser un soupir froid et humide.
Un jeune policier en uniforme, à peine âgé de plus de vingt ans, s'approcha d'elle. Le visage pâle, il évitait de regarder en direction de la librairie d'antiquités. « Commissaire, la jeune fille qui l'a trouvé… nous l'avons déposée là-bas. » Il désigna un banc de pierre sous les arcades de la Sorbonne.
Une jeune femme était assise là, affalée et perdue. Ses bras étaient enlacés autour de ses genoux, comme pour se retenir. Ses cheveux noirs, humides, collaient à ses joues. Elle frissonnait, malgré la protection que lui offraient les arcades contre le vent. Leprince s'approcha lentement. « Mademoiselle ? Je suis l'inspecteur Leprince. Et voici mon collègue, l'inspecteur Levoisseur. » La jeune fille leva les yeux. Ses yeux, grands ouverts et rougis par les larmes, lui faisaient mal. « Élodie Renaud », murmura-t-elle d'une voix tremblante. « Je… je travaille pour lui. Ou… j'ai travaillé pour lui. » À ces mots, sa voix se brisa et un nouveau sanglot secoua son corps frêle.
« Nous ne pouvons pas parler ici », dit Claude d'une voix douce mais ferme. « Venez, Mademoiselle. Un café chaud. » Il la conduisit de l'autre côté de la rue, jusqu'au petit café situé juste en face de la librairie d'antiquités. Le SorbonnierC'était un de ces lieux intemporels qui incarnaient le vrai Paris. Le sol était carrelé de carreaux noirs et blancs usés, les tables étaient minuscules et en bois sombre, et l'air était imprégné d'un parfum doux-amer de café fort et de croissants frais. Le propriétaire, derrière le comptoir en zinc, connaissait Claude et leur adressa un bref signe de tête, le regard chargé de questions muettes.
Ils s'assirent à une table près de la fenêtre, d'où ils pouvaient voir la scène de crime. Élodie fixait le ruban bleu et blanc, comme si elle ne pouvait croire ce qu'elle voyait. Claude commanda trois grands crèmesLorsque les tasses fumantes arrivèrent, Leprince en déposa délicatement une devant la jeune fille. « Buvez, Mademoiselle. Cela vous fera du bien. »
Elle serra la tasse brûlante à deux mains, comme une bouée de sauvetage. Un silence s'installa. Seuls le sifflement de la vieille cafetière et le doux cliquetis de la vaisselle le rompirent. « Pouvez-vous nous dire ce qui s'est passé ? » finit par demander Claude. Sa voix était calme, mais neutre. Élodie prit une inspiration tremblante. « Je viens tous les matins à neuf heures. Monsieur Dubois est toujours déjà là. Il dit que les livres n'aiment pas être pressés le matin. » Un léger sourire triste effleura ses lèvres. « Aujourd'hui, la porte était ouverte. Ce n'est jamais le cas. J'ai appelé son nom, mais… pas de réponse. Je suis allée au fond. Et là… là, je l'ai vu. » Elle ferma les yeux, comme pour chasser l'image. « Il était juste allongé là. Sur son bureau. Au début, j'ai cru qu'il dormait. »
« Avez-vous touché à quelque chose ? » demanda Claude. Elle secoua la tête. « Non. Je… je suis ressortie en courant et j’ai appelé la police. » Leprince se pencha légèrement en avant. Sa voix était plus douce que celle de Claude. « Parlez-nous de Monsieur Dubois, Élodie. Vous avez dit que vous travailliez pour lui. » « J’étudie l’histoire ici à la Sorbonne », dit-elle en désignant vaguement la fenêtre. « Travailler pour lui a été une chance incroyable. Il était plus qu’un patron. C’était un mentor. Un gardien des histoires. Il connaissait chaque livre de cette librairie, savait d’où il venait, entre quelles mains il était passé. Il disait toujours que les livres ont une mémoire. »
