Le miel et l’oranger - Leila M’hamsadji - E-Book

Le miel et l’oranger E-Book

Leila M’hamsadji

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Beschreibung

Cet ouvrage lève un pan de voile sur les années 80 d’une jeunesse où palpitent l’espoir et les promesses de la vie, alors que l’horreur de la guerre gronde aux portes de l’Orient, berceau de toutes nos civilisations. Il est le creuset de rêveries où l’espoir d’un féminin libéré de ses entraves célèbre l’appel de la vie. Quand le souffle étreint les mots et les fait hurler d’amour, de haine ou de rage, entre les deux rives d’un passé-présent où se mêle l’envoûtement des racines de la méditerranée à la froide clarté des berges poitevines.


À PROPOS DE L'AUTEUREEnseignante de langue, docteur en sciences sociales du Maghreb et du Moyen-Orient, Leila M’hamsadji considère le livre comme une évasion nécessaire à ce monde qu’on ne cesse de questionner.

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Seitenzahl: 33

Veröffentlichungsjahr: 2023

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Leila M’hamsadji

Le miel et l’oranger

Recueil

© Lys Bleu Éditions – Leila M’hamsadji

ISBN : 979-10-377-8157-4

Le code de la propriété intellectuelle n’autorisant aux termes des paragraphes 2 et 3 de l’article L.122-5, d’une part, que les copies ou reproductions strictement réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective et, d’autre part, sous réserve du nom de l’auteur et de la source, que les analyses et les courtes citations justifiées par le caractère critique, polémique, pédagogique, scientifique ou d’information, toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle, faite sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause, est illicite (article L.122-4). Cette représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait donc une contrefaçon sanctionnée par les articles L.335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.

À Mona

À Kamil

Douleur

La douleur, la connais-tu ?

Celle des aiguilles de pin s’effilant vers un firmament étoilé

Dans la placide douceur de la nuit

Calme et sereine dans son insolence

Et cynique beauté ?

Connais-tu la douleur ?

Cette fine charnière tranchante

Entre la vie et les ténèbres de l’être

Ras des feuilles mortes

Elle prolonge ses racines d’orties,

Insupportable frottement de ses cuisantes épines

Et langues effilées d’un poison de vipère

Que mon âme hurlante

Absorbe impuissante.

Papillon

Une perle blanche et nacrée

Au contour délicat et ciselé

Glisse doucement d’une coquille de rosée

Curieuse d’une ouverture béante et mystérieuse

Attirée par un envoûtant ronflement…

Quelle danse macabre ai-je jouée

Aux abords de cette tanière des hommes

Grondant d’une vérité féroce

Noire d’un mystère ténébreux ?

Mue par la force rétive de la souveraine connaissance

L’énergie du désespoir me fit lever la face

Et brandir la lance de ma terreur

Pour déchirer ce voile opaque

De cet abîme où j’allais peut-être trouver la mort.

Des corps impalpables se mouvaient aux lianes ricanantes

Le vide de la transparence régnait alentour

La répulsion et le dégoût me firent une cour obscène,

Mes yeux impassibles observaient la ronde de l’horreur

Tandis que se déchirait l’hymen de ma candeur,

Lambeau par lambeau,

Révélant les immondices des hommes

Et l’immonde palpitation de cette bête humaine

Basculée de mes cieux, secouant mon sang,

Je pénétrai à la fois le sordide et la vie.

Où sont mes dieux d’antan ?

Devant ceux de la terre, friables

Devant ceux de la matière, décomposables

Une rosée s’évapore

Et le ciel devient un trou béant.

Je ne crois plus qu’à ma lance,

Qu’aux yeux des enfants qui pleurent

Espérant un monde meilleur

Je ne crois plus qu’au courage

Qui me fera détruire la peur de l’horreur.

Terre

Noir et touffus le feuillage

Qui bruit d’une couleur blafarde sous les étoiles

Des mains jaillissent muettes

Et des voix musicales s’étouffent hermétiques

Un brouillard cotonneux les enveloppant

D’une tiédeur pénétrante

Et l’herbe folle criant à la Vie

Pleure doucement sous les pas tranquilles

Des ondes vibrantes et frissonnantes

Comme des vagues sinueuses s’épandent langoureuses

Forçant la sève de l’arbre

Et s’épandant dans l’âme

Tour à tour dans une danse végétale

Et la lune répond à la terre qui murmure

Labourant sa fécondité par l’offrande

Qui des chansons des hommes

Fera jaillir la source.

Rêverie

Mon corps frissonne

Et mes yeux s’abreuvent de ton regard

Mon corps s’abandonne,

Et il respire dans tes bras.

Dans la houle, les battements de mon cœur

En écho répondent au tien

Scandant tour à tour

Un murmure brûlant

Et un rugissement sourd.

Nos deux corps entremêlés

De la tendresse retrouvée

Explorent l’histoire et le temps

Les mystères de la vie

L’espoir vaporeux de la gloire

La gloire d’être toi

La gloire d’être moi

La gloire d’être nous.

Mélancolie

À l’horizon riment des chansons

La pluie s’égoutte en roucoulement de colombe

Et glissent sur mon cœur

Des gouttelettes de pénombre

Qui s’étiolent doucement en pétales chatoyantes

Parsemant en ivresse

Des continents de tendresse.

Fanés, déchiquetés, ils se dessèchent