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Cet ouvrage lève un pan de voile sur les années 80 d’une jeunesse où palpitent l’espoir et les promesses de la vie, alors que l’horreur de la guerre gronde aux portes de l’Orient, berceau de toutes nos civilisations. Il est le creuset de rêveries où l’espoir d’un féminin libéré de ses entraves célèbre l’appel de la vie. Quand le souffle étreint les mots et les fait hurler d’amour, de haine ou de rage, entre les deux rives d’un passé-présent où se mêle l’envoûtement des racines de la méditerranée à la froide clarté des berges poitevines.
À PROPOS DE L'AUTEUREEnseignante de langue, docteur en sciences sociales du Maghreb et du Moyen-Orient, Leila M’hamsadji considère le livre comme une évasion nécessaire à ce monde qu’on ne cesse de questionner.
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Seitenzahl: 33
Veröffentlichungsjahr: 2023
Leila M’hamsadji
Le miel et l’oranger
Recueil
© Lys Bleu Éditions – Leila M’hamsadji
ISBN : 979-10-377-8157-4
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À Mona
À Kamil
La douleur, la connais-tu ?
Celle des aiguilles de pin s’effilant vers un firmament étoilé
Dans la placide douceur de la nuit
Calme et sereine dans son insolence
Et cynique beauté ?
Connais-tu la douleur ?
Cette fine charnière tranchante
Entre la vie et les ténèbres de l’être
Ras des feuilles mortes
Elle prolonge ses racines d’orties,
Insupportable frottement de ses cuisantes épines
Et langues effilées d’un poison de vipère
Que mon âme hurlante
Absorbe impuissante.
Une perle blanche et nacrée
Au contour délicat et ciselé
Glisse doucement d’une coquille de rosée
Curieuse d’une ouverture béante et mystérieuse
Attirée par un envoûtant ronflement…
Quelle danse macabre ai-je jouée
Aux abords de cette tanière des hommes
Grondant d’une vérité féroce
Noire d’un mystère ténébreux ?
Mue par la force rétive de la souveraine connaissance
L’énergie du désespoir me fit lever la face
Et brandir la lance de ma terreur
Pour déchirer ce voile opaque
De cet abîme où j’allais peut-être trouver la mort.
Des corps impalpables se mouvaient aux lianes ricanantes
Le vide de la transparence régnait alentour
La répulsion et le dégoût me firent une cour obscène,
Mes yeux impassibles observaient la ronde de l’horreur
Tandis que se déchirait l’hymen de ma candeur,
Lambeau par lambeau,
Révélant les immondices des hommes
Et l’immonde palpitation de cette bête humaine
Basculée de mes cieux, secouant mon sang,
Je pénétrai à la fois le sordide et la vie.
Où sont mes dieux d’antan ?
Devant ceux de la terre, friables
Devant ceux de la matière, décomposables
Une rosée s’évapore
Et le ciel devient un trou béant.
Je ne crois plus qu’à ma lance,
Qu’aux yeux des enfants qui pleurent
Espérant un monde meilleur
Je ne crois plus qu’au courage
Qui me fera détruire la peur de l’horreur.
Noir et touffus le feuillage
Qui bruit d’une couleur blafarde sous les étoiles
Des mains jaillissent muettes
Et des voix musicales s’étouffent hermétiques
Un brouillard cotonneux les enveloppant
D’une tiédeur pénétrante
Et l’herbe folle criant à la Vie
Pleure doucement sous les pas tranquilles
Des ondes vibrantes et frissonnantes
Comme des vagues sinueuses s’épandent langoureuses
Forçant la sève de l’arbre
Et s’épandant dans l’âme
Tour à tour dans une danse végétale
Et la lune répond à la terre qui murmure
Labourant sa fécondité par l’offrande
Qui des chansons des hommes
Fera jaillir la source.
Mon corps frissonne
Et mes yeux s’abreuvent de ton regard
Mon corps s’abandonne,
Et il respire dans tes bras.
Dans la houle, les battements de mon cœur
En écho répondent au tien
Scandant tour à tour
Un murmure brûlant
Et un rugissement sourd.
Nos deux corps entremêlés
De la tendresse retrouvée
Explorent l’histoire et le temps
Les mystères de la vie
L’espoir vaporeux de la gloire
La gloire d’être toi
La gloire d’être moi
La gloire d’être nous.
À l’horizon riment des chansons
La pluie s’égoutte en roucoulement de colombe
Et glissent sur mon cœur
Des gouttelettes de pénombre
Qui s’étiolent doucement en pétales chatoyantes
Parsemant en ivresse
Des continents de tendresse.
Fanés, déchiquetés, ils se dessèchent
