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Commentaire de la prière du Notre Père par l'évêque de Carthage. Il met en exergue le thème de l'unité qui permet au peuple chrétien de prier à l'unisson.
À PROPOS DE L'AUTEUR
Cyprien de Carthage est né vers 200 et mort en martyr le 14 septembre 258 sous la persécution de Valérien, est un Berbère converti au christianisme, évêque de Carthage et Père de l'Église
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Seitenzahl: 94
Veröffentlichungsjahr: 2022
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Cyprien de Carthage
Le « Notre Père »
Dans la collectionLa Manne des Pères
– Polycarpe de Smyrne, imitateur du Christ
– Athanase d’Alexandrie, Vie d’Antoine
– Augustin d’Hippone,J’ai soif de toi, commentaires sur les psaumes (extraits)
Couleurs des bandeaux de la collection
rouge: IIesiècle
vert: IIIesiècle
jaune: IVe-Vesiècle
Envoi de manuscrit ou de projet audio :
Saint-Léger éditions
1, chemin des pièces Bron
49260 Le Coudray-Macouard
02 41 67 79 30
Cyprien de Carthage
Le « Notre Père »
Collection dirigéepar Sœur Marie Ricard, Bénédictine de Martigné-Briand (49)
© Saint Léger éditions, 2015.
Tous droits réservés.
Nombreux sont nos contemporains qui découvrent avec plaisir les Pères de l’Église.
Grâce à leurs écrits, leurs prédications, c’est la foi chrétienne qui est nourrie.
Il n’est donc pas surprenant que cette étude engendre un vrai bonheur chez tous ceux qui l’entreprennent, en même temps qu’elle participe à un accroissement de leur témoignage dans le monde d’aujourd’hui.
Je me réjouis profondément de cette traduction rendant accessibles au plus grand nombre ces textes essentiels de notre patrimoine spirituel. Je forme tous mes vœux pour la fécondité de cette entreprise.
Angers, le 24 septembre 2014
+Emmanuel Delmas
évêque d’Angers
L’éditeur remercie très fraternellement
Mère Céline Guilbotosb, prieure des Bénédictines de Martigné-Briand (49), Père Jean-Pierre Longeat osb,
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Texte source
Cyprianus: De oratione dominica
Corpus Christianorum, Series Latina, III A, 1976.
et
Saint Cyprien : L’oraison dominicale
traduit et commenté par Michel RÉVEILLAUD, PUF 1964
Mis en français fondamental par une moniale de Wisques et une moniale de DourgneIntroduction et Annexe : Sœur Marie Ricard, osb
Le français fondamental
Il ne s’agit nullement de « français facile », d’une langue au rabais, pour des personnes peu lettrées. « Il faut entendre par français fondamental un ensemble de mots et de structures grammaticales simples ». Au sens strict, le français fonda-mental ne dépasse pas 1500 mots ; au sens large il peut atteindre 3500 mots.
Ce n’est pas une langue, c’est un niveau de langue, établi à partir d’études statistiques sur le français parlé et écrit, mis au point par des chercheurs de haut niveau. Selon l’aire culturelle et le milieu auquel les textes s’adressent, il faut ajouter à ces mots un stock de mots complémentaires, ou « vocabulaire spécialisé ».
Les phrases sont calquées sur la respiration, donc brèves. Elles doivent être propres à la lecture publique. La traduction doit faire apparaître avec toutes ses nuances le contenu intégral du texte d’origine.
La Collection « la Manne des Pères » (voir présentation en fin de volume) souhaite être une première initiation aux grands textes de la Tradition patristique et monastique.
Pour continuer la lecture, nous renvoyons à deux grandes Collections :
« Sources chrétiennes »
« Fondée aux Éditions du Cerf en 1941, la collection des Sources chrétiennes édite les textes originaux des Pères de l’Église, accompagnés d’une traduction française, de notes et de solides introductions qui situent les œuvres dans leur contexte histo-rique et doctrinal. »
Voir : http://sources-chretiennes.editionsducerf.fr/
« Les Pères dans la foi»(PdF)
« Née en 1977, cette collection a pour ambition de fournir à un public non spécialisé les textes majeurs (et, sauf exceptions, intégraux) des Pères dans la foi, accompagnés d’une initiation pédagogique à leur lecture (introduction, notes et guide thématique). »
Voir : http://www.migne.fr/Les_Peres_dans_la_foi.htm
Carte du Bassin méditerranéen
Saint Cyprien de Carthage, mosaïque de Ravenne.
Nefaire passer absolument rien avant le Christ,parce que le Christ n’a rien fait passer avant nous.
Chapitre 15
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PRÉSENTATION
Que savons-nous de Cyprien ?
Un païen devenu chrétien
Cyprien est le premier évêque martyr en Afrique.
Né à Carthage dans une riche famille païenne, c’est un professeur d’éloquence célèbre. Vers 245, à l’âge de 35 ans, il devient disciple du Christ après une jeunesse mouvementée.
Il raconte lui-même son chemin spirituel quelques mois après son baptême :
« J’étais encore couché comme dans une nuit noire. Et il me semblait très difficile et pénible d’accomplir ce que Dieu dans sa bonté me proposait… J’étais attaché aux très nombreuses erreurs de ma vie passée et je ne croyais pas pouvoir m’en libérer. En effet, j’acceptais mes vices et j’encourageais mes penchants mauvais… Mais ensuite, avec l’eau du baptême, la misère de ma vie précédente a été lavée. Une grande lumière s’est répandue dans mon cœur. Je suis né une deuxième fois et je suis devenu un être entièrement neuf. De manière
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merveilleuse, chaque doute a commencé alors à dispa-raître… J’ai compris clairement ceci : ce qui vivait auparavant en moi, quand j’étais esclave des vices de la chair, cela venait de la terre. Mais ce que l’Esprit Saint avait désormais fait naître en moi, c’était, en revanche, divin et céleste » (À Donat, 3-4).
Prêtre, puis évêque
Très vite après son baptême, malgré les jalousies et sa propre résistance, Cyprien est choisi pour devenir prêtre, puis évêque en 249.
Pendant son ministère d’évêque, il affronte deux persécutions : celle de l’empereur romain Dèce en 250 et celle de Valérien en 257-258.
En plus de la persécution, la communauté de Carthage connaît des difficultés internes : il y a des rivalités, des divisions ; certains chrétiens manquent de ferveur, leur foi est faible.
Cyprien sait qu’il est celui qui maintient l’unité.
En 250, il décide donc de se cacher, non par peur de mourir, mais pour pouvoir continuer à guider son peuple.
De sa retraite, il soutient par ses Lettres la résistance des chrétiens.
Il rentre à Carthage peu après Pâques 251.
La mort de Dèce en 251ramène la tranquillité.
Mais une grave épidémie de peste ravage l’Afrique de 252 à 255 : elle fait naître des questions angoissantes, aussi bien parmi les chrétiens que parmi les païens.
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Cyprien se montre très humain et vrai disciple du Christ.
Il encourage les chrétiens à apporter une aide frater-nelle aux païens atteints par la maladie.
Deux graves problèmes pour l’Église
• Leslapsi
Après la persécution de l’empereur Dèce, se pose le problème de la réconciliation des lapsi, c’est-à-dire des chrétiens qui étaient tombéspendant la persécution.
En effet, de nombreux fidèles ont renié leur foi, ou bien n’ont pas adopté une attitude chrétienne face à l’épreuve.
Ces chrétiens désirent ardemment revenir dans la communauté.
Avec l’accord du pape Corneille, l’évêque Cyprien leur donne la possibilité d’être pardonnés après une pénitence exemplaire.
• Le baptême donné par des chrétiens hérétiques
Il existe un autre débat qui, cette fois, va opposer l’évêque de Carthage et l’évêque de Rome, Étienne, le successeur de Corneille : il s’agit du baptême administré à des païens par des chrétiens hérétiques.
Les évêques d’Afrique pensaient qu’il fallait baptiser de nouveau ces païens, mais l’évêque de Rome avait une autre opinion.
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Dans ces circonstances difficiles, Cyprien reste ferme envers Rome pour défendre les traditions de l’Église africaine.
Le martyre
En 257, une nouvelle persécution éclate, sur l’ordre de l’empereur Valérien. Cyprien est envoyé en exil, dans un lieu retiré d’Afrique. Il souffre d’être séparé de son peuple.
Il écrit aux autres chrétiens condamnés et envoyés aux mines.
Au bout d’un an, sur l’ordre du proconsul, l’évêque rentre à Carthage.
Un jour, le chef de la police arrive à l’improviste dans sa villa (Vie 15, 1). Aussitôt, Cyprien est arrêté et, après un bref interrogatoire, il affronte courageusement le martyre entouré de son peuple, le 14 septembre 258.
La Vie de Cypriena été écrite par Pontius qui était un diacre proche de l’évêque. On a aussi conservé les Actes proconsulairesde sa passion, avec le compte-rendu des interrogatoires.
Les principaux écrits de Cyprien
Il a rédigé plusieurs traités dont :
À Donat (sur la décadence morale de son temps)
La Prière du Seigneur
Sur l’unité de l’Église
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Sur les lapsi
Sur la pudeur
Sur les bonnes œuvres et l’aumône
Sur la patience
Sur la jalousie et l’envie
Il a écrit de très nombreuses lettres, en particulier quand il était en exil.
L’enseignement de Cyprien sur la prière du Seigneur
Le titre latin est De oratione dominica : De l’oraison dominicale. “Dominicale” venant du latin dominus qui signifie Seigneur, on traduit aussi : De la prière du Seigneur, c’est-à-dire le Notre Père, la prière enseignée par le Seigneur Jésus.
• Un Traité pour la communauté de Carthage
Cyprien a écrit surtout pour sa communauté de Carthage.
Dans le livre traduit ici, il enseigne comment le Christ a appris à ses disciples à prier le Père du Ciel.
L’explication de la Prière du Seigneur fait partie du ministère de l’évêque ; elle est généralement destinée aux nouveaux baptisés.
Alors qu’il est obligé, pendant un temps, de vivre dans la clandestinité, Cyprien continue de diriger l’Église de Carthage.
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La lettre sur le Notre Père date de cette époque.
Elle a été certainement rédigée en 251.
On y retrouve le thème particulièrement cher à Cyprien, celui de l’unité. Nous disons Notre Père parce que nous sommes un peuple uni. La discorde et l’ini-mitié empêchent la prière.
Les circonstances expliquent l’insistance sur certains autres points, en particulier le baptême et le martyre.
On retrouvera ces points dans l’Annexe.
Le texte de Cyprien est très simple ; il garde sa valeur pour toutes les époques.
Dans l’Église ancienne, Hilaire de Poitiers, Augustin d’Hippone et beaucoup d’autres évêques ont admiré et utilisé ce livre de Cyprien.
De nos jours, le pape Benoît XVI disait1:
« J’aime particulièrement son livre sur le Notre Pèrequi m’a beaucoup aidé à mieux comprendre et à mieux réciter la “prière du Seigneur” : Cyprien enseigne comment, précisément dans le Notre Père, la juste façon de prier est donnée aux chrétiens ; et il souligne que cette prière est au pluriel, afin que celui qui prie, ne prie pas uniquement pour lui ».
1. Audience générale du mercredi 6 juin 2007.
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• Plan
Chapitres 1-8 : une première partie qui sert d’Introduction générale
1-6 Comment prier ?
– 1-3 : le Fils est le seul Maître pour apprendre à prier. Nous prions avec ses paroles.
– 4-6 : la prière se fait dans la simplicité et l’humilité. Deux exemples tirés de la Bible sont donnés : Anne, la mère de Samuel ; l’employé des impôts (le « publicain ») de l’Évangile de Luc.
7-8 Introduction au « Notre Père »
– 7 : le texte de la prière
– 8 : une prière qui dit « nous ». En effet, « quand nous prions, nous le faisons non pas pour une seule personne, mais pour le peuple tout entier. »
Chapitres 9-27 : Explication des demandes :
Cyprien reprend et explique chaque phrase de la prière.
Chapitres 28-36 : Dernier enseignement et conclusion
28-30 Résumé de l’enseignement du Seigneur
Il est maître et modèle.
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31-33 L’attention dans la prière
Elle nous fera porter du fruit, en particulier pour le service des pauvres.
34-36 Prier sans cesse
Les heures de la prière nous aident à prier sans cesse, à rester sans cesse
