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Quelque part, un enfant joue, énigmatique. Son esprit est focalisé, ses mains en mouvement. Il ne sait pas qu’il est observé. De ces instants naissent des rencontres secrètes, des sentiers insaisissables partagés dans le silence. Ou peut-être pas. Il n’y a aucun doute que nous ressentons les directions que prennent les petits fragments de l’existence, nous invitant à plonger dans un monde où l’inconnu règne en maître.
À PROPOS DE L'AUTEUR
Julien Correia, passionné de poésie et de chansons à texte, trouve une profonde inspiration dans les œuvres d'auteurs anciens et contemporains. Il y découvre une liberté ardente, une lueur d'espoir et des échos puissants de la vie. Pour lui, la poésie reste étonnamment moderne, et il partage la vision d'Andrée Chedid, considérant que la poésie est intrinsèquement liée à la vie elle-même.
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Veröffentlichungsjahr: 2024
Julien Correia
Le petit trafiquant
de trajectoires
Recueil
© Lys Bleu Éditions – Julien Correia
ISBN : 979-10-422-0774-8
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Suivant des traditions très anciennes et d’origines diverses, le corps humain peut échapper, dans certaines circonstances, à la loi de la pesanteur.
Olivier Leroy, La lévitation.
Il n’y a rien dans les choses mais les choses ne sont pas sans contenu.
Extrait d’un Chant du culte Jo, Afrique
Nous ne connaissons pas le contour du sentir mais seulement ce qui le forme au dehors.
R. M. Rilke
La différence entre la poésie et la prose : la poésie en dit long et c’est vite fait, la prose ne va pas loin et prend du temps.
C. Bukowsky
… Il y a très peu de légèreté chez l’homme, il est lourd. Et alors maintenant il est extraordinaire de lourdeur. L’auto, l’alcool, l’ambition, la politique le rendent encore plus lourd. Nous verrons peut-être un jour une révolte de l’esprit contre le poids ! Mais ce n’est pas pour demain…
Louis Ferdinand Celine, 17/07/1957,
entretien avec Pierre Dumayet, extrait
Être un quidam sur les quais
Gare de l’Est, la nuit,
Cela n’était pas interdit
Dans des lumières électrogènes
Je sifflote,
Sirote un air flasque
Une dérive pousse en moi
En ce clair de lune fou,
Mon ami-flou dis moi
Évade-toi d’ici et d’ailleurs
De toi
Saute vite dans ce train de nuit
Vers une autre vie
Tu froisses et fixes l’angoisse des profondeurs
Suffoque
Écrase
Éclate
Inspire
Lumineuses bouffées
Petites prémisses prometteuses
Chuchotent du fond
Sors à jamais ce monde mort
De moi.
Prends ce chemin de montagne puis
Enjambe le cours d’eau,
Redescends par le simple sentier de bord de mer
Attends là quelques lueurs ou voies navigables
Deviens avec moi, peu à peu, ce noctambule
Que je n’ai jamais su être
Fluide malgré moi, à tout prix
Intouchable
À tout prendre
Prélève mon cœur
Encore une fois je coule dans le matin qui commence,
Il faut bien l’avouer,
De plus en plus tôt.
Je me promène un soir d’été dans le quartier des plaisirs
Dans les rues tapageuses, je m’échappe
Des cantines ambulantes, en fumets délictueux
Qui envahissent peu à peu
Mes pas.
Mon esprit se libère, et au-delà de la brume
Je visualise,
Perce au grand jour quelques-unes des voluptés toutes féminines
Regards complices ou victimes,
Ensorcelés !
Battements de cils, ça zappe au clair de lune
De succubes en vampires
Les succulentes
Se délectent de mon âme vagabonde
Mais où donc est passé ce tendre archipel bordé de lucioles qui hantait mon enfance ?
Nomades immuables
Éternelles poussières dans le désert
Me trament
En laissant vos traces sèches
Petits grains sensibles jusqu’à l’intime
Incisive inspire
Je vois l’oasis en filigrane
L’eau limpide reflète en moi les choses incomplètes
Stridences du réel
Mon regard se fige
Comme un bandeau derrière mes paupières
J’ai cru saisir et percer vos mystères
Et j’ai senti l’indicible expire.
Être fait de cette promeneuse libre
Pour que tu te détournes et que tu vibres,
Exploiter sous mon ombrelle avec une grâce passive
Cette tendre alternative à la lourdeur toute maladive
Légèreté fluide, envolée de doux silences
Seule je porte l’épingle,
L’insigne de la superbe
De curiosités en convoitises
Nos habitudes naissent instantanées
Insatiables et dépouillées du soi
Surtout, surtout, ne pas partir avant l’heure.
