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Décryptez le surréalisme en moins d’une heure !
Le surréalisme apparaît en France dans les années vingt en réponse à l'horreur de la Première Guerre mondiale. Contre les valeurs bourgeoises et le rationalisme, il entend révolutionner le monde par un retour au rêve et à l'imagination. Les écrivains surréalistes, radicaux et novateurs, prônent l'affranchissement total de la pensée grâce à l'écriture automatique ou à l'hypnose.
Ce livre vous permettra d’en savoir plus sur :
- Le contexte politique et culturel dans lequel le surréalisme s'inscrit
- Les caractéristiques et spécificités de la littérature surréaliste française
- Une sélection d'auteurs-phares du mouvement
- Son impact dans l’histoire de la littérature
Le mot de l’éditeur :
« Dans ce numéro de la série "50MINUTES | Mouvements littéraires", Natacha Cerf retrace l'aventure surréaliste, depuis ses débuts avec Breton, Soupault et Aragon. Le surréalisme, plus que n'importe quel autre mouvement, a partie liée avec la politique, et l'auteure ne manque pas de se pencher sur les liens de ses membres avec le communisme. Mais elle évoque surtout son ambition majeure, libérer la vie de l'esprit, et les moyens mis en œuvre pour y parvenir. Enfin, elle brosse également le portrait de ses principaux représentants, s'attardant au passage sur leurs œuvres-clés, par exemple
Nadja de Breton. »
Stéphanie Felten
À PROPOS DE LA SÉRIE 50MINUTES | Mouvements littéraires
La série « Mouvements littéraires » de la collection « 50MINUTES » aborde les plus grands mouvements ayant marqué la littérature française, de la Renaissance jusqu'à nos jours. Chaque livre a été conçu à la fois pour les passionnés de littérature et pour les amateurs curieux d’en savoir davantage en peu de temps. Nos auteurs analysent avec précision les principales caractéristiques des plus grands mouvements littéraires et se penchent sur leurs écrivains majeurs.
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Seitenzahl: 39
Veröffentlichungsjahr: 2015
Quand et où ? Le surréalisme naît en France en 1924 avec la parution du Manifeste du surréalisme, rédigé par André Breton, et connaît son apogée dans les années 1925-1945 en même temps qu’il rayonne à l’échelle internationale. S’il y a une fin au surréalisme, il est difficile d’en définir la date exacte. Certains s’accordent à la faire coïncider avec la mort d’André Breton en 1966.
Contexte ? La Première Guerre mondiale (1914-1918), la Seconde Guerre mondiale (1939-1945), le nationalisme, le colonialisme et le communisme.
Caractéristiques ? Se révoltant contre les conventions bourgeoises, l’ordre établi, les valeurs traditionnelles, le règne de la logique et de la rationalité, les écrivains surréalistes exaltent au contraire le merveilleux, l’invisible et l’irrationnel, afin de libérer l’homme dans ses capacités créatrices, capter le merveilleux du quotidien et promouvoir une société meilleure où l’individu serait affranchi de toute répression. Pour ce faire, ils pratiquent l’écriture automatique, l’hypnose ou encore l’étude des rêves.
Principaux représentants ? Paul Éluard (1895-1952), André Breton (1896-1966), Louis Aragon (1897-1982), Philippe Soupault (1897-1990) et Robert Desnos (1900-1945).
Le surréalisme est l’un des mouvements littéraire et artistique d’avant-garde les plus novateurs et les plus radicaux du XXe siècle. Il se distingue des autres mouvements par son aspiration à révolutionner le monde tant du point de vue poétique et artistique que politique.
Successeur du dadaïsme, auquel les premiers surréalistes s’associent pour un temps, il émerge après la Première Guerre mondiale en réaction à l’horreur du conflit, dans une volonté d’ébranler un monde tissé de sang, d’injustice et d’intolérance. Le mouvement surréaliste entend délivrer l’homme du carcan de la rationalité, de la logique et des vieilles morales étriquées qui briment son esprit créateur. À cette fin, il se livre à de multiples expérimentations telles que le jeu du cadavre exquis, les séances spiritistes, l’hypnose ou encore l’écriture automatique, autant de moyens de libérer les contenus enfouis dans l’inconscient. Ainsi, les œuvres surréalistes, qu’elles soient littéraires ou artistiques, font la part belle à l’absurde, au hasard, à l’instinct, au rêve et au désir.
Particulièrement connoté politiquement, le surréalisme utilise l’art comme un instrument d’affranchissement et de rébellion. Plusieurs écrivains surréalistes ont d’ailleurs rejoint les rangs du communisme, séduit par l’idée d’une société plus juste, sans classes ni frontières.
Le surréalisme naît en réaction au traumatisme de la Première Guerre mondiale. Les atrocités du conflit, qui a coûté la vie à 13 millions de personnes et dépeuplé l’Europe de sa population active masculine, ont démontré à quel point les soubassements de la civilisation occidentale étaient fragiles. L’impérialisme et le nationalisme, qui ont poussé les pays européens à s’entre-déchirer, sont décriés, et la science, auparavant encensée, est rejetée. Fusils à verrou, artillerie à tir rapide, mitrailleuse, grenade, gaz de combat… les avancées scientifiques et techniques ont fait un carnage.
La morale chrétienne puritaine, les valeurs traditionnelles bourgeoises et le culte de la raison, perçus comme une entrave au développement intellectuel et à l’épanouissement de l’homme, subissent le même sort. Le langage lui-même, dominé par le rationalisme et la logique, est considéré comme liberticide et castrateur. Les idéologies en vigueur poussent l’homme à réprimer ses sentiments et sa sensibilité, à se sacrifier au profit de l’intérêt général et, in fine, à nier ce qu’il est vraiment : un rêveur en quête de vérité à travers les chimères et l’imagination. Ainsi, les surréalistes substituent aux valeurs d’antan, la liberté, la passion, l’Amour avec un grand « A », le désir, le rêve, l’irrationnel… Pour Breton, il n’existe ni homme ni femme incapable de virtualités créatrices quand elles ne sont pas contraintes par le bien-pensant. Il proclame ainsi l’égalité de tous les êtres humains devant la faculté créatrice, s’opposant par là à l’art élitiste. Alors que l’artiste était jusque-là placé sur un piédestal et célébré pour ses dons exceptionnels, le groupe surréaliste développe au contraire une vision profondément égalitaire de l’art, désireux de le rendre accessible à chacun, à la fois en tant que spectateur et en tant qu’artiste.
