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L'Esprit Saint réalise en nous ce qui est impossible pour l'homme : la sainteté. Mais nous constatons souvent que nous sommes submergés par des forces qui nous empêchent d'aimer et de consentir au projet de Dieu. Comment sortir de cette impasse ?
Les sept dons du Saint-Esprit nous aident à surmonter les faiblesses inhérentes à notre nature humaine en nous apportant une lumière divine pour discerner, vouloir, agir et aimer selon le cœur de Dieu. Très pédagogique et vivant, ce livre est un guide excellent pour vivre dans l'Esprit Saint et grandir rapidement dans la connaissance de la vie spirituelle. L'auteur y présente avec simplicité, témoignage et exemples concrets à l'appui, la théologie des dons du Saint-Esprit Un livre que tous les chrétiens devraient lire.
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Seitenzahl: 168
Veröffentlichungsjahr: 2015
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Guy de Fontgalland (1913-1925), un sacrifice de louange, Le Sarment, coll. « Lumière », 1998.
On demande des parents, Le Sarment, coll. « Guides Totus », 2000.
Connaître et aimer sa vocation, Le Sarment, 2002.
Saint-Wandrille, un moine carolingien, Éd. Charles-Corlet, 14110 Condé-sur-Noireau, 2002.
Un ange pour Jésus : Guy de Fontgalland, Téqui, coll. « Les Petits Pâtres », 2003.
Les étoiles d’Abraham, Téqui, coll. « Les Sentinelles », 2003.
L’abbé Franz Stock, sentinelle de la paix, Téqui, coll. « Les Sentinelles », 2003.
Transmettre la foi en famille, Éd. Emmanuel, Paris, 2004.
Le Credo, Transmettre – Éd. Emmanuel, Paris, 2008.
100 prières en famille, Salvator, Paris, 2007.
L’adoration eucharistique, avec Florian Racine, Éd. Emmanuel, Paris, 2009.
À cœur et à cri, Entretiens avec Monique de Rothschild, Éd. Montbel, Paris, 2009.
Sept sacrements qui changent la vie, Salvator, Paris, 2011.
Ludovic Lécuru
Les sept dons du Saint-Esprit
Nihil obstat,
Saint-Wandrille, le 27 août 2002Fr. Rob BOVENDEAARD, cens. dep.
Imprimi potest,
Saint-Wandrille, le 27 août 2002Fr. Pierre MASSEIN, abbé.
Imprimatur,
Rouen, le 2 septembre 2002P. Pascal WINTZER, vic. gén.
Conception couverture : © Christophe Roger
Image couverture : © Shutterstock
Composition : Soft Office (38)
© Éditions Emmanuel, 2002, 2017
89 boulevard Auguste Blanqui – 75013 Paris
www.editions-emmanuel.com
ISBN : 978-2-35389-626-4
Dépôt légal : 1er trimestre 2017
À Éloi B., qui « adore » le Saint-Esprit.
À Renaud S., Henri de C. et Xavier L. S., pour leur vie spirituelle.
« Il sait tout ce que tu ne sais pas »
Fier d’avoir été choisi comme parrain de confirmation, Augustin écrit à Alban, son futur filleul : « L’Esprit Saint, il sait tout ce que tu sais et tout ce que tu ne sais pas. » Cette phrase reçue au courrier, résume toute la place que tient l’Esprit de Dieu dans la vie chrétienne.
Cependant, à la différence des deux autres Personnes de La Trinité, il n’est pas aisé de parler de l’Esprit Saint. Dans l’Évangile, le Père fait « entendre sa voix » (Mc 1, 11). Jésus s’adresse de très nombreuses fois à lui tout au long de son ministère terrestre. Il nous manifeste l’amour du Père et sa volonté de nous sauver. Surtout, Jésus nous apprend à prier Dieu en l’appelant « Notre Père ».
Quant à Jésus, nous savons selon ses propres termes qu’il est le « Fils ». Grâce aux évangélistes, nous connaissons sa vie, son enseignement, ses actes. Le Fils de Dieu s’est « fait homme », comme nous. Il s’est fait chair et a revêtu notre condition humaine. Peut-il y avoir une intimité plus grande entre lui et nous ?
Mais l’Esprit Saint ? Parce que le mot « esprit » évoque ce qu’il y a de plus immatériel, d’impalpable, certains fidèles seraient tentés de laisser l’Esprit Saint de côté, et de se tourner uniquement vers le Père et le Fils. C’est tout le contraire de ce qu’éprouve Éloi, dix ans, à qui l’on demande : « Éloi, que penses-tu de l’Esprit Saint ? » – « L’Esprit Saint ? J’adore ! » C’est une réponse dont le sens est tout entier contenu dans le Credo, lequel affirme que l’Esprit est « Seigneur et donne la vie. Avec le Père et le Fils, il reçoit même adoration et même gloire. Il a parlé par les prophètes. »
Pour pallier l’invisibilité de l’Esprit Saint, de nombreuses images évoquent son action : le vent, l’eau vive, le feu et la lumière, l’huile, la colombe. Ces concepts répondent à notre sensibilité humaine. Ils expriment l’action apaisante (le vent), vivifiante (l’eau), éclairante (le feu), fortifiante (l’huile), rassurante (la colombe) de l’Esprit Saint. Mais sont-ils suffisants ? Si l’on prend le temps de lire l’Évangile, on constate que l’Esprit Saint agit « en direct » dans la vie du Christ. Dès l’Incarnation, « l’Esprit Saint couvre Marie de son ombre » pour qu’elle enfante le Sauveur des hommes (Lc 1, 35).
L’Esprit Saint apparaît sous la forme d’une colombe lors du baptême de Jésus (cf. Mt 3, 16), avant de le conduire au désert (cf. Mt 4, 1). Plus tard dans sa vie terrestre, Jésus « tressaille de joie sous l’action de l’Esprit Saint » et bénit son Père de révéler sa Parole à ceux qui ont le cœur assez pur et humble pour l’accueillir (cf. Lc 10, 21). Enfin, à l’heure de sa Passion, Jésus ne cesse de promettre la venue de l’Esprit Saint sur ses apôtres. Promesse qu’il réalise le soir de la Résurrection avant de la manifester aux yeux du monde cinquante jours plus tard. Nul doute que l’Esprit Saint est au cœur de la vie du Christ.
Dès l’Ancien Testament, l’Écriture décrit l’œuvre de l’Esprit de Dieu en termes différents mais absolument complémentaires : l’Esprit Saint est la sagesse du Messie, son conseil, sa force, sa crainte de Dieu, sa connaissance et son intelligence.
Pourquoi cette liste ? L’Esprit Saint est-il compartimenté ? Est-il donné « en kit » ? Les dons se reçoivent ensemble parce que l’Esprit est Un. Mais comment, ensemble, ces dons apportent-ils à chaque chrétien les grâces nécessaires pour guider et inspirer sa vie selon sa vocation d’enfant de Dieu ? Le Père nous envoie l’Esprit qui l’unit à son Fils. L’Esprit devient notre guide intérieur et va nous vivifier d’une vie nouvelle. À la suite du péché originel, le don de l’Esprit ne rend pas seulement notre vie saine et sauve, mais sainte et sauvée.
L’action des dons du Saint-Esprit, distincte et commune à la fois, mérite vraiment que l’on s’y arrête.
Esprit, es-tu là ?
« Sur lui reposera l’Esprit du Seigneur : esprit de sagesse et d’intelligence, esprit de conseil et de force, esprit de connaissance et de crainte » (Is 11, 2). Le prophète Isaïe ne mentionne que six esprits reposant sur le Messie. Le premier cité est l’esprit de sagesse. Les cinq autres esprits – ou dons – ne font que détailler les qualités que cette sagesse communique.
La raison pour laquelle on est passé du nombre six du prophète Isaïe au nombre sept de la liturgie, remonte aux IIIe et IIe siècles avant Jésus-Christ. À cette époque, en effet, Ptolémée II Philadelphe (285-246) invita soixante-douze savants juifs à Alexandrie et leur demanda de traduire la Bible en grec. Cette traduction était destinée aux descendants du peuple juif dispersés dans tout le Bassin méditerranéen. Si l’on en croit Aristobule, juif égyptien du IIe siècle av. J.-C., ces soixante-douze traducteurs, pourtant isolés les uns des autres, aboutirent à une version absolument identique.
Voilà pour la légende. La réalité est un peu différente. Cette traduction s’opéra sur une période beaucoup plus longue. Un grand nombre de livres de la Bible ne furent traduits qu’un siècle plus tard, notamment le livre d’Isaïe. Parvenus au passage relatif au Messie, ces traducteurs voulurent exprimer l’attitude religieuse contenue dans le terme hébreu yir ’áh, (peur, frémissement), par deux mots différents : crainte et piété. Dieu est le Tout-Autre, le Tout-Différent. On ne peut le voir et vivre (cf. Ex 33, 20). La tradition biblique a toujours considéré la proximité avec Dieu comme un risque mortel : « Malheur à moi, dit Isaïe, je suis perdu ! Mes yeux ont vu Yahvé » (Is 6, 4 ; cf. Jg 13, 22-23). Or, en différenciant le saisissement, voire l’impression de danger que l’on éprouve devant Dieu, d’une ferveur filiale éprouvée en sa présence, ces traducteurs ont comme constitué un nouveau « don du Saint-Esprit ». L’auteur du livre de l’Apocalypse consacre cette énumération lorsqu’il évoque « les sept lampes de feu qui brûlent devant le trône, les sept esprits de Dieu » (Ap 4, 5).
Dans la Bible, le nombre sept exprime la plénitude et la surabondance. En citant le prophète Joël le jour de la Pentecôte – « Je répandrai mon Esprit sur toute chair » (Ac 2, 17 ; cf. Jl 3, 1) –, Pierre évoque l’unique Esprit de Dieu reposant sur Jésus et dont la manifestation s’est faite lors de son baptême dans le Jourdain sous l’apparence visible d’une colombe. Celle-ci est demeurée le symbole de la présence de l’Esprit Saint, comme l’a bien compris Xavier, six ans. Après avoir vu Jean-Paul II lâcher une colombe de la fenêtre de ses appartements, place Saint-Pierre, il fit ce commentaire à son père : « Ça y est, il vient de lâcher l’Esprit Saint ! »
Au moment de passer de ce monde à son Père, Jésus promet l’Esprit Saint à ses apôtres. Il l’appelle le Paraclet, mot qui signifie : « avocat », « soutien ». Ici-bas, l’Esprit Saint rend témoignage à Jésus (cf. Jn 15, 26). Il est son défenseur et actualise sa présence. Durant sa mission sur terre, les paroles et les miracles de Jésus ne se distinguent guère de la mission de l’Esprit Saint. Aussi, pour que ce dernier soit répandu et reconnu par les croyants, il faut que Jésus s’en aille : « Si je ne pars pas, le Paraclet ne viendra pas vers vous » (Jn 16, 7). Cette remarque de Jésus ne signifie pas qu’il existe une concurrence entre lui et l’Esprit. Simplement, Jésus laisse entendre qu’après la Pentecôte, la communauté des croyants reconnaîtra la mission particulière de l’Esprit dans l’histoire du salut. À son sujet, Jésus n’annonce pas : « Vous le sentirez », mais : « Il vous enseignera tout » (Jn 16, 13). Nous ne connaissons l’Esprit Saint que dans la mesure où nous laissons son œuvre de conversion s’accomplir en nous.
Si le don de l’Esprit Saint est manifesté à la Pentecôte, cinquante jours après Pâques, il a déjà été donné sur la Croix. À ce moment de l’histoire du salut, le Père donne son Fils. En réponse, le Fils s’offre au Père pour le salut des hommes. Dans ce don mutuel, tous deux font le don de l’Esprit Saint au monde. Le Père, le Fils et le Saint-Esprit agissent dans une unité parfaite : le Père crée, le Fils sauve et l’Esprit Saint sanctifie. On pourrait dire que la vie du Père frémit en nous, que le sang du Fils coule en nous, et que l’Esprit de Dieu donne souffle et sainteté à notre humanité.
Nous oublions trop facilement l’œuvre de l’Esprit Saint dans notre vie. La remarque des premiers disciples n’a rien perdu de son actualité : « Nous n’avons jamais entendu dire qu’il y avait un Esprit Saint » (Ac 19, 2). Comment l’Esprit Saint opère-t-il en nous ? Comment nous révèle-t-il l’amour de Dieu ? Est-il vraiment l’artisan de notre foi, de notre espérance et de notre charité ? Ces questions reviennent à nous interroger sur la réalité de notre baptême.
Dès le jour de la Pentecôte, l’Église a célébré le baptême. À tous ceux qui voulaient adhérer au Christ, les apôtres conféraient le baptême selon le commandement du Seigneur : « Allez dans toutes les nations ! Faites des disciples et baptisez-les au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit ! » (Mt 28, 19).
Ainsi, à l’origine de l’expérience des dons du Saint-Esprit dans notre vie, se trouve le baptême. « La Très Sainte Trinité donne au baptisé la grâce sanctifiante qui […] lui donne de pouvoir vivre et agir sous la motion de l’Esprit Saint par les dons du Saint-Esprit1. » Saint Paul affirme : « Ceux-là sont enfants de Dieu qui se laissent conduire par l’Esprit de Dieu » (Rm 8, 14). Cependant, le baptême n’est pas un acte final dans la vie chrétienne. Tandis que le baptême fait participer à la mort et à la résurrection du Christ, la confirmation, quant à elle, actualise la Pentecôte, l’effusion de l’Esprit Saint et associe le baptisé à la mission du Christ. Résurrection et Pentecôte sont deux événements aussi indissociables dans la vie du Christ que dans celle de l’Église et de chacun de ses membres. Par le don de l’Esprit Saint, le baptême permet de devenir disciple du Christ. La grâce du sacrement de confirmation permet de vivre en témoin fidèle du Christ2. Elle ordonne la vie du disciple à la mission. Le don de l’Esprit Saint contient tous les autres dons nécessaires à la vie chrétienne. Il agit à l’intime de notre cœur. Le cœur, dans le langage de la Bible, signifie le centre de l’existence humaine, le point de contact entre l’intelligence et la volonté, le lieu intérieur où la personne trouve son unité et son équilibre. Il est le centre qui informe toute l’existence. Ainsi, les dons du Saint-Esprit agissent sur toutes les facultés de notre être : ses forces et ses énergies (le corps), sa sensibilité, son affectivité, ses émotions (le cœur), son intelligence, son imagination, sa volonté (l’esprit).
Le don de crainte nous met devant l’amour infini de Dieu. Il nourrit en nous l’abandon et l’adoration caractérisés par l’esprit d’enfance.
Le don de piété nous fait crier : « Abba, Père ! » Il nous incite à répondre par nos actes à la tendresse et à la douceur de Dieu. Don de crainte et don de piété sont indissociables.
Le don de conseil nous fait voir, sans erreur ni hésitation possible, l’attitude que l’amour de Dieu et du prochain réclame de nous. Il nous dit ce qu’il faut faire dans telle situation particulière, souvent inattendue.
Le don de force nous apporte la patience et la constance afin de lutter contre tout ce qui nous empêche d’accomplir la volonté de Dieu. Il nous apporte l’enthousiasme3 indispensable à notre vie de disciple et de témoin du Christ.
Le don d’intelligence nous permet de comprendre la Parole de Dieu et l’enseignement de l’Église, et d’en faire les vrais guides pour notre vie.
Le don de connaissance (ou de science) nous fait prendre conscience qu’à la différence des choses créées, éphémères et imparfaites, Dieu seul peut combler les aspirations présentes dans le cœur de l’homme. Il nous aide à déchiffrer la Providence de Dieu révélée par les événements de notre vie.
Le don de sagesse nous unit à la volonté de Dieu. Il nous donne d’aimer ce qu’il aime, de la manière dont il l’a créé et pour la fin qu’il lui a assignée. Il nous donne le goût des choses de Dieu.
« Les vertus théologales fondent, animent et caractérisent l’agir moral du chrétien […]. Il y a trois vertus théologales : la foi, l’espérance et la charité4. » « Mais la plus grande d’entre elles, c’est la charité » (1 Co 13, 13).
Dans le domaine de la vie spirituelle, n’est authentique que ce qui est fait pour Dieu, avec Dieu et par Dieu. Qui faut-il croire, espérer et aimer ? Dieu. Qui nous donne de croire, d’espérer et d’aimer ? Dieu. « Car tout est de lui, et par lui et pour lui » (Rm 11, 36).
Dieu est tout à la fois la source, le motif et l’objet des vertus théologales. Elles sont appelées théologales parce qu’elles sont divines. Elles trouvent leur origine en Dieu, qui rend leur pratique possible en nous accordant la grâce de croire, d’espérer et d’aimer. Ces vertus sont appelées également infuses, c’est-à-dire données par Dieu lui-même lors du baptême en vue d’adapter les facultés de l’homme à sa vocation à la sainteté. Théologales, infuses, surnaturelles, divines : cependant, la foi, l’espérance et la charité ne contredisent nullement notre nature humaine. Les vertus théologales « disposent les chrétiens à vivre en relation avec la Sainte Trinité. Elles ont Dieu Un et Trine pour origine, pour motif et pour objet5 ».
Par la vertu de foi, nous croyons en Dieu et à tout ce qu’il dit et révèle à travers sa Parole qui est « le chemin, la vérité et la vie » (Jn 14, 5). « La foi est un don de Dieu, une vertu surnaturelle infuse par Lui. “Pour prêter cette foi, l’homme a besoin de la grâce prévenante et aidante de Dieu, ainsi que des secours intérieurs du Saint-Esprit. Celui-ci touche le cœur et le tourne vers Dieu, ouvre les yeux de l’esprit et donne à tous la douceur de consentir et de croire à la vérité6.” » Rien de doctrinaire ni de brutal dans le don de foi, mais au contraire douceur et liberté. C’est à cette condition que la vertu de foi peut vraiment orienter nos pensées à la lumière de la Parole de Dieu.
La foi engendre l’espérance. « L’espérance est la vertu théologale par laquelle nous désirons comme notre bonheur le Royaume des cieux et la Vie éternelle, en mettant notre confiance dans les promesses du Christ et en prenant appui, non sur nos forces, mais sur le secours de la grâce du Saint-Esprit7. »
Il ne faut pas confondre espoir et espérance. Le premier nous fait désirer des réussites terrestres. Il s’appuie sur des moyens humains, aléatoires et incapables en eux-mêmes d’atteindre le Royaume éternel. La vertu d’espérance, en revanche, s’appuie sur la grâce. Elle n’espère rien d’autre que Dieu lui-même qui se donne à nous pour nous conduire à lui. L’espérant (comme il existe un croyant) espère Dieu de Dieu. « L’espérance chrétienne a un but, un point de référence, un objet : elle s’élance vers Jésus-Christ et son futur avènement. Voilà vers quoi elle tend, car Dieu, dans son amour infini, ne nous prépare pas quelque chose d’inconnu, mais Jésus, le Seigneur de gloire8. »
La charité donne au baptisé d’aimer Dieu pour lui-même, sans rien lui préférer. Elle donne d’aimer de l’amour même de Dieu, non en raison de convenances personnelles ou intéressées. Celui qui aime de la vertu de charité s’ouvre à tous les hommes, même à ses ennemis.
Ces trois vertus théologales de foi, d’espérance et de charité ne connaissent aucune limite : on ne croira jamais trop, on n’espérera jamais suffisamment, on n’aimera jamais assez. Dans ces domaines, on pèche toujours par défaut, sûrement pas par excès.
Alors qu’elle venait de recevoir le sacrement de confirmation, Axel, seize ans, demandait à son aumônier à propos des dons du Saint-Esprit : « Mais ils servent à quoi, au juste ? »
Il faut se reporter aux vertus théologales pour répondre à la question d’Axel. Bien que la foi, l’espérance et la charité aient Dieu pour origine et pour objet, elles ne suppriment pas les limites propres à notre humanité. L’homme qui croit éprouve souvent de la peine à comprendre clairement la Parole de Dieu. De même, espérer ne va pas toujours de soi. Notre vie est tissée de découragements et de doutes. Quant à l’amour, il est difficile de le débarrasser de ses illusions. L’égoïsme et l’intérêt personnel s’en mêlent, parfois sans nous en apercevoir. Les erreurs quotidiennes, les infidélités, l’impatience et la colère troublent notre cœur et nos relations avec les autres.
Les dons du Saint-Esprit actualisent en nous la foi, l’espérance et la charité d’une manière concrète selon les circonstances diverses de notre existence. Non seulement ils sont divins par leur origine, mais ils le sont aussi dans leur manière d’opérer en nous. Dans telle ou telle situation particulière (un choix à poser, un témoignage à apporter, une décision à prendre, etc.), notre foi, notre espérance ou notre charité ne s’expriment plus avec peine et hésitation, mais dans la pleine lumière de l’Esprit Saint, avec une certitude et une audace nouvelles.
Si les dons du Saint-Esprit actualisent les vertus théologales de foi, d’espérance et de charité, ils activent également les vertus morales. Sur le plan naturel, la vertu est une disposition constante à faire le bien. Les vertus sont nombreuses (obéissance, patience, générosité, bienveillance, et bien d’autres encore), mais parmi elles, quatre sont appelées cardinales en raison de leur axe majeur dans la vie spirituelle de la personne. Ce sont les vertus de prudence, de justice, de force et de tempérance. À la différence des vertus théologales, les vertus cardinales ne sont pas infuses, ni surnaturelles, ni divines, mais naturelles et acquises. Elles s’acquièrent en posant de façon habituelle des actes volontairement répétés selon une disposition libre à faire le bien. Ces dispositions sont appelées habitus, lesquels deviennent en nous comme une seconde nature.
Les dons du Saint-Esprit nous aident à surmonter les faiblesses inhérentes à notre nature. Ils sont comme les « gardiens » des vertus théologales de foi, d’espérance et de charité, et des vertus cardinales de prudence, de justice, de force et de tempérance. Ils nous apportent une lumière divine pour discerner, comprendre, vouloir, agir et aimer selon Dieu. La grâce qu’ils nous procurent nous fortifie contre les vicissitudes de notre volonté, de nos pensées, de notre sensibilité, de notre liberté.
