LES AVEUX DU VENT À LA MER - Jacqueline Richard - E-Book

LES AVEUX DU VENT À LA MER E-Book

Jacqueline Richard

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Beschreibung

"LES AVEUX DU VENT À LA MER" est un livre de poésies évoquant les cris que l'on peut envoyer à la face du vent et qui se disséminent dans l'espace. C'est un mélange hétéroclite de poèmes parfois drôles, parfois sérieux qui emporte le lecteur dans un univers haut en couleurs. L'auteure cherche à prouver ainsi que quelque soit le chemin que l'on emprunte, la vie nous enrichit par la puissance des mots, des sentiments, des émotions que l'on possède au fond de notre coeur.

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Il est des messages empreints de sagesse Que l’on découvre sous les ailes du vent. Ils sont pétris d’amour et de tant de richesses Que même la mer les écoute en se retirant.

TABLE DES MATIÈRES

HISTOIRE D’UNE MAIN

MESSAGE TROUBLANT

OBSESSION

L’ORANGE DE NOËL

EN SOURDINE

RENAISSANCE

HISTOIRE D’UN BOULANGER

AMOUR ABSOLU

L’ÉCOLIÈRE

LES FAVEURS DE MARGAUX

L’ETOILE ET LE CHEVAL FOU

BATAILLE POUR LA PAIX

GRAND-PÈRE

AFRIQUE

HOMMAGE À LA BELLE ABSENTE

L’OUVRIER ET LE PRÉFET

PRÉFAILLES EN FÊTE

SUPPLIQUE DU TROUBADOUR

LE FILS DE LA LUMIÈRE

APPEL LOINTAIN

DIALOGUE AVEC LE POÈTE

LE CRI

LA BRODEUSE

LA MITE ET LE CAFARD

LA FEMME-HIRONDELLE

EAU INDOMPTABLE

MANIFESTATION

LA VOIX DE L’INNOCENCE

NÉBULEUSE

PARESSE DE MONSIEUR LE CHAT

ASSEZ !

UTOPIE

VIBRATIONS

LE BERGER

FLORILÈGE

LA REVANCHE DE LA CIGALE

TRAIT D’UNION

ODE À L’OCÉAN

LES QUERELLEUSES

PROPHÉTE

AH ! LES VACANCES …

LA SOUBRETTE ET LE BARON

TENDRE AFFECTION

ÉCHAPPÉE BELLE

CONFRONTATION

AU PIED DE LA LETTRE

LA TAILLE DE GUÊPE

MES DEUX CHÉRIES

CHÈRE POÉSIE

HISTOIRE D’UNE MAIN

Mon ange, quand tu dors à poings fermés,

Tu possèdes, sous tes petits doigts,

Bien plus encore que tout l’or du monde :

La grâce d’un matin, l’effleurement de la colombe.

Souvent, tu dessines sur les murs,

Des goélands en ombres chinoises, une biche aux abois.

Comme tu parles bien avec tes petites mains !

Tu as tout compris du langage humain.

Un jour, tu prendras le chemin de l’école,

Tu serreras bien dans ta menotte les doigts

De ta maman pour prendre ton envol.

Tu tiendras un crayon, tu traceras des serpentins.

Et tu ne comprendras plus rien,

À ces signes étranges sur la page blanche,

À cette encre qui coule, bleue comme la mer.

Mais Dieu sait combien tu seras fier !

Puis tu grandiras telle une flamme dans l’âtre,

Une main tenant ton sac en bandoulière

Et l’autre tirant sur ta cigarette familière.

Tu ne perdras pas un pouce de ta taille

Car tu devras te mesurer aux copains.

Des gestes de conquérant aux grands idéaux,

Tu brandiras ton poing rageur fièrement,

Puisque l’Univers un jour t’appartiendra.

Ensuite, l’amour guidera la caresse de tes mains

Sur un corps différent, plein de promesses.

Tu seras malhabile, tu te sentiras un autre homme,

Comme Adam quand il a croqué la pomme.

Un soir, tu sentiras, sous ta main attendrie,

Un coup de pied dans le ventre rebondi

De la belle compagne que tu auras choisie.

Ce sera la plus folle aventure de ta vie.

Les années passeront avec tant de largesse,

Tu seras un homme heureux, tes mains à l’ouvrage

Donneront du fruit et bien davantage encore.

Tes enfants quitteront ta maison un matin

Pour poursuivre à leur tour, l’inéluctable destin

De ces gens ordinaires qui sont de passage.

Tu auras les tempes grises et dans le creux de tes mains,

On pourra lire que tu as juste été quelqu’un de bien.

MESSAGE TROUBLANT

J’ouvre l’enveloppe et je découvre, sur une feuille d’écolier,

Le dessin d’une rose, aux pétales cruellement arrachés.

Est-ce là, une façon de traiter une si jolie fleur de jardin,

Que de la dévêtir, de la profaner et de lui donner tant de chagrin ?

Je sais que toute rose a des épines et peut parfois blesser,

Mais je ne comprends pas pourquoi Dame Nature l’a ainsi apprêtée.

Un être porte la responsabilité de ce qu’il a apprivoisé,

Racontait le Petit Prince, en s’adressant à l’âme de l’humanité.

Je rêve d’être cet enfant aux yeux ronds comme deux pommes,

Démontrant que l’innocent vaut bien plus qu’une grande personne.

Je devine pourtant que cette image n’est pas venue à moi, par hasard.

« Si elle provenait d’un astéroïde, ce serait vraiment bizarre !»

Me dis-je, en pensant alors qu’une nouvelle est pareille à un signe,

Et la rose sans pétale fut abandonnée, peut-être devant un cep de vigne.

Combien d’appels au secours nous parviennent dans une simple lettre ?

Les ordinateurs et les Smartphones prennent plaisir à les faire disparaître.

Enfin, je retourne tristement la feuille quadrillée d’écolier

Et j’aperçois le portrait d’un garçon, au cœur violemment transpercé.

Je tremble d’effroi et des larmes amères me reviennent,

Car celui qui touche à un Petit Prince, fait beaucoup de peine.

Roses en souffrance, plaies mortelles de l’innocence sont pareilles

Aux nuages noirs qui assombrissent la lumière du soleil.

OBSESSION

J’ai jeté une bouteille à la mer

Afin d’y faire mourir mes pensées amères.

Le flux des vagues me les a rapportées

Comme une sentence pour un condamné.

Alors, je suis entrée dans une église

Pour que mes idées noires se volatilisent ;

Mon cierge allumé n’a pas su invoquer

Les saints du Ciel sûrement partis en congé.

Puis j’ai voulu noyer dans la vodka

Toutes mes peines et mes tracas,

C’était compter sans mon verre

Qui se brisa dans un éclair.

Il me fallut prendre la terrible décision

De broyer mes soucis à coups de cachetons.

Mais mon estomac, pris par la nausée

Les renvoya intacts dans mon évier.

Pensez donc, je ne savais quoi faire

De toutes mes pensées mortifères !

Je me mis à les écrire,

Croyant ainsi éviter le pire.

Et l’encre les a noircies davantage ;

Sur ma page, elles faisaient des ravages !

Elles complotaient même entre elles

Pour savoir laquelle était la plus fidèle.

Je ne parvenais pas à les faire taire

Et je fis appel à la Vie toute entière

Pour qu’elle conjure ce sortilège.

Et là, je crus commettre un sacrilège

Quand elle m’envoya promener sur les roses.

Je vous assure, c’est quelque chose !

Alors, je semai un parterre de fleurs,

De pensées et de soucis qui poussèrent en un seul cœur.

Peu à peu, mes tourments laissèrent la place

À un amour pour la nature aussi vrai que tenace.

L’ORANGE DE NOËL

Comme ils étaient heureux, mon père et ma mère

Lorsque mes grands-mères déposaient sur la paume de leurs mains,

Ce beau fruit juteux à l’odeur tellement particulière :

Une orange de Noël plus précieuse que la perle ou le jasmin.

Je sais, j’ai peut-être tort de revenir aux jours d’antan, à cet hier,

Tort de l’évoquer pour les enfants de demain.

Une orange, c’est l’un des agrumes des plus ordinaires

Pour celui ou celle qui n’ont jamais connu la faim.