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Qu'existe-t-il de mieux que la lecture de contes au coin du feu par son papa adoré ? Pas grand-chose à dire vrai, car à travers les huit histoires que renferme ce livre, vous découvrirez combien il est agréable de s'abandonner à l'imagination d'un auteur fabuleux. Que ce soit en dormant la tête sur un oreiller magique ou en compagnie d'un vampire déboussolé, en escaladant un mont de chocolat ou une montagne sans nom, en amadouant son papi ou un chien désespéré, en partageant le chagrin d'amour d'une sorcière ou d'une sirène, vous voyagerez en famille pour de purs moments de bonheur. Les Histoires de Papa est le livre idéal pour toute la famille, à garder précieusement dans la bibliothèque des enfants ou à offrir aux êtres qui vous sont chers. À déguster comme du bon chocolat sur une tartine !
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Seitenzahl: 56
Veröffentlichungsjahr: 2016
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À Alexandre et Gabriel qui ont ouvert pour moi les portes de l’imaginaire.
L’oreiller magique
La trompe du papillon
La sirène qui pleurait des perles blanches
La montagne sans nom
Mes vacances avec Robert
Les sortilèges de la sorcière Sobriquet
Sale temps pour les gourmands
Un vampire dans la nuit
Remerciements
Papa m’avait raconté une, deux, puis trois histoires. Rien à faire, mes yeux étaient toujours ouverts. Le sommeil ne venait pas. Je l’attendais avec impatience, sûr de son arrivée. Mais quand ?
Je savais les conseils de papa pour m’endormir complètement inefficaces.
Compter les moutons n’amène rien de bon !
Cette nuit là, il ne parla pas de compter bêtement le troupeau. Il s’en retourna dans sa chambre, revint rapidement et me dit :
– Tiens, prends ça ! C’est mon oreiller magique lorsque je n’arrive pas à trouver le sommeil !
Il vit mon étonnement et m’expliqua qu’il fallait me mettre sur le côté et poser mon oreille la plus fine sur cet oreiller doux et ferme. Puis il m’ordonna d’écouter attentivement.
Aucun bruit ne sortait de cet étrange oreiller.
« Papa est devenu fou », pensais-je.
– Ferme les yeux, concentre-toi et écoute attentivement ! me lança-t-il, agacé. Peut-être entendras-tu l’homme qui marche sur la neige !
Je fermai les yeux, me concentrai et tendis l’oreille. Un flocon apparut, puis deux… puis trois. La neige tombait.
Alors j’ouvris un œil pour voir si je ne rêvais pas. Papa était toujours là auprès de mon lit. Je lui dis ce que j’avais vu. Il m’expliqua que c’était normal de n’avoir rien entendu puisque la neige n’était pas encore tombée.
– Ferme les yeux et écoute ! m’ordonna-t-il de nouveau.
La neige tombait toujours à gros flocons.
Au début, les bruits de pas dans la neige étaient presque inaudibles, faibles et lointains. Je le voyais à l’horizon. Il semblait si petit qu’on aurait dit un enfant. Il s’approchait lentement, toujours au même rythme. Sous ses pas, la neige crissait et se faisait entendre de plus en plus fort. La silhouette se rapprochait et devenait de plus en plus grande. Le corps de l’enfant était maintenant devenu homme. Il était grand, fort et portait sur lui un gros pull en laine à col roulé. Je distinguais mal son visage mais de sa bouche sortait de la buée d’un homme qui marche à perdre haleine.
Mon regard se posa sur le sol enneigé et je m’aperçus que l’homme suivait des traces de pas. Un autre homme était passé là avant lui. Sans doute cherchait-il à le rattraper.
Mais pour quelle raison ? Pourquoi marchait-il sans s’arrêter ?
L’homme passa devant moi sans me voir. Il continua sa route.
Soudain, des hurlements de loups se firent entendre dans cette plaine blanche et irréelle, suivis d’un cri de détresse, un cri humain.
L’homme se précipita. Je le suivis. Mon cœur se mit à battre plus vite. L’homme courait, maintenant. Il arriva là où les pas s’arrêtaient, devant un vieil homme épuisé qui n’arrivait plus à avancer.
Une meute de loups affamés, aux crocs féroces, encerclaient le vieillard tel un agneau prêt à être dévoré. L’homme hurla alors plus fort que les loups, leur lança des pierres mais, si deux d’entre eux battaient en retraite, quatre surgissaient encore plus féroces.
Il n’y avait plus qu’une solution : la fuite.
Les deux désespérés se mirent à courir, le vieil homme, rassemblant ses dernières forces, aidé par le plus jeune. Dans leur fuite, ils ne s’aperçurent pas qu’ils piétinaient un lac gelé et que la glace se fendillait sous leurs pas. Lorsque les loups se précipitèrent derrière eux la glace céda et les monstres affamés furent engloutis par les eaux.
Ils étaient sauvés.
Le vieil homme était frigorifié et n’en pouvait plus. L’homme enleva son pull en laine pour le lui donner. Il le prit sur son dos et marcha pas à pas jusqu’au refuge le plus proche.
Enfin arrivés, il alluma un bon feu pour le réchauffer et lui prépara une bonne soupe pour lui redonner des forces. Plongé dans son bol, le vieil homme s’arrêta un instant de manger, leva les yeux et lui dit :
– Merci fils, tu m’as sauvé la vie !
Puis il replongea son nez dans la soupe.
Ainsi, cet homme, qui marchait dans la neige, était sur les traces de son père. A présent c’était lui qui marchait devant. Son père pouvait compter sur lui pour le défendre contre les agressions et les imprévus de la vie.
Le lendemain matin, après un bon petit déjeuner, il fallut reprendre la marche. Le fils partit devant, suivi de son père. Il se retournait de temps en temps pour voir s’il tenait la cadence. Il tenait bon mais perdait du terrain progressivement. La marche était longue et épuisante. Il se retourna de nouveau. Son père avait disparu. Un vent de panique souffla en lui. Il tourna les talons sans réfléchir pour lui porter secours.
Les paroles de son père lui revinrent à l’esprit : « un jour, je n’aurai plus assez de force pour te suivre. Je ne serai plus derrière toi. Ce jour-là, il faudra continuer ton chemin sans te retourner et sans regret. »
Ces mots, qui raisonnaient dans sa tête, lui étaient insupportables. Des larmes coulaient sur ses joues. Mais il se résigna à respecter la volonté de son père et reprit son chemin.
A présent, ses joues étaient sèches. Ses pas semblaient s’enfoncer moins profondément dans la neige. Des petites fleurs commençaient à lever la tête et les oiseaux chantaient à tue-tête. Le soleil qui frappait sur son dos lui paraissait plus chaud. Enfin le printemps pointait le bout de son nez. Au loin une fumée s’élevait, plus près, une maison avec sa cheminée. L’homme avançait le cœur léger et ne sentait plus la douleur.
Dans sa précipitation, il ne vit pas le loup sortir du bois d’à côté. La bête sauvage sentit son odeur et se précipita sur lui.
Quand il l’aperçut, l’homme ne parut pas vouloir réagir. Il semblait se résigner à son triste sort.
Voyant la scène, je criai de toutes mes forces :
– Courez ! Courez !
Mais l’homme ne m’entendit pas. Il ouvrit les bras et le loup bondit sur lui. Il l’attrapa de ses deux mains. Le museau et les oreilles glissèrent alors comme une capuche et la peau de bête glissa tel un manteau pour laisser apparaître un visage d’enfant.
