Les Maîtres du Temple - Dominique Achard - E-Book

Les Maîtres du Temple E-Book

Dominique Achard

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Beschreibung

Nous proposons avec cette première monographie, une série de 22 autres consacrées aux 22 (ou 23 selon les spécialistes) Grands Maîtres de l’Ordre des Templiers (l’un d’eux ne l’ayant été que par « intérim »).

Nous tenons à rendre hommage à un chercheur passionné et passionnant, Thierry Leroy, auteur d’un très bel ouvrage intitulé Hugues de Payns, chevalier champenois et fondateur de l’Ordre des Templiers, publié en 2001 aux éditions de la maison du boulanger. Son livre est remarquable de précision. Mais notre but est différent, son livre étant une référence incontournable.

Notre objectif est autre : il est de servir l’esprit de cet Ordre magnifique et qui pèse si lourd dans l’histoire de l’Europe et du Proche Orient.

Nous souhaitons participer bien humblement à la vérité du Temple, sociale, politique et spirituelle.

Même si nous n’excluons pas la probabilité d’une implication très mystique de cet Ordre dans le « paysage » spirituel de cette période si riche du Moyen Age des croisades, nous n’aborderons que l’ésotérisme chrétien qui peut lui être attaché.

Certains d’entre nous ne nient absolument pas avoir fréquenté des groupes néo-templiers, et c’est sans doute le désir d’un partage humain et chrétien qui les a motivés, mais dès lors qu’émergeaient les folies absurdes d’élucubrations sulfureuses, ils ont « pris le large » en conservant dans leur âme le désir de comprendre la vérité du Temple.

Nous abordons l’ensemble de notre quête « pour l’honneur du Temple » par la présentation des Maîtres majeurs, les Grands Maîtres, puis nous aborderons les maîtres des « langues », des provinces……

Un gros travail ainsi se présente à vos passions, vos intérêts historiques ou spirituels.

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Seitenzahl: 167

Veröffentlichungsjahr: 2021

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Dominique Achard

Non nobis Domine, non nobis, sed nomini Tuo da gloriam

Rien pour nous Seigneur, rien pour nous mais tout pour la gloire de Ton nom

Psaume 113 v9 (Vulgate) ou 115 v1

Dieu le veut !

La fé sens obras, morta es !

(Morte est la foi sans les œuvres)

INTRODUCTION

Avertissement en guise d’introduction

Nous proposons avec cette première monographie, une série de 22 autres consacrées aux 22 (ou 23 selon les spécialistes) Grands Maîtres de l’Ordre des Templiers (l’un d’eux ne l’ayant été que par « interim »).

Nous tenons à rendre hommage à un chercheur passionné et passionnant, Thierry Leroy, auteur d’un très bel ouvrage intitulé  « Hugues de Payns, chevalier champenois et fondateur de l’Ordre des Templiers »{1}. Son livre est remarquable de précision. Mais notre but est différent, son livre restant une référence incontournable.

Notre objectif est autre : il est de servir l’esprit de cet Ordre magnifique qui pèse si lourd dans l’histoire de l’Europe et du Proche Orient.

Nous souhaitons participer bien humblement à la vérité du Temple, sociale, politique et spirituelle.

Même si nous n’excluons pas la probabilité d’une implication très mystique de cet Ordre dans le « paysage » spirituel de cette période si riche dite du « Moyen Age » des croisades, nous n’aborderons que l’ésotérisme chrétien qui peut lui être attaché.

Certains d’entre nous ne nient absolument pas avoir fréquenté des groupes néo-templiers, et c’est sans doute le désir d’un partage humain et chrétien qui les a motivés, mais dès lors qu’émergeaient les folies absurdes d’élucubrations sulfureuses, ils ont « pris le large » en conservant dans leur âme le désir de comprendre la vérité du Temple.

Nous abordons l’ensemble de notre quête « pour l’honneur du Temple » par la présentation des Maîtres majeurs, les Grands Maîtres, puis nous aborderons les maîtres des « langues », des provinces…

Un gros travail ainsi se présente à vos passions, vos intérêts historiques ou spirituels.

Un mot encore : nous ne détacherons pas l’Ordre du Temple du monde cistercien, car selon notre certitude, cet Ordre est cistercien.

Aucune institution, plus que l’Ordre du Temple, n’a suscité autant de spéculations ésotériques, occultistes, mystiques, historiques, littéraires etc… Il est vrai que dès sa fondation cet Ordre qui deviendra hors du commun, offrit l’occasion à divers chroniqueurs de s’extasier, s’insurger ou s’étonner quant à l’aura de mystère (spirituel, politique…) dont il fut très tôt nimbé.

Si au XVIIIème siècle on envisageait l’Ordre avec respect, (cf les écrits de l’abbé Vertot{2}, de Dupuy{3} ou du chanoine R.P. M.J. ordre des Prémontrés, docteur en théologie, prieur de l’abbaye d’Etival, dans les Vosges « l’Ordre des Templiers{4} » au XIXe on l’instrumentalisait lamentablement et… durablement !

Aujourd’hui on affuble les Templiers de toutes sortes d’oripeaux, allant du gnosticisme le plus follement hérétique et jamais historiquement vérifié au OVNIS qu’ils auraient découverts dans les souterrains du Temple de Salomon où ils étaient hébergés…. (En fait ils ne furent jamais hébergés dans les restes du palais de Salomon mais à côté de ceux-ci…)

Les légendes templières les plus incroyables sont apparues après la dissolution de cet Ordre prestigieux et propres à faire rêver les âmes romantiques.

L’historien Alain Demurger dit ceci :

«

La bibliographie du Temple est surabondante mais scientifiquement douteuse. Le Temple alimente, avec les cathares et Jeanne d’Arc, l’un des filons inépuisables de la pseudo-histoire, celle qui a pour but d’offrir à des lecteurs avides leur ration de mystères et de secrets.

» (A.Demurger)

{5}

Ainsi s’expriment les auteurs d’un site historique sérieux et passionnant.

« N’oublions pas que les Templiers sont morts et qu’il est facile aujourd’hui de leur attribuer tout et n’importe quoi. La mode de l’ésotérisme, qui tend à échafauder des hypothèses plus que douteuses historiquement, porte un immense préjudice culturel aux Templiers et crée des confusions dans la culture populaire. Aussi est-il nécessaire d’aborder l’approfondissement de la connaissance de l’ordre du Temple avec rigueur et en faisant une sélection stricte des ouvrages et de tout support documentaire.

Ainsi, en toute connaissance de cause, il convient de se référer uniquement aux travaux des chercheurs qui ont une déontologie historique.

En conséquence, les auteurs de cet article ont soigneusement trié les sites web dignes d’intérêt et se sont basés principalement sur des travaux universitaires de chercheurs renommés. Dans une grande majorité, Internet est très peu fiable sur le thème des Templiers. Nous déconseillons de l’utiliser comme outil à cause du foisonnement de sites relayant des informations erronées. »{6}.

Les légendes autour de l’Ordre des Templiers ont contribué à semer doutes et confusions. Prenons l’exemple de la fameuse       « vraie fausse » charte de succession dite de Larménius et les élucubrations ésotérico-socio-politiques de Fabré-Palaprat, les inepties de Robert Ambelain{7} ou les approximations historiques de tant d’autres. La plupart de ces gens se réfèrent à l’engagement de foi des frères du Temple, mais l’assortissent d’un gnosticisme totalement inventé. Nous proposons quant à nous de poser un simple regard de foi chrétienne sur cet ordre religieux.

Nous proposons de voir l’Ordre du Temple dans sa grande simplicité d’inspiration cistercienne.

En guise de préambule

interview de Jean-Pierre Schmit

« Pour répondre à vos questions :

• Êtes-vous historien ou chercheur indépendant ?

Non, je ne suis pas historien. Ma formation initiale est bien plus modeste puisque je suis titulaire d'un CAP de dessinateur industriel en construction mécanique. Ma première formation a donc plus à avoir avec la géométrie qu'avec l'histoire. Cependant, grâce à ma femme qui faisait des études universitaires à Paris, j'ai pu participer à ses recherches et notamment à un DEA sur            « l'Image du théâtre en rond à la Renaissance. » Sa directrice de mémoire était responsable du département iconographie à la Sorbonne Nouvelle. Nous n'avons pu poursuivre cette voie d'études faute de moyens pour financer sa thèse. Cependant l'étude des images pour étudier un sujet donné reste une précieuse expérience pour approcher un sujet aussi peu documenté que la religion du Temple. Je rentre donc résolument dans la case des chercheurs indépendants.

• Avez-vous une conception ésotérique du Temple ?

Encore faudrait-il s’entendre sur le terme ésotérique. Au Moyen-Âge de puissants ordres monastiques comme celui de Cluny ou de Cîteaux possédaient leur propre tradition symbolique. Dans ce monde très fermé des monastères, cet enseignement restait le privilège des moines. L'ordre du Temple constitué de moines soldats, a, à plusieurs niveaux, bénéficié du savoir des moines bénédictins et plus particulièrement de celui des moines de la Stricte Observance bénédictine. Pour ma part, je fais la distinction entre recherches symboliques qui amènent l'individu à légitimer son statut de citoyen grâce à une pleine connaissance des structures symboliques qui fondent la Cité, et l'ésotérisme, qui s'apparente plus à mes yeux à l'étude des sciences occultes, dont le seul but reste d'acquérir des pouvoirs surnaturels. Hélas, on ne peut nier que sous l'influence de l'Orient, certains templiers se soient laissé séduire par cet univers chimérique. Mais il faut tout de suite préciser qu'ils n'étaient pas plus nombreux chez les Templiers que dans beaucoup d'autres institutions religieuses du Moyen-Âge. Pour être tout à fait juste avec l'ordre du Temple, on doit aussi considérer que la plus grande partie du peuple templier est restée éloignée de ces préoccupations qui concerneront en général des chevaliers de noble extraction qui avaient déjà reçu les leçons du trivium et du quadrivium.

• Croyez-vous aux thèses gnostiques ?

La gnose est une religion à part entière, avec ses dogmes et ses croyances. Personnellement, je suis attaché à la foi révélée et l'univers de la gnose m'est étranger. Je crois profondément que la rédemption vient du monde d'ici-bas et en tant que démocrate j'attends tout de mes contemporains. C'est aussi pour cette raison que j'ai salué l'effort des chanoines réguliers de Saint-Victor de Paris qui ont cherché à enseigner au plus grand nombre une théologie qui avait le souci de faire cohabiter de manière cohérente recherches symboliques et foi révélée. Moines cisterciens et chanoines réguliers ont sans aucun doute cherché à faire cohabiter dans le même ciel le soleil et la lune pour notre propre salut.

• Croyez-vous à la règle secrète de Roncelin ?

Dans sa longue déposition du 12 janvier 1311, le Templier Gérard de Caux raconte que Jacques de Molay, qu'il avait vu outre-mer, priait les frères qui détenaient des exemplaires de la Règle, des statuts et règlements de l'ordre, de les lui remettre ; il en détruisait certains en répartissait d'autres entre les anciens de l'ordre et en gardait pour lui ; il rendit cependant à Gérard de Caux un exemplaire du De laude novae militiae de Saint Bernard. Le frère Gérard de Caux rajouta : « Les anciens disaient que les maîtres Guillaume de Beaujeu et Thomas Bérard avaient agi de la même manière, et ils se rapportaient de l'un à l'autre que l'ordre n'avait pas fait son profit d'avoir en son sein des gens cultivés. » Ce passage est cité par Alain Demurger dans son ouvrage « Jacques de Molay »{8}, . Pourquoi jeter au feu certaines règles de l'ordre sinon parce qu’elles paraissaient trop compromettantes pour la réputation de l'institution. Dans son étude sur la Règle secrète des templiers , l’historien René Gilles avait déjà décelé l'esprit de la gnose dans la règle rédigée par maître Roncelin.

En réalité, Roncelin de Fos n'est que la partie émergée de l'iceberg. Au Moyen-âge, et bien après la destruction de l'ordre des Templiers, s'était développé en Occident un cercle d'initiés à cette fameuse gnose. Réunis au sein d'une confrérie. Ils eurent une grande influence occulte sur la politique médiévale. Cette confrérie était la confrérie des Rois Mages, fondée en 1164 par Rainald von Dassel, archevêque de Cologne et chancelier de l'empereur germanique Frédéric Barberousse. Roncelin de Fos, maître du Temple en Provence, était un membre actif de cette confrérie. On se focalise beaucoup sur les Templiers mais en Provence, dans les réunions de la confrérie des Rois Mages, les dignitaires de l'ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem étaient bien plus présents que les frères Templiers. C'est d'ailleurs les frères de l’Hôpital qui hériteront des biens des Templiers et donc du fameux château de Montsalvage. Un petit groupe de Templiers était effectivement adepte de la religion gnostique.

Si on osait une comparaison, on pourrait les comparer aux membres de la loge P2 en Italie. La plupart des membres de l'obédience maçonnique en Italie ignorait tout des activités de cette loge, créée pendant la Guerre Froide pour lutter contre le communisme et soutenue en sous-main par les américains via la CIA. Au Moyen-âge, ce ne sont pas les américains mais l'empire germanique qui était à la manœuvre. La CIA de l'époque était cette fameuse confrérie des rois Mages, et ce n'était pas contre le communisme qu'on luttait alors mais plutôt contre le droit féodal franc incarné par le roi de France. Je pense que la Règle secrète des templiers rédigée par Roncelin de Fos est en grande partie le fruit d'une politique voulue par la confrérie des Rois Mages.

Cette confrérie fait aussi le lien entre Wolfram von Eschenbach et le mystérieux Kyot le Provençal que wolfram nous permet d'identifier par certains indices dans son ouvrage. De même, le livre du Graal dont il est question dans Parsival est un livre d'alchimie qui est consultable sur internet. À l'époque cet ouvrage d'alchimie très secret était considéré comme le livre du diable. L’ouvrage était le plus précieux que la confrérie des Rois Mages en Provence n’ait jamais possédé et il fut le support à de nombreuses expériences.

Tout le monde connaît grâce aux fresques de Benozzo Gozzoli (1459) la chapelle de la confrérie des Rois Mages dans la chapelle des Médicis à Florence. Ce qui est moins connu, c'est qu'en Provence on peut aussi admirer une salle qui servit de lieu de réunion à cette même confrérie. Cette salle, comme la chapelle du palais des Médicis, est recouverte de fresques mais en Provence ces fresques datent du XIII° siècle, ce qui n'est pas sans intérêt pour un iconographe amateur.

• Croyez-vous à la « charte » de Larménius ?

Cette charte nous ramène tout droit à un certain Bernard Raymond Fabre-Palaprat, membre de la loge des chevaliers de la Croix – loge qui relevait du Grand Orient de France. Cette « charte » pose surtout le problème de la résurgence templière. Dans ce cas précis, on peut croire que Bonaparte se méfiant de la franc-maçonnerie jugée trop proche de la « perfide Albion », trouva opportun la création d'un ordre templier pour contrecarrer l'influence de cette dernière. L'ouvrage de C.H. Maillard de Chambure, Règle et statuts secrets des Templiers, publié à Paris en 1840, n'est pas inintéressant à ce propos. L’auteur évoque page 112 le Manuel des chevaliers de l'ordre des Temple publié à Paris en 1825. « Les Templiers exposent dans ce livre que lors de la dispersion des chevaliers après la sentence du concile de Vienne, deux d'entre eux, qui avaient abandonné la Règle, instituèrent en Écosse, avec Robert Bruce, la maçonnerie écossaise, source de tous les rituels maçonniques actuels. Marc Larmenius, qui avait succédé à Jacques de Molay, condamna ces sectaires et les déclara excommuniés ». Tout cela ressemble fort à une réécriture de l'histoire au début du XIXe siècle, dans un contexte de conflit qui oppose la France à l'Angleterre. Maillard de Chambure précise aussi au chapitre concernant la continuation moderne de l'ordre du Temple, page 111, que l'abbé Grégoire qui publia le premier la charte de Larmenius dans son ouvrage Histoire des Sectes Religieuses  Paris, 1828, aurait reçu tous ses documents de l'ordre moderne - c'est-à-dire, et c'est moi qui le rajoute, des anciens membres de la loge des chevaliers de la Croix, dont le Vénérable était le docteur Philippe Ledru. Tout cela paraît un peu trop cousu de fil blanc pour qu'on prenne cette charte trop au sérieux. Maillard de Chambure qui semble croire à l'authenticité de cette charte avait été particulièrement impressionné de trouver dans les feuilles de garde du manuscrit parisien de la Règle du Temple trois lettres, « C.G.U », qu'il pensait être une des preuves d'un alphabet secret des Templiers. Cet alphabet secret faisait partie des documents que les chevaliers de la Croix avaient fait parvenir à l'abbé Grégoire qui les publia. Mais depuis, Simonetta Cerrini, dans son ouvrage La Révolution des Templiers, page 219, a élucidé le mystère de « C,G,U » grâce à une lampe Wood. Et ces lettres n'ont rien à avoir avec un quelconque alphabet secret.

Pour conclure sur une note optimiste, on pourrait finir avec cette citation de l’Évangile :

« Il n'y a rien de caché qui ne sera révélé et rien d'occulte qui ne sera connu » ( Matthieu, X, 26) »

Un mot encore

Nous développerons dans le 22eme volume l’importance de la bulle pontificale « Unam Sanctam » de Boniface VIII le 18 novembre 1302    plaçant l’Eglise et tous les chrétiens hors de la portée royale les chrétiens devant n’être soumis qu’au souverain pontife.

Au fur et à mesure des 22 publications nous donnerons un secret du Temple à chacune d’elles.  

Ce « petit secret » est développé dans le dernier chapitre du présent livre et il en sera de même dans les 21 autres….

Certains seront déçus, d’autres amusés, certains autres enfin comprendront le sens de tout cela.

Première partie

Chapitre 1 – l’Ordre de Cîteaux

Le nom de Cîteaux évoque bien entendu le monastère et St Bernard

Il ne parait guère raisonnable de détacher l’histoire de la fondation du Temple, toute son histoire, de l’omniprésence de St Bernard de Clairvaux.

Bernard est né entre 1090 et 1091 au château de Fontaine les Dijon où il reçut une éducation noble

La famille de sa mère est de moyenne noblesse, famille de Montbard. L’oncle de Bernard, André de Montbard, sera l’un des co-fondateurs de l’Ordre du Temple

Bernard suit une « scolarité » basée essentiellement sur la pensée (art, littérature, philosophie, théologie) et développe un gout très prononcé pour l’étude des Pères…

En 1112 il entre avec 30 autres personnes de sa famille et des proches, à l’abbaye de Cîteaux dirigée alors par l’abbé Etienne Harding. Dans cette glorieuse période, en cet âge que l’on dit à tort, « moyen », c’était un usage courant car on se préoccupait beaucoup de sa vie « au Ciel » et des rachat rapides de nos fautes.

Bernard exprime de cette façon son choix bénédictin : « par la montée rude (...), vers la Jérusalem de la liberté, celle d'en-haut, notre mère » ; ascèse comparable à ce qu’exprimera plus tard St Jean de la Croix dans sa « montée » au Carmel » et sa pérégrination par la « nuit obscure ».

C’est en 1115 que l’abbé Etienne confie à Bernard le soin de créer une nouvelle abbaye en un lieu dit Clara Vallis, la Claire Vallée qui deviendra Clairvaux, non loin de Bar sur Aube.

Simple moine, il est mandé par le légat du pape Mathieu d’Albano pour remplir la fonction de secrétaire au concile de Troyes en 1129.

Mais il y est très vite contesté sur essentiellement deux points : un simple moine ne peut donner d’avis, et surtout lorsqu’il défend l’idée d’un ordre de moines-soldats, une milice du Christ. Cela parait à bon nombre comme antinomique du Christianisme. Bernard défend si bien la cause des chevaliers moines qu’il reçoit approbation de tous. Il influence largement par ses idées la rédaction des statuts de la Nouvelle Milice. Il déclare entre autre que pour un chrétien il est plus difficile de donner la mort que de la recevoir. Il fustige le "chevalier du siècle" qui engage des guerres. Il rappelle que le Templier est un combattant discipliné sans orgueil et sans haine 

Mais de quel combat s’agit-il ? Tout est là ! Peut être faut-il réviser nos conceptions, certitudes et autres désirs  mentaux et culturels…

Quel sont les points forts et essentiels de la pensée de Bernard ?

La paix intérieure

La spiritualité cistercienne est une mystique incarnée ; que tout aille de soi dans la vie du quotidien est essentiel et pour cela tout doit être mis en œuvre tant du point de vue architectural et décoratif que rituel. La sobriété, la simplicité, tout doit concourir à l’équilibre et si le moine de Clairvaux est un guerrier de la prière, le moine-soldat que Bernard défendra sera le guerrier pour une cause de paix : protéger essentiellement.

La règle bénédictine régissant Cîteaux, la paix intérieure se révèle être  la condition essentielle pour « dialoguer » avec Dieu. Cet état particulier ne peut s’acquérir dans le « bavardage » intérieur mais dans le dépouillement le plus grand.

Voila pourquoi le silence est de rigueur mais aussi une architecture épurée, nécessaire.

St Bernard ne cessera d’inciter les bâtisseurs à expurger au maximum les décors des lieux de culte monastiques. On verra se développer une sorte de gothique « minimaliste » et d’une grande beauté. Le blanc, la lumière, abondent et dominent.

Un œil unique, celui du Créateur, apporte la lumière et « sonde les âmes », l’œil divin est omniprésent dans l’oculus cistercien.

Les trois ogives également concourent à « enseigner » les profanes et maintenir le moine dans la connaissance de la tri-unité, omniprésente dans les chœurs et chevets.

Le silence, la solitude en commun, (st Benoit invitait les moines à vivre ensemble et non en ermites),  l’ascèse, la prière, le plain-chant forment autant de beautés de vie monastique qui mènent à la paix intérieure.

A propos de l’architecture templière.

Que n’a-t-on pas écrit sur ce sujet fort intéressant ! Même si mon propos rejoint en grande partie celle de Jean Favier , je prétends cependant que ces moines particuliers, les Templiers, influencèrent les courants architecturaux de l’époque.

S’ils reçurent, nous le verrons plus avant, diverses influences orientales (chrétiennes)  dans leur spiritualité et leurs usages, ils les reçurent également, et c’est bien évidemment très logique, pour leurs lieux de vie et de spiritualité.