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Après un premier recueil de nouvelles "Sentiments Intemporels", Dominique GODART nous en offre un deuxième dans lequel elle nous fait partager son goût pour les voyages. Laissez-vous emporter !
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Seitenzahl: 43
Veröffentlichungsjahr: 2018
L'enfer c'est les autres Jean-Paul Sartre
A
Lily-Marie BARRADEL
Ma petite-fille avec qui j'ai parcouru contrées et pays.
Merci pour ces délicieux moments.
Je t’aime
La diagonale des fous
Au pays de Fayence
Emouvantes retrouvailles
Le journaliste
Mer de glace
Olivier, dossard numéro 008
Maxime, dossard numéro 009
Géraldine, dossard numéro 010
Et moi, Sarah, dossard numéro 011
Le cirque de Mafate, est le poumon végétal de l'île de la Réunion.
Je suis venue quelques jours avant pour repérer les difficultés du parcours de la « Diagonale des Fous » et les appréhender. Je découvre ce cirque qui n’est accessible qu’à pieds par les sentiers de montagne. Je saute par-dessus des torrents, je longe des ravines, je traverse une forêt luxuriante, je croise des fleurs multicolores, et des oiseaux aux plumages très colorés.
Après ces belles images dans la tête, je me concentre sur ce qui m’amène ici.
Je viens participer à ce raid réunionnais : traverser l’île de la Réunion du Sud au Nord. Je pars de Saint-Pierre, petite ville au Sud, pour rejoindre Saint-Denis, ville au Nord, par la forêt, en traversant trois cirques : Le Piton de la Fournaise, le Cirque de Mafate et celui de Cilaos. Soit 167 kilomètres avec un dénivelé de 9700 mètres à parcourir par équipe en vingt-quatre heures maximum.
C'est la première fois que j'y participe. Je me suis entraînée durement.
Je me suis lancé ce défi après une vie sentimentale chaotique.
J'ai subi violences morales, violences physiques, manipulations mentales... Impossible d'en sortir... J'étais aliénée, prise au piège. Je m'étais habituée à cette vie.
J'avais pris quarante kilos ! Je me détestais.
Puis, un jour j'ai ouvert les yeux. J'ai réagi. J'ai quitté le domicile conjugal. Je me suis cachée des mois durant pour échapper à mon bourreau. Progressivement, j'ai appris à revivre, à vivre pour moi, à ne plus avoir peur.
J’ai trouvé un travail dans un gymnase. Je l’ai rencontré le premier jour de mon embauche. Ce fut un réel coup de foudre. Sans lui, je n’aurais pas pu m’en sortir.
Je pensais à lui, je rêvais de lui. Je le ressentais au plus profond de moi. Sans lui, je n’aurais pas eu la force de me surpasser, d’aller plus loin.
Ne vous méprenez pas ! Je parle du sport !
Je m'entraîne matin et soir. Ma vie est bercée par la course contre la montre, par les étirements, par une nouvelle hygiène de vie, par un entraînement très intensif : encore plus d’heures d’efforts journaliers, plus d’endurance, plus de musculation, plus de travail sur le mental, toujours plus, et encore plus.
J'ai perdu trente-cinq kilos. Mon corps malgré tout conserve certains stigmates lourds à porter dans la pratique de cette discipline.
J'ai appris à vivre avec ces kilos de trop, avec cette peau flasque qui se balance quand je cours. Je les ai domptés, je les ai fait miens, je me suis habituée à eux.
J'ai gainé ma sangle abdominale, j'ai sanglé d'une gaine élastique cette chair avachie, molle, l'empêchant ainsi de ballotter en tous sens.
Ma poitrine menue, quel que soit mon poids et ressemblant à des pis de vache, a été elle-aussi emballée dans une brassière "push-up" en coton élasthanne, formant de petites pommes rondes sous mon tee-shirt.
J’ai positivé mon physique. J'ai gagné la première partie de mon pari : retrouver l’estime de moi.
Me voilà donc présente au raid le plus difficile au monde. Cela change des marathons sur bitume ou terrain argileux. J'ai quelques courses à mon actif, toutes soldées par de mauvais résultats.
Je me sens en forme et motivée.
Les autres concurrents ont un corps sec. Leur short flotte comme un drapeau autour de leurs cuisses minces et musclées.
« Je ne leur ressemble pas physiquement ! Allez ! Allez ! Ressaisis-toi ! Ne te laisse pas aller au blues, tu as tout fait pour être ici», me dis-je
- Bonjour, je suis Sarah, j’arrive de Bruxelles ! C’est la première fois que vous participez à ce raid réunionnais ?
- Oui ! répond Olivier précisant qu’il est luxembourgeois.
- Nous sommes réunionnais d'adoption et nous le faisons pour la troisième fois expliquent tour à tour Géraldine et Maxime.
L’angoisse s’empare alors de moi. «Suis-je à la hauteur » ? « Ils me paraissent tellement forts ». Me dis-je tout bas. Je ne dois pas me laisser intimider. Je ne leur demande pas leur palmarès pour ne pas être déstabilisée.
La course se court par équipe. Pourraient-ils être mon leurre comme dans une course de lévriers?
Il est quatre heures du matin, je viens de terminer mon petit-déjeuner.
L’organisateur de la course donne les premières consignes :
