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Longtemps orale, essentiellement composée de chants rituels, puis rédigée en chinois, la littérature coréenne a pris son essor au XIIIe siècle, avec le développement de l'imprimerie dont l'usage des caractères mobiles en plomb fut d'abord réservé à la cour.
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Seitenzahl: 50
Veröffentlichungsjahr: 2016
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ISBN : 9782341003247
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Longtemps orale, essentiellement composée de chants rituels, puis rédigée en chinois, la littérature coréenne a pris son essor au XIIIe siècle, avec le développement del’imprimerie dont l’usage des caractères mobiles en plomb fut d’abord réservé à la cour. L’invention de l’alphabet coréen sous les Yi (1392-1910) conforta la progression d’une littérature éprise de justice sociale et sollicitant des réformes économiques. Le roman porte souvent un message moralisateur destiné aux élites jugées corrompues. Au XIXe siècle, les écrivains coréens subiront l’influence des grandes cultures occidentales transmises par la Chine et le Japon. La guerre domine le XXe siècle ; d’abord l’annexion par le Japon puis la guerre de Corée, qui scinde le pays en deux, suscitent chez les écrivains un esprit de « révolte » et de « rupture » encore très inspiré de l’Occident au Sud, et, au Nord, un soutien sans faille au gouvernement communiste. Ainsi la littérature coréenne cherche-t-elle encore à se définir.
Il existe en Corée quelques œuvres poétiques qui datent du Ier siècle avant J.-C. ainsi que le prouve le Hwangjo ga (Chant d’oiseaux jaunes), composé en chinois, selon le Samguksagi (Histoire des trois royaumes, livre XIII), par le roi Yuri (règne : 19 av.-17 apr. J.-C.) de Koguryŏ, en 17 avant J.-C. Le désir de se doter d’une écriture adaptée à leur langue poussa les Coréens à inventer un système appelé idu, utilisé, probablement à partir du Ve siècle, tantôt pour transcrire phonétiquement les termes grammaticaux coréens, tantôt pour traduire un certain nombre de mots, en particulier les substantifs, à l’aide de caractères chinois.
Il semble que ce procédé du idu était largement répandu dans le royaume de Silla (57 av.-935 apr. J.-C.) ; en effet, sur l’ordre de la reine Chinsŏng (règne : 887-897), Wihong et Taego éditèrent, en 888, le Samdaemok, important recueil où furent consignées des poésies de transmission orale du royaume de Silla. Ce recueil n’étant malheureusement pas parvenu jusqu’à nous, on ne connaît que quatorze poésies de ce genre appelé hyangga (chants de terroir), qui datent de Silla et sont insérées dans le Samgukyusa (Anecdotes des trois royaumes), qu’un moine, Ilyŏn, composa au XIIIe siècle. Il existe, en outre, onze hyangga datant de l’époque de Koryŏ (918-1392) et composées par Kyunyŏ (923-973). De ces vingt-cinq hyangga, seize sont d’inspiration bouddhique, les autres ayant trait au loyalisme envers le roi, aux adultères, aux funérailles, aux groupes de jeunes aristocrates connus sous le nom de hwarang (jeunesse fleurie).
Il semble que le système graphique nommé idu n’ait pas été utilisé pour le récit ; du fait de sa complexité, nombreux furent ceux qui choisirent d’écrire directement en chinois. Le plus célèbre d’entre eux, à l’époque ancienne, est Ch’oe Ch’iwŏn (857- ?), connu même en Chine et auteur du Kyewŏn p’ilgyŏng (Recueil littéraire du jardin de cinnamomes). Cette habitude des lettrés coréens d’employer le chinois s’ancra encore plus solidement à partir de 958, année où le royaume de Koryŏ adopta le système du kwagŏ, c’est-à-dire du concours d’État pour le recrutement des fonctionnaires, au cours duquel les candidats devaient faire preuve d’une grande connaissance des classiques chinois et savoir composer dans leur propre langue. Parmi les recueils littéraires en chinois parus durant cette époque de Koryŏ, citons le Tongguk Yi Sangguk chip (Recueil des œuvres de Yi Sangguk, terminé en 1241, puis complété en 1251) de Yi Kyubo (1168-1241), le Pohanchip (Recueil divertissant, 1254) de Ch’oe Cha (1188-1260) et le P’ahanchip (Recueil pour le divertissement, 1260) de Yi Inro (1152-1220), qui contiennent des poésies, des essais en prose, ainsi que des P’aesol (nouvelles édifiantes), inspirées de rapports des P’aegwan (en chinois : baiguan), fonctionnaires détachés en province pour recueillir les opinions du peuple. Ces nouvelles se présentent sous forme de récits humoristiques, de contes grivois où l’on remarque l’influence des xiaoshuo chinois de l’époque des Tang et de celle des Song. Il existe aussi des récits de pure imagination, comme le Kuk sŏnsaeng chŏn (Histoire de Maître Kuk), dans lequel l’auteur, Yi Kyubo, a voulu, en personnifiant l’alcool, donner une leçon d’exhortation et d’admonition. Cet aspect moral sera adopté par la plupart des romanciers de l’époque ultérieure.
Au XIIIe siècle apparut un nouveau style de poésie, où s’observe un mélange de vers syllabiques en chinois comportant un refrain kyŏnggi yŏcha ou kyŏng kui ŏttŏhaniitko (Comment le trouvez-vous ? ), et d’un autre style poétique dit de sijo, lui aussi syllabique, mais composé en coréen. Si le premier fut délaissé au XVe siècle, le second sera de plus en plus exploité sous la dynastie des Yi (1392-1910).
Au début de cette nouvelle dynastie, la mise en usage des caractères mobiles métalliques d’imprimerie et l’invention de l’alphabet coréen laissèrent prévoir un essor considérable de la littérature coréenne. Cependant, la première de ces deux découvertes ne joua qu’un rôle minime dans le développement de la littérature ; en effet, si les Coréens arrivèrent à perfectionner et à utiliser la technique d’imprimerie à « caractères fondus » au plus tard au XIIIe siècle, cette technique, jalousement réservée pour la plupart des cas à l’usage de la cour royale, ne put malheureusement pas contribuer à répandre les œuvres littéraires, qui continuaient d’être imprimées selon l’ancienne méthode xylographique.
