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Paris, 18 janvier 1886. Louise Michel sort de prison. Les journaux crient au scandale: "La louve sanguinaire est libérée!" La communarde insoumise organise aussitôt un meeting, revient sur son passé et justifie ses actes, de Paris à la Nouvelle-Calédonie. La sainte laïque, comme l'appelait Vallès, réaffirme son engagement pour la justice sociale et nous entraîne dans ses combats. Elle se dévoile, militante idéaliste et poète, femme de courage, d'amour et de révoltes.
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Seitenzahl: 49
Veröffentlichungsjahr: 2016
Du même auteur
Gilles de Rais, ou la geôle du démon
Amalthée 2012
Oh ! Mon rêve est bien grand et je suis bien petite. Destin que feras-tu de mon rêve géant ?
Avant-propos
Louise Michel La Louve
Appendices
Dans cette œuvre j’ai voulu faire ressortir une âme forte du XIXe siècle, celle d’une femme tout à la fois encensée et calomniée de son vivant : Louise Michel.
Haïe et aimée, honorée et vilipendée, elle ne laissa pas de surprendre ses contemporains.
Née en 1830, la ‘’pétroleuse’’ de la Commune fut une militante politique et une écrivaine qui fut remarquée et admirée par Victor Hugo, Georges Clemenceau, Jules Vallès et Paul Verlaine, entre autres.
La plupart des grandes figures de l’action politique contemporaine lui ont toujours rendu hommage tant pour son courage inébranlable que pour la force de ses convictions.
Maîtresse d’école, elle estimait que l’instruction des enfants, filles et garçons, pouvait ouvrir la société sur un avenir flamboyant. Elle pensait que le savoir permettait à l’Homme d’être libre. Mais elle fut aussi une femme sensible et aimante. Elle resta toujours proche de sa mère Marianne qu’elle protégea durant les périodes difficiles. Fidèle en amitié elle ne renia jamais celles et ceux auprès de qui elle s’était engagée politiquement jusque dans les combats meurtriers de 1871 à Paris.
Théophile Ferré, frère de son amie Marie, fut son amour exclusif. L’exécution de ce militant communard après la semaine sanglante l’affecta profondément.
Revenue de déportation en 1880, elle poursuivit la lutte pour le progrès social. Sa fougue révolutionnaire lui valut d’être emprisonnée à plusieurs reprises.
Seule la camarde put faire taire la vierge rouge, le 9 janvier 1905.
A la fin du texte nous avons tenu à présenter des poèmes choisis pour révéler la beauté de sa plume. Quelques extraits de lettres qu’elle envoya à Victor Hugo peuvent nous faire ressentir l’influence des Évangiles sur sa formation lorsqu’elle vivait encore au château de Vroncourt. Dans ses mémoires elle reconnaîtra qu’elle ressentait souvent l’influence de ces moments de mysticisme vécus dans son enfance lorsque guidée par une tante bigote elle visitait les églises à la nuit tombée accompagnée de ses cousins.
Pour clore cet hommage, nous proposons aussi certains vers célèbres écrits pour elle par Victor Hugo et Paul Verlaine.
Alain Duprat
Pièce créée le 5 octobre 2013 au Trees Jazz Theatre (Restaurant Chartier) à Levallois Perret (Hauts de Seine)
mise en scène d'Emmanuel Desgrées du Loû
avec Clémentine Stépanoff dans le rôle de Louise Michel
Cette pièce a été jouée :
au Guichet Montparnasse (Paris) en 2016
au Théo-Théâtre (Paris) en 2015
au Théâtre de Ménilmontant (Paris) en 2014
au Théâtre 89 Casalis (Créteil) en 2013
au Trees-Jazz Théâtre (Levallois) en 2013
Janvier 1886.
Louise Michel vient d’être libérée. Elle avait été condamnée à 6 ans de prison pour avoir participé à l’attaque de trois boulangeries en marge de la manifestation des chômeurs du 9 mars 1883 sur l’esplanade des Invalides.
Après avoir effectué seulement 3 ans de sa peine, elle est libérée grâce à une amnistie du président Jules Grévy.
Elle a prévu une conférence dans la salle d’un restaurant de Levallois-Perret que ses amis lui ont trouvée.
Accompagnée ou plutôt suivie par deux policiers jusqu’à la porte, elle entre et commence à parler à un auditoire composé en partie de compagnons de lutte.
(Aux policiers en poussant la porte)
Merci messieurs de m’avoir accompagnée. Au-revoir et à bientôt !
Me flanquer deux policiers pour m’accompagner partout où je me rends, quel insigne honneur !
Mes amis, mes compagnons de lutte je vous remercie d’être venus dans cette salle de Levallois Perret aimablement mise à notre disposition.
Ici il fait plus chaud que dans ma cellule de Saint-Lazare ou de Clermont.
Ah ! Les foutus salauds croyez moi ils n’ont pas prévu le confort des prisonniers. Que j’ai eu froid ! J’ai cru crever… ! Mais je ne suis pas là pour vous parler des agréments des geôles de la république.
Votre présence me réconforte parce qu’elle prouve votre attachement à ma personne et aux idées que je défends.
Tu es présent, Jules Guesde, et toi aussi Henri de Rochefort. Je vois aussi mon compagnon d’armes, Maxime Lisbonne. Et puis Nathalie Lemel, toujours fidèle, à côté de ma chère Marie Ferré. Beaucoup de visages connus.
Mais je tiens à remercier aussi tous ceux qui sont venus m’entendre pour la première fois parce qu’ils sont intéressés par nos luttes. Malgré toutes les attaques dont je suis l’objet. Malgré les calomnies et les insultes vous êtes là.
Pourtant il est vrai que certains articles de presse n’engagent pas à me rejoindre pour me soutenir.
Alors ce jour, je ne ferai pas un simple discours politique, dans la bonne tradition. En effet je me dois aussi de répondre devant vous aux articles insultants de ces journaux que j’ai parcourus depuis ma sortie. Il faut parfois se mettre en avant, parler de soi quand on est une militante connue car les attaques contre la personne peuvent nuire aux idées défendues.
Voyons ensemble ce que dit la presse. Dans L’Univers Illustré… Voyons... Bien. Là c’est Jules Grévy qui en prend pour son grade pour m’avoir relâchée au bout de trois ans.
''Le président de la république a eu la faiblesse d’écouter les admirateurs de la Louise, la pétroleuse.''
Et c’est Georges Clemenceau qui est visé, bien entendu.
Là, oui : ''la communarde, la vierge rouge est désormais prête à s'attaquer les honnêtes gens .Tremblez les boulangers !''
Imbéciles !...
''Des agitations en perspectives.''
Ça attendez pour voir, vous ne serez pas déçus.
Ah! En plus, voilà la belle caricature de ce monsieur Pépin. Le Grelot accepte ses dessins. Ce Pépin me traite toujours de ''mère Michel qui est fort en colère de ne pas avoir perdu son chat.''
