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Bienvenue dans la collection Les Fiches de lecture d’Universalis
S’il fallait trouver un dénominateur commun à une majorité de prosateurs argentins contemporains, on pourrait dire que nouvelles et romans nationaux combinent à la fois l’usage de l’humour et l’interrogation sur ce que Borges appelle les grandes « conjectures existentielles » et Cortázar « la gifle métaphysique ».
Une fiche de lecture spécialement conçue pour le numérique, pour tout savoir sur Marelle de Julio Cortázar
Chaque fiche de lecture présente une œuvre clé de la littérature ou de la pensée. Cette présentation est couplée avec un article de synthèse sur l’auteur de l’œuvre.
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Seitenzahl: 25
Veröffentlichungsjahr: 2015
Universalis, une gamme complète de resssources numériques pour la recherche documentaire et l’enseignement.
ISBN : 9782852291935
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Photo de couverture : © Monticello/Shutterstock
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Ce volume présente des notices sur des œuvres clés de la littérature ou de la pensée autour d’un thème, ici Marelle, Julio Cortázar (Les Fiches de lecture d'Universalis).
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S’il fallait trouver un dénominateur commun à une majorité de prosateurs argentins contemporains, on pourrait dire que nouvelles et romans nationaux combinent à la fois l’usage de l’humour et l’interrogation sur ce que Borges appelle les grandes « conjectures existentielles » et Cortázar « la gifle métaphysique ». Dans ce contexte, Marelle (1963), le second roman de Julio Cortázar (1914-1984) fait office de livre culte, d’« essai de renversement du récit réaliste » (Saúl Yurkiévich) et de tentative d’exprimer, selon les propres mots de l’auteur « en termes de roman ce que d’autres, les philosophes, se sont posés en termes métaphysiques. C’est-à-dire les grandes interrogations... ».
C’est par un processus de « refondation » que passe Horacio Oliveira, le personnage central de Marelle, au cours d’une trajectoire bohème, marquée par l’absurde et le pathétique, qui le mène de Paris à Buenos Aires et qui le laisse, selon un final à la fois énigmatique et ouvert, au bord de la folie et du suicide. Le roman s’achève de manière insolite sur la vision d’une marelle, dans laquelle Oliveira croit trouver l’achèvement de son périple intérieur. Oliveira incarne cette « quête » qui hante tous les personnages de Cortázar et qui implique une dissolution des « fausses dichotomies » (contemplation/action, raison/intuition, matière/esprit), afin d’aboutir à une sorte de « dépaysement » d’ordre ludique et à la perception d’un « autre ordre plus secret et moins communicable ». D’où l’abondance des jeux sur le langage, des « carambolages de sens » qui remettent en cause notre conception du temps, de l’espace et de la causalité. Il n’y a donc dans Marelle aucune « révélation », aucune « culmination », mais plutôt un appel permanent à cette « simplicité », à cette « disponibilité » qu’on découvre chez un des plus beaux personnages inventés par Cortázar : la Sibylle, maîtresse d’Oliveira, femme étrange et fantasque, dont le regard intérieur est constamment tourné vers un nouvel espace à vivre et à rêver.
Pour exprimer les grandes questions métaphysiques, il est nécessaire de « mettre à bas les formes usuelles » du roman, si l’on en croit Morelli, véritable double romanesque de Cortázar qui confie, au chapitre 79 de Marelle
