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Publié en 1824 par le théologien protestant François-Auguste-Alphonse Gonthier, ce receuil de méditations invite les chrétiens à la réflexion sur des thèmes tels que le receuillement, la grâce, le salut et la fidélité. Le texte est ici suivi de ses instructions sur l'humilité.
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Veröffentlichungsjahr: 2020
Méditations Chrétiennes
1. Misère de l’homme
2. Appel de la grâce
3. Le moment de la grâce
4. Recueillement
5. Méthode d’amendement
6. Efforts pour obtenir le salut
7. l’Éternité
8. Souvenir de l’Éternité
9. Faveurs attachées à la repentance
10. Caractères du vrai fidèle
11. Résolution
Instructions sur l’humilité
Ma misère est grande.
Je le comprends par les impressions différentes que me font les douceurs de Dieu et celles du monde. Quand ces dernières se présentent, je sens tout le penchant de mon cœur se porter vers elles avec une impétuosité que j'ai bien de la peine à réprimer: pour recevoir ces funestes impressions, je n'ai besoin ni de réflexion, ni de travail.
Au lieu que s'il s'agit d'aller goûter les douceurs de mon Dieu, il faut réfléchir, m'exhorter; et ce n'est qu'avec beaucoup de peine, qu'après les avoir bien considérées dans mon esprit, elles descendent quelquefois dans mon cœur. Cependant une certitude qui ne souffre aucun doute, m'a convaincu de la haute préférence que tout m'oblige à leur donner sur les douceurs du monde et des créatures.
Pourquoi mon malheureux cœur a-t-il tant de peine à suivre les lumières de mon esprit?
Rien n'est plus humiliant; rien aussi ne m'afflige davantage.
C'est ce qui fait que plus mes lumières augmentent et me convainquent de l'excellence des choses de Dieu, et plus vivement j'aperçois ma misère et ma corruption.
Je ne serai content que lorsque je verrai mon coeur se porter vers DIEU avec une pente aussi facile que celle avec laquelle il se portait autrefois vers les objets de ses convoitises.
On se trouve bien coupable de ne pas se dévouer à Dieu sans réserve, quand on songe aux moyens qu'il ne cesse de mettre en usage pour nous attirer à lui.
Ce tendre Père ne se borne pas à nous attendre, il daigne nous chercher; il nous ménage, pendant le cours entier de notre vie, une foule de circonstances, simples en apparence, mais infiniment précieuses, et toutes également propres à nous attacher à son service.
Ici, c'est par des revers imprévus, par des contradictions dont notre orgueil s'irrite, par des humiliations dont il s'offense, qu'il nous dispose à faire des réflexions sérieuses, à rentrer en nous-mêmes, à porter nos regards vers l'unique source de toute consolation, de toute paix.
– Là, c'est du sein même de nos succès et de l'enivrement de nos joies, qu'il fait naître une sorte de lassitude, un sentiment secret du néant des choses humaines, un dégoût salutaire de tous les faux biens, qui tend à nous ramener au seul Bien véritable.
– Tantôt, c'est par une suite de conseils, d'instructions, d'exemples, venant comme à l'appui les uns des autres, et portant dans notre âme une lumière qui lui était auparavant inconnue, qu'il travaille à s'en rendre maître.
– Ou bien, c'est en excitant notre sensibilité par des bienfaits, en la réveillant, en la piquant en quelque sorte par des coups de Providence, et quelquefois par une chaîne de faveurs que nous n'aurions point osé espérer, qu'il veut nous forcer à la reconnaissance.
Pourrions-nous bien résister encore à tant de bonté, à tant d'amour?
Se formera-t-il sans cesse entre Dieu et nous un combat, de clémence, de sollicitations de la part de Dieu; et d'opposition, d'ingratitude, de révolte de notre part?
Dans ce combat si étrange, si attendrissant du côté du Roi de l'univers, si déshonorant du côté de sa créature, qui l’emportera enfin, de DIEU ou de nous ?
