Murmure final (Un thriller de Maggie Flight — tome 6) - Kate Bold - E-Book

Murmure final (Un thriller de Maggie Flight — tome 6) E-Book

Kate Bold

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Beschreibung

« C'est un excellent livre… Quand vous commencerez à le lire, assurez-vous de ne pas avoir à vous lever tôt ! » —Commentaire de lecteur pour Le Jeu de la Mort ⭐⭐⭐⭐⭐ Lorsque des cadavres gelés sont découverts dans la Sierra Nevada, mis en scène dans la posture d'orpailleurs, l'agente du CBI Maggie Flight doit plonger au cœur du passé de la Californie pour arrêter un tueur obsédé par la ruée vers l'or. Alors que les tempêtes hivernales font rage, elle se lance dans une course contre la montre et la nature pour empêcher la prochaine victime d'être éternellement préservée dans la glace. Il s'agit du TOME N°6 d'une nouvelle série de Kate Bold, auteure de thrillers et de romans à suspense numéro 1 des ventes, dont les best-sellers ont reçu plus de 600 évaluations et commentaires cinq étoiles. Cette série policière captivante vous entraîne dans une succession de rebondissements inattendus, d'action haletante et de retournements de situation stupéfiants. Avec sa narration addictive et son intrigue complexe, ce page-turner vous fera passer des nuits blanches, impossible à lâcher avant d'avoir élucidé le moindre indice. Les fans de Lee Child, Kendra Elliot et Robert Dugoni vont adorer. Les prochains livres de la série sont également disponibles. « Ce livre a un rythme très rapide et chaque page est passionnante. Beaucoup de dialogues, on adore les personnages et on soutient le héros du début à la fin… J'ai hâte de lire le prochain tome de la série. » —Commentaire de lecteur pour Le Jeu de la Mort ⭐⭐⭐⭐⭐ « Kate a fait un travail incroyable avec ce livre et j'ai été happé dès le premier chapitre ! » —Commentaire de lecteur pour Le Jeu de la Mort ⭐⭐⭐⭐⭐ « J'ai vraiment apprécié ce livre. Les personnages sonnaient vrais, et les méchants ressemblent à ceux dont on entend parler tous les jours aux informations... J'attends le tome 2 avec impatience. » —Commentaire de lecteur pour Le Jeu de la Mort ⭐⭐⭐⭐⭐ « C'était un très bon livre. Les personnages principaux étaient réels, imparfaits et humains. L'histoire avançait rapidement et n'était pas embourbée dans des détails superflus. Je l'ai vraiment apprécié. » —Commentaire de lecteur pour Le Jeu de la Mort ⭐⭐⭐⭐⭐ « Alexa Chase est têtue, impatiente, mais surtout courageuse avec un grand C. Elle n'abandonne jamais, je dis bien jamais, tant que les méchants ne sont pas mis là où est leur place. Clairement cinq étoiles ! » —Commentaire de lecteur pour Le Jeu de la Mort ⭐⭐⭐⭐⭐ « Une histoire de meurtres en série captivante et fascinante avec une touche de macabre… Très réussi. » —Commentaire de lecteur pour Le Jeu de la Mort ⭐⭐⭐⭐⭐ « WAOUH, quelle lecture ! Et quel tueur diabolique ! J'ai vraiment adoré ce livre. J'ai hâte de lire d'autres livres de cette auteure. » —Commentaire de lecteur pour Le Jeu de la Mort ⭐⭐⭐⭐⭐ « Un vrai page-turner. Des personnages et des relations excellents. Une fois plongé dans l'histoire, je n'ai pas pu le lâcher. J'attends avec impatience les prochains livres de Kate Bold. » —Commentaire de lecteur pour Le Jeu de la Mort ⭐⭐⭐⭐⭐ « Difficile à lâcher. L'intrigue est excellente et le suspense est parfaitement dosé. J'ai vraiment apprécié ce livre. » —Commentaire de lecteur pour Le Jeu de la Mort ⭐⭐⭐⭐⭐ « Extrêmement bien écrit, il vaut vraiment la peine d'être acheté et lu. J'ai hâte de lire le deuxième tome ! » —Commentaire de lecteur pour Le Jeu de la Mort ⭐⭐⭐⭐⭐

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Seitenzahl: 248

Veröffentlichungsjahr: 2025

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MURMURE FINAL (UN THRILLER DE MAGGIE FLIGHT — TOME 6)

UN THRILLER DE MAGGIE FLIGHT

KATE BOLD

PROLOGUE

CHAPITRE UN

CHAPITRE DEUX

CHAPITRE TROIS

CHAPITRE QUATRE

CHAPITRE CINQ

CHAPITRE SIX

CHAPITRE SEPT

CHAPITRE HUIT

CHAPITRE NEUF

CHAPITRE DIX

CHAPITRE ONZE

CHAPITRE DOUZE

CHAPITRE TREIZE

CHAPITRE QUATORZE

CHAPITRE QUINZE

CHAPITRE SEIZE

CHAPITRE DIX-SEPT

CHAPITRE DIX-HUIT

CHAPITRE DIX-NEUF

CHAPITRE VINGT

CHAPITRE VINGT-ET-UN

CHAPITRE VINGT-DEUX

CHAPITRE VINGT-TROIS

CHAPITRE VINGT-QUATRE

CHAPITRE VINGT-CINQ

CHAPITRE VINGT-SIX

CHAPITRE VINGT-SEPT

PROLOGUE

Elle allait tomber, et ça allait faire mal !

Katherine Wells glissa le long d’un creux sur le sommet déchiqueté de la montagne, s’agrippant à la roche glacée et se préparant à un atterrissage douloureux.

Ses pieds s’enfoncèrent, cette fois non pas sur la pierre, mais dans une congère profonde.

Enfoncée jusqu’aux cuisses, elle lutta pour se dégager de la neige.

— T’es vraiment stupide, se lança-t-elle à voix haute, les lèvres engourdies. T’aurais dû faire demi-tour il y a une demi-heure. Le temps empire. Il va peut-être y avoir une vraie tempête.

En parlant, son souffle formait des nuages de buée devant sa bouche.

Le problème, c’est qu’elle n’avait jamais imaginé que le temps tournerait aussi vite, ni qu’il y aurait autant de neige ici.

— Tu devrais rebrousser chemin maintenant, se conseilla-t-elle, secouant la neige de son bonnet de laine et cherchant la prochaine saillie rocheuse de sa main gantée. C’était un conseil qu’elle s’était déjà répété plusieurs fois, au cours des deux heures écoulées depuis qu’elle avait quitté sa chambre en ville.

La matinée avait été splendide, le ciel clair et lumineux, et elle s’était réjouie à l’idée de cette aventure.

Après tout, sa spécialité historique portait sur la ruée vers l’or en Californie au milieu du XIXe siècle. Elle avait rédigé sa thèse sur ce sujet et menait des recherches dans la Sierra Nevada depuis quelques années déjà. Cela l’avait amenée à penser qu’il pouvait rester des secrets enfouis dans ces montagnes.

Ses recherches le laissaient entendre. Au départ, elle s’était concentrée sur les détails historiques de la région, les conditions de travail des mineurs et les conséquences environnementales de l’exploitation minière.

Au fil de ses investigations, elle avait repéré des indices laissant supposer l’existence de quelque chose d’inconnu.

Peu à peu, en tissant des liens avec d’autres passionnés, elle s’était penchée sur ces pistes pendant son temps libre, considérant cela comme son projet personnel.

Et la voilà, profitant d’un moment de liberté entre deux missions, partie en quête d’une découverte dont elle rêvait depuis longtemps.

Après tout, elle s’était forgé une solide réputation dans le milieu de la recherche, et grâce aux conférences qu’elle avait données depuis l’obtention de son doctorat, le bouche-à-oreille avait fait son effet.

Elle avait récemment été mise en avant sur quelques sites internet et dans les médias locaux pour ses travaux, alors elle n’était pas surprise de recevoir des tuyaux prometteurs, des schémas, des messages privés relatant les expériences d’autres personnes dans la région.

L’histoire, quand elle était bien racontée et reliée au présent, fascinait les gens. Elle stimulait leur imagination.

Qu’espérait-elle trouver aujourd’hui ? L’entrée d’une grotte ? C’est ce que laissaient entendre les notes historiques.

Une bouche de grotte pouvait être le début du tunnel secret évoqué à demi-mot dans les textes, creusé dans la montagne dans une zone isolée, puis mystérieusement effacé des archives.

Ce n’était peut-être qu’un mythe, et elle savait que son mari la mettrait en garde contre les fausses pistes, sur le ton de la plaisanterie, raison pour laquelle elle ne lui avait rien dit de son espoir secret. Peut-être aurait-elle l’occasion de le surprendre avec la réalité.

Mais elle savait qu’elle devait faire vite, car le mauvais temps approchait. Son arrivée dans la petite ville de Wildings Peak coïncidait avec une série de tempêtes hivernales annoncées. Cette partie montagneuse de la Sierra Nevada recevait de la neige en hiver, mais rarement des tempêtes aussi violentes.

Elle n’avait pas su si elle pourrait sortir du tout. Mais lorsque le matin s’était levé, clair et lumineux, elle avait décidé de tenter sa chance, même si la randonnée s’annonçait longue et difficile.

C’était une mauvaise décision. Avec ce temps et la quantité de neige sur les sommets, deux heures s’étaient vite transformées en trois, et elle se trouvait toujours là, luttant contre les éléments, haletante de froid, grelottant jusqu’aux os.

Cela rendait l’orientation encore plus compliquée. Elle espérait que l’entrée du tunnel serait visible. Elle devait forcément se distinguer, une ouverture nette dans la roche, manifestement creusée par l’homme. Mais serait-elle recouverte de neige et de glace ? C’était désormais sa principale inquiétude.

Son téléphone était rangé dans son sac à dos. Elle avait sauvegardé tout un tas de vues aériennes, ainsi que des photos de cartes détaillées de la région, au cas où elle perdrait le réseau en montagne.

Mais elle décida de ne pas ressortir son téléphone tout de suite, car elle ne pouvait de toute façon pas l’ouvrir avec ses gants, et ses mains étaient gelées. Il valait mieux continuer. Elle était certaine d’aller dans la bonne direction, car elle prenait pour repère l’un des plus hauts sommets, un peu plus loin.

Bien sûr, elle ne le voyait plus depuis quelques minutes, car un épais brouillard était tombé, et à présent, la grisaille effaçait la ligne déchiquetée des crêtes. Mais Katherine restait persuadée d’être sur la bonne voie.

— Je ferai demi-tour si je ne trouve rien dans les prochaines minutes. Inutile de risquer ma vie pour une aventure stupide, se promit-elle. Une promesse en l’air, puisqu’elle se répétait cela depuis une heure déjà. Chaque pas la rapprochait de son objectif. Et, évidemment, le retour paraissait de plus en plus long, sans rien à rapporter. C’était sa seule chance. Le reste de la semaine serait trop orageux ou trop chargé.

Autant continuer. Elle était convaincue que les coordonnées menaient ici.

À ce moment-là, un bruit de cliquetis et de crépitement retentit derrière elle. Elle s’agrippa à un éperon rocheux avant de se retourner, le cœur battant, car elle pensait maintenant aux avalanches, aux chutes de pierres, et à tous les autres dangers géologiques possibles après une forte chute de neige déstabilisante et les vents violents de la nuit précédente.

Le sentier derrière elle était dégagé, mais, étrangement, elle crut apercevoir un mouvement furtif du coin de l’œil. Comme si quelque chose s’était dissimulé à la dernière seconde.

Peut-être un renard ? Ou un autre petit animal ? Il pouvait même s’agir d’un oiseau qui, en passant, aurait fait tomber de la neige d’un des arbres décharnés accrochés à la paroi.

Peut-être un loup. Une meute de loups gris avait été récemment réintroduite dans la région, et elle avait espéré en apercevoir un, même si elle savait que c’était peu probable.

Quoi qu’il en soit, il n’y avait rien derrière elle à présent – du moins, elle ne distinguait pas grand-chose, car le brouillard s’épaississait rapidement, et la neige recommençait à tomber, des flocons blancs tourbillonnant dans l’air et descendant en volutes, la saisissant d’une peur sourde, car cette neige la désorientait.

Il vaudrait mieux faire demi-tour. Ce serait plus raisonnable.

Rassemblant toute sa volonté, malgré le froid mordant, elle arracha son gant, sortit son téléphone de son sac à dos avec des doigts engourdis, et fit défiler l’écran pour activer l’application de cartes afin de vérifier sa position.

Ce qu’elle redoutait s’était produit. Elle avait complètement perdu le réseau. Plus rien. L’application de cartes était vide, inutile. Peut-être était-ce simplement la zone où elle s’était engagée – en montagne, le réseau était capricieux. Ou alors la neige perturbait la connexion. Au moins, elle avait les captures d’écran prises plus tôt, mais dans cette cuvette, cernée de hautes parois rocheuses, elle n’arrivait pas à s’orienter.

Rangeant son téléphone, elle referma sa poche avec difficulté et remit son gant, mais ses doigts étaient à présent si gelés que cela ne lui apporta guère de chaleur.

Elle était venue dans ces montagnes à de nombreuses reprises ces derniers mois, dans d’autres coins de la Sierra Nevada, et elle les considérait comme de vieux amis. Comme s’ils détenaient un secret qu’ils attendaient le bon moment pour lui révéler. À présent, elle ressentait tout l’inverse : ils semblaient protéger leurs secrets avec froideur et rudesse, lui montrant qu’elle avait toujours été l’intruse, indésirable et malvenue, et qu’ils avaient simplement attendu le moment opportun pour lui prouver toute leur puissance.

Une rafale de vent hurla entre les sommets, la fouettant de froid, lui cinglant le visage de neige glacée au point qu’elle détourna la tête. Impossible d’échapper à ce froid, il l’encerclait, la paralysait.

Se retournant, Katherine recula en titubant, levant une main pour se protéger de la neige, clignant des yeux pour chasser le froid qui les faisait pleurer.

Elle n’avança que de quelques pas avant de s’arrêter, haletante, tentant de s’orienter tant bien que mal, car elle avait maintenant l’impression de monter. Pourtant, elle devrait être en train de descendre, non ? Elle ne voulait surtout pas se perdre dans ces montagnes, car il serait impossible de retrouver sa trace dans la neige.

Les flocons tourbillonnaient de plus en plus fort, et en fixant l’horizon, elle vit qu’ils étaient si épais et denses qu’on aurait presque dit qu’une silhouette se dressait devant elle. Ce devait être une illusion d’optique, car il n’y avait évidemment personne dans les parages.

Ou bien… y avait-il eu quelqu’un ? Elle se souvint de ce bref aperçu, plus tôt.

Mais c’était insensé. Qui viendrait la suivre dans cette tempête de neige ? Non, elle était seule ici. Cette forme sombre et indistincte qu’elle apercevait dans la neige, ce n’était qu’un rocher.

Serrant les dents, Katherine choisit une direction, décidant que tout droit serait le mieux. Peut-être avait-elle déjà dépassé ce rocher à l’aller. Sans doute était-elle trop occupée à tomber dans une congère pour l’avoir remarqué.

Après tout, si elle allait dans la bonne direction, elle retrouverait peut-être le signal avant trop longtemps.

C’est juste que ce chemin lui donnait la chair de poule, car elle n’arrivait pas à chasser de son esprit l’idée de cette personne.

Il n’y a personne, se répéta-t-elle avec colère. Personne. Arrête d’imaginer des choses qui n’existent pas. Peut-être que c’est le froid qui lui jouait des tours. Elle grelottait à présent violemment. C’était comme si elle s’était protégée du froid et de la peur, mais que tous deux avaient fini par la rattraper.

Retourne simplement au rocher, se dit-elle, plissant les yeux pour distinguer la forme sombre immobile à travers la neige. Ce n’est pas une personne. Sers-t’en comme abri.

Mais soudain, Katherine poussa un cri de surprise : le rocher venait de bouger, changeant brusquement de forme, semblant se dresser vers elle alors que l’horreur l’envahissait.

— Non ! cria-t-elle.

Elle était complètement perdue, le froid la paralysait, et elle ne savait plus si la forme qui s’approchait était un rocher ou une personne.

Tout ce qu’elle savait, c’est que cela fonçait sur elle à travers la neige aveuglante, et qu’en voulant fuir, ses pieds s’accrochèrent à un éperon rocheux. Elle trébucha, tomba à genoux, terrifiée, confuse, incapable de distinguer la réalité de l’ombre, la nature de l’homme.

Un choc sourd sur sa tête, le monde devint gris, puis s’éteignit complètement.

CHAPITRE UN

Cinquante mille dollars ?

Depuis qu’elle avait ramassé le mot laissé par son frère jumeau, Cole, à l’abri-bus, Maggie Flight n’arrivait pas à accepter la réalité de ce que cela signifiait. Elle avait fui la vérité, l’enfouissant au fond d’elle-même alors que les jours s’étaient transformés en semaines.

À présent, alors qu’elle tournait autour du sac de frappe dans la salle de sport du sous-sol près de chez elle à San Jose, la colère bouillonnait de nouveau en elle.

Cole, tu es un criminel. Ramenant son bras en arrière, elle asséna un coup violent qui fit balancer le sac. Tu es un criminel, tu as trempé dans des histoires de gangs. Pendant des années, tu n’as donné aucune nouvelle. Et maintenant, tu recontactes la famille, et tout ce que tu fais, c’est demander de l’argent ? Cinquante mille dollars pour fuir le pays et échapper aux ennuis que tu as provoqués ?

Elle tournoya, essuyant un filet de sueur sur sa tempe, ses cheveux roux foncés collés au crâne, puis visa et frappa à nouveau, ce coup-ci encore mieux placé. Elle était satisfaite de sa technique.

Et, alors que son poing s’enfonçait dans le sac, ses pensées prirent un autre chemin, et soudain, elle se surprit à explorer une toute autre logique.

Peut-être qu’il était resté loin parce qu’il ne voulait pas attirer d’ennuis sur elle ou sur leur famille. Cole s’était mêlé à des gangs, mais il n’avait jamais laissé la moindre trace de tout ça atteindre leur mère, ni Maggie. Peut-être qu’il avait choisi de les protéger ? Cela avait sans doute exigé de nombreux sacrifices de sa part. Il pouvait être en grand danger aujourd’hui, comptant sur elle comme dernier recours pour fuir son ancienne vie.

Une légère odeur de sueur ancienne flottait dans la pièce tandis qu’elle ajustait sa posture, s’entraînant à reculer puis à attaquer, seule sous la lumière crue des néons fixés au plafond.

Ne lui prête pas des intentions héroïques, se réprimanda-t-elle. Il n’a rien fait d’héroïque. Les gangs ne font rien d’héroïque. Ils trafiquent de la drogue, exploitent des êtres humains, rackettent, font du chantage et réclament de l’argent pour leur protection. Ton frère n’est pas Robin des Bois. Il s’est attaqué aux pauvres et aux plus vulnérables.

Et sans doute, la seule raison pour laquelle il n’a pas donné de nouvelles avant, c’est qu’il savait que tu n’avais rien à lui offrir.

Pendant des années, Maggie avait été une simple policière, vivant de paie en paie et remboursant ses prêts étudiants. Maintenant qu’elle avait décroché un meilleur poste au ministère de la Justice, comme profileuse, voilà que Cole reprenait contact ? Il profitait d’elle, rien de plus. Il se doutait sûrement qu’à présent, elle pouvait contracter un prêt.

Mais après tout, il pouvait être désespéré. Peut-être cherchait-il à fuir sa vie depuis des années, sans jamais y parvenir. Maggie se disait qu’un petit membre de gang n’aurait jamais eu les moyens financiers ou logistiques de changer de vie, et elle ne pensait pas que Cole avait été un caïd. S’il l’avait été, il ne serait pas en train de la supplier pour cinquante mille dollars aujourd’hui.

Elle n’avait pas su quoi faire dans les jours qui avaient suivi la découverte de ce mot.

Une chose que Maggie avait décidée d’emblée, c’était de ne rien dire à sa mère. En pleine cure de désintoxication, sa mère n’avait pas besoin de ce fardeau supplémentaire. Elle allait devoir prendre la décision seule – et pourtant, elle ne l’avait toujours pas prise.

Presque un mois s’était écoulé. L’automne avait laissé place à l’hiver, et une vague de froid soudaine avait glacé toute la Californie, ravivant dans l’esprit de Maggie le souvenir d’une des rares fois où elle et Cole avaient vraiment connu la neige ensemble, enfants, riant, se lançant des boules de neige et construisant un bonhomme de neige un peu bancal.

Des années durant, elle avait espéré que Cole reprendrait contact – mais pas de cette façon.

Elle s’était imaginé le revoir, en face à face, discuter, comprendre ce qu’il avait traversé et pourquoi il avait disparu de leur vie.

Elle ne s’attendait pas à recevoir un mot avec des coordonnées bancaires ! Même si le mot disait qu’il l’aimait.

Bam ! Encore un coup parfait, cette fois du gauche, dans le sac.

Elle recula, reprit son souffle, repoussant ses cheveux trempés de son visage. Il était tôt, un mercredi matin, et elle venait se défouler à la salle avant d’aller travailler. Jetant un œil à l’heure, elle vit qu’il fallait qu’elle se dépêche. Elle arrivait toujours en avance au travail, généralement au bureau dès sept heures trente. Aller à la salle de sport en premier signifiait qu’à cette période de l’année, elle se levait alors qu’il faisait encore nuit.

En soupirant, Maggie attrapa sa serviette et se dirigea vers la douche, s’arrêtant au passage pour saluer deux autres lève-tôt qui se rendaient à la salle de musculation.

Elle se lava, se shampouina les cheveux, s’essuya, puis enfila un haut gris à manches longues, un pantalon noir et une veste assez élégante pour compléter sa tenue de travail.

Les manches longues cachaient ses tatouages, même si elle savait que sa supérieure, la directrice Simmons, aurait préféré la voir porter un tailleur strict et ajusté.

Hors de question, pensa Maggie en nouant ses bottines confortables à semelles épaisses. Elle n’était pas du genre à porter un tailleur, et ne le serait jamais.

En sortant de la salle de sport, elle jeta un coup d’œil autour d’elle dès qu’elle fut dans la rue.

Le jour commençait à peine à se lever, et les routes étaient encore calmes. D’ici une heure, ces rues seraient envahies de voitures et de voyageurs. Pour l’instant, il n’y avait personne, mais elle prit le temps d’observer les environs.

C’était naturel pour elle. C’était parce qu’elle était attentive, se dit Maggie.

Ce n’était pas parce qu’elle espérait encore apercevoir son frère quelque part, maintenant qu’il avait repris contact.

Non, ce n’était pas du tout ça.

Maggie balaya la rue du regard, debout sous l’enseigne artisanale et peinte à la main de la salle de sport, puis porta son attention sur sa voiture, de l’autre côté de la route.

Personne à proximité. Un vent glacial soufflait. La journée s’annonçait exceptionnellement froide pour une fin novembre. Il valait mieux qu’elle se dépêche d’aller au bureau. Si elle mettait le chauffage à fond dans la voiture, ses cheveux seraient presque secs à son arrivée. Elle pourrait les attacher en queue de cheval et s’en tirer ainsi pour la journée, comme toujours.

Alors qu’elle traversait la rue, la sonnerie de son téléphone dans sa poche la fit sursauter. Elle le sortit et vit que c’était le travail qui appelait.

— Maggie Flight ? dit-elle.

— Agent Flight, nous avons une affaire urgente. La voix à l’autre bout du fil était celle de la directrice Simmons, et en l’entendant, Maggie visualisa aussitôt son allure : froide, réservée, sans la moindre trace d’humour, avec un carré blond platine toujours impeccablement soigné.

— De quoi s’agit-il, directrice ?

— C’est dans les montagnes de la Sierra Nevada. Il y a eu un double meurtre dans une petite ville. Les corps de touristes ont été retrouvés dans la neige, et ils ont besoin de notre aide. Je m’occupe de réserver un avion pour toi et l’agent Rodriguez. Ne viens pas au bureau. Va directement à l’aéroport. Je t’enverrai ce qu’il te faut pendant le vol.

CHAPITRE DEUX

Maggie bifurqua sur la route menant à l’aéroport, se demandant ce qu’elle allait découvrir une fois sur place. Une chose était sûre, elle allait devoir s’arrêter quelque part pour acheter une veste plus chaude. La Sierra Nevada était glaciale en hiver, et même si elle portait une veste, elle n’était pas assez épaisse.

D’après ce qu’avait dit Simmons, il semblait que les corps avaient été retrouvés dans la montagne elle-même. Maggie espérait obtenir plus d’informations dès qu’elle aurait garé la voiture et filé dans l’aéroport.

En entrant dans le parking souterrain, son téléphone émit un bip. Jetant un œil au message en se garant, elle vit qu’il venait de Jamie Rodriguez, son partenaire d’enquête.

« Je viens d’arriver. À l’entrée de l’aéroport, » disait-il.

Maggie sortit son sac de la voiture et se dirigea vers l’escalator, montant jusqu’à l’entrée principale de l’aéroport.

Jamie l’attendait là, vêtu d’un costume noir de jais, d’une chemise gris perle et d’une cravate bleu profond. L’obscurité du costume faisait écho à ses cheveux, coupés net. Maggie se précipita vers lui, et il se tourna vers elle avec un large sourire.

— Salut, dit-elle.

— C’est inattendu d’être ici un mercredi matin, répondit-il.

Il y eut un moment d’hésitation, durant lequel Maggie comprit que quelque chose d’inhabituel allait se produire. Jamie s’avançait vraiment vers elle, et au lieu d’une poignée de main formelle, ou même de rien du tout, il faisait cette fois quelque chose de différent.

Son visage s’adoucit, et elle se glissa dans ses bras, sentant ses mains l’enlacer – un peu maladroitement, car elle portait un sac contenant un ordinateur portable et quelques vêtements de rechange en bandoulière.

Malgré tout, elle en profita pour passer son bras gauche autour de lui, ressentant sa chaleur, la fermeté de son dos, et inspirant l’odeur du savon ou du déodorant qu’il avait utilisé, avec une légère note de santal.

Son cœur s’accéléra, car elle savait que ce n’était pas une simple accolade amicale et qu’ils se rapprochaient. Et pour Maggie, qui avait gardé le monde à distance la plupart du temps après une enfance traumatisante, c’était un grand pas. Ce ne serait pas une histoire sans lendemain, pas avec Jamie. Par le passé, elle avait eu son lot de relations brèves, toujours craintive de s’engager, choisissant des partenaires de passage, des visiteurs de la région, ou d’autres qui n’étaient pas prêts non plus, qui ne cherchaient que quelques jours ensemble, rien de plus.

Jamie était quelqu’un avec qui elle formait un vrai couple, et cela changeait tout.

Elle savait aussi que s’engager avec lui valait bien plus que quelques jours éphémères de rencontres et de ruptures.

Était-elle prête ?

Elle se détacha, étrangement essoufflée après ce qui n’avait été qu’une étreinte toute simple mais terriblement réconfortante.

— Alors, dit-elle. Tu as des nouvelles ?

Maggie savait par expérience que Simmons envoyait toujours les informations à Jamie en premier, parce qu’il était sa préférée. Elle n’y pouvait rien. Simmons avait recruté Jamie parce qu’il avait exactement les mêmes compétences qu’elle – pratiques, concrètes, basées sur les preuves. Elle avait engagé Maggie parce qu’il fallait un profiler dans l’équipe. Les ressources humaines l’exigeaient. Elle ne voyait pas la même valeur dans les compétences de Maggie, même si Maggie admettait que Simmons avait sans doute changé d’avis au fil des mois, à mesure qu’elle avait apporté sa contribution à de nombreuses enquêtes, résolvant quelques affaires difficiles grâce à son expertise.

Mais malgré tout, peu importe le nombre d’affaires qu’elle résolvait, Simmons envoyait toujours les informations à Jamie en premier. C’était comme ça que ça fonctionnait.

— Oui, répondit-il. Je vois que l’avion nous emmène dans une petite ville au pied des montagnes, près du lac Tahoe, qui s’appelle Wildings Peak. C’est une station de vacances qui attire les sportifs en hiver. Deux touristes ont été retrouvés morts dans la montagne dans des circonstances étranges. Son expression changea alors que son téléphone vibrait de nouveau. Il va falloir se dépêcher. L’avion est prêt à partir.

Une minute plus tard, alors que Maggie traversait l’aéroport en courant avec Jamie, son téléphone sonna à son tour, lui transmettant les mêmes informations.

L’avion – un petit vol affrété – embarquait déjà, et ils se précipitèrent vers la sécurité, contournant les files principales, puis filèrent directement à la porte d’embarquement, où ils montèrent à bord du petit appareil, prenant les deux derniers sièges tout au fond. Les autres passagers ressemblaient à des touristes, bavardant avec excitation, et Maggie savait qu’il valait mieux éviter de parler boulot maintenant. Elle ne voulait pas affoler des citoyens innocents.

Ils allaient devoir passer le vol – probablement une heure tout au plus – en silence.

Mais, alors qu’elle s’asseyait et que l’hôtesse fermait la porte pour le décollage, elle fixa Jamie, sentant une pointe d’angoisse quant à leur préparation pour cette enquête.

— Les manteaux d’hiver, dit-elle. On a oublié d’en acheter.

*

Quand Maggie descendit de l’avion, elle regretta déjà cet oubli. Il faisait un froid anormal pour la saison. Le vent glacial s’engouffrait dans sa veste légère, la transperçant comme une lame et lui mordant la peau.

Le froid était la seule chose désagréable dans le paysage qui s’offrait à elle. Le minuscule aéroport était blotti dans une vallée, entouré de pics escarpés et enneigés de chaque côté. La ville s’étendait principalement sur les flancs des montagnes, et Maggie aperçut quelques maisons en bois rouge et quelques chalets perchés sur les pentes blanches. Il y avait une remontée mécanique, et elle avait aperçu deux lacs en descendant. Peut-être étaient-ils assez gelés pour qu’on puisse y patiner ?

— Par là. La voix de Jamie retentit derrière elle. Il montra du doigt une voiture de police garée non loin, sur l’une des petites routes menant à la piste principale.

Elle descendit précipitamment les escaliers, se détachant du groupe de touristes qui se dirigeaient vers le terminal, fonça droit vers la voiture et s’y engouffra.

Au volant se trouvait un homme d’une cinquantaine d’années. Son visage buriné était encadré de cheveux courts poivre et sel, et il affichait une expression de compétence résignée. Il aurait pu jouer le rôle du shérif bienveillant dans un vieux western, tant par son allure que par son attitude, et dès que Maggie s’installa à l’avant, il se tourna vers elle et lui serra la main.

— Shérif Rick Barnes, se présenta-t-il. Le chauffage était poussé à fond, inondant la voiture d’une chaleur réconfortante et la réchauffant après cette courte marche glaciale.

— Agent Maggie Flight, répondit-elle.

Jamie monta à l’arrière, et Barnes lui serra aussi la main. Après que Jamie se fut présenté, Barnes démarra et s’engagea sur la route principale.

— Nous avons rarement eu de crimes graves dans cette ville, dit-il en conduisant. Je suis à Wildings Peak depuis dix ans maintenant, et la plupart de nos délits sont mineurs, même si on a constaté une augmentation de ces petits délits ces dernières années : davantage d’effractions, de cambriolages, surtout dans les zones périphériques. Mais là, avoir deux meurtres en deux jours, c’est très inquiétant. La ville est déjà plongée dans la peur. Surtout à cause de la nature étrange des meurtres et du fait que les deux victimes sont des touristes.

— Vous avez trouvé le deuxième corps tôt ce matin ? demanda Maggie.

Dans l’avion, elle avait pu lire le résumé envoyé par Simmons. Il était assez succinct. Deux corps retrouvés, tous deux des touristes, découverts ces derniers jours sur les pentes enneigées qui entouraient la ville.

— C’est exact. On a d’abord cru qu’ils étaient morts de froid, mais l’examen du médecin légiste a révélé qu’ils avaient en réalité été tués violemment, puis placés dans la neige, avec d’anciens outils de mineur. Il est clair qu’on a affaire à un tueur qui recommence.

Ces mots abrupts lui glacèrent le sang, et malgré le chauffage, elle se surprit à frissonner alors que le shérif descendait la route principale étroite, bordée de pins.

— Comment étaient-ils disposés ? demanda Maggie.

— Au début, on a pensé qu’ils s’étaient simplement perdus et qu’ils s’étaient blottis l’un contre l’autre pour se réchauffer, répondit Barnes. Mais ensuite, on a vu ce que leurs bras touchaient. La première victime, une femme nommée Christa Marks, tenait une pioche. Et l’homme, ce matin, tenait une vieille batée en acier.

— Une batée ? demanda Maggie.

Le shérif acquiesça. — Le genre d’outil qu’on utilise pour chercher de l’or. Ce type de batée. Je vais vous conduire directement sur la dernière scène de crime. Le corps a bien sûr été enlevé, mais vous pourrez voir où le meurtre a eu lieu. Nous avons identifié la victime : un touriste, Tom Patterson.

Une batée d’or ?

Il était évident que Maggie ignorait encore beaucoup de choses sur cette affaire, mais heureusement, Jamie avait une longueur d’avance et prit la parole depuis l’arrière.

— Wildings Peak est connue pour être l’une des villes historiques de la ruée vers l’or, non ?

Barnes hocha la tête. — C’est une grande partie de notre attrait touristique, surtout hors saison de ski. Il y a quelques anciennes mines d’or près de la ville. Certaines sont accessibles, d’autres fermées pour des raisons de sécurité.

— Et les environs ? Ces montagnes ont l’air abruptes, dit Jamie. Vous avez du tourisme d’aventure ici ?

— Tu as raison. Le terrain est extrêmement difficile. Les montagnes sont balayées par des vents violents et des courants descendants à cause de leur structure géologique et de la circulation de l’air. Cela signifie qu’on doit avertir les touristes quand ils sortent, et bien sûr, ça complique énormément l’envoi d’hélicoptères ou de drones pour les secours. Mais ce danger attire justement beaucoup de touristes en quête d’aventure. D’habitude, à cette période de l’année, nos seuls incidents concernent des gens qui se perdent, souffrent d’engelures ou d’hypothermie.

Pendant que Barnes parlait, Maggie l’écoutait, captivée. Elle n’aurait jamais imaginé que la ville ait une histoire aussi singulière et fascinante, mais cela rendait les crimes d’autant plus troublants.

— Donc, la victime a été retrouvée avec une batée à la main ? C’était un chercheur d’or ? demanda-t-elle.

— Apparemment non. C’était un vacancier, logé dans un hôtel du coin — mais c’est encore à confirmer, répondit Barnes.

Au fil de la conversation, le shérif avait continué de rouler vers le centre-ville, et Maggie observait autour d’elle, découvrant cette petite ville pittoresque digne d’une carte postale. Quelques enseignes à l’ancienne bordaient la rue principale, indiquant la direction d’un Saloon, d’un restaurant baptisé Gold Rush, et d’un gîte des Mineurs. Beaucoup de maisons semblaient dater du milieu du XIXe siècle, soigneusement restaurées, ce qui donnait à la ville un charme fou. Avec les arbres centenaires couverts de neige et les pentes abruptes des montagnes en toile de fond, Maggie comprenait pourquoi les touristes tombaient amoureux de l’endroit.

Barnes traversa environ la moitié de la ville, estima Maggie, avant de prendre une route secondaire. À l’angle, elle aperçut le poste de police. Eux aussi jouaient le jeu du style 1800, et en plus de la signalétique moderne, un panneau façon Far West annonçait « Bureau du Shérif ».

La route serpentait ensuite vers la montagne, longeant quelques maisons en bois, puis un grand chalet-hôtel. Maggie se demanda si c’était là que Patterson avait séjourné.

Un peu plus loin, un petit parking entouré d’une simple barrière en bois accueillait déjà une voiture de police. Barnes s’y arrêta, se garant à côté et descendit du véhicule.