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À leur arrivée à la campagne, Léo, Félix, Noémie et leurs parents découvrent qu’un vol pour le moins inusité a été perpétré au chalet. Plus tard, un indice important laisse croire qu’un voisin grincheux pourrait être impliqué dans l’affaire. Comment la disparition de Noémie contribuera-t-elle à l’enquête secrète que mènent Léo et Félix afin de percer le mystère du vol au chalet ? En parallèle, Léo et sa copine Olivia participent à un projet parascolaire. Est-ce que le suspense policier qu’écrivent Léo et Olivia saura plaire au professeur Lavoie ?
Découvrez le nouveau roman 8 à 12 ans de l’auteur Michel Bélisle, illustré par Maude Plouffe.
À PROPOS DE L'AUTEUR
Originaire de Saint-Roch-de-Bellecombe en Abitibi, Michel Bélisle a grandi à Gatineau où il a connu une belle carrière de menuisier et de chargé de projet. À la retraite, ses nombreuses lectures nourrissent son esprit créatif et l'inspirent à raconter à ses petits-enfants des récits que ceux-ci nomment : « histoires inventées ». Passant de la parole à la plume, il concrétise son rêve de créer un conte fantastique pour enfants. Cet ouvrage fait suite à la publication de quelques romans d'aventures pour ados.
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Seitenzahl: 170
Veröffentlichungsjahr: 2024
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Auteur :
Michel Bélisle
Illustratrice :
Maude Plouffe
Éditions Lo-Ély
www.editionsloely.com
Facebook : Éditions Lo-Ély
Auteur : Michel Bélisle
https://editionsloely.com/michel-belisle/
Illustrations : Maude Plouffe
https://editionsloely.com/Maude-plouffe/
Graphiste pour la couverture : Véronique Brazeau
www.trifectamedias.com
Direction littéraire : Tricia Lauzon
Mise en page : Lydia Lagarde
Correction : Ginette Bédard
Imprimerie : CopiExpress
Dépôt légal –
Bibliothèque et Archives nationales du Québec 2023
Bibliothèque et Archives Canada 2023
Toute reproduction, intégrale ou partielle, faite par quelque procédé que ce soit, photographie, photocopie, microfilms, bande magnétique, disque ou autre, est formellement interdite sans le consentement de l’éditeur.
Subventionné par :

Imprimé au Canada
ISBN PDF : 978-2-89855-008-9
ISBN EPUB :978-2-89855-009-6
À la mémoire des lecteurs de l’au-delà que j’aime tant :Désiré, Édith, Denise et Louise.
REMERCIEMENTS
J’ai écrit ce roman au cours de l’interminable pandémie. Les aventures que menaient mes personnages faisaient galoper mon cerveau, alors que le reste de mon corps était confiné. Tous les noms et prénoms que l’on retrouve dans ce livre m’ont été d’une grande inspiration. À ceux qui se reconnaîtront, merci de faire partie de ma vie. Merci à Joanne, ma première lectrice et honnête critique littéraire, merci aux réviseurs, à la correctrice, à l’illustratrice et à mon inspirante éditrice.
Mes amis me trouveraient quétaine s’ils savaient que j’aime observer les merles d’Amérique qui envahissent notre jardin.

De ma fenêtre, je surveille la marche rapide de ces oiseaux qui possèdent une aisance remarquable à repérer leur nourriture. Soudain, je m’attarde à une petite femelle aux pattes très fines qui semble plus énergique que le reste de son groupe. Elle court de gauche à droite, faisant virevolter sur son passage les rivaux qui s’obstinent à bloquer sa trajectoire.
Cet oiseau me rappelle Mme Brisebois, la directrice de mon école. Juchée sur de très longues jambes et vêtue de ses éternelles jupes grises, elle trottine joyeusement et jacasse avec tout un chacun sans jamais s’arrêter. L’autre jour, je l’ai croisée dans le grand corridor. Madame était rendue loin derrière moi lorsqu’elle a fait pivoter sa tête comme un hibou pour me crier :
— Léo, attache tes espadrilles immé-diatement, sinon tu risques d’embrasser le plancher.
Je lui ai aussitôt répondu :
— OK madame, mais comment savez-vous que je sais embrasser ?
Elle m’a alors aboyé :
— Tu passeras à mon bureau en fin de journée, petit comique.
Heureusement, il ne me reste que cinq longs jours avant les vacances d’été. Je n’ai encore aucune idée de ce à quoi ressemblera ce temps de liberté. Pour ce qui est de mon équipe de baseball de l’an dernier, j’ai décidé de la quitter. La raison est que le nouvel entraîneur sera le père de mon pire ennemi à l’école. Comme par hasard, ce merveilleux fils à papa sera nommé responsable des pratiques. Ce gars-là est le genre de petit morveux qui te fait sentir un moins que rien. Je jouerai plutôt sans la sainte compétition, avec les amis de mon quartier.
Parlant de sport, voilà qu’apparaît Félix, mon frère cadet de deux ans, qui se voit déjà hockeyeur professionnel. Depuis la cour arrière, il tape sur ma fenêtre avec son bâton pour que je le regarde, puis effectue un lancer frappé sur une balle orange, chassant du même coup les merles affamés. Moi, je le surnomme Félix la gaffe. Il a le don de se mettre les pieds dans les plats, mais il excelle pour trouver les moyens de s’en sortir. Combien de fois il a fait pleurer notre petite sœur Noémie, pour ensuite la gaver de bonbons dans le but de la faire taire.

Pendant que Félix regarde mon applaudissement sans conviction, pour la millième fois, ma mère entre dans ma chambre et frappe deux petits coups sur la porte qu’elle vient d’ouvrir.
— Léo, veux-tu aller porter les repas de papi ? Je lui ai cuisiné des petits plats qui feront changement des produits surgelés qu’il consomme trop souvent.
— Tout de go, petite maman.
Le père de ma mère est le dernier survivant parmi mes grands-parents. Je l’aime bien. Il vit paisiblement dans son petit appartement du centre-ville, où un transport adapté vient le chercher trois fois par semaine pour le conduire à ses séances de dialyse. Mon père, qui est médecin généraliste, dit que la santé de papi se détériore de mois en mois. Ce vieil homme m’a toujours inspiré. Je lui dois d’ailleurs mon amour pour la lecture et la découverte de nombreux auteurs.
Les plats préparés par maman étant bien entassés dans mon sac à dos, j’enfourche mon vélo pour un sprint de treize minutes. Comme papi jouait aux cartes avec ses amis dans la petite pièce au rez-de-chaussée de son immeuble quand je suis arrivé, j’ai eu peu de temps pour lui faire la jasette. Il a passé sa main dans mes cheveux en me remerciant et s’est remis à son jeu. Il ne me restait qu’à rentrer chez moi avec la promesse de lui téléphoner plus tard pour prendre de ses nouvelles.
— Bonne journée, papi !
— Toi aussi, Léo. Remercie ta mère pour moi !
Revenu à la maison, je retourne à ma chambre et me laisse choir sur le lit, le cellulaire collé à l’oreille. Malheureuse-ment, personne ne répond. C’est curieux : Olivia garde toujours son téléphone près d’elle.
Depuis quelques jours, j’ai une nouvelle copine super cool avec qui je partage mes cours à l’école. Qui n’aurait pas le coup de foudre pour une fille toujours souriante qui porte un jean troué aux genoux et un petit anneau à son joli nez ? J’ai pris la décision de garder secrets mes amours avec Olivia. Ainsi, personne ne me fait la morale ni ne critique mon choix. À seize ans, j’ai quand même le droit à mon intimité et je peux assumer mes propres décisions.
— Hé ! C’est moi ! Je peux entrer ?
— Noooon, Félix. J’ai besoin d’être seul pour le moment.
— Maman vient de me dire que t’as quelques dollars en trop et que tu serais prêt à me les prêter pour que je m’achète des cartes de hockey.
— Tu devrais changer ta blague. Crois-tu vraiment que je vais te laisser entrer pour discuter d’un mensonge pareil ?
N’en faisant qu’à sa tête, Félix pousse effrontément la porte. Nous nous retrouvons nez à nez, aussi surpris l’un que l’autre. Par un réflexe tout à fait normal pour un frère frustré, je le repousse violemment. Félix s’affale de tout son long et se retrouve au fond de la garde-robe, allongé sous mes vêtements suspendus.
Lorsqu’il tente de se relever, son coude heurte une boîte à chaussures qui se renverse et laisse échapper quelques petits sachets d’herbe séchée, ainsi que de drôles de cigarettes. Un malaise s’installe aussitôt entre nous.

Honteux et insistant, je prends les choses en main et ordonne à Félix de s’asseoir sur mon lit.
— Chut ! Je vais tout t’expliquer. Mais d’abord, tu dois me jurer de tenir ta langue par rapport à ce que je vais te dire. Sinon, j’annoncerai à toute l’école que tu fais encore pipi au lit.
— Si tu parles de mon pipi involontaire, je parlerai de la fois où tu étais somnambule au point d’entrer dans ma chambre et de m’embrasser sur la bouche pendant la nuit.
Je colle mon oreille sur la porte, afin de m’assurer que ma mère ne fait pas le guet dans le passage, dans le cas où elle aurait entendu le brouhaha dans ma chambre et je reprends :
— Maintenant, à cause de ta sauvage entrée dans ma chambre, je suis forcé de t’informer que j’ai une copine et qu’elle s’appelle Olivia Leblanc.
— Toi ! Tu as une blonde ! Elle doit sûrement être aveugle ! As-tu une photo de son chien-guide ?
— Arrête de m’interrompre et laisse-moi terminer.
— Olivia a un grand frère qui semble avoir le don de se compliquer la vie. On dit qu’il est le petit revendeur de cannabis de son quartier. Comme son père est policier et que dernièrement les choses se sont corsées avec son fils, Olivia a jugé bon de me confier le stock de son frère, le temps de savoir quoi faire pour l’aider sans lui attirer des ennuis.
— Mais Léo, si papa apprenait ça, ce serait la fin du monde ! De la drogue dans notre maison. Je n’en reviens pas.
— Premièrement, parle moins fort. Deuxièmement, l’alcool est une drogue plus dangereuse que le cannabis selon le grand frère d’Olivia. Le problème est qu’il vend un produit douteux à une clientèle de moins de dix-huit ans. Tu imagines le drame si son père devait mettre son propre fils en arrestation !
— OK, je te jure de garder ma langue, comme tu dis. Parlant de ta nouvelle amoureuse, je croyais que les filles te tapaient sur les nerfs. Ce n’est pas ce que tu dis toujours à Noémie !
— Ça suffit. Sors d’ici immédiatement.
*
Heureusement que les applications logicielles de visioconférence existent. Grâce à cette technologie, je suis très souvent en communication avec Olivia. On dirait que nos rencontres au parc LaBaie ne me suffisent pas. Cependant, aujourd’hui, elle est bien occupée puisqu’elle ne répond ni sur son cellulaire ni sur sa tablette. Je me souviens qu’elle avait des rencontres prévues avec certains employeurs afin de se trouver un emploi d’été. J’ai hâte d’avoir de ses nouvelles.
Finalement, en fin d’après-midi, son joli visage apparaît enfin sur l’écran de mon ordi.
— Salut, Léo. J’ai vu que tu avais essayé de me joindre à plusieurs reprises. Est-ce que tout va bien ?
— Parfaitement ! Tape là-dedans !
Je lui montre ma main grande ouverte à l’écran, avant de poursuivre la conversation.
— Toi, comment se sont déroulées tes entrevues ?

— Bien… j’en ai juste assez de répondre aux mêmes questions de la part d’adultes qui sont tellement heureux de te dire que tu n’as pas d’expérience et que tu devras bien écouter les consignes si tu veux apprendre. Par contre, mon frère va moins bien. Il tient absolument à récupérer sa boîte de rêve. Je refuse de lui dire où j’ai caché son stock. T’en fais pas, je trouverai une solution et le moyen de garder la paix avec lui.
Je me garde bien de lui avouer que Félix a découvert notre petit secret. Décidément, cette situation commence à m’agacer de plus en plus.
— Dis-moi, Oly, as-tu vérifié tes messages courriel ? Le prof de français nous a lancé un défi pour la période des vacances. Il nous propose la rédaction d’un court roman portant sur un sujet qui nous intéresse. Il dit compter sur moi pour motiver la majorité de ses étudiants.
— Oui, j’ai vu ! C’est une excellente idée ! J’ai toujours aimé écrire, même que j’ai participé à un concours d’écriture dans un salon du livre et j’ai gagné le premier prix dans ma catégorie. Toi, comptes-tu y participer ?
— Ce serait génial si nous écrivions ensemble. J’ai d’ailleurs un scénario en tête.
Le professeur Lavoie est un passionné de littérature. Il s’est donné pour mission de susciter le goût de l’écriture chez ses étudiants. Il nous a promis de publier les meilleurs textes, d’une longueur de plus ou moins cinq mille mots. Il prévoit produire un recueil qui pourrait être vendu au grand public.
— Oui, mais Léo, comment on fonctionne ?
— J’ai déjà une idée en tête pour le premier chapitre. Je pourrais l’écrire et te l’envoyer et tu me dirais ce que tu en penses.
— Et je pourrais ensuite écrire le chapitre suivant pour travailler chacun notre tour ?
— Bonne idée, Oly !
— Génial ! Je demanderai à maman de corriger nos fautes d’orthographe. Elle est super bonne en grammaire.
— Cool ! Ça promet ! Au revoir, ma belle !
Après avoir raccroché avec mon amoureuse, je m’empresse de dégager le siège de ma chaise berçante placée au pied de mon lit. Depuis mes plus lointains souvenirs, j’ai toujours eu recours à cette chaise pour réfléchir à mes histoires ou faire mes devoirs. On dirait que les berceaux de bois entraînent non seulement la structure en osier, mais qu’ils brassent aussi les idées de mon cerveau. Aussitôt après avoir posé l’ordinateur portable en équilibre sur mes genoux, je tape les premiers mots de notre roman. J’ai écrit trois lignes lorsqu’on frappe à nouveau à ma porte.
— Mon beau Léo, est-ce que ta gentille petite sœur peut entrer ?

Ce n’est un secret pour personne, Noémie est le bébé gâté de la famille. Du haut de ses douze ans, elle obtient tout ce qu’elle désire, compte tenu de son charme désarmant. Félix et moi n’avons pas toujours été délicats envers elle. Nous l’avons même forcée à agir en tant que gardien de but lors de nos pratiques de hockey devant la porte du garage. Un des effets de ces apprentissages est qu’elle peut jouer d’égale à égal avec nous deux. D’ailleurs, papa dit que c’est un garçon manqué.
— Noémie, j’ai un travail à faire qui me demande de la concentration. Est-ce que ça peut attendre ?
— Félix me dit que tu as un sac de jujubes pour moi dans ta chambre.
Noémie raffole de ces friandises. Elle profite de toutes les occasions pour s’en procurer ou pour en mendier lors de pénuries. Quand elle était plus jeune, mon père la menaçait de communiquer avec la fée des dents pour qu’elle suspende les dons sous l’oreiller si elle continuait à négliger sa dentition.
— Allez ! Entre, petite tannante. Le sac est dans le premier tiroir de mon bureau.
À l’instant où Noémie paraît dans le cadre de porte, un merle vient s’écraser lourdement contre la fenêtre. Quelques gouttelettes de sang sur la vitre témoignent de la violence du choc.
— Léo, es-tu correct ? Ton visage est tout blanc et tes mains tremblent. As-tu cru qu’il allait traverser la fenêtre pour t’attaquer ?
« Malheur ». Voilà le mot qui m’a fait perdre tous mes moyens. Papi m’a souvent raconté des histoires d’horreur reliées aux phénomènes d’oiseaux butant contre une fenêtre. Il disait préférer marcher sous une échelle ou voir passer un chat noir devant lui que d’être témoin du choc d’un volatile venant porter malchance.
Dès le lendemain, mon premier chapitre est terminé. Je m’apprête à refermer mon portable lorsque des cris stridents me font lever la tête de mon texte. Deux écureuils noirs se disputent les graines de tournesol tombées de la mangeoire pour oiseaux. Les rivaux slaloment habilement entre les tiges d’hémérocalles sans pour autant les détruire. Leur course folle se termine lorsque le plus faible s’incline et grimpe à un arbre, laissant l’autre s’empiffrer à souhait.
Dans la nature autant que dans mon histoire, la loi du plus fort sera respectée. Lorsque j’écris, je plonge dans un monde de rêve, un monde que j’invente. Étant donné qu’Olivia attend avec impatience le premier chapitre, voilà comment j’ai planté les personnages de notre suspense policier.
Patrick Bizioreck était la tête dirigeante d’un petit groupe de bandits. Ayant croupi pendant quinze longues années derrière les barreaux d’
