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La définition que les dictionnaires usuels donnent du terme néo-classicisme est assez évasive. « Tendance artistique et littéraire inspirée de l'Antiquité classique ou du classicisme du XVIIe siècle. // Tendance qui retourne à un certain classicisme, par réaction contre les audaces d'une période antérieure », voilà ce qu'affirme...

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Seitenzahl: 42

Veröffentlichungsjahr: 2017

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ISBN : 9782341002578

© Encyclopædia Universalis France, 2019. Tous droits réservés.

Photo de couverture : © Dirk Ercken/Shutterstock

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Néo-classicisme

Introduction

La définition que les dictionnaires usuels donnent du terme néo-classicisme est assez évasive. « Tendance artistique et littéraire inspirée de l’Antiquité classique ou du classicisme du XVIIe siècle. // Tendance qui retourne à un certain classicisme, par réaction contre les audaces d’une période antérieure », voilà ce qu’affirme le Petit Larousse (édition de 1980) qui propose quelques exemples – peinture, sculpture, architecture – choisis entre 1750 et 1830 environ, non sans faire ressortir que les peintres, en France, « avaient partie liée avec les idéologies révolutionnaires, puis impériales ». De toutes les grandes notions stylistiques de l’histoire de l’art qui reposent sur une classification chronologique qu’on aimerait normative mais qui, à tout prendre, n’est qu’une commodité de classement arbitraire, le néo-classicisme devient aujourd’hui le plus controversée. La présenter sans avoir recours à l’histoire de l’histoire de l’art falsifierait sa portée actuelle. C’est pourquoi, tout en conservant ici l’article de Mario Praz (édition de 1971), historien fameux parmi les pionniers du néo-classicisme, à qui nous rendons hommage, il nous a paru nécessaire de situer son texte dans une généalogie aussi éclairante que possible, augmentée d’un état de la question et d’une bibliographie mise à jour à partir de 1972, année où fut organisée à Londres, sous les auspices du Conseil de l’Europe, l’importante exposition The Age of Neo-Classicism.

Le substantif néo-classicisme, créé autour de 1880, désigna d’abord très largement l’art immédiatement antérieur aux mouvements modernes. L’appellation est née, comme son corollaire ironique pompier, pour fustiger les artistes d’une époque mal aimée, soumise dans une ambiance de crise à l’imitation frénétique de l’Antiquité, et recouvrant la Révolution et l’Empire. Néanmoins, l’apparition, durant la période post-symboliste, de nouveaux « attardés », réfractaires aux courants « libérés » de l’art occidental, nécessita un élargissement du terme : sorte de désir de reproduire un classicisme à jamais nostalgique. En poésie, un Jean Moréas, un moment chef d’école du décadentisme, devenait bientôt le symbole d’une volonté néo-classique. Entre l’académisme et la rébellion, le terme acquérait une solide signification péjorative. Concluant un ouvrage consacré à l’apologie du style néo-classique, centré sur 1800, François-Georges Pariset constatait que ce style « correspond à l’avènement de l’État hégélien, de la Nation, de la Patrie, qui définissent encore notre monde » et ajoutait : « Et voici maintenant ceux à cause desquels le néo-classicisme nous est devenu lointain, hostile. L’Italie fasciste a imité le néo-classicisme [...]. Autre aventure avec le IIIe Reich : Hitler, architecte manqué [...] », et, plus loin, le style « correspond à l’ère stalinienne » (L’Art néo-classique, 1974). Ce n’est pas ici le lieu d’un procès d’intention envers un auteur, excellent érudit de l’art européen du XVIIIe siècle, mais il convient de souligner l’impropriété du mot appliqué sans discernement, d’une manière a-historique, à toute « inspiration » d’essence classico-antique. Le casque d’or du héros grec ou de Minerve, symbole de l’académisme, à Berlin sous le règne de Frédéric II, à Moscou sous celui de Catherine II ou dans le Londres des rois George, pas plus que celui des pompiers de la Troisième République, un siècle plus tard, n’aurait continué de briller à la Belle Époque !

La perception historique du néo-classicisme correspondit d’abord, plus qu’à la reconnaissance d’un style, au rejet d’une esthétique confondue avec la « production » académique de la fin du XIXe siècle. Synonyme de pastiche, imitation servile des chefs-d’œuvre du classicisme gréco-romain, cet art anti-individualiste est ignoré des avant-gardes ; l’art bourgeois conservateur, lui-même, y trouve des accents supra-nationalistes peu compatibles avec l’esprit du temps : en effet, en 1900, se manifeste un nouveau goût pour le style Louis XVI. Celui-ci, que l’on ne confond pas avec le néo-classicisme, apparaissait comme un moment de perfection de l’art français.

Le classicisme est universel, certes, mais en raison de Versailles, Américains et Français voient dans ce courant le symbole d’une culture élitiste, repoussant les brumes du Nord et tempérant la chaleur du Midi. Aussi, le néo-classicisme, international, observé par-delà les Écoles, les règnes ou les pays, ne pouvait que symboliser la décadence.

La définition stylistique l’a finalement emporté sur la définition chronologique ; c’est à tel point vrai que les musicologues se sont à leur tour emparés du mot pour désigner, disent-ils, des aberrations stylistiques de nature et d’époque totalement différentes : sont néo-classiques l’orgue des années 1950, mais aussi certaines œuvres de Stravinski et d’autres compositeurs actifs entre les deux guerres mondiales.