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« La prière ? C’est bien trop compliqué ! Il suffit de voir combien de livres sur le sujet paraissent chaque année pour se dire que c’est une affaire de spécialistes… » Combien de livres un enfant a-t-il lus pour apprendre à embrasser sa maman ou à ramasser au bord du chemin un pissenlit pour lui dire son amour ? Lorsque Sœur Hortense était petite, Sœur Saint-Jean, au catéchisme, lui avait appris que, dans son cœur, habite toute une famille : le papa, Dieu, ; le Fils, Jésus ; et celui qui la conduirait toujours sur le chemin, le Saint-Esprit. Et qu’avec toute cette famille, elle ne serait jamais seule, car Dieu, Jésus, l’Esprit, sont des compagnons bien plus fidèles et plus présents que les meilleurs amis de la terre. Et Sœur Hortense avait pris l’habitude de tout voir et de tout vivre en compagnie de cette famille, traduisant en poèmes ce que la présence en elle de ces « trois » laissait déborder de son cœur. Poèmes à recevoir comme des prières, comme des fleurs de pissenlit au bord d’un chemin…
À PROPOS DE L'AUTEURE
Soeur Odile est moniale de l’abbaye SainteCroix de Poitiers. Un long temps de responsabilité à l’accueil lui a permis de constater chez ses hôtes un grand désir inassouvi d’intériorité. Depuis ses études de théologie à la faculté du Centre Sèvres à Paris, (Formation Universitaire pour les Moniales), elle anime à l’hôtellerie du monastère deux ateliers de Lectio divina et d’Hébreu biblique, ouverts à tous. Elle s’efforce également de mettre en oeuvre les principes de la permaculture dans le petit verger-potager de sa communauté.
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Veröffentlichungsjahr: 2022
Notre Dieu estun feu dévorant
© Saint-Léger éditions, 2019.
Tous droits réservés.
Sœur Odile Adenis-LamarreDessins : Francis TARDIF
Notre Dieu estun feu dévorant
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Comme un enfant
Me tenir devant TOIcomme un enfant devant son père.Il n’a rien à offrir,à part, peut-être, trois fleurs des champsramassées au hasard d’un chemin.Mais il attend tout,les mains ouvertes,les yeux brillants,dans la confiance,sans pudeur ni fausse honte.
C’est tellement naturel, quand on est un enfant,de tout attendre de son père sans un frisson de crainte.
C’est tellement naturel, quand on est un enfant,de savoir que papa peut tout,et que lorsqu’il est làrien de mal ne peut arriver,
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parce que même le mal,il le change en bien en vous consolant.
C’est tellement naturel, quand on est un enfant,de regarder son père,épris d’admirationen le voyant si grand, alors qu’on est si petit,en le voyant si fort, alors qu’on est tellement fragile,en le trouvant si beau alors qu’on n’en est encore qu’une faible ébauche.
C’est tellement naturel,quand on n’est qu’un enfant…
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Prologue
Un bon feu crépite dans la cheminée. Dans la salle de séjour, les enfants jouent : les garçons, avec leurs planchettes Kapla, construisent une immense tour quelque peu chancelante, les filles, armées de multiples feuilles de papier Origami, enrichissent à force de pliages leur collection d’ani-maux domestiques, qui tiendront bientôt compa-gnie, sur la commode de leur chambre, à toute une troupe de Pokémon. Autour de la grande table, les parents, chacun sur son ordinateur portable, pré-parent le travail du lendemain, tout en veillant au grain, prêts à se précipiter pour consoler et récon-forter lorsque la tour, vraiment de plus en plus chancelante, s’effondre enfin, ou que le papier,
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trop fortement marqué par l’ongle d’un pouce malhabile, se déchire alors que le carré commen-çait à prendre une forme reconnaissable. On est bien, dans la paix du soir et un silence seulement interrompu par quelque dispute des enfants, ou le soudain élan du petit dernier qui se précipite vers sa maman pour un gros câlin ; une paix scandée par les claquements secs des bûches sous la morsure des flammes. Tableau idyllique ? Et pourtant…
Un jour, au catéchisme, sœur Saint-Jean avait appris à la trentaine de bambins dont elle avait la charge que, pour toute leur vie, ils avaient deux familles ; celle qu’ils formaient avec leur papa, leur maman, leurs frères et sœurs, avec lesquels ils y avait parfois de petites –– ou grandes –– disputes, mais où l’on se sentait aimé, heureux ; et puis, dans leur cœur, une autre famille : le papa, Dieu ; le Fils, Jésus ; et celui qui les conduirait toujours sur le chemin, le Saint-Esprit. Et qu’avec cette famille-là,
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ils ne seraient jamais seuls, car Dieu, Jésus, l’Es-prit, sont des compagnons bien plus fidèles et plus présents que les meilleurs amis de la terre. Et la petite Hortense avait tout de suite compris : il y a la famille visible, celle avec laquelle l’on partage tant de moments, heureux ou malheureux, joyeux ou tristes, exaltants ou tout simplement ordinaires, les plus nombreux d’ailleurs ; et la famille invisible, celle qui donne vie et forme à toutes les familles de la terre, celle que l’on découvrira un jour, plus tard, bien plus tard, lorsque la famille de la terre, petit à petit, se retrouvera dans cet autre monde, celui de la vraie vie, la vie qui n’aura pas de fin et ne connaîtra ni malheur, ni tristesse, ni ennui. Et la petite Hortense avait pris l’habitude de tout voir et de tout vivre déjà en compagnie de cette famille invisible que bien des personnes croyaient habiter le ciel, bien loin, bien haut, et dont la fil-lette sentait confusément qu’elle lui était sans doute bien plus proche que ceux qu’elle côtoyait
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quotidiennement. Un jour, un de ses petits copains du catéchisme, avait déclaré, du haut de ses huit ans, que, « puisque Dieu est partout, alors, forcé-ment, on voit tout à travers lui ». Intérieurement –– car elle était bien trop timide pour prendre la parole devant tout le monde ––, elle avait répondu : « Ah oui, Paul, tu as raison ; mais en plus, nous passons toute notre vie d’ici avecDieu, alors, nous faisons tout commelui, et même pourlui ; tu sais, c’est ce que nous ferons plus tard, bien plus tard, et bien mieux, quand nous serons tous réunis auprès de lui, pour toujours. »
