Parcours libre pour aimer - Eric Jacquinet - E-Book

Parcours libre pour aimer E-Book

Eric Jacquinet

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Beschreibung

Ce parcours spirituel propose un chemin de libération de la pornographie en 40 étapes. Il accompagne la personne dans un travail de conversion et de reconstruction, et la rend libre pour aimer.

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Seitenzahl: 336

Veröffentlichungsjahr: 2017

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Parcours libre pour aimer

Sortir de la pornographie

 

 

Cet ouvrage, initié et coordonné par le père Éric Jacquinet, a bénéficié des apports d’un éducateur, de médecins (neurologue, psychiatre addictologue), d’une infirmière scolaire, d’un conseiller conjugal, de prêtres et de personnes ayant traversé une addiction.

 

Nihil obstat,

Paris, le 7 mai 2016

Fr. de Chaignon

 

Imprimatur,

Paris, le 7 mai 2016

M. Vidal, Vic. Ep.

 

 

Conception couverture : © Christophe Roger

Images couverture :© Freepik

Dessins : © Ixène

Photos : Icône de l’Anastasis, icône de la crucifixion : © Éric Jacquinet

« Le retour du fils prodigue », Rembrandt (1668) : © D.R.

Composition : Soft Office (38)

 

 

© Éditions Emmanuel, 2016

89, boulevard Blanqui – 75013 Paris

www.editions-emmanuel.com

 

ISBN : 978-2-35389-532-8

Dépôt légal : 2ème trimestre 2016

Mode d’emploi

Vous regardez des images érotiques ou pornographiques sur Internet et vous constatez les dégâts que cela cause dans votre vie.

• Il vous arrive de passer des heures sur ces sites pour chercher des images toujours plus excitantes.

• Même au bureau, vous êtes tenté de consulter ces sites. Votre travail est moins efficace, vous avez du mal à vous concentrer et vous prenez des risques inquiétants.

• Vous êtes poursuivi par ces images qui vous hantent, parfois jour et nuit.

• Vous passez parfois une partie de la nuit sur des sites pornographiques, alors que vous vous étiez promis de n’y aller qu’un petit moment.

• Vous êtes tenté par la masturbation et vous avez du mal à résister.

• Votre humeur est troublée, vos relations avec vos proches sont perturbées.

• La relation avec votre conjoint est abîmée. Vous avez du mal à regarder cette personne dans les yeux et à vivre des relations charnelles sereines.

• Vous craignez que votre entourage ne découvre ce comportement, vous le cachez au mieux. Vous avez peut-être eu l’impression très désagréable d’avoir été découvert, cela vous a humilié.

• Vous sentez que votre vie pourrait mal tourner si vous n’arrêtez pas. Votre réputation, votre couple, votre famille et votre travail sont en jeu.

• Vous vous sentez coupable, vous avez honte.

• Vous avez pourtant essayé plusieurs fois d’arrêter, mais sans succès. Souvent, vous vous êtes dit : « C’est fini, j’arrête définitivement. » Et, quelques jours après, parfois même quelques heures après seulement, vous recommenciez.

• Finalement, vous vous rendez compte que cela ne vous donne pas la paix et la joie auxquelles vous aspirez.

Ce parcours est fait pour vous !

Vous avez décidé d’arrêter. Vous avez eu le courage d’ouvrir ce livre. Bravo ! Le simple fait de vous le procurer a sans doute déjà été une première grande victoire. « Que penseront ceux qui me verront avec un tel livre ? » Vous avez peur. Ce malaise est une alarme. Double bravo, donc !

Quarante jours = un carêmeLe temps de la conversion jusqu’à la résurrection

Il faut du temps pour arrêter la consommation d’images pornographiques et pour entrer dans une vraie liberté. Ce parcours se fait sur quarante jours. C’est la durée que l’on indique parfois pour un premier sevrage.

C’est aussi la durée du carême chez les chrétiens, ce temps de conversion et de purification qui précède la fête de Pâques, la résurrection de Jésus. Le mot « carême » vient de la contraction du mot latin quadragesima, qui signifie « quarantième ». Le carême aboutit sur cette fête de Pâques. Ainsi, nous vivons le carême pour ressusciter, nous aussi, avec Jésus. C’est un temps de conversion.

Vous pouvez suivre ce parcours pendant le carême fixé par l’Église, du mercredi des Cendres jusqu’à Pâques. Mais vous pouvez aussi commencer aujourd’hui. Ne remettez pas à plus tard ce que vous pouvez entreprendre dès maintenant !

Faites-le à votre rythme. Vous pouvez le faire en quarante jours ou en quatre-vingts, si vous voulez approfondir les exercices.

Un chapitre par jour

Chaque chapitre, qui correspond à un jour, offre :

– un témoignage ;

– des explications par un thérapeute ;

– une réflexion de foi ;

– une parole de Dieu extraite de la Bible ;

– un exercice.

Soyez bien attentif à ce que vous lirez. C’est un parcours de santé préparé avec attention et compétence par des personnes qui veulent vous aider. Il a été testé par de nombreuses personnes. Tout ce qui est proposé est utile.

Ne lisez pas deux chapitres le même jour. Cela ne vous aiderait pas à avancer. Un jour après l’autre ! Vous pouvez cependant passer plusieurs jours sur le même chapitre, si besoin. Évitez les pauses trop longues, avancez un petit peu chaque jour.

Vous pouvez, de temps en temps, relire un passage des chapitres précédents, si vous en sentez le besoin.

L’exercice proposé

Chaque jour, des réflexions vont éclairer votre intelligence. Un exercice pratique, en lien avec le thème du jour, vous sera proposé. Faites-le sérieusement. Ces exercices vont vous permettre d’initier les changements dans votre vie. Personne ne peut les faire à votre place. Il y aura parfois plusieurs exercices : vous choisirez celui qui vous correspond le mieux. Il vous sera proposé aussi, de temps en temps, de reprendre un exercice précédent afin de l’approfondir.

Un petit conseil : notez sur un carnet ce que vous avez fait et ce que vous découvrez. Cela vous permettra d’en parler avec votre parrain.

Les lumières du jour

Chaque jour vous découvrirez un principe de vie dans la rubrique intitulée « La lumière du jour ». Il s’agit d’un repère fondamental à mettre en pratique pour avancer vers une plus grande liberté. Gardez-les précieusement.

Que faire chaque jour ?

Pour apprendre à jouer d’un instrument de musique, pour parler une langue étrangère ou pour courir un marathon, il faut s’entraîner tous les jours. C’est la seule solution pour progresser. Ainsi, pour ce parcours, prévoyez de consacrer au moins trente minutes chaque jour à la lecture du nouveau chapitre et à l’exercice proposé. Fixez ce temps dans votre agenda, si possible, tous les jours à la même heure.

Nous vous conseillons de vous consacrer à ce parcours le matin, avant d’aller travailler. Si besoin, levez-vous plus tôt. Ces pages illumineront votre journée. Le soir, vous pourrez lire rapidement les pages du jour suivant avant de vous coucher. Votre cœur gardera ainsi ces paroles lumineuses durant la nuit. Vous les relirez le matin et ferez l’exercice proposé.

Si vous n’êtes pas décidé à vous exercer tous les jours, fermez ce livre ! Vous le reprendrez quand vous serez vraiment décidé.

Le but de cette méthode est de se libérer de la pornographie. Il faut donc envisager d’arrêter toute consommation d’images pornographiques. L’arrêt complet est nécessaire si vous voulez entrer dans une vraie liberté pour aimer et vivre heureux. Cette décision est la vôtre. Dans d’autres addictions, comme l’alcoolisme, c’est l’excès de consommation qui est nocif ; en effet, une consommation modérée d’alcool n’est pas mauvaise en soi. La dépendance au cybersexe, elle, est différente. Nous considérons que la consommation d’images pornographiques est nocive en elle-même (nous expliquerons pourquoi dans les premiers jours du parcours). Vous devrez donc décider un sevrage absolu.

Nous vous invitons à prendre tous les moyens pour stopper l’addiction, c’est-à-dire à arrêter toutes les consultations d’images pornographiques ainsi que les comportements sexuels déviants. La liste suivante pourra vous aider à ne rien oublier. Pour vivre un vrai sevrage et devenir abstinent, il vous faudra :

– jeter vos revues, livres et photos pornographiques ;

– jeter les DVD ou films téléchargés (même s’ils ont coûté cher), vider la corbeille et supprimer les cookies de votre ordinateur ;

– supprimer de vos murs photos et posters suggestifs ;

– renoncer aux rencontres et aux situations qui peuvent vous faire rechuter ;

– mettre en place des filtres efficaces sur votre ordinateur, votre tablette et votre téléphone.

Dans la joie !

Ce parcours vous mènera vers la vraie joie, celle qui dure. Le dessin humoristique pourra vous aider chaque jour à prendre un peu de recul. Un chant, téléchargeable sur Internet, vous aidera. Vous serez aussi invité à faire des pauses pour apprendre à vous réjouir sainement.

Préparatifs matériels

Voici l’équipement nécessaire pour vous lancer dans ces quarante jours :

1. Un agenda sur lequel vous fixez ces deux moments quotidiens de lecture (quinze minutes le soir, et au moins quinze minutes le matin).

2. Un carnet et un crayon. L’ordinateur, la tablette ou encore le Smartphone ne remplacent pas ce précieux « carnet de santé » personnel.

3. Un lieu de méditation et de prière. Installez-le dans un espace privé comme votre chambre. Aménagez-le selon votre goût avec, par exemple, une croix, une image de la Vierge Marie ou une image qui vous est chère, une bougie. Ce sera votre espace de méditation et de prière. Soignez l’aménagement de ce lieu afin qu’il soit beau !

Pour aller plus loin : un site internet

Sur le site www.librepouraimer.com, vous trouverez :

– une caisse à outils : des instruments signalés dans le parcours ;

– des lectures possibles (livres, articles, sites) en lien avec le thème du jour ;

– un chant pour accompagner votre méditation quotidienne (téléchargement possible) ;

– des objets à commander si besoin (livres, croix, icônes, bible, CD de chants).

La force du parrainage

Ne pas rester seul face à l’addiction

L’expérience montre qu’il est très utile d’être accompagné durant ce parcours par une personne de confiance qui jouera le rôle de parrain. Cela permet de ne pas rester seul face à l’addiction. En effet, l’addiction isole la personne et la fragilise davantage.

Ce parrainage est très bénéfique car il ouvre un espace de parole. La porno-dépendance engendre une grande honte. Ainsi, la personne est souvent incapable de parler de son addiction. En s’identifiant à son addiction, elle perd l’estime d’elle-même. La parole d’une personne bienveillante libère de l’enfermement dans l’addiction. Elle redonne confiance. Cela permet d’avancer bien plus vite. L’échange protège aussi du découragement. Il aide à mieux comprendre les richesses du parcours proposé.

Bien sûr, un tel accompagnement n’est pas obligatoire. Vous êtes seul juge de vos besoins et seul responsable de votre parcours.

Choisir son parrain

Votre parrain peut être éducateur, prêtre, religieux, religieuse, avoir été libéré de cette addiction, ou tout simplement être une personne solide et de bon sens. Vous le choisirez parce que vous êtes suffisamment en confiance avec lui pour lui confier votre problème en toute vérité. Vous lui ferez part de votre démarche, de vos efforts, et même de vos chutes tout au long de ce parcours.

Nous vous déconseillons de choisir une personne de votre entourage proche : conjoint, parent, ami intime, collègue. Vous ne vous sentiriez pas pleinement libre et cela compliquerait vos relations par la suite. Il vaut mieux solliciter une personne que vous ne rencontrez pas tous les jours.

Nous vous recommandons aussi de ne pas choisir comme parrain un thérapeute, médecin ou psychologue. Cette méthode n’est pas un parcours thérapeutique. En revanche, nous vous conseillons de consulter un spécialiste si vous avez des difficultés psychologiques au cours de ce parcours, une baisse de moral, ou encore des idées noires. Ne restez surtout pas seul avec vos difficultés. N’hésitez pas à vous faire suivre par un psychologue. C’est parfois nécessaire.

Comment lui présenter son rôle ?

Expliquez à votre parrain que vous le sollicitez pour vous accompagner dans ce parcours. Donnez-lui un exemplaire de ce livre, afin qu’il lise le parcours au même rythme que vous.

Sa mission est très simple. Elle se résume en quatre attitudes fondamentales :

– marcher à vos côtés et à votre rythme ;

– vous écouter ;

– vous encourager ;

– prier pour vous, si vous en êtes d’accord.

Invitez-le à lire ci-dessous les repères pour un tel parrainage. En les acceptant, il s’engage à prendre un temps hebdomadaire avec vous d’environ trente minutes.

Comment se passent les rencontres ?

Voici quelques repères pour les rencontres :

• Elles se déroulent chaque semaine, si possible au même moment (par exemple chaque vendredi à 18 heures), de visu ou par téléphone.

• Elles durent entre trente et quarante-cinq minutes, en veillant à ne pas dépasser une heure, mais peuvent être plus courtes.

• Vous échangez avec votre parrain sur les chapitres lus au cours de la semaine. Vous lui confiez ce que vous avez retenu d’important pour vous, ce qui vous éclaire ainsi que les exercices que vous avez faits.

• Le parrain pourra vous poser des questions pour bien comprendre ce que vous avez dit. Il ne donnera pas de conseil, il sera un témoin bienveillant de votre parcours. Attention : ne vous sentez pas obligé de tout dire sur vous-même, n’allez pas contre votre pudeur, préservez votre intimité. C’est important.

• Il vous encouragera quand vous en aurez besoin.

• L’échange sera très simple, mais vous aidera à garder le cap.

• À la fin de la rencontre, convenez du prochain rendez-vous.

La mission du parrain

Vous pouvez remettre à votre parrain une copie de cette lettre. Elle précise le contenu de sa mission.

Madame, Monsieur,

Vous avez été choisi par une personne qui a confiance en vous. Elle a besoin de votre aide pour sortir d’une dépendance à la pornographie. Elle vous sollicite pour être son parrain tout au long du parcours qu’elle entreprend.

Nous n’attendons pas de vous une compétence particulière, mais seulement une présence bienveillante et fidèle. Vous savez combien une telle présence, faite d’estime et d’espérance, aidera cette personne en difficulté. Encourager, telle sera donc votre première mission.

1. Comprendre la pédagogie du parcours

Lisez la méthode que cette personne utilise. Cela vous aidera à comprendre la pédagogie de ce parcours. Vous pouvez aussi participer à une journée d’information organisée par l’association « Libre pour aimer ». Vous y recevrez les clés du parcours et vous pourrez échanger avec d’autres parrains. Il ne vous est pas demandé de compétences particulières. Votre écoute et votre équilibre personnel suffisent, à condition que vous respectiez attentivement les repères donnés tout au long de ce parcours.

2. Valoriser avec bienveillance

Nul ne peut être identifié à ses actes. Quel que soit son comportement, chaque personne a sa dignité. Ainsi, la personne que vous accompagnerez a besoin que vous gardiez un regard positif sur elle. Écoutez-la, dites-lui ce qu’elle fait de bien, renforcez ses qualités.

3. Soutenir la persévérance

Cette personne a entrepris le parcours « Libre pour aimer ». Elle note chaque jour les lectures et les exercices qu’elle fait. Elle vous le partagera lors de votre entretien hebdomadaire. Cela l’aidera à être fidèle à son engagement. La fidélité est difficile, mais c’est une des clés de la victoire.

4. Aider au sevrage

La personne dépendante d’images pornographiques a besoin d’un sevrage absolu. Celle que vous parrainez pourra donc vous demander de l’aide pour « faire le ménage » chez elle et sur son ordinateur. À sa demande, vous bloquerez les filtres parentaux par un code que vous garderez secret.

5. Encourager

Cette personne fera peut-être des rechutes. En effet, les tentations sont très fortes. Il se peut que ces rechutes la découragent. Ne la condamnez pas, travaillez ensemble pour découvrir les facteurs qui ont déclenché cette chute et montrez-lui les progrès accomplis, même s’ils sont petits. Encouragez-la à reprendre le parcours. Ce chemin sera peut-être long, voire très long. Mais il y a toujours une espérance.

6. Marcher à son rythme

La personne que vous parrainez est responsable de son parcours. Vous êtes à son service. Elle décidera de son rythme. Peut-être l’interrompra-t-elle un moment. Peut-être accomplira-t-elle le parcours en quatre-vingts ou cent jours. Laissez-la décider. C’est sa responsabilité et non la vôtre. Vous marchez à son rythme. Ne lui donnez aucun conseil.

7. Renvoyer vers un thérapeute

Si la personne ressent des angoisses, a des idées noires ou vit des troubles importants dans ses relations, invitez-la à consulter sans tarder un thérapeute, médecin généraliste ou psychologue. Ne prenez surtout pas en charge ces difficultés.

8. Prier

Si vous êtes croyant(e), priez pour cette personne. Cela lui sera très précieux, elle est prisonnière de forces qui la dépassent. La foi en Dieu est importante pour obtenir la victoire. Vous trouverez une belle prière que vous pourrez dire chaque jour pour elle (cf. Boîte à outils, p. 348).

9. Garder le secret

La personne que vous parrainez compte bien sûr sur votre discrétion absolue. Vous ne parlerez à personne sans son consentement explicite. Le thérapeute ou le prêtre sont aussi tenus au secret professionnel, selon le droit. Vous ne parlerez jamais non plus de votre parrainage à son conjoint, ses parents, ses enfants. À personne. Silence absolu.

Il est important de garder une certaine distance affective avec la personne que vous parrainez. Il est également important de limiter les confidences : il ne vous est pas nécessaire de connaître trop de détails, détails que la personne pourrait regretter a posteriori de vous avoir donnés. Soyez vigilant.

D’avance soyez remercié(e).

Foire aux questions

Ne peut-on pas consommer de la pornographie « avec modération » ? Faut-il vraiment arrêter totalement ?

Vous trouverez la réponse dans les premiers jours du parcours.

Peut-on vraiment arrêter la pornographie en quarante jours ?

Oui ! Des personnes ont fait ce chemin avant vous, avec succès. Cette méthode n’est évidemment pas magique. Le résultat dépend de votre implication dans les démarches proposées ainsi que de votre histoire personnelle. Si vous faites sérieusement ce parcours avec ses exercices, vous pourrez être sevré. Ce sera la première victoire. Ensuite, vous consoliderez cette victoire. C’est le but du parcours. Il vous faudra peut-être plus de temps pour reconstruire votre vie. Peut-être aurez-vous besoin aussi d’un thérapeute pour gérer des souffrances psychologiques. Vous verrez. Nous ne vous promettons pas une guérison miraculeuse. Ce serait une illusion. Mais dans tous les cas, ce parcours vous sera bénéfique.

Faut-il faire le parcours en quarante jours exactement ?

Non. Vous pouvez faire ce parcours au rythme que vous souhaitez. Si vous en ressentez le besoin, vous pouvez approfondir un chapitre pendant deux ou trois jours. Il peut arriver aussi que des événements vous empêchent de tenir le rythme. Il faudra cependant vous battre pour être fidèle à cet engagement quotidien. C’est la clé de la réussite.

Avez-vous intégré dans votre méthode les connaissances médicales et scientifiques récentes sur les addictions ?

Oui, cette méthode prend en compte des travaux scientifiques sur les addictions. Elle intègre une approche physiologique.

Cette méthode comporte-t-elle une approche psychologique ?

Oui. Les démarches proposées prennent en compte les aspects psychologiques de l’addiction et proposent une approche comportementale. La méthode n’ignore pas que les causes de la consommation addictive peuvent être liées à des traumatismes psychologiques parfois anciens et à des conflits psycho-affectifs non résolus. Il peut être nécessaire de compléter ce parcours par une thérapie, en ayant recours à un thérapeute professionnel.

Ce parcours offre des explications et des exercices concrets pour aider la personne à se reconstruire dans toutes ses dimensions et dans toutes ses relations : avec elle-même, avec les autres et avec le réel. L’être humain est un tout qui intègre le corps, l’âme et l’esprit. Cette méthode ne se limite donc pas à une approche psychologique. Elle prend en compte toute la personne avec sa dimension corporelle, psychologique, morale et spirituelle.

Je ne suis pas croyant. Cette méthode est-elle faite pour moi ?

Si vous désirez une vie meilleure, vous croyez déjà en quelque chose. Vous croyez que la vie peut être bonne et que vous pouvez la vivre plus pleinement, même si vous ne croyez pas qu’elle ait un Auteur. Laissez-vous porter par ce désir et cette aspiration positive. Les difficultés que vous traversez seront peut-être une occasion d’aller plus loin, en remettant de la cohérence dans votre vie, en y trouvant un sens et en recherchant sa dimension spirituelle.

Si vous êtes croyant et catholique pratiquant, cette méthode vous sera aussi très utile. Votre foi vous aidera à avancer, si vous acceptez d’entendre aussi les questions qui concernent votre psychologie et vos comportements, et si vous êtes disposé au changement.

Première étape

En route vers le sommet

Le comportement addictif ne vise pas autre chose qu’un plaisir immédiat. De manière impulsive, il vise à satisfaire notre désir d’être heureux. Mais cette réponse est éphémère, elle ne peut combler notre cœur. L’addiction court-circuite nos questionnements et nos recherches, elle nous détourne du but de notre existence. En cela, elle est une vraie privation de liberté.

Sortir d’une addiction, c’est donc chercher d’abord le sens de sa vie. C’est impératif si l’on veut pouvoir exercer sa liberté et donner à sa vie l’ampleur qu’elle mérite. Donner du sens à sa vie est la quête de tout homme, la seule quête. Cela se fait au travers des expériences, heureuses ou malheureuses.

Retrouver le vrai sens de notre existence et l’habiter dans la confiance, voilà le vrai enjeu du cheminement que nous vous proposons.

Bonne route !

1er jour

Découvrir le sens de ma vie

« Il serait fou le voyageurqui, apercevant sur sa route de gracieuses prairies,oublie le but de son voyage. »

Saint Grégoire le Grand

« Comment sortir de mon addiction ? » C’est la question que vous vous posez en ouvrant ce livre. Pour entreprendre cela, il nous faut regarder loin, afin de ne pas nous décourager aux premiers obstacles. « Quel est le sens de ma vie ? » Voilà la première question de ce parcours, la seule vraiment importante. C’est en y répondant que vous trouverez les moyens de sortir de votre addiction. Le but de ce parcours n’est donc pas tant de stopper une addiction que de réorienter votre vie. Chacun de nous porte, au plus profond de lui, le désir de réussir sa vie. Le comportement addictif freine cette quête. Réussir ma vie, c’est savoir où je vais et mettre toute mon énergie dans cette marche.

Témoignage

« Seul l’amour avait le pouvoir de me libérer » (Aron Ralston)

En 2003, alors qu’il est en randonnée dans les gorges du Sud-Est de l’Utah, Aron Ralston, alpiniste chevronné, fait tomber un rocher de plus de 350 kilos qui lui coince la main droite contre la paroi du canyon. Durant cinq jours, il tente par tous les moyens possibles de libérer son bras, en vain. Épuisé et déshydraté (il perdra 18 kilos), il oscille entre conscience et inconscience, et se résigne à l’idée qu’il va bientôt mourir. Il grave son nom, sa date de naissance et la date présumée de sa mort sur la paroi, et enregistre un petit film dans lequel il fait ses adieux à sa famille.

Puis il a une vision. Il voit apparaître un petit garçon d’environ 3 ans qui s’avance vers lui. Ralston n’a pas d’enfant, mais il comprend que ce petit garçon sera le sien, et que l’existence de cet enfant dépend de sa survie. Quand la vision disparaît, il fabrique un garrot. Il se sert du poids du rocher pour casser son radius et son cubitus et ampute son bras à l’aide d’un canif à la lame émoussée. Il enveloppe ensuite son bras dans un de ses vêtements pour limiter le saignement, se hisse hors de la faille et finit par être secouru par un hélicoptère.

Aron et Jessica, sa femme, se sont mariés en 2009, et ont eu l’année suivante leur premier enfant, un garçon. Le récit de cette terrible épreuve a été adapté au cinéma dans le film 127 heures, sorti en 2007. Ralston avait beau savoir que sa vie était menacée, il n’a trouvé la motivation nécessaire pour amputer son bras que lorsqu’il s’est rendu compte que la vie de son futur enfant dépendait de sa volonté et de sa capacité à souffrir. Autrefois, on disait que pour qu’un chevalier soit courageux, il fallait qu’il soit amoureux. Ainsi, si Ralston a réussi à se libérer, c’est uniquement parce qu’il a consenti à un sacrifice radical dicté par l’amour. Il s’était résigné à mourir. Seul l’amour avait le pouvoir de le libérer1.

Le regard du psy – Découvrir un sens à sa vie

Les personnes marquées par une addiction sont toutes désorientées. Au sens étymologique du terme, elles n’ont plus d’« orient ». Elles ne savent plus où elles vont. Elles n’ont pas de projet qui mobilise toute leur énergie. Elles errent. Et l’addiction, conséquence de cette errance, la renforce. Comment alors sortir de ce cercle vicieux ? En redécouvrant le but de notre vie qui donne son sens à notre existence. Cela passe par des projets dans lesquels on s’engage, on accepte des renoncements, on se dépasse, on vit.

Le thérapeute Viktor Frankl a compris cela lors de sa déportation dans un camp de concentration. « Ceux qui savaient qu’une tâche les attendait au-dehors étaient les plus aptes à survivre2. » Ceux qui avaient la motivation de retrouver leurs familles résistaient bien mieux aux épidémies et aux pressions psychiques intenses. Les autres mouraient d’épuisement bien plus vite. Il conclut que « la recherche humaine du sens de la vie est la motivation fondamentale de la vie ». Beaucoup de problèmes psychologiques découlent de cette absence de sens de la vie. « L’inquiétude d’un être humain, y compris son désespoir relatif au manque d’intérêt de sa vie, est alors consécutive à une détresse existentielle et non à une maladie mentale. » Au lieu de le mettre sous tranquillisants, il faut l’aider à trouver un sens à sa vie.

Parfois, « la quête de sens peut susciter une tension davantage qu’elle maintient un équilibre intérieur. Cependant, une telle tension constitue une condition indispensable à la santé mentale ». En effet, « il n’y a rien au monde de plus efficace pour commander la survie, y compris dans les pires conditions, que de savoir que la vie a un sens. Ce dont l’être humain a besoin, ce n’est pas de l’équilibre d’un état dépourvu de tension, mais d’un effort et d’une lutte pour atteindre un but qui en vaille la peine, d’une tâche librement choisie ».

Une caractéristique de notre époque est l’ennui. Ce vide existentiel explique bien des dépressions, des comportements agressifs ou addictifs. « Quelquefois, la frustration de la volonté de sens est indirectement compensée par une volonté de pouvoir, la volonté d’amasser de l’argent étant sa forme la plus primaire. Dans d’autres cas, c’est la volonté de plaisir qui vient prendre la place de la volonté de sens. C’est aussi la raison pour laquelle la frustration existentielle cherche aussi une compensation dans la dépense sexuelle. Dans de tels cas, on observe que la sexualité constitue un facteur de compensation endémique du vide existentiel. »

Le chemin consiste donc à trouver le sens de sa vie. Mais cela ne doit pas être fait de façon abstraite. « Chacun doit trouver au cours de sa vie sa propre vocation ou sa mission spécifique, ce qui demande de s’y impliquer de manière concrète et entière. Chacun est irremplaçable, et aucune vie ne se répète. Ainsi, la tâche de chacun est unique, de même qu’est unique sa possibilité de l’accomplir. Chaque être humain est questionné par la vie ; et il peut seulement répondre à la vie en répondant de sa propre vie ; il peut seulement répondre à cette question en étant responsable de sa vie. »

Pour Frankl, « nous pouvons découvrir le sens de la vie de trois façons : en menant à bien un travail ou en accomplissant un devoir ; en faisant l’expérience de quelque chose ou en rencontrant quelqu’un ; enfin par l’attitude que l’on adopte à l’égard de la souffrance ».

« Le fait de mener à bien ou d’accomplir quelque chose se comprend aisément. La deuxième manière de trouver un sens à sa vie consiste à faire l’expérience de quelque chose – comme le bien, la vérité ou la beauté – au contact de la culture et de la nature ou, encore, à faire l’expérience d’un autre être humain dans ce qu’il a d’unique – en l’aimant. »

« L’amour est la seule manière de comprendre un autre être humain en accédant au noyau le plus secret de sa personnalité. Personne ne peut devenir pleinement conscient de l’essence intime d’un autre être humain s’il ne l’aime pas. Grâce à l’amour, il devient à même de percevoir les traits et les caractéristiques essentiels de l’être aimé ; et plus encore, il perçoit son potentiel, le potentiel qui n’est pas encore actualisé mais qui pourrait bientôt l’être. De plus, grâce à son amour, la personne qui aime devient capable de pousser l’être aimé à actualiser ses potentialités. »

« La souffrance est la troisième façon de trouver un sens à la vie. » Nous ne sommes pas déterminés par des événements ou un contexte difficile. Certaines personnes, très éprouvées, réussissent à trouver malgré tout le chemin de la joie réelle. Des hommes et des femmes ayant traversé des souffrances, la guerre, un cataclysme ou la maladie ont réussi à vivre pleinement. Toute vie peut être réussie et avoir du sens.

Après avoir cherché activement le sens de notre vie, il sera plus aisé de poser des actes pour avancer. Un projet de vie, cela se bâtit jour après jour. Lorsque vous vous sentez impuissant et dans la crainte, vous n’êtes pas aux commandes de votre vie. Chercher le but de sa vie, devenir responsable de son existence, c’est le sens de tout ce parcours.

Bonus sur le site librepouraimer.com

‰ « Découvrir un sens à sa vie » (extraits du livre de Viktor Frankl)

‰ « Trouver la réponse au désir de bonheur » (Benoît XVI)

La Parole de Dieu (Jean 1, 38)

Se retournant, Jésus vit qu’ils [les deux disciples] le suivaient, et leur dit : « Que cherchez-vous ? »

La lumière du jour

La personne en situation d’addiction est désorientée. Retrouver le but de sa vie la rend responsable.

Exercices

• Quels sont mes rêves, mes désirs profonds ?

➙ En lister au moins trois.

• Est-ce que je crois que je peux les réaliser ?

➙ Noter sur une échelle de 1 à 10 mes chances concernant chaque projet.

• Qu’est-ce qui me freine ?

➙ Noter les obstacles.

1. Matt FRADD, Libres ! Histoires vraies d’hommes et de femmes libérés de la porno-dépendance, Paris, Éd. Emmanuel, 2015, p. 10.

2. Toutes les citations qui suivent sont extraites de : Victok E. FRANKL, Découvrir un sens à sa vie avec la logothérapie, Montréal, Éd. de l’Homme, 1988.

Deuxième étape

Me libérer de la pornographie, c’est possible !

Hier, nous avons tourné le regard vers le but de notre vie, vers notre horizon. Que voulez-vous faire de votre vie ? Voulez-vous être heureux ? Il vous appartient d’écouter ces désirs profonds et d’y orienter progressivement vos actes. Il n’y a pas de fatalité à craindre.

Le sens de la vie est la question fondamentale. Plus la personne y apporte une réponse claire, plus elle est forte dans son combat contre l’addiction. Il faudra donc se poser à nouveau cette question au cours des semaines à venir.

Le but de ce parcours est de nous permettre d’orienter réellement notre vie. Il y aura six grandes étapes. Aujourd’hui, nous entrons dans la deuxième étape qui va nous permettre de comprendre ce que sont l’addiction, la pornographie et la porno-dépendance.

Pour en sortir, il faut savoir où l’on est. Pour se libérer de la porno-dépendance, il faut comprendre son fonctionnement.

2e jour

Suis-je addict au cybersexe ?

« Je suis content qu’il existe une solution à ce problème qui me pourrit la vie. »

Antony

Témoignage

« Je suis attiré depuis longtemps par la pornographie » (Michel)

Quand j’avais 10ans, un voisin d’immeuble m’a montré des photos sexy dans une revue. Mon adolescence a ensuite été perturbée par une recherche assez fréquente dans ce domaine. Étudiant, les revues pornographiques des halls de gare m’attiraient. Je les consultais, sans les acheter, parce que c’était contraire à mon éducation et que j’en avais honte. Quand j’avais 19ans, encouragé par des étudiants, je suis allé voir un film X. J’étais très impressionné que l’on puisse ainsi montrer sur grand écran toutes les relations sexuelles possibles. Je décidai alors de ne plus regarder ce genre d’images.

Et puis j’ai eu Internet. Après quelques mois, j’ai fini par craquer. Chez moi, d’abord. Puis au bureau jusqu’au jour où une secrétaire m’a surpris en train de consulter un site X sur l’ordinateur commun du secrétariat. Honte à moi ! J’étais découvert. J’ai donc décidé d’arrêter ce jeu débile, qui risquait de nuire sérieusement à ma réputation.

Mais les choses ont empiré. Je suis devenu accro. En fin de soirée, il m’arrivait de vouloir passer cinq minutes sur Internet, histoire de me détendre un peu. Je commençais par des images soft, quelques nus féminins innocents. Et à 3heures du matin, j’y étais encore. Il m’arrivait de me coucher à 4heures sans pouvoir m’endormir, tant les images m’avaient excité. Et évidemment, ma journée se passait mal : j’oubliais des choses importantes. Souvent je décidais à nouveau d’arrêter. Sincèrement. Mais sans que je puisse comprendre pourquoi, je retournais sur ces cochonneries. Mon abstinence durait un mois maximum. Je ne parvenais pas à tenir ma détermination de stopper ce comportement d’adolescent attardé.

Ma vie est alors devenue un enfer. J’étais chaque fois répugné par les images bestiales et violentes, toujours plus hard, que je trouvais. Elles étaient aux antipodes de ce que j’enseignais, comme professeur, à mes élèves. Et pourtant j’y retournais.

J’ai commencé à avoir peur des conséquences de mes actes. Un jour, j’ai voulu acheter un film X sur Internet, alors que je m’étais bien juré de ne jamais payer, pour ne pas nourrir l’industrie du sexe. Je savais aussi que cela me conduirait forcément plus loin, à l’infidélité, à la visite à des prostituées et à tous les risques des comportements illégaux. Comment allais-je finir ?

Je mesure à présent combien cela nuisait aussi à toutes mes relations. Avec mes proches, mes collègues de travail, mes supérieurs, mes amis et avec les femmes. J’avais perdu la joie de vivre. Je mentais sur mes activités nocturnes. J’avais également perdu la clarté du regard, et surtout la clarté de l’esprit. Je n’arrivais plus à me réjouir du présent, même lors de fêtes familiales.

Je n’étais pas à l’aise non plus avec ma foi chrétienne. J’en ai parlé à plusieurs prêtres mais, malgré cela, je n’arrivais pas à être libéré de mon vice. Face à Dieu je me sentais très impur. Je tentais alors de m’accommoder de la situation en me disant que cela arrivait à bien d’autres personnes, que ce n’était pas si grave, et que Dieu pardonnait. En réalité, j’avais l’impression croissante d’être schizophrène : je montrais ma face impeccable à tout le monde et un autre homme allait voir des images dégueulasses la nuit, en cachette. Cette division en moi me troublait profondément. J’avais tellement honte que je ne pouvais pas aller voir un thérapeute.

Ce cirque a continué durant des années, avec des hauts et des bas, jusqu’au jour où j’en suis sorti. À présent, je suis abstinent. J’ai le sentiment de revivre progressivement. Je réapprends à me réjouir des joies simples, à vivre plus sereinement, à être attentif aux autres, à faire de la cuisine et de la photo. Je sais qu’il faudra du temps pour me reconstruire.

« Addiction »

Le terme « addiction » vient du latin addicere qui, à la voix passive, signifie « être assujetti à ». Dans la civilisation romaine, les esclaves n’avaient pas de nom propre, ils appartenaient à leur pater familias, leur maître. Le terme d’addiction exprime une absence d’indépendance et de liberté, un esclavage. Au Moyen Âge, l’addiction désignait en droit une contrainte par corps pour une dette que l’on ne pouvait solder. Ainsi, le gagé perdait sa liberté le temps d’un travail équivalent au remboursement de sa dette.

L’addiction, ou la dépendance pathologique, est une conduite répétée qui vise à produire un plaisir ou à diminuer un malaise, et qui est poursuivie en dépit de ses conséquences négatives.

Dans cet ouvrage, les termes « addiction » ou « dépendance » sont équivalents. Il faut cependant faire attention : certaines dépendances comme l’eau ou l’air nous sont vitales. Nous parlons ici des dépendances pathologiques.

On peut en sortir !

Le témoignage de Michel montre bien que l’on est en présence d’une addiction. La difficulté est de le reconnaître. En effet, le déni fait partie intégrante de la maladie, et la personne a tendance à justifier ou à banaliser son comportement : « Ce n’est pas grave… », « Tout le monde le fait… », « C’est une simple détente… », etc.

Cette addiction, comme toutes les autres, fonctionne d’abord par un attrait, puis par un comportement compulsif, jusqu’à un certain plaisir sexuel (visuel, masturbatoire). Viennent ensuite la honte et le désir d’arrêter. Mais l’image, stockée dans la mémoire depuis parfois longtemps, peut ressurgir à l’occasion d’un événement, d’une frustration, d’un stress, d’une perte de confiance ou d’un accès dépressif. Le cortex préfrontal, gardien des processus conscients, baisse alors la garde au profit des facteurs émotionnels et des processus mnésiques. Le système de récompense réclame son dû et la tentation revient. C’est à ce moment-là que tout se joue : la décision de résister ou de se laisser aller.

Cette capacité à résister se construit. Elle est comme un édifice qu’il va falloir bâtir patiemment. Les mécanismes qui sous-tendent le phénomène addictif sont complexes, nous l’avons vu. Il convient donc d’avoir d’abord identifié les manques, les vulnérabilités et les faiblesses avant de les résoudre.

Une seule image peut empoisonner notre affectivité, notre mémoire ou notre volonté avant même qu’une addiction ne soit installée, car les images à connotation sexuelle ne sont pas anodines et aucun cerveau n’y est indifférent au niveau neurobiologique. À cause de cela on ne peut pas vraiment prédire le potentiel de rechute. En effet, si vous projetez dans un groupe la photo d’une liasse de billets de banque, seuls les joueurs « pathologiques » réagiront. Mais si vous projetez une image à connotation sexuelle, tout le groupe réagira. Pour que le stimulus argent opère, il faut qu’il y ait eu une sensibilisation préalable ; pour le stimulus sexe, non : l’image elle-même est un stimulus primaire.

Bonus sur le site librepouraimer.com

‰ Le fonctionnement des addictions et la liste des dépendances avec ou sans substance

Le regard du psy – La dépendance sexuelle

La dépendance sexuelle se caractérise, d’une part, par l’impossibilité de contrôler ce comportement et, d’autre part, par la poursuite de ce comportement en dépit des conséquences négatives qu’il entraîne (conséquences sociales, psychologiques, familiales, professionnelles, financières, judiciaires ou autre). Le sexe devient une priorité absolue dans la vie de la personne. Elle est prête à tout sacrifier, sa vie affective, son travail, etc.

Cela peut être associé à la masturbation compulsive, à la dépendance à la pornographie, au sexe payant, ou à la sexualité par téléphone. Le cybersexe est à l’intersection des addictions sexuelles et de la cyberaddiction, l’addiction à l’Internet.

La personne en situation de dépendance vit une double vie. Elle a toujours peur d’être découverte. Cette facette de sa vie est totalement déconnectée de sa vie sociale. Le sexe est vécu de façon anonyme sans aucun affect pour ses partenaires.

Ce cercle vicieux entraîne une grande souffrance psychologique, un fort sentiment de culpabilité et de honte qui peut entraîner un trouble de l’humeur à tonalité dépressive qui s’estompera jusqu’à la prochaine fois. Comme la personne alcoolique qui boit pour oublier qu’elle boit, la personne dépendante sexuellement se « saoule » par son comportement pour ne plus souffrir et oublier qu’elle souffre.

La personne qui souffre d’addiction sexuelle peut être confrontée à des troubles psychologiques ou psychiatriques. Ces troubles peuvent avoir précédé l’addiction. Celle-ci apporterait alors un semblant de solution à une personnalité introvertie ou angoissée, par exemple. Ils peuvent aussi s’installer comme conséquence de l’addiction. La personne pourra alors souffrir d’un syndrome dépressif ou d’un retrait social.

Pour parler véritablement d’une addiction sexuelle, nous faisons référence à une période assez longue, supérieure à douze mois. Certaines difficultés de la vie peuvent en effet entraîner des troubles de ce type sur de courtes périodes, pouvant témoigner d’une certaine fragilité, mais pas d’une réelle addiction.

 

Note :