Petit traité biblique à l'usage des scientifiques - Marc Cholin - E-Book

Petit traité biblique à l'usage des scientifiques E-Book

Marc Cholin

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Beschreibung

Le récit de la création biblique et les miracles ont de quoi choquer un scientifique qui n’admet pas d’exception aux lois physiques. La Bible demande cependant à être interprétée et une lecture attentive dévoile une anthropologie originale et l’unicité de la résurrection de Jésus qui échappe à la science. Après un parcours dans la Bible sur les points litigieux, l’auteur aborde jusqu’aux derniers dogmes mariaux. Convaincu que la science et la foi peuvent s’apporter mutuellement, il donne la parole en finale à quelques amis scientifiques et chrétiens qui disent comment ils vivent cette double identité.


À PROPOS DE L'AUTEUR


Marc Cholin, né en 1955 à Paris, a grandi à Annecy en tête de huit enfants et a suivi une formation d’ingénieur (ESPCI). Ordonné prêtre en 1984 pour le diocèse de Grenoble, il est depuis 2019 curé de la paroisse Saint-Bernard en Oisans. En 1999-2000, il a suivi des cours à l’Ecole Biblique de Jérusalem. Il a écrit plusieurs livres (dont Dribbles bibliques paru chez le même éditeur ) et créé un catéchisme intitulé : Jésus, tu nous surprends.

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Seitenzahl: 106

Veröffentlichungsjahr: 2023

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Du même auteur

Le Prologue et la dynamique de l’évangile de Jean, EMCC, 1995

Contre-pieds bibliques, EMCC, 2010

L’Esprit inversif du Christ, Salvator, 2015

Psaume 119 : qui prie ?, EMCC, 2017

Bible Saint Thomas, EMCC, 2018

Dribbles bibliques, Saint-Léger 2021

On peut se procurer ces livres soit dans les bonnes librairies, soit auprès de l’auteur : [email protected].

Petit traité biblique à l’usage des scientifiques

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saintlegerproductions.fr

© Saint-Léger éditions, 2023.

Tous droits réservés.

Marc Cholin

Petit traité biblique à l’usage des scientifiques

Introduction

Ce livre voudrait répondre à ceux qui disent : « Je suis scientifique donc je ne crois pas ». Je rencontre régulièrement de ces personnes péremptoires en entretien pastoral1 pour une préparation au baptême ou au mariage. Y aurait-il une difficulté de croire quand on est scientifique ? Au premier regard oui, car la Bible relate des faits bizarres défiant les lois de la physique. La Création biblique en sept jours ne tient pas compte de l’évolution scientifique. Guérir un aveugle de naissance (Jn 9)2 dépasse l’entendement. La Résurrection de Jésus nie les lois de la physique et du bon sens.

Avec Galilée3, nous pourrions répondre aux scientifiques récalcitrants que « la Bible nous enseigne comment on va au ciel, non comment va le ciel ». Si chaque approche reconnaît sa spécificité, on peut espérer une complémentarité bienfaisante. Les religions et les voies de la sagesse abordent la question du sens : « Pourquoi… suis-je là sur cette terre ? ». La science s’intéresse au fonctionnement de l’univers : « Comment… ça marche ? ».

Cependant la science semble avoir vidé certains espaces de leur teneur religieuse : Dien n’est plus au ciel, que Gagarine a visité. La pluie provient des nuages et ce n’est pas Dieu qui tient le robinet… La science a fait reculer Dieu en dehors de l’univers. D’où le doute : où est Dieu et quelle relation puis-je entretenir avec lui ?

De son côté, si la science a montré son efficacité technique et introduit l’idée de progrès au XIXe siècle, elle n’a pas de vision politique de la vie ensemble. L’instrument ne donne pas la direction.

Loin de se contredire ou de s’ignorer, je pense que la religion et la science peuvent s’encourager mutuellement. La science permet d’affiner la foi, en écartant une approche magique de Dieu. En retour, la foi et la sagesse motivent, modèrent et orientent la science, pour découvrir et activer toutes les potentialités de ce monde au profit de tous les humains4. La science rend la foi adulte ; la foi apporte une éthique à la science.

J’aimerais ici faire découvrir aux scientifiques une certaine logique dans l’aventure croyante décrite dans la Bible, afin de converger ensemble vers un émerveillement identique à celui qui étreint le scientifique devant une belle équation ou une expérience réussie.

Ce livre visitera quelques points sensibles : la Création, l’Incarnation, les miracles, la Résurrection… et bousculera peut-être le catéchisme suivi par certains dans leur enfance.

Quelques témoignages, en annexe n° 1, montreront comment la foi et la science peuvent se combiner dans le quotidien d’une vie humaine faite d’héritage, de recherche et d’engagement.

Préalables

Choisir entre rationalité et illogisme

Certains, pour souligner l’action de Dieu, recourent à l’illogisme. Plus ce qui arrive est farfelu et improbable, plus Dieu serait à l’œuvre. Plus c’est inexplicable, plus c’est sûr. Plus c’est incroyable, plus ce serait croyable !

Bien sûr, si Dieu interfère avec le monde humain, il peut nous surprendre. Mais je résiste à soupçonner d’illogisme celui qui a créé les lois de l’univers. Pour moi, la Révélation de Dieu en Jésus est de la plus haute rationalité et logique. Certes, il faut parfois du temps pour reconstituer le puzzle.

Choisir entre magie et mystique

Les profondeurs de l’histoire humaine plongent leurs racines dans la magie. J’ai l’idée que notre enfance reparcourt toute cette histoire humaine et, de fait, notre vie commence par une période magique : lorsque le bébé crie, ses parents accourent : c’est magique.

L’enfance, tant qu’elle le peut, se raccroche le plus longtemps possible à la magie car la vie est plus belle ainsi : on se croit le centre du monde, on invente le monde idéal dans notre esprit et dans nos jeux, on croit au père Noël.

Vient le moment où on se heurte à la réalité. Je suis dans le monde et le monde n’est pas à mon service. Il faut accepter de quitter ses rêves pour que ceux-ci deviennent des projets, pas toujours réalisables.

Pour la foi, c’est pareil. La mentalité magique cherche la protection, l’harmonie, le confort. En rester là nous maintient dans une foi enfantine. Il convient de quitter cette foi magique, qui tient mal face aux épreuves de la vie, pour viser une foi mystique (orientée vers le mystère) où le merveilleux fait place à l’émerveillement.

On comprendra mieux cela sur un exemple. Dans la mentalité magique, la bénédiction d’un chapelet rassure : on le suspendra au rétroviseur de sa voiture en pensant éviter les accidents. Dans la mentalité mystique, la bénédiction du chapelet est une invitation à être fidèle à la prière. Sa place est plutôt dans la poche, pour l’égrener en priant. Si je fais bénir un objet ou si je demande à être béni, ce n’est pas pour être protégé mais pour être encouragé à faire le bien. Tel est le sens profond du mot bénir.

La distinction entre magie et mystique rejoint l’idée du pape François que « le temps est supérieur à l’espace5 ». La magie imagine un espace harmonieux où chaque chose est à sa place, rituellement installée. La mystique, elle, tend vers un accomplissement personnel et collectif à l’horizon du temps. Le croyant espère une progression, ce que la science vise également.

Distinguer le Dieu créateur et le Dieu révélé

Le Dieu créateur est celui auquel aboutit la recherche humaine s’interrogeant sur l’existence du monde. Sous cet angle, toutes les religions partagent le même Dieu. Ce Dieu est l’objet de suppositions : qui tient le gros arrosoir dans le ciel arrosant mon jardin en cinq minutes alors que cela me prend une heure habituellement ? Il est sûrement puissant et je l’appelle Dieu6.

Le Dieu révélé, lui, est spécifique du judéo-christianisme. Dieu est allé à la rencontre des hommes : il a interpellé Abraham, Moïse, Marie… Il s’est impliqué dans l’histoire, il est venu se révéler lui-même, pour corriger les images qu’on avait pu se faire de lui. Ce Dieu est expérimenté. La trace en est l’existence du peuple juif qu’il est vain de vouloir effacer.

Dans leur livre « Dieu, la science, les preuves »7, Michel-Yves Bolloré et Olivier Bonnassies n’ont pas évité la confusion entre le Dieu créateur et le Dieu révélé. La première partie de l’ouvrage est assez passionnante, car elle résume les acquis scientifiques récents (big bang, éloignement des galaxies, passage de l’inanimé au vivant…) amenant à se demander comment le monde que nous connaissons peut être viable et si complexe sans qu’il ait été programmé au départ par ce que Voltaire appelait le grand horloger et qu’Einstein admirait comme un esprit puissant et supérieur. Quelque part, la science d’aujourd’hui, se substituant à la métaphysique d’autrefois, oriente vers l’idée d’un Dieu créateur.

Mais les auteurs veulent ensuite convaincre le lecteur que les révélations bibliques conduisent au même Dieu. Il est vrai qu’il y a des convergences troublantes comme le fait que la Bible parle d’un commencement qui fait penser au big bang. Mais le récit biblique n’est pas une thèse scientifique. Il est dommageable d’avoir utilisé le même mot « preuve » pour décrire les « indices » scientifiques conduisant à supposer un esprit supérieur créateur et le « témoignage » biblique laissant chacun libre d’adhérer au message d’un Dieu révélé.

On trouve tout de même des scientifiques, comme le montrent Bolloré et Bonnassies, qui nient la question d’un esprit supérieur à l’origine du monde. Pour eux, soit le monde reste éternel et matériel, soit il y a une infinité de mondes parallèle qui justifient, par les probabilités, la spécificité étonnante de notre monde où, grâce à des constantes très précises (vitesse de la lumière, constante de Planck…), sont apparus la vie et l’esprit humain. Une triste conséquence est que certains, au service d’idéologies matérialistes, sont devenus des bourreaux pour leurs frères scientifiques croyants. Un chapitre est consacré à ce sujet, bien plus cruel que l’aventure de Galilée, puisqu’il y a eu torture et mort d’hommes8. Après la repentance de Jean-Paul II vis-à-vis de Galilée, le 31 octobre 1992, on attendrait une repentance de la Science vis-à-vis des scientifiques disparus prématurément de manière suspecte, comme Alexander Friedmann (1888-1925) que Wikipédia dit être mort de tiphoïde alors que Bolloré et Bonnassies évoquent une ascension accidentelle à 8 000 m dans un ballon-sonde9. Au passage, la science pourrait aussi s’excuser que Galilée ait utilisé des arguments non convainquants pour soutenir que la terre tourne autour du soleil10.

La résistance à reconnaître un esprit supérieur créateur tient sans doute au fait qu’on a tendance à l’identifier trop vite au Dieu biblique, ce qui entraîne alors sur le terrain de la foi, ce à quoi il est légitime de renâcler. Einstein incarne la position de la reconnaissance d’un esprit supérieur, tout en affirmant par ailleurs ne pas croire en un Dieu personnel.

La foi en un Dieu révélé est d’un autre ordre que la reconnaissance d’un Dieu créateur. Elle fait généralement suite à une rencontre personnelle avec des témoins et à la prise de conscience que le Christ pose sur nous son regard d’amour et interpelle notre vie. Elle mise sur un dialogue possible avec le Dieu qui s’est impliqué dans l’histoire et elle met en mouvement un lent processus de transformation personnelle qui pousse à s’impliquer dans le monde pour plus de justice, de solidarité et d’amour. Tandis que la reconnaissance d’un Dieu créateur répond juste à la question : d’où venons-nous et où allons-nous ?

Il résulte de cette mise au point que je devrais répondre au scientifique qui dit ne pas croire : « Reconnaissez-vous au moins un esprit supérieur à l’origine du monde ? » La reconnaissance engage moins que la foi mais tout de même un peu, comme l’homme qui reconnaît son enfant qui vient de naître et s’engage à en prendre soin. Ainsi les scientifiques devraient-ils être les premiers à respecter le monde créé. D’ailleurs, ils nous entraînent souvent dans l’émerveillement et nous les en remercions.

À côté de l’aventure scientifique, il y a l’aventure humaine croyante propre à chacun, souvent issue de l’histoire familiale. Les deux aventures peuvent-elles se rejoindre ? L’histoire biblique, qui donne ses racines à l’histoire croyante personnelle, même si elle titille par moments le scientifique pur et dur, développe une belle logique et ouvre des champs symboliques intéressants.

Le défi théologique du XXIe siècle, à mon avis, n’est pas de démontrer l’existence de Dieu mais de décrire quelle relation chacun peut entretenir avec Dieu. Cette relation est-elle humanisante ou est-elle aliénante, comme les maîtres du soupçon (Marx, Freud, Nietzsche) ont pu nous le suggérer ?

Grandeur et modestie de la science

Il s’agit, dans ce paragraphe, de remettre la science à sa place. Le non-croyant de base s’illusionne parfois sur les capacités de la science.

Certes, le succès de la science, par ses applications techniques, est indéniable. Grâce à la science et aux progrès de la médecine, l’espérance de vie est passée de 45 ans en 1900 à 85 ans en l’an 2000. L’homme a pu marcher sur la lune, réduire les temps de transport… et dans le même temps inventer des armes sophistiquées. Le succès de la science a rendu enviable l’utilisation de l’adjectif « scientifique » pour qualifier une étude sérieuse. L’exégèse, c’est-à-dire l’étude des textes bibliques, peut-elle être dite scientifique ? À vous de juger à la fin de ce livre, selon la rigueur que vous y aurez perçue.

Les sciences exactes, contrairement à leur qualificatif, nous apprennent l’inexactitude, comme le nombre Pi qui permet de calculer la surface ou la circonférence d’un cercle. Pi n’est pas exactement 3,14, ni 3,1415… ni 3,14159265… Un camarade de classe prépa avait appris les mille premières décimales ! Il est donc impossible de chiffrer exactement une surface (Pi x Rayon au carré) ou une circonférence (Pi x Diamètre). Les sciences exactes sont les sciences de l’inexactitude.

La science n’est pas toute-puissante. Elle tarde à résoudre la pandémie du Coronavirus, sans compter ceux qui contestent l’efficacité des vaccins. La science va-t-elle relever le défi écologique ? Une solution technique se fait attendre. On n’a pas en vue d’énergie propre et illimitée. Devant l’inertie de la science, certains explorent plutôt les voies de la sagesse.

Un ami du séminaire, sorti de l’école des Mines de Paris, disait : « Seuls ceux qui n’ont pas pratiqué la science en ont fait un Temple ». Un vernis de science fait de l’homme un orgueilleux et un pédant ; la science véritable rend modeste. « Un peu de science éloigne de Dieu mais beaucoup y ramène », disait Louis Pasteur.

Après ces préalables, rentrons dans le vif du sujet et confrontons-nous aux textes bibliques.

chapitre 1

La Création inachevée

Le récit de la Création du monde en sept jours, situé au chapitre 1 du livre de la Genèse, au tout début de la Bible, pose souvent question par rapport à la (relativement récente) théorie de l’évolution.