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Vers la fin du IIe siècle de l'hégire, le champ théorique est entièrement occupé par, notamment, une théologie où l'on débat de l'unité de Dieu, de ses attributs, du sens qu'il faut donner aux noms et aux descriptions qui en sont attestés par le Coran, de la liberté humaine ...
Un ouvrage spécialement conçu pour le numérique afin d’en savoir plus sur la philosophie islamique
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Seitenzahl: 43
Veröffentlichungsjahr: 2017
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ISBN : 9782341007382
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Vers la fin du IIe siècle de l’hégire, le champ théorique est entièrement occupé par, notamment, une théologie où l’on débat de l’unité de Dieu, de ses attributs, du sens qu’il faut donner aux noms et aux descriptions qui en sont attestés par le Coran, de la liberté humaine, de la foi, du péché et du salut, du pouvoir et de sa légitimité, et même de la nature des corps. En somme, une théologie, une morale et une physique, pour reprendre une nomenclature usuelle en philosophie.
Quel espace reste-t-il à cette dernière ? Elle va pourtant s’y faire une place, non sans paradoxe puisqu’elle est importée dans la société islamique, venue d’un monde étranger et païen – ce qui explique que cette place lui sera toujours contestée. Pour imaginer cette situation, on peut se représenter par contraste celle de la spéculation chrétienne à ses débuts, née et formée en relation avec des écoles philosophiques actives et installées dans le contexte social, politique et spirituel de l’Empire romain.
De ce fait, la théologie chrétienne a eu d’emblée une tonalité philosophique, fût-elle polémique. Inversement, le problème originel de la philosophie en islam a été de se situer par rapport à la Révélation en termes peut-on dire de périhélie et d’aphélie : autrement dit, d’être marquée du caractère de la croyance ou de celui de l’infidélité.
Évoquant les « sages des Arabes » d’avant l’islam, le théologien et historien des doctrines Abū l-Fatḥ al-Šahrastānī (VIe s. hég./XIIe s. apr. J.-C.) les présente comme « un groupe peu important dont les maximes consistent en saillies du caractère et en coups de génie ». Sans préciser davantage ce qu’il pouvait considérer comme leurs productions, il les rattache ainsi à l’ensemble des littératures aphoristiques qui foisonnaient dans l’Orient antique : sagesse donc plutôt que philosophie au sens technique du mot – sens restreint sans doute mais historiquement pertinent. Cependant, les régions conquises par les Arabes aux dépens des empires byzantin et sassanide au cours du Ier siècle de l’hégire étaient hellénisées, la philosophie et la sagesse grecques y étaient connues, des traductions d’ouvrages grecs en syriaque y existaient dès les Ve et VIe siècles de l’ère chrétienne : ainsi Sergius de Reš‘ayna (mort en 536) avait traduit en cette langue des ouvrages de médecine et des traités de logique d’Aristote ; Paul le Perse avait composé un Traité sur l’œuvre logique d’Aristote le philosophe dont on ne sait s’il a été écrit directement en syriaque ou d’abord en pehlevi ; ce traité était dédié au roi de Perse Chosroès Ier (531-578). Il faut tenir compte aussi des livres restés en langue grecque et qui étaient conservés dans divers centres du Proche-Orient et de l’Égypte : toute une littérature spécialisée était ainsi disponible et attendait en quelque sorte que de nouveaux lecteurs viennent à leur tour s’y intéresser.
Or l’histoire de l’islam à ses débuts ne se réduit pas à des succès militaires. Le contenu de la religion nouvellement révélée était plus riche et structuré que les traditions sapientiales évoquées par Šahrastānī, il avait suscité et entretenait une dynamique spirituelle dont la fécondité doctrinale était considérable. Au texte du « Livre indubitable » que Dieu avait fait descendre sur Muḥammad s’ajoutaient les dits du Prophète et les relations de ses faits et gestes. Cet ensemble fournissait une abondante référence aux croyants soucieux de pratiquer scrupuleusement leur religion : ainsi se construisaient une dogmatique et une éthique. Événements et rivalités politiques, attitudes et conduites des califes posèrent rapidement la question de la foi et des œuvres, celle du péché et de la liberté ou non des actes humains. Ce dernier problème fut l’un des plus anciens et des plus décisifs pour la constitution d’une théologie musulmane. Dans le siècle qui suivit la mort du Prophète (11/632) se constitua toute une problématique et s’affirmèrent des positions doctrinales qui allaient donner sa forme essentielle à la spéculation théologique en islam et aussi à la théorie juridique. Si l’on prend comme point de repère commode la date du remplacement de la dynastie omeyyade par celle des
