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Dans une démarche pédagogique, Mireille Lecourtier présente l’apport de la méthode Vittoz à notre vie intérieure. […] L’idée n’est pas de remplacer Dieu, mais de nous aider à le rencontrer. » Mgr Dominique Rey
Au début du xxe siècle, le docteur Roger Vittoz a mis au point une méthode, aujourd’hui reconnue par les scientifiques, visant à équilibrer l’activité cérébrale. Depuis, des milliers de personnes expérimentent ses bienfaits : paix, unité, estime de soi, liberté… Cet ouvrage précieux nous introduit à cette méthode et propose de nombreux exercices pour commencer à la mettre en pratique. Puis il montre comment ces outils nous aident dans la vie spirituelle : pour entrer dans la prière, y demeurer, lutter contre les distractions, être pleinement présent à la liturgie… En profondeur, la méthode Vittoz nous prépare à l’abandon et au don de soi. Comme le laboureur apprête son champ pour les semailles, ainsi pouvons-nous disposer notre terreau humain pour y accueillir la grâce.
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Seitenzahl: 126
Veröffentlichungsjahr: 2022
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Mireille Lecourtier
Prier avec la méthode Vittoz
Un support humain à la grâce
Éditions Emmanuel
Conception couverture : © Christophe Roger
Composition : Soft Office (38)
Relecture : Le champ rond
© Éditions Emmanuel, 2022
89, bd Auguste-Blanqui – 75013 Paris
www.editions-emmanuel.com
ISBN : 978-2-35389-983-8
Dépôt légal : 1er trimestre 2022
Reprenant les mots de sainte Thérèse d’Avila, nous pouvons dire que la prière « n’est […] qu’un échange intime d’amitié où l’on s’entretient souvent seul à seul avec ce Dieu dont on se sait aimé ». Deux points sont alors à prendre en considération dans la prière : l’amour et la liberté. L’amour, car c’est ce feu intime qui nous pousse vers des endroits déserts et silencieux pour y chercher Dieu. La liberté, car c’est la condition sine qua non pour prier et « voir Dieu » dans les différentes « demeures » de notre âme. À la notion de liberté s’ajoute la question de nos entraves personnelles et intérieures : tout ce que le quotidien peut accumuler de pensées éparses, de problèmes et de stress qui viennent polluer l’espace intérieur et faire barrage à la rencontre avec le Seigneur.
Dans une démarche pédagogique, Mireille Lecourtier présente l’apport de la méthode Vittoz à notre vie intérieure. Elle ne propose pas une initiation à la prière, laissée au domaine spirituel, mais vient simplement donner des clés psychologiques pour nous aider à entrer en prière au cœur de nos vies souvent occupées. Les Pères du désert l’avaient déjà compris et ont lutté souvent contre « l’esprit » pour maintenir le silence de la pensée dans la prière. Le domaine psychologique, lorsqu’il n’est pas en paix, peut être à l’origine d’une sensation d’aridité dans la prière. La méthode Vittoz, qui reprend d’ailleurs de nombreux points de la sagesse des Pères de l’Église, permet d’atténuer les effets de nos préoccupations.
La méthode Vittoz n’a rien à voir avec la magie, l’occultisme, l’ésotérisme ou tout ce que nous pouvons voir dans le New Age. L’idée n’est pas de remplacer Dieu, mais de nous aider à le rencontrer. C’est ce que met en lumière l’auteur du présent ouvrage.
✝Dominique Reyévêque de Fréjus-Toulon, 25 février 2021
Conserver sa force au Seigneur, c’est faire l’unité en tout son être par le silence intérieur, c’est ramasser toutes ses puissances pour les occuper au seul exercice de l’amour. Une âme qui discute avec son moi, qui s’occupe de ses sensibilités, qui poursuit une idée inutile, un désir quelconque, cette âme disperse ses forces, elle n’est pas tout ordonnée à Dieu : sa lyre ne vibre pas à l’unisson et le Maître, quand Il la touche, ne peut en faire sortir des harmonies divines, il y a encore trop d’humain, c’est une dissonance.
Sainte Élisabeth de la Trinité Dernière Retraite, 3
Au plus profond de ton cœur, le désir de rencontrer ton Dieu résonne avec cette invitation de Jésus dans l’Évangile : « priez en tout temps », « veillez et priez ». Or, pour y répondre, tu rencontres bien souvent des difficultés et toutes sortes de distractions.
Praticienne Vittoz, j’ai écrit ce manuel pour toi, afin de te montrer comment les outils de cette méthode, sagesse de vie et aussi psychothérapie, disposent à l’esprit de prière et permettent ainsi de coopérer à l’œuvre de Dieu.
Comme le laboureur prépare son champ pour les semailles, ainsi en est-il de notre terreau humain à travailler pour y accueillir l’eau de la grâce.
Comment découvrir la présence de Dieu dans ton quotidien, au sein même de tes activités, te connecter à lui, ou laisser jaillir une courte prière, un cri du cœur, un élan de gratitude, si tu as la tête ailleurs, si tu es pris par plein de soucis, si tu penses à plus tard ou au passé, si tu adhères trop à ce que tu vis, si tu te disperses pour suivre tes envies, sans cesse en quête de distractions, de compensations ?
Mais si tu désires mettre la prière dans ta vie, consacrer des temps gratuits pour Dieu dans l’oraison, te voici bien vite face à de multiples petits choix comme :
•décider du moment de la journée ;
•décider de la durée ;
•décider du rythme ;
•décider du lieu ;
•décider de quitter ce que tu es en train de faire, même si ton activité ou ton travail ne sont pas terminés ;
•renoncer à ce qui est secondaire pour choisir ce qui est essentiel ;
•te tenir à tes choix dans la durée.
Tu vas trouver dans la méthode Vittoz tous les outils pour :
•vivre l’instant présent dans le réel ;
•trouver le calme intérieur ;
•vivre l’harmonie entre l’être et le faire ;
•unifier ta vie ;
•poser tes choix et les suivre ;
•mettre les justes distances ;
•développer ta réceptivité spirituelle ;
•te préparer à prier ;
•te mettre en présence de Dieu ;
•durer dans la prière ;
•garder le cœur libre pour Dieu.
Prier nécessite une certaine autodiscipline. Ce livre va présenter les exercices essentiels de la méthode pour y parvenir puis pouvoir les appliquer aux différentes situations de la prière.
La méthode Vittoz vise à rétablir le contrôle cérébral, c’est-à-dire la faculté de conscience dont les deux qualités, la réceptivité et l’émissivité, doivent s’équilibrer. Les exercices proposés ont pour but de rééduquer ces deux fonctions naturelles en vue d’un bon fonctionnement cérébral et, par là même, d’un bon équilibre psychique.
La réceptivité consiste à recevoir les sensations, l’émissivité à émettre des pensées. Lorsque la qualité de conscience est suffisante, le cerveau est actif. Inversement, l’insuffisance de conscience, ou son instabilité, sont le signe d’un cerveau passif. La passivité cérébrale est la porte ouverte aux pensées négatives, à la déformation des idées, aux phobies, aux obsessions, à l’anxiété, l’angoisse, à la difficulté d’exercer la volonté. Prenons l’image du cavalier qui tient les rênes du cheval : le cavalier représente le cerveau conscient, le cheval, le cerveau inconscient. Le contrôle cérébral consiste à ce que le cavalier dirige bien le cheval.
De façon pédagogique, toute la méthode repose sur la rééducation de la réceptivité et, pour l’émissivité, de la concentration puis de la volonté. Ce traitement fonctionnel consiste à apprendre à bien fonctionner au plan cérébral, en agissant sur l’organe du cerveau : il est déjà sources de bienfaits psychologiques. Il se peut cependant que demeurent des difficultés. À condition que le contrôle cérébral soit suffisant, il s’avère alors nécessaire d’appliquer les mêmes outils à un traitement psychique venant en complément, qui travaille sur le relationnel, le comportemental, l’histoire personnelle…
Réceptivité, concentration et volonté sont véritablement les fondements de la méthode Vittoz.
Cette capacité naturelle est à la portée de tous. Elle consiste à recevoir consciemment les sensations, celles du corps et celles qui nous viennent par nos cinq sens : la vue, le toucher, l’ouïe, l’odorat, le goût. Cet accueil conscient rend présent à soi-même, au monde extérieur, permet de vivre pleinement l’instant présent et calme le psychisme. Une réceptivité pure détend le cerveau, repose et défatigue. Sa qualité se manifeste par la netteté des sensations reçues. Inversement, une insuffisance ou une absence de réceptivité engendrent des sensations floues. Les exercices proposés dans la méthode permettent toujours de l’améliorer.
La pratique régulière de la réceptivité sensorielle s’étend peu à peu aux actes, aux pensées, aux sentiments, aux émotions, à l’accueil des événements.
C’est ainsi que se développe la connaissance de soi, la vie intérieure et par là l’humilité.
Intérieure, profonde, la réceptivité devient une disposition de l’être se faisant capacité. Cette disposition ouvre aux aspirations d’ordre purement spirituel, à une réceptivité surnaturelle.
« Fais-toi capacité, je me ferai torrent » disait Jésus à sainte Catherine de Sienne.
Cet état d’ouverture prédispose à se relier à la source de l’être, la divine Présence au centre de l’âme.
Cette capacité naturelle du cerveau à émettre consiste à penser, réfléchir, se concentrer, organiser, mener un projet, poser des choix.
Un bon fonctionnement cérébral nécessite que l’émissivité soit contrôlée, c’est-à-dire consciente et soumise à la volonté.
L’insuffisance du contrôle de cette faculté mène à penser de façon négative, pessimiste, inutile, en « sauts de puce » dans tous les sens, à vagabonder, ou bien à rêvasser sans pouvoir s’arrêter, ou bien encore à être distrait, à éprouver de la difficulté à se concentrer.
Tout cela met dans le flou et fatigue. De plus, c’est la porte ouverte à l’anxiété, l’angoisse, aux phobies et obsessions.
L’émissivité contrôlée s’exerce dans la concentration et la volonté.
La concentration développe l’attention au moment présent ainsi que la mémoire. Elle consiste à se fixer sur un sujet précis sans se laisser distraire. Elle rend le cerveau calme, modifie les idées et agit sur le psychisme.
La concentration inclut une autre capacité du cerveau : l’élimination. Celle-ci consiste à diminuer, jusqu’à faire disparaître, l’angoisse, les obsessions, à effacer, parfois progressivement, images, souvenirs, événements sans qu’il y ait pour autant de refoulement dans l’inconscient.
Les exercices proposés dans la méthode développeront l’attention dans la prière, éviteront un gaspillage d’énergie pour mieux se centrer sur l’essentiel, désencombreront le mental, allégeront le climat psychique.
La volonté vient au sommet couronner l’ensemble des fonctions.
Elle est éclairée par le jugement d’intelligence, sous-tendue par le désir et orientée vers une finalité.
Il s’agit d’une énergie intérieure sentie, permettant de réaliser une décision.
Les exercices de la méthode apprennent à bien poser ses choix de façon réaliste puis à les concrétiser jusqu’au bout.
La volonté s’appliquera aisément à l’autodiscipline nécessaire dans la vie de prière.
À l’image d’une maison bien construite, la réceptivité représente les fondations, la concentration, les murs, et la volonté, sommet couronnant l’ensemble, le toit.
C’est le contact de l’âme avec Dieu établi par un acte de foi.
La prière peut être courte et spontanée, s’exprimant par une pensée du cœur, un élan de gratitude, un cri dans l’épreuve ou la souffrance, profonde dans un mouvement d’abandon, un acte d’offrande, une intention d’union à la volonté de Dieu.
Plus prolongée, elle revêt différentes formes et s’appelle méditation, recueillement, oraison, contemplation. Différents moyens sont à sa disposition comme la lectio divina, les psaumes, la récitation du chapelet, l’office divin, la louange, le silence, l’adoration eucharistique. Elle peut se vivre seul ou en communauté. L’essentiel est ce contact vivant qui fait entrer dans une relation d’amour avec chacune des personnes de la Trinité, s’appuyant sur les vertus théologales que sont la foi, l’espérance et la charité.
Prier correspond à un besoin d’amour. En effet, Dieu a créé l’âme spirituelle et immortelle à son image, et l’attend. Son désir est de se communiquer à elle. L’âme a soif de recevoir l’eau vive de la grâce donnée par l’Esprit Saint et de répondre à l’Amour par l’amour. Sainte Thérèse d’Avila définit l’oraison, temps de prière silencieuse, comme un échange intime d’amitié où l’on s’entretient souvent seul à seul avec ce Dieu dont on se sait aimé (Vie, VIII). Elle en décrit la progression dans Le Château de l’âme appelé aussi Le Livre des demeures.
En ses débuts, l’oraison est difficile, demandant persévérance et fidélité, nécessitant la coopération active de l’âme par ses puissances que sont l’entendement, l’imagination, la mémoire. Puis la prière devient un trésor, véritable respiration de l’âme, source de joie et de transformation intime dans la contemplation, donnant de plus en plus sens et fécondité à la vie.
De nombreux auteurs mystiques en parlent. Voici quelques citations de Dom Augustin Guillerand, chartreux.
La vraie prière est peut-être une chose très rare parce que manque cette base nécessaire : la mise en présence du divin interlocuteur. On ne sait pas, on ne songe pas, on ne sent pas assez qu’Il est là vraiment, qu’Il regarde, écoute, parle, aime et se donne. Il n’est trop souvent qu’une pensée de notre esprit que d’autres pensées supplantent. II n’est pas « le doux Hôte de l’âme », l’Ami, le Père. Avant de commencer la prière, il faudrait se dire et redire intensément cela, et le faire vivre – comme on fait vivre toutes choses – en se menant tout entier en elles.
Tout se mesure à l’amour dans nos rapports avec Dieu, et toute répulsion de l’âme à l’égard du créé pour s’unir à l’incréé est amour… L’essentiel est que la définition de la prière soit réalisée, que l’âme, dégagée de ce qui passe, se tourne et se tende vers le Père, par quelque moyen et quelque chemin que ce soit. Dès qu’il y a contact, on prie. Si le contact est ardent, on prie excellemment.
L’attention à Dieu est rare, parce que rares sont les âmes qui Le connaissent. Le péché nous a détournés de Lui : nous vivons en face du créé ; les images des créatures nous emplissent l’âme, nous retiennent et rendent l’attention à Dieu difficile. Il faut se retourner. C’est le sens du mot « conversion ». La conversion a bien des degrés. Les saints seuls sont des convertis : seuls ils vont jusqu’au bout de leur mouvement.
Il faut se déprendre d’en bas. On ne Lui donne rien si on ne Lui donne pas toute l’attention dont on dispose.
Ce qui importe, toutefois, c’est l’attention du vouloir plus que celle de l’esprit. Celle-ci est souvent impossible. Il est des prières distraites qui ravissent le cœur de Dieu.
Prières longues, prières courtes, si l’esprit d’Amour enflamme et transporte, toutes sont selon Dieu.
Tout ce qui nous fait à son image, tout ce qui nous met en dehors et au-dessus du créé, tout sacrifice qui nous en détache, toute vue de foi qui, dans un être, nous montre « Celui qui est », tout mouvement d’amour vrai, désintéressé qui nous met à l’unisson des Trois en Un, tout cela est prière et nous prépare à une prière plus intime.
La prière bien comprise et bien faite nous replace à notre rang de créature qui reçoit tout du créateur. Dieu retrouve dans le mouvement de l’âme, ainsi ordonnée, son souffle qui, parti de son propre cœur, se communique au nôtre et rentre dans le sien, enrichi de tout ce que notre cœur a aimé1.
Pour entrevoir le lien avec la méthode Vittoz, considérons à présent quelques propos du docteur Vittoz, homme profondément chrétien. Ces pensées et conseils adressés à ses patients ont été recueillis dans le chapitre de Notes et Pensées consacré entièrement à Dieu.
Mieux vaut sentir Dieu qu’avoir l’idée de Dieu. Pour pouvoir devenir mystique, il faut d’abord se rendre réceptif, s’ouvrir pour recevoir. Il faut prier avec le cœur, et non avec la tête.
À la chapelle, il faut savoir faire le silence en soi, s’ouvrir pour recevoir. C’est bien là que nous avons tout à recevoir. Mais il faut savoir attendre, nous mettre simplement dans la disposition de recevoir ce que nous ne pouvons nous donner nous-même.
Vous qui croyez à la Présence réelle : quel instant que celui de la communion ! Comme c’est alors qu’il faut se taire, s’ouvrir, s’oublier, s’anéantir pour que Dieu possède tout l’être, pour qu’il n’y ait plus que Lui !
Nous recevons même quand nous ne sentons rien.
Dieu est toujours avec vous, même quand il vous semble loin.
