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Au centre de votre âme, Dieu vous attend.
Pour le rejoindre… suivez le guide !
Les secrets de la vie spirituelle accessibles à tous : comprendre et situer son cheminement pour mieux avancer à l’école des grands guides : Thérèse d’Avila, Ignace de Loyola…
Où en suis-je dans ma vie spirituelle ? Pourquoi le chemin est-il à certains moments si lumineux, mais à d’autres si difficile, ou aride ? Comment réagir alors ? Quelles sont les grandes étapes du chemin avec Dieu, les repères et les pièges à connaître ?
Pour éclairer notre route, l’auteur s’appuie sur l’enseignement de celle qui a magnifiquement cartographié la vie intérieure, Thérèse d’Avila ; il fait aussi appel au subtil discernement d’Ignace de Loyola, ou encore à Thérèse de Lisieux et Jean de la Croix. À leur école, il nous offre un formidable guide de vie spirituelle très accessible, d’une grande profondeur, riche d’exemples concrets et de pistes à suivre.
Pour tous ceux qui désirent avancer sur le chemin de la sainteté dans leur vie de tous les jours.
À PROPOS DE L'AUTEUR
Sébastien Coudroy, prêtre du diocèse de Paris, est titulaire d’un master en théologie sur la croissance spirituelle. Familier des saints du Carmel comme des Exercices spirituels, il est actuellement chapelain à Notre-Dame du Laus et prédicateur de retraites sur l’oraison.
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Seitenzahl: 302
Veröffentlichungsjahr: 2022
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Imprimé avec autorisation ecclésiastique donnée le 21 mars 2022 par Mgr Patrick CHAUVET, vicaire épiscopal à l’Imprimatur de l’archevêque de Paris.
Conception couverture : © Christophe Roger / © Bendo
Composition : Soft Office (38)
Relecture : Le champ rond
© Éditions Emmanuel, 2022
89, bd Auguste-Blanqui – 75013 Paris
www.editions-emmanuel.com
ISBN : 978-2-35389-981-4
Dépôt légal : 2e trimestre 2022
Sigles et abréviations
•Bible : nous employons les abréviations habituelles de la Bible de la liturgie, dont nous utilisons la traduction sauf exception.
•Catéchisme de l’Église catholique : CEC.
•Concile Vatican II : SC : Sacrosanctum Concilium ; LG : Lumen Gentium ; DV : Dei Verbum ; GS : Gaudium et Spes ; AA : Apostolicam Actuositatem.
•Jean de la Croix : MC : La Montée du Carmel ; NO : La Nuit obscure ; CS A : première rédaction du Cantique spirituel ; CS B : deuxième rédaction du Cantique spirituel ; VF : La Vive Flamme d’amour.
Nous indiquons le numéro du livre puis du chapitre et parfois la page de l’édition suivante : Saint Jean de la Croix, Œuvres spirituelles, Paris, Seuil, 1947.
•Louis et ZélieMARTIN : CF : Correspondance familiale : nous indiquons le numéro de la lettre dans : Louis et Zélie MARTIN, Correspondance familiale, Paris, Cerf, 2004.
•Marie-Eugène de l’Enfant-Jésus : JVVD : Je veux voir Dieu. Nous indiquons la page dans l’édition de 1998 aux Éditions du Carmel, mentionnée également dans l’édition de 2014.
•Thérèse de Lisieux a écrit un récit de sa vie, souvent appelé Histoire d’une âme, sur trois cahiers différents. On distingue ainsi les « Manuscrit A », « Manuscrit B » et « Manuscrit C ». Nous abrégeons « Ms », suivi de la page du cahier avec la précision recto (« r° ») ou verso (« v° »).
Autres abréviations : LT : lettres ; PN : poésies ; Pri : prières ; CJ : carnet jaune.
Nous utilisons l’édition suivante : Thérèse de Lisieux, Œuvres complètes, Paris, Cerf, 2001.
•Thérèse d’Avila : Vie : autobiographie ; Chemin : Le Chemin de la perfection ; D : Le Château de l’âme ou Le Livre des Demeures, précédé du numéro de la Demeure ; Fondations : Les Fondations.
Nous indiquons le numéro du chapitre, éventuellement suivi du numéro de paragraphe, et souvent la page de l’édition suivante : Sainte Thérèse de Jésus, Œuvres complètes, Paris, Seuil, 1949.
Introduction
On ne naît pas saint, on le devient !
Et c’est une bonne nouvelle ! Le saint Curé d’Ars affirmait : « Les saints n’ont pas tous bien commencé, mais ils ont tous bien fini. Nous avons mal commencé, finissons bien, et nous irons les rejoindre dans le Ciel ! »>1 On peut se sentir très éloigné de Dieu, très indigne de lui ; on peut se sentir englué dans un « mauvais commencement » ou dans une lourde chute… peu importe ! « Je ne suis pas venu appeler des justes mais des pécheurs, pour qu’ils se convertissent » (Lc 5, 32) affirme Jésus, qui ajoute : « Je ne suis pas venu juger le monde, mais le sauver » (Jn 12, 47).
Le Christ est venu pour nous sauver, c’est-à-dire pour que nous soyons saints>2 ! Et il n’a exclu personne>3 : « Celui qui vient à moi, je ne vais pas le jeter dehors » (Jn 6, 37) ; « moi, je suis venu pour que les brebis aient la vie, la vie en abondance » (Jn 10, 10).
Pourtant, même si on sait que Dieu appelle tout le monde à la sainteté, on peut être mal à l’aise, voire découragé par une telle déclaration : moi, je ne suis pas saint Padre Pio, je n’ai pas de visions ; moi, je suis timide, je ne serais pas capable de verser mon sang comme les saints martyrs ; moi, j’ai une santé délicate, je ne peux pas mortifier mon corps et jeûner pendant des jours comme tant de saints religieux, etc.
Mais est-ce bien cela, la sainteté ? Il est vrai que beaucoup de saints canonisés par l’Église ont vécu des choses extraordinaires. Mais leur vie ne se résume pas à cela, heureusement ! Et l’immense majorité des saints qui peuplent le paradis ne sont pas canonisés et ont vécu d’une façon tout ordinaire ! Nous les fêtons spécialement à la Toussaint. Peut-être plusieurs d’entre vous ont-ils connu ainsi une personne discrète qui « passait en faisant le bien » (Ac 10, 38) autour d’elle et vivait sa foi de façon fervente.
Il est urgent de changer notre regard sur la sainteté ! Le père Marie-Eugène, un bienheureux carme du XXe siècle, aimait prendre l’exemple d’un gland : est-ce qu’il y a de l’orgueil pour un gland à vouloir devenir un grand chêne ? Non, car il est fait pour cela ! La sainteté est normale ! Être saint, ce n’est rien d’autre que vivre, selon l’état de vie et la vocation de chacun, le double commandement de Jésus :
« Maître, dans la Loi, quel est le grand commandement ? » Jésus lui répondit : « “Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit.” Voilà le grand, le premier commandement. Et le second lui est semblable : “Tu aimeras ton prochain comme toi-même.” De ces deux commandements dépend toute la Loi, ainsi que les Prophètes » [Mt 22, 36-40 ; voir Jn 15, 12 ; Dt 6, 5 et Lv 19, 18].
Devenir saint, c’est donc simplement apprendre à aimer.
La croissance spirituelle
L’amour n’est pas simplement binaire : « J’aime / je n’aime pas ». L’amour offre une infinité de modalités et d’intensités : « J’aime un peu, beaucoup, passionnément… à la folie ! » C’est dire que l’amour peut toujours se renouveler, s’approfondir, grandir.
Jésus évoque cette croissance dans plusieurs paraboles : semé comme une toute petite graine, le Royaume des Cieux doit par exemple devenir un grand arbre (voir Mt 13, 31-32). Le Christ convoque également l’image de la vigne, taillée pour qu’elle produise plus de fruits (voir Jn 15, 1-2) : des sacrifices peuvent être nécessaires pour mieux aimer, nous le savons bien.
Paul invite à toujours « faire de nouveaux progrès » (1 Th 4, 1), à « oublier ce qui est en arrière » pour, « lancé vers l’avant, courir vers le but » (Ph 3, 13-14).
L’auteur de la lettre aux Hébreux choisit encore une belle comparaison :
Depuis le temps, vous devriez être capables d’enseigner mais, de nouveau, vous avez besoin qu’on vous enseigne les tout premiers éléments des paroles de Dieu ; vous en êtes au point d’avoir besoin de lait, et non de nourriture solide. Celui qui est encore nourri de lait ne comprend rien à la parole de justice : ce n’est qu’un petit enfant. Aux adultes, la nourriture solide, eux qui, par la pratique, ont des sens exercés au discernement du bien et du mal [He 5, 12-14, voir 1 Co 3, 1-3].
La croissance dans l’amour de Dieu et du prochain, qui s’accompagne également d’une croissance dans la foi et l’espérance, n’est pas seulement comparée à la croissance d’un bébé qui devient enfant, adolescent puis adulte. L’auteur biblique souligne que, selon « l’âge » de notre avancement, nous avons besoin d’une nourriture spirituelle adaptée. Offrir des conseils spécifiques à chaque étape du progrès spirituel pour avancer, pour grandir davantage : voilà ce que nous voudrions proposer dans cet ouvrage.
Précisons cependant que, à la différence de la croissance physique où un adulte ne reprendra jamais la taille d’un enfant, hauts et bas, progrès et régressions alternent dans la vie spirituelle. Sainte Thérèse d’Avila, la grande réformatrice espagnole du Carmel au XVIe siècle, écrit :
Si l’âme>4 grandit, et c’est la vérité, elle ne grandit pas cependant à la manière des corps. Le petit enfant qui s’est développé et est arrivé à la taille de l’homme mûr, ne recommence pas à décroître et à reprendre un petit corps. Pour l’âme, le Seigneur veut qu’il en soit ainsi [Vie, 15].
Finalement, la croissance spirituelle pourrait être définie comme la réponse progressive de la personne humaine, avec toutes ses dimensions>5, à Dieu qui l’appelle à la sainteté. Ce progrès ne concerne pas uniquement la prière. Il s’incarne dans tout ce qui fait la vie ordinaire, car il s’agit en fin de compte d’une croissance dans la charité qui consiste à aimer Dieu et son prochain comme soi-même.
Existe-t-il un itinéraire spirituel universel ?
Si la vie spirituelle est appelée à croître, ce progrès est-il le même pour tous ? Chacun passe-t-il par les mêmes étapes ?
À première vue, il semblerait que ce soit impossible : « Il n’y a pas deux âmes qui se ressemblent par moitié » (VF, 3, 56-62) affirme saint Jean de la Croix. Ne rappelle-t-on pas souvent qu’il ne faut pas se comparer, surtout dans la vie spirituelle, car chacun est unique dans sa personne et dans sa vocation ? Qu’y a-t-il de commun entre une sainte Zélie Martin par exemple, mère de neuf enfants, chef d’entreprise plutôt aisée dans la France du XIXe siècle, et un saint Bruno, fondateur des Chartreux à l’époque médiévale, se retirant dans le silence et l’ascèse à l’écart de tous ?
Pourtant, plusieurs saints et spirituels ont présenté des itinéraires de progrès vers Dieu.
Certains auteurs présentent des degrés>6 dans une vertu. Saint Benoît expose ainsi dans sa Règle douze degrés d’humilité (Règle, chap. 7). Saint Jean de la Croix, l’autre grand réformateur du Carmel avec Thérèse d’Avila, présente « Dix degrés de l’échelle mystique de l’amour divin d’après saint Bernard et saint Thomas » (NO, 2, 19-20).
D’autres décrivent l’ensemble de la croissance spirituelle jusqu’à la sainteté. Un des schémas les plus répandus est le découpage en trois étapes : les « commençants » deviennent « progressants » et enfin « parfaits ». C’est ce qu’on appelle les « trois voies » : on commence par la voie « purgative », puis on progresse dans la voie « illuminative » avant d’atteindre le sommet de la voie « unitive ». Cette approche de la croissance spirituelle est très ancienne. Lancée par Origène>7 au IIIe siècle, elle est développée par Évagre le Pontique (IVe s.) et Denys l’Aréopagite (VIe s.), jusqu’à devenir classique.
Dans la première moitié du XXe siècle, on a beaucoup opposé l’« ascétique » et la « mystique », la première étant considérée comme la voie commune à tous, consistant principalement en des efforts pour méditer et pour acquérir les vertus, la seconde étant réservée – à tort – à une élite contemplative plus avancée à qui Dieu dispenserait des grâces extraordinaires.
Sainte Thérèse d’Avila, docteur de l’Église – notamment pour sa doctrine spirituelle : on l’appelle mater spiritualium, mère des spirituels, et affectueusement la « Madre » –, ne divise quant à elle le progrès spirituel ni en trois, ni en deux parties, mais en sept>8.
Un tel exposé semblerait conforter la première impression : il n’y aurait pas d’itinéraire spirituel « pour tous », car même les spécialistes décrivent différemment les étapes que chacun devrait traverser.
Pourtant, notre conviction profonde est que les étapes spirituelles contiennent des caractéristiques communes à tout homme de bonne volonté qui marche vers Dieu, quelle que soit sa vocation unique. Évidemment, personne ne vit la même chose ! Mais il y a des constantes que l’on peut établir, des évolutions comparables, même si elles s’incarneront différemment selon l’époque et le lieu, et en chacun selon ce qui fait son quotidien, son état de vie, son tempérament et son histoire.
Les différentes présentations du chemin vers la sainteté décrivent, malgré un vocabulaire et un point de vue différents, les mêmes réalités. C’est un peu comme des témoins qui assistent à un accident : chacun racontera les faits selon l’endroit où il se trouvait, avec son langage, ses références, ses a priori, ses oublis… et son imagination ! Même si des aspects apparaîtront contradictoires, on arrivera à reconstituer ce qui s’est passé, au moins pour l’essentiel.
Cependant, de même que tous les témoignages ne se valent pas en précision, toutes les modélisations de la vie spirituelle ne sont pas aussi efficaces pour la décrire. Réduire le progrès spirituel à deux grandes étapes (ascétique/mystique) a le mérite de la simplicité et il y a bien un changement important de la façon de prier et d’agir à un moment de la vie spirituelle. Le découpage en voies purgative, illuminative et unitive pourrait sembler un peu plus précis. Mais les termes prêtent à confusion : il y a bien des épreuves et des purifications dans la voie illuminative ! Les modélisations en dix échelons ou plus sont tellement fines qu’on a du mal à distinguer les étapes. Nous choisirons comme fondement de notre propos le parcours des sept Demeures établi par sainte Thérèse d’Avila… en n’hésitant pas à profiter de l’apport des autres approches ! Outre le fait que c’est la description que nous connaissons le mieux et une des plus développées, il nous semble qu’elle est particulièrement adaptée à décrire les réalités spirituelles concrètes, telles que les personnes les vivent dans leur quotidien.
Faut-il chercher à savoir « où on en est » dans la vie spirituelle ?
Selon certains, il serait déconseillé voire dangereux de chercher à discerner son propre avancement spirituel ou celui de quelqu’un d’autre. En effet, on pourrait non seulement se tromper facilement, mais ce serait encore favoriser l’orgueil spirituel, le plus terrible de toutes les formes d’orgueil.
Oui, ces deux risques sont réels. Le discernement de la croissance spirituelle est délicat, souvent difficile, parfois impossible. Certains verront très bien où ils en sont, d’autres non ; on peut savoir discerner pour les autres mais pas pour soi, ou inversement. Sans doute s’agit-il d’une grâce divine, ou d’un charisme que Dieu est libre d’accorder ou non, pour notre bien. Il vaut mieux parfois rester dans le brouillard que voir les choses en pleine lumière et sombrer dans l’orgueil !
Cependant, quand c’est possible, il est bien utile de savoir « où on en est » dans le cheminement spirituel. Certes, l’humilité plus que la curiosité devra conduire chacun dans ce parcours. Mais empêcher sous ce prétexte de profiter de l’enseignement des saints, dont la doctrine est recommandée par l’Église, serait priver les âmes de la lumière et du soutien qui leur est nécessaire, et peut-être les condamner à ralentir, voire à arrêter leur marche vers la sainteté>9.
Car les auteurs spirituels, en particulier les saints, n’ont pas rédigé leurs ouvrages par souci d’érudition spéculative ni pour tuer leur ennui ! Ils ont senti l’importance et l’urgence de publier ce qu’ils ont compris et expérimenté des voies spirituelles en vue de répondre aux besoins des baptisés. Souvent, c’est à la demande insistante de leurs frères ou sœurs en religion, ou d’un laïc en quête de lumière et de consolation, ou même directement de Dieu, qu’ils ont pris le temps et l’énergie d’écrire ce qu’ils ont expérimenté, eux-mêmes ou leurs dirigés, alors qu’ils croulaient sous le poids de nombreuses activités.
Ils soulignent le fait que leurs ouvrages sont conçus pour que l’on se reconnaisse soi-même dans les descriptions des états spirituels qu’ils détaillent>10, ou – notamment pour les accompagnateurs spirituels – afin que l’on puisse offrir aux autres des conseils spirituels adaptés à leur avancement. Dans la Vive Flamme d’amour, saint Jean de la Croix fustige sur quinze pages « ces directeurs [spirituels] qui ne comprennent rien aux divers degrés d’oraison ni aux voies spirituelles » (VF, 3, 1003-1018). Inversement, nous sommes témoins de la grande consolation qu’expérimentent de nombreuses personnes lorsqu’elles comprennent par exemple qu’elles sont entrées dans la « sécheresse contemplative »>11 et qu’il est normal que beaucoup de choses soient désormais différentes dans leur vie. De même pour les degrés plus élevés de la vie spirituelle que vivent bien des personnes que nous connaissons : même si le chemin peut être escarpé, on avance toujours plus facilement et joyeusement avec un peu de lumière !
Dans les pages qui suivent, en nous appuyant sur la structure en sept parties de sainte Thérèse d’Avila, nous essayerons donc de présenter les grandes étapes de la vie spirituelle dans un langage adapté à notre époque et à notre culture actuelle>12. Nous nous efforcerons d’être le plus concret possible, en présentant de nombreux exemples, tirés non seulement de la Bible ou de la vie des saints, mais encore de la vie de personnes que nous avons pu rencontrer en paroisse ou lors de retraites que nous avons prêchées, ou de personnes que nous avons pu accompagner… ou même de nos amis !
Nous avons déjà souligné la diversité des vocations et l’unicité des personnes : chacun puisera selon ce qu’il est et ce qui lui convient parmi les conseils que nous proposerons aux différentes étapes. Notre ambition est simplement de rendre service en donnant des éléments concrets pour aider chacun, à partir de là où il en est, à faire un pas de plus vers la sainteté. Que le lecteur demande surtout à l’Esprit Saint, le véritable guide intérieur, de l’éclairer : « En effet, tous ceux qui se laissent conduire par l’Esprit de Dieu, ceux-là sont fils de Dieu » (Rm 8, 14).
Le chemin des sept Demeures de Thérèse d’Avila
Avant d’aborder chacune des sept grandes étapes spirituelles, il convient de présenter comment Thérèse d’Avila décrit l’itinéraire dans son ensemble. La Madre introduit son Livre des Demeures ou Château de l’âme avec cette comparaison que lui a inspirée le Seigneur :
Aujourd’hui […] s’offrit à moi ce qui sera la base de cet écrit : considérer notre âme comme un château fait tout entier d’un seul diamant ou d’un très clair cristal, où il y a beaucoup de chambres, de même qu’il y a beaucoup de demeures au ciel. […]
Ce château a nombre de demeures, les unes en haut, les autres en bas, les autres sur les côtés ; et au centre, au milieu de toutes, se trouve la principale, où se passent les choses les plus secrètes entre Dieu et l’âme [1D 1, 1 et 3, voir Jn 14, 2].
Dans cette vision, Dieu fait comprendre à Thérèse qu’il habite en elle, au plus intime de son âme. « Ne savez-vous pas que vous êtes un sanctuaire de Dieu, et que l’Esprit de Dieu habite en vous ? » (1 Co 3, 16 ; voir 1 Co 6, 19 ; Lc 17, 21) écrit saint Paul.
Plus encore, la Madre observe que son âme – précieuse comme un diamant – est un monde en soi, vaste et étendu ; Dieu est au centre, mais il y a comme des « espaces », des « Demeures » entre l’extérieur de l’âme – qui correspond à la sensibilité corporelle – et le Seigneur qui est au plus intime de notre dimension spirituelle : on peut donc être plus ou moins proche de Lui en habitant plus ou moins son intériorité. Ne dit-on pas parfois vulgairement qu’on était « à côté de ses pompes » ou tout simplement « ailleurs » ? Là, il s’agit au contraire « d’habiter son âme » de plus en plus, sans s’éparpiller « au-dehors », afin de pénétrer en soi jusqu’à Celui qui réside au plus intime de l’intime de nous-mêmes.
L’âme est comme un château dont Dieu habite le centre
En un mot, le progrès spirituel est ici décrit comme une intériorisation>13 progressive. Il consiste à pénétrer de chambre en chambre, de « Demeure »>14 en « Demeure », disposées de façon concentrique, jusqu’au centre où réside Dieu lui-même. On peut penser à un château fort avec une première série de murailles, puis une deuxième, jusqu’au donjon et à la chambre du seigneur. Illustrons cette comparaison par un schéma :
Notons bien qu’il n’y a pas une première Demeure ou une deuxième Demeure, mais des premières Demeures, des deuxièmes Demeures, etc. Chacun a son itinéraire spirituel propre : une personne explorera telle chambre du groupe des premières Demeures, une autre telle autre chambre, mais ces chambres, bien que différentes, ont des caractéristiques communes à ce groupe.
Nous pouvons circuler de chambre en chambre, progresser vers des Demeures plus intérieures, comme revenir en arrière, nous attarder de longues années à une étape, ou au contraire avancer rapidement à un moment : l’itinéraire n’est pas statique ! Nous en faisons l’expérience : nous pouvons être pleins de ferveur un jour, puis succomber le lendemain à une tentation grossière.
Nous ne sommes pas seuls à agir sur ce chemin : si Dieu nous attire vers la chambre centrale où il réside, le diable, lui, cherche à nous faire sortir du château ! C’est ainsi que, bien souvent, Satan nous attend « derrière la porte » à l’issue d’une retraite où d’un temps spirituel fécond afin de ruiner le progrès qui s’amorce…
Malgré les oscillations au jour le jour, on peut habituellement discerner une progression générale sur plusieurs mois ou années. Si des grâces particulières peuvent aussi jouer le rôle de « poteau indicateur », c’est surtout l’état global de la vie de prière et de charité sur une période assez longue qui permet de distinguer les Demeures les unes des autres.
Les chapitres de ce livre suivront simplement les sept Demeuresthérésiennes ; nous les compléterons par l’enseignement de saint Jean de la Croix, en particulier avec les deux « nuits » spirituelles qu’il analyse : la « Nuit des sens » (chap. 6), puis la « Nuit de l’esprit » (chap. 9)>15.
Le fondateur des Jésuites, saint Ignace de Loyola – l’autre grande figure spirituelle du XVIe siècle espagnol, dont la spiritualité complète si bien celle de Thérèse d’Avila et de Jean de la Croix – éclairera des parties spécifiques (en particulier la question du discernement au chap. 5).
Nous ajouterons encore deux chapitres transversaux : un pour éclairer des questions pratiques de vie spirituelle selon les différents tempéraments personnels (chap. 4) et un autre sur des perceptions spirituelles que l’on qualifie parfois d’ « extraordinaires » (chap. 8).
Enfin, nous essayerons de découvrir, à la lumière de tout ce qui aura été exposé, comment deux personnes mariées, Louis et Zélie Martin (les parents de sainte Thérèse de Lisieux), ont vécu leur itinéraire spirituel jusqu’à la sainteté.
Pour prolonger la lecture, nous proposons un site internet avec notamment des vidéos pour approfondir : progresserversdieu.com
QUESTIONS POUR APPROFONDIR CETTE INTRODUCTION
1) Quels ont été les « moments forts » de ma vie jusqu’à aujourd’hui, en particulier dans sa dimension spirituelle ? Par exemple : un engagement (dans le mariage, le sacerdoce, la vie consacrée, la vie sociale…) ; un sacrement (une communion, une confession qui m’a touché…) ; un temps de prière (une adoration, un passage de la Bible, une retraite…) ; un événement (une rencontre avec un « témoin », une naissance…) ; une grâce particulière (de consolation, de joie, de guérison…), etc.
2) Quand ai-je eu l’impression d’avoir progressé – ou régressé – dans mon amour de Dieu et mon amour du prochain au cours de ma vie ?
3) Comment est-ce que je me vois maintenant ? Ai-je envie aujourd’hui de faire un nouveau progrès ? Si oui, quel serait ce progrès et que pourrais-je faire pour le concrétiser ?
1. A. MONNIN, Esprit du Curé d’Ars, Paris, Téqui, 1975, p. 50.
2. Voir par exemple : Rm 1, 7 ; 1 Co 1, 2 ; Ep 1, 4 ; 5, 27 ; Col 1, 22 ; 1 Th 4, 3 ; He 12, 10… À plusieurs reprises, nous mentionnerons un certain nombre de références bibliques, car la vie spirituelle se fonde ultimement sur la Parole de Dieu et pas seulement sur telle ou telle figure de sainteté. Il ne s’agit pas forcément de consulter tous les versets immédiatement ! Mais ils ont vocation à permettre un approfondissement et, pourquoi pas, à offrir un support pour un temps de prière.
3. Le concile Vatican II a rappelé avec force l’appel universel à la sainteté : « L’appel à la plénitude de la vie chrétienne et à la perfection de la charité s’adresse à tous ceux qui croient au Christ, quels que soient leur rang et leur état » (LG 40).
4. Il s’agit de la partie spirituelle de notre être. Nous détaillerons ce point au chap. 4.
5. Notamment : ses trois parties : corps, âme, esprit ; ses trois facultés : mémoire, intelligence, volonté ; selon les trois dimensions temporelles : passé, présent, futur ; par l’exercice des vertus humaines et théologales ; selon sa singularité personnelle et dans sa relation avec les autres.
6. Le fondement biblique classique de cette représentation est l’échelle de Jacob : le patriarche voit en songe « une échelle [qui] était dressée sur la terre, [dont le] sommet touchait le ciel, et des anges de Dieu [qui] montaient et descendaient » (Gn 28, 12). Les barreaux de l’échelle sont comme autant de degrés, d’étapes, vers le Ciel et l’union divine.
7. Nous avons travaillé la question dans notre mémoire de licence canonique : S. COUDROY, Quelle herméneutique biblique pour exprimer et soutenir la croissance spirituelle ? L’apport d’Origène dans ses Homélies sur la Genèse, Venasque, Studium Notre-Dame de Vie, 2017 (disponible sur www.academia.edu).
8. Elle n’est ni la seule ni la première : voir, par exemple, au XIVe siècle, le bienheureux J. RUYSBROECK, Les Sept Degrés de l’échelle d’amour spirituel, Paris, DDB, 2000.
Pour une présentation de la vie de Thérèse d’Avila et de sa spiritualité, nous vous proposons cette conférence en vidéo : progresserversdieu.com/avila
9. Voir aussi Mt 23, 13-14 et en contraste Jn 15, 15.
10. Un exemple parmi d’autres : CS A, 13-14, 751.
11. Nous expliquerons en détail les purifications des quatrièmes Demeures au chap. 6.
12. Nous avons également établi un index avec les grands thèmes de la vie spirituelle : il permet une lecture – ou relecture – transversale de ce livre.
13. Cette description de la croissance spirituelle comme intériorisationn’est pas exclusive. On peut tout à fait la voir comme une élévationvers Dieu (voir l’échelle de Jacob en Gn 28, 12). Nous aborderons ces différences d’approches, aussi valables l’une que l’autre, au chapitre 4 (Dieu en nous / Dieu devant nous).
14. Nous mettons une majuscule à « Demeure » lorsque nous parlons des Demeures du Château intérieur de Thérèse d’Avila.
15. Grâce au bienheureux Marie-Eugèneet à son livre Je veux voir Dieu,il est désormais facile de les mettre en relation de façon convaincante : la Nuit des sens se place aux quatrièmes Demeures, la Nuit de l’esprit, aux sixièmes Demeures.
CHAPITRE 1
Les premières Demeures
Une vie chrétienne anémiée
Nous avons vu dans l’introduction que notre âme est comme un magnifique château dont Dieu habite la Demeure la plus intérieure. Mais encore faut-il entrer dans ce « château intérieur » ! Dans ce chapitre, nous laisserons Thérèse d’Avila nous en présenter la porte d’entrée, avant d’explorer les régions les plus périphériques : les premières Demeures.
La porte du Château : l’oraison
Entrer dans son « château intérieur » : qu’est-ce que cela signifie ? Écoutons la Madre :
Puisque ce château est l’âme, il est clair que [l’âme] n’a pas à y pénétrer, puisqu’il est elle-même ; tout comme il semblerait insensé de dire à quelqu’un d’entrer dans une pièce où il serait déjà. Mais vous devez comprendre qu’il y a bien des manières différentes d’y être ; de nombreuses âmes sont sur le chemin de ronde du château, où se tiennent ceux qui le gardent ; peu leur importe de pénétrer l’intérieur, elles ne savent pas ce qu’on trouve en un lieu si précieux, ni qui l’habite, ni les salles qu’il comporte. Vous avez sans doute déjà vu certains livres d’oraison conseiller à l’âme d’entrer en elle-même ; or, c’est précisément ce dont il s’agit [1D 1, 5].
Le château où habite Dieu est notre âme. À nous d’entrer en nous-mêmes, de nous « intérioriser » pour rejoindre le Seigneur qui nous attend : nous l’avons évoqué en introduction. Mais comment y entrer ?
La porte d’entrée de ce château est l’oraison et la considération […]. [La personne] qui ne considère pas à qui elle parle, et ce qu’elle demande, et qui est celle qui demande, et à qui, je n’appelle pas cela faire oraison, pour beaucoup qu’elle remue les lèvres [1D 1, 7].
Le commencement consiste donc à prier, en « considérant » à qui nous parlons ou à qui nous pensons : Dieu. Car pour Thérèse d’Avila, l’oraison
« n’est qu’un échange intime d’amitié où l’on s’entretient souvent seul à seul avec ce Dieu dont on se sait aimé » (Vie, 8).
Cette définition est très importante.
Tout d’abord, notons que, pour la Madre, l’oraison a un sens très large : elle est toute forme de prière authentique, c’est-à-dire où l’on se met en relation avec Dieu, où on le « considère ». Lire le texte d’une prière en pensant volontairement à tout autre chose est donc exclu. La prière authentique, pour Thérèse d’Avila, est un « échange intime d’amitié ».
Dans cet échange, nous ne sommes pas seuls : Dieu nous précède, il est « ce Dieu dont on se sait aimé ». Saint Jean affirmait dans sa première épître : « Quant à nous, nous aimons parce que Dieu lui-même nous a aimés le premier » (1 Jn 4, 19). Dieu nous aime, nous essayons de lui répondre par notre amour, de façon personnelle, « intime » : voilà l’oraison, la prière.
L’amour en est le fondement : « Pour beaucoup avancer sur ce chemin, il ne s’agit pas de beaucoup réfléchir, mais de beaucoup aimer » (Chemin, 33) insiste Thérèse d’Avila. Mais attention : cet amour n’est pas forcément sensible, il l’est même rarement. Elle dit bien : « ce Dieu dont on se sait aimé », pas « dont on se sent aimé ». Nous reviendrons sur ce point essentiel : la prière est un acte de foi, bien souvent obscur.
Ensuite, remarquons que la prière, cette porte d’entrée du château de l’âme, est un entretien « seul à seul ». Il ne s’agit pas d’exclure la prière communautaire, comme la participation à la messe ou un chapelet récité avec des amis. Il s’agit de souligner que pour être authentique, une prière avec d’autres doit être vécue personnellement comme une relation avec Dieu. Je peux passer la messe à regarder mes e-mails sur mon smartphone : je n’aurai pas prié et les autres n’auront pas prié à ma place !
Enfin, Thérèse place encore un petit mot dans sa définition de l’oraison : « souvent ». Si la prière est un « échange d’amitié », elle doit se dérouler selon une fréquence qui convient à l’amitié, à l’amour, et à son intensité croissante ! Ne prend-on des nouvelles d’un ami cher qu’à Noël ? Ne voit-on son conjoint qu’une heure par mois ?
Les premières Demeures : une vie chrétienne anémiée
Prier Dieu : voilà donc la porte d’entrée du Château, de l’enfilade des sept Demeures qui conduit à la chambre nuptiale du Roi, le Seigneur. La prière peut avoir néanmoins des intensités, des fréquences ou des durées très différentes.
Aux premières Demeures – les plus éloignées du centre –, le lien avec Dieu est très faible. Certes, on ne fait rien de gravement peccamineux et on semble mener une vie tout à fait honnête. On aide son prochain à l’occasion, souvent avec une vraie générosité. On tient à des « valeurs » d’inspiration chrétienne. Et c’est déjà bien !
Cependant, dans l’ordinaire du quotidien, on vit comme si Dieu n’existait pas. Ce n’est pas qu’on n’y croie pas, mais on ne voit pas ce que cela pourrait impacter concrètement dans sa vie. On passera simplement une fois ou l’autre dans une église « mettre un cierge », par exemple avant une opération médicale, et peut-être accompagnera-t-on sa grand-mère à la messe de Noël…
Bref, on a une certaine vie chrétienne, « mais combien anémiée » (JVVD, p. 144), pour reprendre l’expression du bienheureux Marie-Eugène. Il manque l’oxygène d’une intense relation avec Jésus qui transforme et illumine la vie !
Sans doute un certain nombre de personnes des premières Demeures ont-elles reçu une éducation chrétienne dans leur enfance et ont cherché à vivre selon l’Évangile. Mais un jour on a été blessé par une action ou simplement une parole d’un prêtre ou d’un paroissien engagé. Ou encore on avait prié avec insistance pour la guérison d’une personne chère, et elle est quand même morte. Alors, on ne croit plus que Dieu s’intéresse aux hommes, et l’Église n’apparaît plus que comme une vieille institution déconnectée de la réalité. La désillusion a été trop profonde…
D’autres cependant n’ont pas été blessés. Nous avions évoqué dans l’introduction la variabilité de la croissance spirituelle. Un corps humain qui a grandi pour atteindre sa taille adulte ne revient pas à sa taille d’enfant ; mais l’« organisme » spirituel, lui, peut régresser. On a été un pratiquant fervent à une époque, mais peu à peu, presque imperceptiblement, on a reculé : la semence de la Parole de Dieu a été comme progressivement étouffée par les ronces des « soucis, de la richesse et des plaisirs de la vie » (Lc 8, 14).
Quoi qu’il en soit, même si sa prière est ténue, personne n’est abandonné de Dieu ! Bien au contraire, le Seigneur chérit tout spécialement ceux qui sont loin de la chaleur de son amour infini et il veut les attirer à lui ! « Car Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle » (Jn 3, 16). Et Jésus, mort sur la Croix par amour pour nous, a encore envoyé l’Esprit Saint comme « Paraclet » (Jn 14, 26), c’est-à-dire comme Défenseur, comme Consolateur.
Quelques conseils
Que faire aux premières Demeures pour progresser ? Sans doute le plus important est de découvrir l’amour de Dieu : « Voici en quoi consiste l’amour : ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, mais c’est lui qui nous a aimés, et il a envoyé son Fils en sacrifice de pardon pour nos péchés » (1 Jn 4, 10). Pour aimer Jésus, le mieux est d’abord de prendre conscience de son amour pour moi !
Pour cela, on peut intensifier la relation qu’on entretient déjà avec Dieu. On fait brûler un cierge de temps en temps dans une église : pourquoi ne pas rester en plus cinq minutes à goûter le calme et le silence devant la statue de Marie ? Et pendant ce silence, simplement demander à Dieu : comment m’aimes-tu ? Ou encore, on passe des vacances près d’un sanctuaire : pourquoi ne pas en profiter pour y faire un pèlerinage ? Marcher dans la nature est aussi une belle façon de peu à peu « reconnecter » avec soi et avec Dieu : pourquoi ne pas envisager une étape du pèlerinage vers Saint-Jacques-de-Compostelle par exemple ?
Écouter des témoignages>1 est aussi une bonne façon de prendre conscience que Dieu est vivant : s’il a fait des merveilles pour d’autres personnes, il peut en faire aussi pour moi ! Le témoignage par excellence sur Dieu est la Bible, en particulier les quatre évangiles : ils contiennent les paroles et les actions de Jésus qui sont amour et vie.
Découvrir combien Dieu m’aime !
Encore une idée : suivre un Parcours Alpha>2. Cette belle proposition permet d’échanger avec des croyants dans une ambiance conviviale sur quelques points de la foi en lien avec sa vie. Elle permet aussi de nouer des amitiés, ce qui est un grand soutien pour avancer.
Aux premières Demeures, le lien avec Dieu est limité, nous l’avons dit. La conséquence est une vraie fragilité pour résister aux tentations. Pour Thérèse d’Avila, le grand risque est de commettre un péché grave qui nous ferait sortir du Château et nous séparerait complètement du Seigneur>3. Nous le savons : la vie a un côté sérieux, car l’enjeu est d’aller au Ciel, et non de finir en enfer ! Pour aller au paradis, le mieux est de regarder Jésus et de grandir dans son amour : nous venons de présenter quelques conseils pour progresser à cette étape. Le Seigneur nous a aussi donné un « garde-fou », une « glissière de sécurité » : les Dix Commandements>4.
Et voici que quelqu’un s’approcha de Jésus et lui dit : « Maître, que dois-je faire de bon pour avoir la vie éternelle ? » Jésus lui dit : « Pourquoi m’interroges-tu sur ce qui est bon ? Celui qui est bon, c’est Dieu, et lui seul ! Si tu veux entrer dans la vie, observe les commandements » [Mt 19, 16-17].
Que ces Dix Paroles de Vie nous aident à orienter notre vie vers Jésus>5 !
Afin de nous encourager à avancer, laissons Jésus nous parler à travers la plume de mère Teresa :
J’AI SOIF DE TOI. Oui, c’est la seule façon de commencer à décrire mon amour pour toi : J’AI SOIF DE TOI. J’ai soif de t’aimer et d’être aimé par toi. C’est ainsi que tu es précieux pour moi. J’AI SOIF DE TOI. Tu ne dois jamais douter de ma Miséricorde, de la manière dont je t’accepte, de mon désir de te pardonner, de te bénir et de vivre ma vie en toi. J’AI SOIF DE TOI. Ouvre-moi, viens à moi, aie soif de moi, donne-moi ta vie – et je vais te prouver combien tu es important pour mon cœur. […] Il n’y a rien de plus important dans le monde entier que toi.
Tu penses que c’est dur à croire ? Alors, regarde vers la Croix, regarde vers mon Cœur transpercé pour toi. Regarde vers mon Eucharistie. Tu n’as pas compris ma Croix ? Alors, écoute encore une fois ce que j’ai dit sur la Croix : « J’ai soif ! » Oui, j’ai soif de toi. J’ai soif de toi. J’ai cherché quelqu’un pour combler mon amour et je n’ai trouvé personne. Sois celui-ci. J’ai soif de toi – de ton amour [Testament spirituel, extraits].
