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Pour la première fois, Antoine, Camille, Armand et Charles Auclair se livrent sans réserve: ils racontent leur enfance dans une famille catholique ouvertesur le monde, la manière dont chacun s’est approprié la foi, l’aventure de leur groupe –du garage à l’Olympia!– sans oublier leur rencontre inoubliable avec le pape François. Ce qui les fait vivre aujourd’hui? La louange, l’évangélisation, la fraternité, la joie. Par leur musique et leur témoignage, ils sont ces grands frères qui font prier les jeunes (et moins jeunes) et nous aident, nous lecteurs, à nous tourner vers Dieu.
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Seitenzahl: 133
Veröffentlichungsjahr: 2018
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HOPENavec Joseph Challier
Que
la louange
éclate !
Conception couverture : © Christophe Roger
Crédits photos : © Hopen / © Nicolas Cadet / © Jean-Marc Dolphus
Composition : Soft Office (38)
© Éditions Emmanuel, 2018
89, bd Auguste-Blanqui – 75013 Paris
www.editions-emmanuel.com
ISBN : 978-2-35389-689-9
Dépôt légal : 2e trimestre 2018
C’est l’histoire de quatre frères : Antoine, Camille, Armand et Charles.
Dans la Bible, les histoires de frères ne sont jamais simples. À commencer par les deux premiers : Caïn est jaloux de son petit frère Abel… et Caïn tue son frère ! Voyez Joseph : lui aussi est jalousé par ses dix frères qui vont le vendre comme esclave. Et ainsi de suite. Bref, les histoires de frangins, ce n’est pas simple. Mais Dieu est venu sauver et guérir nos relations fraternelles. C’est cette histoire que vous allez lire, l’histoire de quatre frères normaux que Dieu a choisis, qu’il a pris, qu’il a bénis et envoyés en mission.
L’aventure de Hopen est d’abord l’histoire d’une famille. Les frères Auclair nous livrent ici un récit simple et concret de leur enfance en famille. Ils rendent un très bel hommage à leurs parents et à l’éducation qu’ils ont reçu et qui les a fait grandir « en taille et en grâce, devant Dieu et devant les hommes » (Lc 2, 52). Ce qui nous touche dans leur récit, c’est justement la simplicité avec laquelle Jésus a conduit leur aventure ; à travers une vie chrétienne normale, ouverte et équilibrée, il a posé les jalons de leur foi et de leur mission actuelle.
C’est par cette vie fraternelle que Dieu guide Hopen. Dieu donne des frères. Dieu parle par les frères. Dieu nous conduit par les frères. Je suis très édifié de voir combien Antoine, Armand, Camille et Charles vivent ce qu’on appelle la « correction fraternelle », qui est un puissant moyen pour se convertir, mais qui nécessite beaucoup d’amour et de délicatesse. Ils nous livrent ici des témoignages de cette correction dans la charité. Elle est certainement un antidote à l’orgueil et au découragement qui menacent toute vie chrétienne.
Ce qu’ils vivent dans l’ordre de la fraternité, et dont ils témoignent, n’est pas que pour eux. Cela nous concerne. Par la foi, Jésus fait de chacun de nous son frère, sa sœur. Aussi fou que cela puisse paraître, Jésus est notre frère : « Qui est ma mère ? qui sont mes frères ?… Voici ma mère et mes frères. Celui qui fait la volonté de Dieu, celui-là est pour moi un frère, une sœur, une mère » (Mc 3, 33-35).
Les quatre frères ont un autre secret : l’amitié. En les lisant, nous percevons combien l’amitié est au cœur de leur vie : c’est elle qui les a construits et les fait grandir. À certains moments clés de leur histoire, de vrais et solides amis ont été pour chacun d’eux l’élément déclencheur du choix pour Dieu et pour la mission : Pedro, le frère Baudouin, le père Nicolas, Philippe, Grégory Turpin, Benjamin et Thomas Pouzin, Matthieu Cossiez, Joseph… et tant d’autres ont été – et sont toujours – des cadeaux de Dieu pour eux. À leur tour, eux aussi vivent cette culture de l’amitié et de la rencontre, et ce depuis leur enfance. L’amitié leur est un mode de vie. D’ailleurs, sans cette capacité à nouer des liens avec les autres, avec ceux qui sont différents, ils ne pourraient pas vivre leur mission et assurer leur travail, ils ne pourraient pas sillonner les routes pour aller à la rencontre de leur public, comme ils savent si bien le faire. Là encore, leur chemin spirituel nous est aussi proposé. Au moment du don de sa vie pour le salut du monde, Jésus lave les pieds de ses disciples, puis il leur donne le commandement nouveau, celui de l’amour, et leur déclare : « Je ne vous appelle plus serviteurs ; je vous appelle mes amis » (Jn 15, 15). C’est à chacun de nous que Jésus dit cela.
De cette double expérience – l’amitié et la fraternité – naît la joie qui, par la grâce de Dieu, s’exprime dans la prière de louange. La louange est un don du Seigneur et une mission. Les gars de Hopen nous témoignent avec force que la louange n’est pas une simple exaltation des sentiments humains, mais qu’elle est un vrai itinéraire de maturité spirituelle, un chemin de sainteté. Elle passe donc par le combat spirituel et par la Croix. La vraie joie est fruit de la Croix.
C’est l’histoire de quatre frères. C’est l’histoire de Jésus, de ses frères et de ses amis. Notre histoire.
Père Jean-Baptiste NADLER
Quatre frères et du bon son. Voilà ce que c’est, Hopen. Quatre frangins d’une famille pleine de vie, portée par ses particularités et ses richesses uniques. Une famille qui aime le foot, les amis, la musique – toute la musique ! – et la messe. Ah oui, pardon, j’ai oublié de préciser qu’il s’agissait d’une famille catholique. Dans cette famille, on aime Dieu et on cherche à transmettre cet amour auprès des voisins, des cousins, des enfants. Voilà quelque chose de bien étrange…
Quatre frères avec leurs histoires, leurs questions, leurs chemins personnels… et leur passion commune : la musique ! À 10 ans, ils jouent dans le garage ; à 15 ans, ils se produisent devant leurs camarades du collège ; à 20 ans, passage à l’Olympia, pour louer Jésus. Jésus ? Que vient-il faire ici, celui-là ? Tout simplement, ces frangins ont un ami qui leur est cher, un autre frère : Jésus. Charpentier de Galilée, né en -3 avant lui-même, ce Jésus est accessoirement… Dieu. Il a rejoint la vie de ces quatre frères et habite désormais leur cœur. Depuis, ils chantent pour lui. Mais chaque chose en son temps : avant l’aventure Hopen (que nous découvrirons en 2e partie), il y avait Antoine, Camille, Armand et Charles…
Joseph – Vous êtes quatre frangins de la même tribu. Pouvez-vous nous dire en quelques mots d’où vous venez ?
Antoine – Nous avons grandi dans une famille catholique. Nous avons eu la chance de pouvoir découvrir et vivre la foi en famille. Je dis bien la chance, car ce n’est pas donné à tout le monde, et c’est un magnifique cadeau. Or, beaucoup de jeunes qui nous suivent – et qui sont peut-être en train de lire ce livre – sont issus de ces familles et ne se rendent pas toujours compte de ce trésor. Je le dis d’expérience, puisque nous en avons pris conscience petit à petit.
Joseph – Nous aborderons cela par la suite…
Antoine – Comme beaucoup de familles chrétiennes, à travers la prière, la messe du dimanche et les activités d’Église, nous avons été initiés à la présence de Dieu dans notre vie. Ce n’était pas quelque chose de caché : Dieu ne se résumait pas au dimanche matin ! Et cela change tout. Nos parents étaient très engagés, d’abord dans les équipes Notre-Dame puis, un peu plus tard, dans la communauté de l’Emmanuel. Nous avons donc vécu notre foi en famille depuis le plus jeune âge en suivant les rythmes de la vie : baptême, première communion, confirmation. Avec le temps, chacun s’est approprié cette foi, qui est devenue non plus une foi de famille, mais une foi personnelle partagée en famille.
Toutefois, nous avons suivi une partie de notre scolarité dans le public, et nous faisions aussi beaucoup d’activités dans le milieu « normal ». Notre environnement était donc à la fois chrétien et non-chrétien. C’est vraiment une chance d’avoir pu vivre les deux. Nous vivions pleinement notre foi en famille et avec des communautés, des groupes d’Église. Mais nous étions aussi au contact du monde, à travers nos amis, nos sorties, nos activités sportives, etc. C’est seulement au lycée que nous avons fréquenté des écoles privées.
Oui vraiment, nous avons grandi dans une famille où Dieu était présent, et ce depuis longtemps. Nos grands-parents avaient une foi profonde. À Noël, ce n’était pas que les cadeaux…
Joseph – Vous arrivait-il de prier ensemble, en dehors du dimanche ?
Armand – Oui, oui. Il y avait la prière du soir, les chants de louange pendant les longs trajets en voiture, etc. Et puis les parents trouvaient différentes manières de nous inviter à prier. Je me souviens, à 15 ans, lorsqu’un footballeur, Marc-Vivien Foé, est mort d’une crise cardiaque pendant un match. Cela nous avait beaucoup touchés, et même bouleversés, car nous étions très jeunes et adorions le foot. Du coup, les parents nous avaient fait mettre une photo de Marc-Vivien dans l’oratoire. C’était un moyen tout simple de nous amener à la prière. S’appuyer sur le quotidien. Antoine disait : « Oh purée, quand même ! C’est dur ce qui lui est arrivé. » Et nos parents nous disaient : « Eh bien, venez, on va prier pour Marc-Vivien Foé. » Nous priions pour le monde, pour nos familles, pour nous-mêmes.
Charles – Mais il n’y a jamais rien eu d’obligatoire. Les parents ne nous forçaient pas à prier, ni à venir au coin prière, même s’ils nous y poussaient très fortement. Seule la messe était incontournable et nous y avons toujours suivi nos parents, avec ferveur. On était heureux d’y aller finalement. Par exemple, pour ne pas nous obliger à nous réunir pour prier, ils ont vite instauré une nouvelle manière de faire le bénédicité au début des repas. Puisqu’on était tous réunis, on prenait un chant de louange, on confiait des choses. On profitait du moment pour aller un peu plus loin dans la prière. On avait toujours une petite intention à confier.
Comme l’a dit Antoine, nous avons baigné dans une famille où on a la foi depuis des générations. Mais certains ont aussi mis la foi de côté, comme nos cousins, même s’ils respectent tout à fait ce que nous vivons. Au sein même de notre famille, il y avait donc des croyants très pratiquants et des non croyants ou des non pratiquants. Très jeunes, nous avons connu ces deux dimensions du rapport entre les hommes et Dieu.
Camille– Les parents nous demandaient de respecter certaines règles : nous allions à la messe car c’était un moment familial important. En revanche, ils ne nous forçaient pas à nous mettre à genoux, ni à rester silencieusement en prière.
Armand – C’est tellement important, la messe du dimanche. Les parents nous ont aidés à en prendre conscience.
Camille– Moi, plusieurs fois, je n’ai pas eu envie d’y aller. Avec le recul, je leur suis vraiment reconnaissant de m’avoir un peu poussé.
Charles – Ils ont toujours tenu à l’essentiel, tout en nous laissant assez libres.
Joseph – En fait, parfois, vous alliez plus à l’église qu’à la messe…
Armand – Oui ! (rires) Autre exemple : à 15 ans, les week-ends avec la communauté de l’Emmanuel n’étaient plus obligatoires, mais volontaires.
Antoine – Hé, moi c’était à 16 ans ! (rires)
Joseph – Privilège de l’aîné…
Camille– Oui, les parents ont sans doute évolué dans leur éducation, et dans leur foi aussi. Entre Antoine et Charles, il y a des différences. Et puis chaque enfant est unique.
Antoine – Nous avons eu chacun notre manière de fonctionner. Les parents se sont adaptés à chaque enfant.
Camille– C’est le principe de l’éducation : donner un cadre à chacun. Nos parents étaient aimants et nous les aimions assez pour accepter ce cadre.
Joseph – Tu disais que des personnes âgées râlaient… Comment réagissaient vos parents ?
Armand – Nous avons été enfants de chœur. Mais la plupart du temps, vers 8-10 ans, nous étions assidus aux bancs du fonds et nous bavardions. Certains paroissiens étaient heureux quand même, simplement parce qu’il y avait quatre gamins dans l’église et qu’ils baissaient la moyenne d’âge…
Joseph – Cela ne répond pas vraiment à la question.
Armand – En fait, le mieux serait de demander aux parents ! Eux parlent de ces quelques « vieux » qui se félicitaient de voir une jeune famille. Je pense que papa et maman nous suivaient de près tout en nous laissant un espace de liberté, nécessaire aux ados et préados que nous étions.
Joseph – Si je comprends bien, vos parents ont réussi à vous inviter à une foi active, avec des différences visiblement, sans pour autant vous contraindre. Pouvez-vous développer ?
Camille– Quand tu parlais de la foi en famille, j’ai tout de suite pensé aux dimanches soirs. On recevait souvent un ami prêtre. Il faisait partie de la famille. Eh bien, le fait de le rencontrer nous a permis de nous identifier à quelqu’un d’autre que nos parents. Pour ma part, ça m’a aidé à découvrir que la foi concernait aussi d’autres personnes. Ce n’était plus seulement le truc des parents. J’ai compris que ce n’était pas une contrainte pour eux, mais un chemin de bonheur qu’ils partageaient notamment avec cet ami prêtre et qu’ils voulaient nous transmettre à nous aussi.
Joseph – Ado, tu t’es dit cela ?
Camille– Non, c’était certainement inconscient. Je le comprends maintenant, avec du recul. Mais j’en percevais quelques bribes. Ces rencontres et ces amitiés étaient importantes car beaucoup de choses passaient à travers elles.
Antoine – Oui, c’est cela. Dans le scoutisme, par exemple. Partir en week-end ou en camp scout me demandait beaucoup d’efforts…
Joseph – Pourquoi ?
Antoine – Eh bien parce que nous habitions en Bretagne et qu’il faisait froid. Mais j’en repartais super heureux. Les parents nous poussaient. C’est comme dans la foi, il y a un petit effort à faire au début. Mais une fois qu’on a franchi le pas, c’est merveilleux. Le gamin qui traîne les pieds pour partir en camp, ses parents le poussent un peu et il en revient radieux. Dans la foi, à cet âge-là, c’est pareil. Les parents nous accompagnent dans les premiers efforts, les pas à poser, etc. Ils sont là, ils nous montrent ce qu’on va y gagner, ce qu’on va vivre. « C’est super, vas-y. » Ensuite, on fait ses propres expériences sur lesquelles on peut s’appuyer.
Charles – Avec du recul, je vois aussi qu’ils nous emmenaient dans des activités adaptées pour nous. Ils n’y allaient pas juste pour eux. Je pense à la communauté de l’Emmanuel. Quand on devait partir, on râlait. On y allait en traînant des pieds, mais une fois sur place, c’était super. Il y avait du foot. Et des potes.
Camille– Et puis on n’était jamais seuls. Où que l’on soit, il y avait toujours un frère avec nous. Notre bande de copains, si importante à cet âge, nous, on venait avec. Aujourd’hui, mes frères ne sont pas seulement mes amis, ils sont mes frères de sang et mes frères en Christ. La dimension conviviale et fraternelle dans les activités chrétiennes, c’est un point crucial.
Armand – Je me souviens de l’attitude des parents la première fois que j’ai reçu un copain un dimanche soir. Papa ou maman est venu me voir pour me dire : « Tu sais qu’il y a la prière en famille. En revanche, comme ton copain est là, si vous préférez rester jouer dans la chambre ou dans le jardin, pas de problème. » Du coup, je ne suis pas allé prier. Mais lorsque mon pote est revenu, nous y sommes allés. Je me souviens de papa me disant : « Il y a la prière, tu peux en parler à ton copain. » Et il est venu.
Joseph – C’était vers quel âge ?
Armand – Au début du collège.
Joseph – Peut-on revenir sur cette double réalité : la foi en famille et la scolarité dans un collège public. Comment cela vous a-t-il marqué ?
Antoine – Ça, c’est Hopen, justement ! Enfin, je trouve. Dans notre éducation familiale, nous avons eu de tout, des moments forts et variés. Un soir, c’était les équipes Notre-Dame qui venaient à la maison ; le lendemain, un collègue de papa, non catholique, qui dînait avec nous. On invitait des copains d’école, après on partait en week-end scout. Tout cela formait une belle alchimie, qui nous semblait naturelle et évidente. La vie spirituelle faisait (et fait !) partie de la vie. Il n’y avait pas la vie spi d’un côté, le sport de l’autre, avec en plus les amis, la vie de famille, etc. Tout était lié.
Charles – Je pense qu’il ne faut pas mettre de barrière entre les cathos et le milieu… je sais pas comment on peut l’appeler…
Joseph – Normal ! (rires) Ce sont parfois les cathos qui vivent en périphérie du monde.
Charles – Voilà. Je pense que cet équilibre s’est mis en place, et cela me permet aujourd’hui d’être très à l’aise pour vivre ma foi en milieu « normal ».
Antoine – Enfin, tout ça était très naturel, parce que nos parents avaient toujours la porte ouverte à tout le monde, peu importe la religion, etc.
Armand
