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Quand chaque minute compte, l'mprovisation n'a pas sa place. Séismes, immeubles effondrés, chaos total : le sauvetage-déblaiement en contexte sismique ne tolère ni erreur, ni retard. Ce manuel unique en son genre s'adresse à toutes celles et ceux qui doivent intervenir là où tout s'est effondré. Il apporte des repères concrets, des méthodes éprouvées, et une vision réaliste des opérations à mener dans l'urgence absolue. Conçu à partir de décennies d'expérience de terrain, ce livre propose bien plus qu'une approche technique : il transmet une doctrine opérationnelle, nourrie de missions internationales, d'analyses post-crise et d'un engagement profond pour sauver des vies dans les pires conditions. Ce livre s'adresse autant aux professionnels du secours qu'aux curieux, aux étudiants, aux journalistes ou à toute personne désireuse de comprendre, concrètement, comment s'organise le sauvetage quand tout s'effondre. Un outil indispensable pour les intervenants, formateurs, responsables opérationnels, et pour celles et ceux qui souhaitent, tout simplement, savoir ce que signifie vraiment : sauver des vies.
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Seitenzahl: 98
Veröffentlichungsjahr: 2025
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Du même auteur
Sauveteurs de la dernière chance
Éditions Les 2 Encres, 2003
Séismes et autres catastrophes : sommes-nous préparés ?
Éditions Les 2 Encres, 2005
26 décembre 2004, Tsunami, le jour où la mer a tué
Éditions Les 2 Encres, 2005
Un monde plus juste pour demain… c’est possible, le sais-tu ?
Éditions Henry, 2007
L’avenir, quel devenir ?
L’homme face aux catastrophes naturelles
Éditions Les 2 Encres, 2010
Si vous saviez ! La rue, une réalité
Éditions Les 2 Encres, 2014
La mascarade démasquée - Éditions BoD, 2020
L’humanitaire expliqué aux enfants - Éditions BoD, 2020
Le mystère des séismes - Un guide pour tous
Éditions BoD, 2024
Comprendre et réinventer la France - Éditions BoD, 2025
SOMMAIRE
Introduction
Chapitre 1 :Comprendre l’annonce d’un séisme : premiers repères pour décider d’agir
Chapitre 2 :Analyser la situation locale : vulnérabilité, besoins et faisabilité de l’intervention
Chapitre 3 :Préparer l’équipe et le matériel : l’efficacité ne s’improvise pas
Chapitre 4 :INSARAG : repères utiles pour une coordination internationale efficace
Chapitre 5 :Sur le terrain : les premières heures décisives
Chapitre 6 :Opérations de recherche et de sauvetage : techniques et méthodes
Chapitre 7 :Coordination avec les acteurs locaux et internationaux
Chapitre 8 :Fin de mission, désengagement et retour d’expérience
Chapitre 9 :Entraînement, formations et préparation continue
Chapitre 10 :72 h pour sauver des vies
Chapitre 11 :Conclusion de l’ouvrage
Annexes opérationnelles
À propos de l’auteur
« Le secours post-sismique n’est pas une improvisation :
c’est une science de l’urgence,
forgée par l’expérience
et guidée par la volonté de sauver.
Derrière chaque pierre déplacée,
il y a un battement de cœur
que l’on espère retrouver. »
Thierry Velu
INTRODUCTION
Pourquoi ce livre sur le sauvetage-déblaiement sismique ?
Parce que ce type d’intervention ne ressemble à aucun autre.
En 1988, à l’âge de dix-huit ans, j’ai vécu mon tout premier séisme. C’était en Arménie. À l’époque, j’étais engagé au sein de la sécurité civile et je dirigeais une petite équipe. Très vite, nous avons localisé une victime vivante sous les décombres. Cette mission m’a profondément marqué. Elle fut le point de départ d’un engagement de toute une vie.
Depuis, avec les équipes que j’ai eu l’honneur de former ou d’accompagner, nous sommes intervenus dans de nombreux pays touchés par des catastrophes sismiques : Turquie, Salvador, Inde, Pakistan, Iran, Pérou, Népal, Mexique, Indonésie… Chaque mission a été différente. Chaque terrain a imposé ses contraintes, ses urgences, ses leçons.
Ce livre est le fruit de ces expériences. Il ne prétend pas livrer une vérité absolue ou une doctrine figée. Il cherche à transmettre un savoir issu du terrain, à proposer des repères, des pistes de réflexion et, surtout, à aider celles et ceux qui, un jour, devront intervenir dans un environnement chaotique, déstructuré, instable : celui laissé par un séisme.
Deux mondes du sauvetage-déblaiement
Il existe une différence majeure entre une formation au sauvetage-déblaiement réalisée dans un SDIS en France et une intervention post-sismique à l’international, en milieu dégradé.
Dans un SDIS, les moyens sont souvent conséquents : effectifs nombreux, engins spécialisés, berce SD, éclairage autonome, outils lourds, soutien sanitaire, logistique et technique. Le cadre est structuré, les procédures sont rodées, les communications établies.
À l’inverse, dans un contexte sismique international, l’équipe est généralement isolée, avec peu de matériel, parfois sans aucun soutien immédiat. Les sauveteurs doivent composer avec l’urgence, des conditions dégradées, des moyens limités et un environnement souvent instable sur les plans technique, humain et sécuritaire.
L’approche peut sembler similaire. En réalité, elle est profondément différente. Le manque de coordination initiale, la pression du temps, les répliques sismiques, les infrastructures effondrées ou inexistantes, l’absence de repères locaux : tout cela bouleverse les schémas classiques d’intervention.
Un livre de transmission
Ce livre s’adresse aux sapeurs-pompiers, ONG, volontaires, personnels humanitaires, et à toute personne amenée à intervenir ou se former au sauvetage-déblaiement en contexte sismique. Il s’agit d’un outil de transmission, bâti sur une conviction simple : le sauvetage-déblaiement post-sismique ne s’improvise pas. Il s’apprend.
Chaque geste, chaque décision peut avoir des conséquences lourdes. L’intuition, l’analyse, la prudence, la maîtrise technique, la résistance mentale : tout cela s’acquiert avec la formation, l’entraînement et l’expérience.
Mon objectif est de partager, sans prétention, ce que j’ai appris parfois dans la douleur, parfois dans l’urgence au fil des années, des pays, des catastrophes. Je ne veux pas dicter des règles absolues, mais faire toucher du doigt ce que signifie intervenir dans ces environnements extrêmes.
Rester humble, rester prêt
Chaque intervention sismique est unique. Le climat, la culture, l’état des bâtiments, les moyens disponibles, la population locale : tout peut bouleverser les schémas classiques. Aucune procédure ne remplace le bon sens, l’intuition, l’humilité face à l’imprévu.
Ce livre est une version 1, volontairement évolutive. Il s’enrichira, je l’espère, de vos retours, de vos lectures, de vos expériences. Mais dès aujourd’hui, il a un objectif clair : préparer, protéger, transmettre.
Dans les pages qui suivent, nous allons explorer ensemble les méthodes, les outils, les choix tactiques et humains du sauvetage-déblaiement sismique.
Avec rigueur, mais surtout avec lucidité – car dans le chaos, seule la clarté d’esprit sauve des vies.
Nota
Ce livre ne remplace en aucun cas les guides et doctrines existants, qu’ils soient nationaux ou internationaux. Il ne se substitue pas, par exemple, au guide de doctrine opérationnelle pour les interventions en milieux effondrés ou instables, utilisé par les SDIS en France. Il ne remplace pas non plus les lignes directrices développées par certains réseaux internationaux spécialisés. Le lecteur professionnel du secours est invité à se référer aux documents de référence de son pays, ou, le cas échéant, à s’appuyer sur les cadres d’orientation proposés par des initiatives internationales telles que celles portées par le réseau INSARAG.
CHAPITRE 1 Comprendre l’annonce d’un séisme : premiers repères pour décider d’agir
Tout commence par une alerte
Lorsqu’un séisme survient, les premières minutes sont cruciales, y compris pour ceux qui se trouvent à distance.
Avant d’envisager un éventuel déploiement sur le terrain, il est impératif d’analyser objectivement la situation :
Le séisme est-il majeur ?
Où a-t-il eu lieu ?
Quel est le niveau de préparation du pays concerné ?
Très rapidement, les services sismologiques diffusent des données clés :
La localisation de l’épicentre
La magnitude
La profondeur du foyer
L’heure locale de survenue
Les premières estimations de dommages et d’impacts humains, lorsque disponibles
Ces éléments constituent les premiers indicateurs qui orientent toute réflexion opérationnelle.
Les éléments à analyser dès l’annonce
Le lieu
Un séisme de même intensité ne provoquera pas les mêmes conséquences selon qu’il touche une région montagneuse peu habitée ou une mégapole densément construite.
Le niveau de développement, les normes de construction et la topographie sont des facteurs déterminants.
La magnitude
L’énergie dégagée lors d’un séisme est quantifiée par une mesure appelée magnitude. Aujourd’hui, l’échelle la plus couramment employée est celle de la magnitude de moment (Mw), reconnue pour sa précision, notamment pour les séismes de forte intensité.
Magnitude
Effets potentiels
< 3.5
Généralement imperceptible
3.5 – 5.0
Ressenti localement, rarement destructeur
5.0 – 6.5
Dégâts modérés possibles
6.5 – 7.5
Dégâts importants à très importants
> 7.5
Catastrophe potentielle à grande échelle
Mais attention : la magnitude seule ne suffit pas à évaluer l’ampleur d’un désastre.
La profondeur
Plus un séisme est superficiel, plus il risque d’être destructeur, car les ondes sismiques atteignent directement la surface.
< 70 km : séisme superficiel — potentiellement très destructeur
70 à 300 km : séisme intermédiaire
300 km : séisme profond — souvent moins impactant en surface
Un séisme de magnitude 6 à faible profondeur peut occasionner davantage de dégâts qu’un séisme de magnitude 7 situé à 200 km sous terre.
Les outils de mesure et d’analyse
La surveillance sismique mondiale repose sur plusieurs organismes internationaux diffusant des données en temps réel, notamment :
USGS
(United States Geological Survey) —
earthquake.usgs.gov
CSEM / EMSC
(Centre Sismologique Euro-Méditerranéen) —
emsc-csem.org
Ces plateformes fournissent :
La localisation précise de l’épicentre
Les cartes d’intensité ressentie
La liste des répliques
Les éventuelles alertes tsunami
Les premiers retours terrain ou médias
Par ailleurs, les sismomètres et accéléromètres enregistrent les ondes et les secousses au sol, tandis que les réseaux GPS détectent les déplacements de la croûte terrestre.
Pourquoi ces données sont capitales
Ces informations permettent de :
évaluer le potentiel destructeur du séisme,
anticiper les besoins en moyens humains et logistiques,
décider si une intervention est envisageable, pertinente et réaliste,
préparer l’équipe en fonction du contexte : urbain ou rural, altitude, climat, accès, sécurité.
Un sauveteur expérimenté sait qu’une analyse précède toujours l’action.
Réagir dans la précipitation peut aggraver la situation ou exposer inutilement les équipes.
Pour aller plus loin
Ce chapitre pose les repères essentiels pour comprendre ce qu’annonce un séisme et ce qu’il peut impliquer.
Mais pour intervenir efficacement, il est tout aussi indispensable de comprendre le phénomène sismique lui-même, ses mécanismes, ses conséquences humaines et l’importance de la prévention.
CHAPITRE 2 Analyser la situation locale : vulnérabilité, besoins et faisabilité de l’intervention
Agir, c’est d’abord comprendre
Chaque mission commence bien avant l’arrivée sur le terrain. Le véritable travail débute dans les heures qui suivent le séisme, au moment de l’analyse froide et structurée de la situation.
Une mission mal préparée peut rapidement se transformer en échec logistique, en danger pour les intervenants… voire en action inutile.
Ce chapitre propose une méthode claire et pragmatique pour évaluer si une intervention est nécessaire, possible et pertinente.
Comprendre la vulnérabilité du pays ou de la zone touchée
Deux pays peuvent être frappés par un séisme identique, avec des conséquences humaines totalement différentes. Cela s’explique par leur niveau de préparation et leur vulnérabilité structurelle.
Exemples :
Haïti (2010) : magnitude 7.0, plus de 230 000 morts. Bâtiments sans normes, densité urbaine extrême, services de secours quasi inexistants.
Chili (2010) : magnitude 8.8, très puissant, mais peu de victimes. Normes parasismiques strictes, culture du risque et réponse rapide.
Japon (2011) : séisme suivi d’un tsunami et d’un accident nucléaire. Cas complexe et exceptionnel.
Points à vérifier :
Type de constructions : en dur ? en terre ? informelles ?
Densité de population : zones rurales ou urbaines ?
Normes de construction respectées ?
Infrastructures critiques (routes, hôpitaux, ponts) ?
Niveau de pauvreté ou d’isolement de certaines zones ?
Évaluer la capacité de réponse locale
Une question centrale : le pays peut-il faire face seul ?
Trois cas de figure :
1. Capacité suffisante : services de secours fonctionnels (ex. : Italie).
2. Capacité partielle : besoin d’un appui ciblé (ex. : renfort logistique, apport de matériel, équipes cynotechniques).
3. Capacité effondrée : chaos, appel massif à l’aide internationale (ex. : Haïti, Népal).
Indicateurs à analyser :
Appel officiel à la solidarité internationale,
Présence ou absence d’ONG sur place,
Réactivité du gouvernement,
Mobilisation des forces armées, pompiers, sécurité civile.
Retour d’expérience – Turquie, février 2023
Dans la nuit du 5 au 6 février 2023, un séisme frappe la Turquie. En moins de 12 heures, notre équipe est mobilisée. Grâce à l’accord immédiat du gouvernement turc, nous affrétons un avion et sommes sur zone dans les 24 heures.
Résultat : trois sauvetages réalisés.
Cet exemple démontre l’importance de la coordination rapide avec les autorités locales.
Logistique, accès et conditions de sécurité
Une mission réussie dépend aussi de l’accessibilité réelle.
À vérifier :
Aéroports ouverts ou non ?
Réseau routier praticable ?
Carburant disponible ?
Conditions climatiques (pluies, altitude, chaleur) ?
Possibilité d’installer un camp sécurisé pour l’équipe ?
Sécurité :
Risques de pillages, émeutes ou tensions locales ?
Présence de groupes armés ?
Attitude de la population : bienveillance ou hostilité ?
Identifier les besoins humanitaires
Même sans données complètes, certains signaux permettent de déduire les besoins :
Ville frappée de nuit : victimes potentielles sous les décombres.
Hôpitaux endommagés : besoin d’un appui médical.
Zones rurales oubliées : nécessité d’équipes légères et autonomes.
Populations isolées : besoin d’abris, de soutiens logistique et psychologique.
L’objectif : formuler des hypothèses d’intervention, à ajuster sur place.
Prendre la décision de partir… ou pas
