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Le drame historique intitulé
La Tragédie du roi Richard III (publiée pour la première fois en 1597) est le dernier volet de la première tétralogie shakespearienne (comprenant les trois parties d’
Henry VI), fresque historique qui retrace les luttes fratricides de la guerre des Deux-Roses, entre les Lancastre et les York, aux XIIIe et XIVe siècles.
Une fiche de lecture spécialement conçue pour le numérique, pour tout savoir sur Richard III de William Shakespeare
Chaque fiche de lecture présente une œuvre clé de la littérature ou de la pensée. Cette présentation est couplée avec un article de synthèse sur l’auteur de l’œuvre.
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Seitenzahl: 50
Veröffentlichungsjahr: 2015
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Cet ouvrage a été réalisé par les services éditoriaux et techniques d’Encyclopædia Universalis
ISBN : 9782852292352
© Encyclopædia Universalis France, 2016
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Couverture : © Nito/Shutterstock
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Ce volume présente des notices sur des œuvres clés de la littérature ou de la pensée autour d’un thème, ici Richard III de William Shakespeare.
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Le drame historique intitulé La Tragédie du roi Richard III (publiée pour la première fois en 1597) est le dernier volet de la première tétralogie shakespearienne (comprenant les trois parties d’Henry VI), fresque historique qui retrace les luttes fratricides de la guerre des Deux-Roses, entre les Lancastre et les York, aux XIIIe et XIVe siècles. Inspirée de sources historiques (notamment Thomas More ou John Holinshed), cette pièce de William Shakespeare (1564-1616) reprend à son compte une partie des éléments de la propagande Tudor qui visait à célébrer la légitimité d’Henri VII, ancêtre d’Élisabeth Ire et vainqueur de Richard III. Mais le traitement ambigu du personnage de Richard, séducteur fascinant en dépit de sa noirceur, fait du drame historique une tragédie complexe, un long et sanglant processus de purification où la mise à mort du bourreau mènera peut-être à l’instauration d’un monde meilleur.
La pièce s’ouvre sur une fin de règne marquée par des querelles dynastiques : Édouard IV, le vainqueur d’Henri VI, se meurt et ses héritiers s’entre-déchirent. Le drame retrace alors la conquête inexorable du pouvoir par Richard, duc de Gloucester (frère d’Édouard et futur Richard III) qui balaiera tous les obstacles sur sa route. Ses premiers actes nous le présentent sous un jour monstrueux : il conquiert lady Anne, veuve du prince de Galles qu’il a assassiné, au milieu même des funérailles ; il fait assassiner son propre frère Clarence, crime dont il fait porter la responsabilité à la reine pour diviser son entourage (acte I). Avec une grande habileté politique, il se débarrasse successivement de tous ses ennemis, en les dressant les uns contre les autres : les parents et amis de la reine, puis Hastings (son comparse jusque-là) sont exécutés. Richard peut s’emparer de la couronne à la fin de l’acte III, qui marque l’apogée de son ascension. Mais peu après le meurtre des jeunes fils d’Édouard IV qu’il a ordonné en secret, Richard semble perdre la maîtrise de la situation : on annonce que ses ennemis, en fuite, ont rejoint en Bretagne Richmond, l’héritier des Lancastre, et qu’ils se sont engagés dans la reconquête du royaume. Richard, qui a entre-temps fait disparaître sa femme, tente de conclure une alliance stratégique de plus, en projetant d’épouser sa propre nièce Élisabeth, secrètement promise à Richmond. La situation se dégrade encore, jusqu’à la bataille de Bosworth à l’acte V, qui se solde par la défaite de Richard III. Malgré un courage exemplaire, il meurt de la main de Richmond, le justicier qui, innocent de tout crime, pourra régénérer le royaume sous le nom d’Henry VII, scellant sur le champ l’union des Lancastre et des York par son mariage avec Elisabeth.
La tragédie prend ici une dimension rituelle et symbolique : la spirale du mal et de la corruption, à laquelle tous ont participé comme le souligne Margaret, veuve d’Henri VI, dans sa célèbre prophétie de l’acte I, induit un mécanisme purificateur, qui doit se solder par l’expulsion du mal incarné par Richard III pour qu’une nouvelle fondation de l’État soit possible. Cet aspect marque la parenté de Richard III avec les tragédies du Moyen Âge et de la Renaissance qui retraçaient le destin exemplaire de personnages célèbres dont la fortune avait provoqué la chute. Mais le personnage de Richard III est problématique : certes, c’est un meurtrier froid et calculateur, au physique contrefait et à l’ironie grinçante, qui rappelle le Vice de la Moralité médiévale ou le Machiavel de la tragédie élisabéthaine – avec qui il partage un certain nombre de caractères, comme la prédilection pour le monologue où il informe le public de ses motivations et projets, ses apartés, et les commentaires sardoniques dont il ponctue l’action. Cependant, il convient de nuancer ce caractère monstrueux : les seules victimes innocentes, dans la pièce, sont les deux fils d’Édouard ; tous les autres, en revanche, sont coupables eux aussi d’avoir fait couler le sang. Richard est celui qui les amène à expier leur passé.
Mais ce qui rend le personnage de Richard si fascinant, c’est son extraordinaire intelligence politique et psychologique. Il est, dans la pièce, un acteur et un metteur en scène hors pair : il singe l’hypocrisie des autres personnages et exploite leurs faiblesses pour mieux les prendre au piège. Exploitant la corruption morale généralisée, il met en scène la dérision de tous systèmes de valeurs, au mépris de toute transcendance. Le plaisir qu’il trouve dans la transgression est manifeste. C’est un être caractérisé par un individualisme forcené, qui l’amène à éprouver sa liberté absolue contre toutes les lois. Il est un héros tragique problématique de ce point de vue, plus proche du Tamerlan de Christopher Marlowe (Tamerlan, 1590) – qui avait déclaré la guerre à la terre entière et aux Cieux – que d’un héros de tragédie classique.
