Station 21 - L'appel de Liss - Emily Chain - E-Book

Station 21 - L'appel de Liss E-Book

Chain Emily

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Beschreibung

Un retour sensé, un danger latent, un choix déchirant…

Liss pensait que son congé maternité serait une pause bienveillante. Mais une série d’incidents à la Station 21 la ramène vers un monde qu’elle croyait quitté. Bien décidée à en savoir plus, elle s’engage dans une enquête discrète – avec la complicité de Nick, son meilleur ami et protecteur.

À mesure qu’elle découvre des secrets dangereux, Liss comprend que sa sécurité, celle de sa famille… et la sienne aussi, sont en jeu. Pour sauver ce qu’elle aime, jusqu’où est‑elle prête à aller ?

Dans cet épisode intense, Emily Chain offre un cocktail de drame familial, suspense ambulancier et romance subtile. Un huitième volet qui culmine en émotions fortes.



CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE

"Une fois que vous avez commencé votre lecture vous ne pouvez plus vous en passer..." - Addy84

"Je vous conseille ce petit bijou d'adrénaline, qui offre une histoire pleine d'action." - Marine_bookine

À PROPOS DE L'AUTEURE

Âgée de 22 ans, Emily Chain écrit depuis toujours et dans des styles assez diversifiés : des récits fantastiques aux thrillers en passant bien sûr par la romance. Elle s'intéresse à des personnages auxquels les lecteurs peuvent s'identifier facilement. Elle est l'auteure aussi des sagas L'interne et Aux délices d'Amsterdam.

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Seitenzahl: 106

Veröffentlichungsjahr: 2020

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Prologue

— Tu veux vraiment que je te dise le fond de ma pensée ?

C’est l’air grognon de Nick qui me fait dire qu’il est effectivement bien à l’endroit indiqué par les infirmières. Ce dernier est debout, entre deux barres parallèles et il regarde Augustin, assis non loin sur une vieille chaise.

— Tu veux qu’on aborde ce qu’on a dans la tête, petit ? Parce que je n’ai jamais vu un homme marcher aussi doucement. Et pourtant, j’en ai vu des âgés crois-moi. Des croulants, des proches de la mort… et ils couraient comme des gazelles face à toi.

— Je vais te faire manger cette phrase au moment où je serais capable de marcher sans me tenir à des barres, glisse-t-il.

— Mais vas-y gamin ! Je t’attends !

Augustin le nargue pour l’encourager et je souris. Leur chamaillerie, c’est exactement ce que je viens chercher ici. Ils sont un drôle de duo, mais il n’y a pas plus optimal selon moi. Je reste sur le seuil de la porte à les regarder, sans un bruit.

— Tu auras perdu tes cheveux avant que je remarche, grand-père !

— Si tu mets vingt ans à mettre un pied devant l’autre, probablement ! J’aurai eu une vingtaine de femmes aussi pendant ce temps-là.

L’infirmière dans la pièce pouffe de rire, l’aide-soignante lève les yeux au ciel et les deux hommes se mettent à rire. La bonne ambiance remplit la pièce quand un docteur me pousse l’épaule.

— Excusez-moi, je dois passer.

— Oh oui… Allez-y.

Je me sens un peu bête d’être restée dans mon coin sans un mot quand Augustin lance :

— Qu’est-ce que tu faisais dans le couloir ? Approche, Liss.

Je souris et m’approche pour saluer mon collègue. Nick me fait un grand sourire et lance au médecin.

— C’est ma copine.

Pendant une fraction de seconde, je ne réalise pas ce qu’il vient de dire et le jeune trentenaire me regarde avant de lancer :

— Félicitations, elle est… vous êtes très jolie.

— Ah ça tombe bien, elle est célibataire, charmante, drôle, dévouée… ambulancière, excusez du peu et…

J’arrête le baratin de Nick d’un coup :

— Qu’est-ce que tu racontes ? Faut stopper la morphine.

— Il veut te caser, souffle Augustin.

— En me disant être sa copine ?

— Je voulais simplement savoir si Mark était intéressé. Et à voir comment il vient de te complimenter, c’est un oui. Il est célibataire.

Nick parle comme si le médecin n’entendait rien. Je rougis de la tête au pied sans exception et reste muette. Je suis extrêmement gênée par le comportement de mon collègue.

— Ce n’est pas parce que tu ne peux plus marcher que tu peux tout te permettre, sifflé-je.

— Mais bien sûr que si ! C’est le bon moment pour vous rendre tous heureux. Comment veux-tu rencontrer l’amour si tu ne fais que venir ici pendant tes congés ? Au moins, si tu sortais avec Mark on se verrait et tu le verrais. Meilleur plan pour tout le monde.

Le médecin en question n’a rien dit depuis le début de son discours et nous regarde à tour de rôle.

Je suis tellement mal à l’aise. Il doit nous prendre pour une bande de fous et je ne sais pas quoi faire pour arrêter son patient.

— Elle est très bonne cuisinière si on considère que faire réchauffer un plat est un acte de cuisine. Elle ne comprend pas la différence entre un café court ou long. C’est juste une question de taille selon elle. Pour les verres à pied, elle considère ça comme un appel à accident et préfère les larges verres à whisky même pour un verre de rouge. Elle est plutôt basket, mais elle n’est pas si mal en robe et talons. Je déteste l’avoir comme binôme en ambulance car elle ne pense qu’à une chose, arriver le plus vite pour sauver le patient. Même quand l’urgence n’en est pas une, c’est impossible de lui parler. Comme vous, d’ailleurs, quand j’ai essayé de vous interpeller dans le couloir et que vous ne m’avez pas entendu. Elle veut des enfants et vous avez l’air d’avoir un bon patrimoine génétique et…

— Stop.

J’ai claqué ça pour enfin arrêter ce flot de paroles quand Augustin explose de rire.

— On t’embête, souffle-t-il. On arrête.

Nick se retourne vers moi, tout sourire et acquiesce.

— Bien sûr. Tu vaux un chirurgien ! Pardon pour vous, glisse-t-il au médecin présent.

Je suis maintenant mortifiée par leur comportement. Je ne sais pas ce que pense cet homme inconnu mais je m’en veux à cause d’eux.

— Ce n’est pas que vous ne pourriez pas me plaire. C’est juste que… Enfin vous voyez… C’est…

Je m’enfonce ce qui fait apparemment beaucoup rire les garçons. Je regrette d’avoir mis les pieds dans cette pièce quand le médecin pivote vers moi et regarde ses notes. Il griffonne quelque chose avant de fixer Nick.

— Vous n’avez pas fait d’avancée depuis une semaine, il faut arrêter d’être un tir au flanc.

Bien envoyé !

— Et sachez que motiver un patient s’avère être plus efficace que le brimer, lâche-t-il à l’intention de Augustin.

Les deux hommes se décomposent face à la répartie du médecin et je me liquéfie quand il s’approche de moi.

— Quant à vous, tenez.

Il m’offre un clin d’œil et un papier. Je le prends et découvre une suite de chiffres. Un numéro pour être plus précis.

Il sort de la pièce et je me retrouve face à mes deux collègues.

Leur regard en dit long sur leur curiosité. Sauf que je n’ai pas envie de lâcher tout de suite le morceau. Les faire mijoter un peu reste tout de même de bonne guerre face à ce qu’ils viennent de faire.

— Alors ?

Nick a réussi à pivoter vers moi, sûrement son meilleur effort physique du jour, pour me demander ça.

— Il m’a donné un site pour rencontrer de vrais amis. Vous savez le genre de ceux qui ne font pas ce que vous venez de faire sans prévenir !

Augustin sourit avant de poser les pieds sur un petit tabouret.

— Il te plaît, ce petit !

— Il n’est pas petit, argumente Nick. Il est même très grand. Trop peut-être.

Il cherche à tester mes réactions, mais je ne fais que hausser les épaules.

À vrai dire, je n’ai pas trop eu le temps de le détailler. Il est charmant et plutôt bel homme oui. De là à dire qu’il est mon genre ou qu’il peut me plaire c’est autre chose.

— Il t’a donné son numéro ? Son adresse ? Un rendez-vous ?

— Rien de tout ça. Il m’a juste écrit « Bon courage avec ces deux-là, vous en aurez besoin. »

Les deux hommes me regardent interloqués et sceptiques. Je suis une bonne menteuse, ce qui ne leur permet pas de savoir si je bluffe ou non. Les voir piétiner de la sorte face à cette histoire de petit papier est très agréable.

— Augustin, attrape le papier !

Nick lui lance ça et forcément le retour du bâton arrive très vite.

— Vas-y toi-même, réplique-t-il.

— Le médecin a dit qu’aucune brimade n’était utile pour mon rétablissement !

— Et il a aussi rajouté que tu étais un tir au flanc, mon pote !

Nick grimace face à ce rappel. Mais Mark, le médecin, a raison. Mon collègue ne fait pas beaucoup de progrès dernièrement. Revenir du coma est compliqué, mais il doit se battre et ce n’est pas ce qu’il fait en ce moment.

— Je remarcherai parfaitement quand elle sortira avec ce type !

— Ok.

Je conclus le pacte directement avant de le voir se dégonfler. Il écarquille les yeux, vite imité par Augustin et je souris.

— Et commence à t’entraîner car j’ai déjà son numéro et notre premier rendez-vous risque de ne pas tarder.

Je fais celle qui a confiance en elle devant eux, mais je n’ai absolument aucune idée de comment je vais pouvoir lui parler et lui proposer ça.

— Il n’y a plus qu’à alors !

Nick se met tout de suite à avancer grâce à ses bras. Je lève les yeux au ciel, les hommes ! Il faut toujours leur trouver une motivation.

Je préfère les laisser en allant chercher de quoi manger un bout. Ma garde a été longue.

— Tu nous tiens au courant de ce fameux rendez-vous !

Les deux compères l’ont dit en même temps tandis que je sors de la chambre.

*

Le rêve se brouille un peu mais je me revois observer le papier en me demandant si je devais le jeter ou le mettre à la poubelle. Une ambulancière et un médecin ? C’était cliché non ? Et puis, ne se sentirait-il pas senti obligé de le faire ?

Nick avait été plutôt insistant. J’avais retourné l’idée des dizaines de fois dans ma tête, mais pourtant le soir, je l’avais appelé. Je n’avais pas résisté et nous avions convenu d’un rendez-vous peu de temps après. Cela avait ravi Nick.

Ce fut seulement quelques semaines après qu’Augustin perdit la vie. Nick et moi nous nous sommes alors rapprochés. C’était comme lier deux âmes esseulées qui n’avaient qu’une étoile comme guide et qui venaient d’arrêter de s’éclairer.

Quand je me réveille, c’est une drôle d’impression que me prend à la gorge. Je suis à la fois heureuse de me réveiller dans mon lit à côté de l’homme que j’aime et à la fois, je suis triste. Je pense à Augustin et aux années qu’il n’a pas eues. Le destin est vraiment horrible parfois. Il ne méritait pas ça et nous avons perdu un pilier. Mon esprit divague jusqu’à Nick. Cet homme qui a vécu tant de choses et qui est devenu un élément essentiel à ma vie.

C’est fou comment au détour d’un accident, d’une rencontre, d’un pari, les choses peuvent évoluer dans un sens comme dans l’autre. Je n’aurais pas cette vie si je n’étais pas venue à la 21 pour rencontrer un mentor comme Augustin ou un ami comme Nick. Je n’aurais pas découvert ce jeune médecin qui dort paisiblement à côté de moi depuis des mois et maintenant des années. Je n’aurais pas cette vie posée.

Comme souvent ces dernières semaines, je remercie Augustin. Ma bonne étoile qui veille sur moi d’où il se trouve.

Quand son visage me revient en mémoire, je sais que je suis complètement réveillée et qu’une nouvelle journée commence.

CHAPITRE 1

Je me frotte les yeux, m’étire et émets un petit son typique de mes réveils trop matinaux. Je n’ai pas assez dormi. Je bâille trois fois à la suite et Mark s’en amuse.

— Ne ris pas de mon manque de sommeil.

Je dis ça d’une petite voix enfantine que je prends pour avoir des faveurs de mon doux et charmant époux. Sauf que le matin, elle n’a pas l’air de fonctionner puisqu’il répond, rieur :

— Si, au contraire même, il faudrait te filmer !

Je fais la moue et il se lève en s’étirant avant de rajouter :

— C’est drôle parce que tu as l’air aussi épuisée quand c’est moi qui gère pour le petit que lors de tes propres tours de garde.

Je me frotte une énième fois les yeux. Il a raison. Je n’arrive pas à le laisser prendre le relai. Simon n’a que dix-huit mois et je sens qu’il a encore besoin de moi. Même si Mark dit que c’est surtout moi qui suis dans cette optique.

Certes je ne me lève pas comme lui, mais je reste aux aguets, prête à débouler dans la chambre du petit si besoin. En vérité, je n’ai que lui comme raison de vivre en ce moment et c’est peut-être là le souci. Je me focalise sur lui et son bien-être. Oubliant d’être raisonnable pour mon corps, je commence à ressentir la fatigue s’accumuler. Si à dix-huit mois, la grande majorité des bébés réussissent à faire leur nuit, le nôtre a quelques terreurs nocturnes inexplicables, ce qui nous oblige à maintenir un semblant de rythme de nouveau-né épuisant. Heureusement que j’ai un époux parfait et compréhensible pour faire un roulement.

Sauf qu’il commence à me trouver exaspérante de ne pas réussir à lâcher notre petit ange et il ne perd pas de temps pour me le faire remarquer une nouvelle fois :

— Tu devrais penser à rappeler Spencer sinon tu vas continuer de mal dormir sans objectif.

J’acquiesce.