Station 21 - Une équipe à feu et à sang - Emily Chain - E-Book

Station 21 - Une équipe à feu et à sang E-Book

Chain Emily

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Beschreibung

La Station 21 est en sursis... et chacun pourrait y laisser bien plus que son poste.

Les menaces d’Aloïs se font plus pressantes, et Spencer reste inflexible : pas question de céder au chantage. Mais jusqu’où le malfrat est-il prêt à aller ? Alors que la pression monte, les ambulanciers de la Station 21 — Owen, Speedy, Cameron, Liss et les autres — deviennent des cibles.

Entre loyautés, rivalités, et sentiments refoulés, la tension atteint son paroxysme. Ce dernier épisode de la saison marque un tournant pour chacun d’eux… et personne n’en sortira indemne.

Emily Chain signe un final haletant, mêlant action, émotions fortes et ultimes révélations. La Station 21 n’a jamais été aussi en danger… ni aussi unie.



CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE

"Une fois que vous avez commencé votre lecture vous ne pouvez plus vous en passer..." - Addy84

"Je vous conseille ce petit bijou d'adrénaline, qui offre une histoire pleine d'action." - Marine_bookine

À PROPOS DE L'AUTEURE

Âgée de 22 ans, Emily Chain écrit depuis toujours et dans des styles assez diversifiés : des récits fantastiques aux thrillers en passant bien sûr par la romance. Elle s'intéresse à des personnages auxquels les lecteurs peuvent s'identifier facilement. Elle est l'auteure aussi des sagas L'interne et Aux délices d'Amsterdam.

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Seitenzahl: 102

Veröffentlichungsjahr: 2020

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Prologue

La station 21 est mise à rude épreuve dernièrement. Et ce n’est peut-être pas uniquement les soucis penchant vers l’illégalité de l’entreprise qui pourraient mener le petit groupe à sa perte.

Le manque de communication et les clans qui se sont formés au fil des semaines paraissent bien plus redoutables que ce Johnny aux airs sombres.

S’il plane un mauvais œil sur la station, cela ne serait-il pas la faute de ses employés ? Ont-ils été honnêtes les uns envers les autres ?

Qui a pu trahir qui ? Pourquoi et comment l’ont-ils fait ?

Beaucoup de questions ont été soulevées par chacun d’eux.

Mais ce qui est le plus incroyable, c’est où ils en sont aujourd’hui.

Dix-sept heures sonnent et la fumée a déjà englouti la pièce. Si deux de l’équipe ont perdu connaissance dès le départ pour se faire manger par les flammes, le reste continue de se battre. La lutte est sans fin et le responsable de cet incendie semble obtenir ce qu’il souhaitait.

N’est-ce pas l’objectif même des derniers mois ? Mais qui était visé ? Qui doit mourir ?

Tellement de questions qui demandent de nombreuses réponses.

Pour ce faire, il faut remonter 24 heures plus tôt, chez chacun de nos incroyables ambulanciers. Une poussière d’heures à l’image d’une vie et pourtant, elle en changera une à jamais.

À l’aube de cette journée, un téléphone sonne à la station. Il lève le glas d’un jour bien noir.

CHAPITRE 1

Quand l’appel résonne dans la station, à des dizaines de kilomètres dans une pièce sombre, Speedy essaie de sortir pour prévenir Spencer de ce qui est en train d’arriver.

Il s’agite et ses pensées sont plus noires que jamais. Les derniers jours ont été durs.

Laissons-lui les raconter.

Mes phalanges blanchissent puis rougissent et enfin se mettent à saigner. Comme chaque heure depuis des jours. Personne ne sait que je suis ici et ce matin j’ai reçu la visite de quelqu’un que je ne souhaitais pas voir. Il m’a laissé tranquille jusqu’à maintenant et je doute que son apparition soit un bon signe.

— Cela ne sert à rien, dit-il.

Je ne me retourne pas. Si je le fais, je vais réduire cet homme en poussière. Nous ne pourrons plus discerner mon sang du sien. J’ai la haine et je pense à mes collègues qui ne s’attendent pas à ce qui arrive. J’ai envie de les prévenir et mon cri se répercute dans les falaises environnantes derrière les panneaux de bois qui façonnent ma cage.

— Arrête de hurler, ils ne te trouveront jamais, poursuit-il, comme s’il était bien placé pour me donner des ordres.

Je crache par terre, toujours sans le regarder, et continue à m’exciter sur les planches, même si c’est inutile. J’ai besoin de me défouler.

— Le premier doit mourir aujourd’hui et cela va arriver, quoi qu’il arrive.

Cette information, je ne l’ai jamais eue avant cet instant. Je me doutais bien depuis plusieurs jours qu’on en arriverait là, mais en être avisé de manière officielle me fait unchoc. Qui sera sacrifié par ma faute ?

Je me retourne enfin vers l’ombre derrière moi et tout ce qui peut se lire sur mon visage est une expression de pure haine.

— Tu m’as trahi !

La silhouette de cet homme d’une cinquantaine d’années que je n’ai pas revu depuis des mois sort de l’ombre et sourit :

— Un père ne trahit jamais, il déçoit souvent, oui.

J’ai envie de vomir.

Cette sensation me brûle l’estomac et remonte le long de ma trachée. J’aimerais m’arracher le cœur et les veines d’avoir une quelconque ressemblance avec ce monstre. Ma peau change de couleur et je rêverais de ne plus exister pour arrêter de lui offrir un semblant d’importance. Tant que je suis ici, il se pavane.

— Tu n’es plus mon père depuis bien longtemps.

Il sourit. Il aime quand je suis en conflit avec lui. C’est bien simple, nous n’avons été que dans cette phase tout le long de ma vie.

— Qu’est-ce que tu crois pouvoir faire avec tes petits poings de gamin ? Je t’avais prévenu. On ne joue pas avec moi si on n’accepte pas de perdre.

— Tu parles de la vie d’un être humain, craché-je.

— Et moi je t’avais dit de ne jamais devenir l’un de ces traîtres.

— Pourquoi ? Parce que maman est morte avant d’arriver à l’hôpital ou parce que les ambulanciers qui l’ont prise en charge ont eu le courage de signaler les marques de violences domestiques sur son corps ?

— Ils ne savaient rien !

— Si au contraire. Et grâce à eux j’ai pu être éloigné de toi le reste de mon enfance. Je n’ai pas eu besoin d’être dans ta sphère toxique.

— Tu as choisi bien pire.

— Non. Les courses m’ont payé mes études et sans toi, ce monde-là n’était pas perverti. Ce n’était que des enfants paumés à la recherche de la sensation de vivre. Il y avait des règles avant que tu anéantisses ça également.

— Tu croyais que j’allais te laisser avec ta vie illégale et légale sans te poser des bâtons dans les roues, après l’affront que tu m’as fait ?

— Tu n’es rien. J’ai eu des parents adoptifs charmants, claqué-je.

— Des bons à rien qui ne t’ont même pas adopté.

Je serre les dents. Ils ne l’ont jamais fait parce que leurs demandes n’ont jamais abouti et j’ai toujours su pourquoi. Ils se sentaient mal et culpabilisaient tandis que je savais qui je devais haïr pour ça. Cet homme monstrueux qui porte le même sang que moi.

— Tu n’aurais jamais dû devenir ambulancier.

— Au contraire, chaque personne que je pourrais retirer des griffes d’un malade comme toi, je le ferais. Tu n’as d’ailleurs pas eu trop de mal à recruter un nouvel homme de main ? Ils ont dû retrouver sa femme pour le procès, non ?

Je souris et je vois bien à son regard que Sacha et Spencer ont bien travaillé. Je suis fier d’eux et surtout, je me régale du visage décomposé de cet homme.

— Alors, on pensait que je n’arriverais pas à faire tomber ton jeu de cartes ? J’ai appris avec l’un des meilleurs à être une enflure, sache-le. Je te donne peut-être l’impression d’être enchaîné, mais ce n’est pas le cas. Dehors, ils continuent d’orchestrer ta douce descente aux enfers.

Je lui murmure ça en me rapprochant et il tape trois coups distincts dans le bois.

Un de ses gardes du corps apparaît, me pousse vers le fond et le fait sortir.

Je soupire.

C’est donc ce qui m’attend, être prisonnier de lui jusqu’à ce qu’il n’en puisse plus. Je me souviens des dizaines de fois où on sonnait à la porte et j’étais terrifié de le voir me récupérer petit. J’avais réussi à m’attacher à mes familles d’accueil à chaque fois. J’étais un garçon gentil et en demande d’amour. Puis, c’était parti, il en avait décidé autrement. J’avais compris que personne ne pourrait m’aimer parce que lui ne le voulait pas. Il interdisait aux gens de me donner ce qu’il n’avait pas réussi à m’offrir. Il a battu ma mère presque à mort des dizaines de fois avant qu’elle ne m’ait. Je suis persuadé qu’elle avait pensé qu’il serait plus agréable après ma naissance. Sauf que non, Aloïs n’avait d’yeux que pour lui-même. Je n’étais qu’un avorton qu’il n’avait pas prévu d’avoir.

Je ne lui servais à rien gamin et je n’avais pas l’étoffe d’un chef.

Quand Spencer et Nick l’ont rencontré, j’ai tout de suite su que je devais m’éloigner de la station. Que les ennuis se rapprochaient et que tout se compliquerait bien plus que je ne le pensais. L’homme que j’évitais depuis des années avait retrouvé ma trace et il venait d’apprendre que j’avais choisi d’embrasser une carrière d’ambulanciers. Une chose que je savais intolérable pour lui. Est-ce parce qu’il n’a jamais souhaité que je le fasse que cela fut mon rêve ? Peut-être. Il est difficile d’analyser ce qu’il se passe dans la tête d’un petit garçon quand celui-ci réalise que son père ne veut pas son bonheur.

Je ne sais pas si mon géniteur a reconnu tout de suite mes collègues lors de leur arrivée en boîte ou si ce n’est qu’après une petite enquête, néanmoins j’ai peur pour leur vie.

Si Nick n’a plus rien à perdre ou quasiment, Spencer, lui, a une famille.

Aloïs n’est pas du genre à faire dans la dentelle. S’il avait concentré ses magouilles sur les ports, la drogue et les femmes… Je sens qu’il s’étend à présent vers autre chose et la station pourrait lui servir de plateforme, ce qui est effrayant.

Si j’ai un plan, oui. Suis-je en bonne posture pour le réussir ? J’en doute. Je suis seul dans cette semi-cage dont j’ai tenté par tous les moyens de sortir sans résultat. Il n’y a que la porte maintenue par une double barre de fer qui peut me permettre de m’enfuir. En résumé, il faudrait parvenir à soudoyer un des fidèles de mon paternel pour sortir. C’est donc impossible.

Je m’assois par terre et essaie de ne pas m’imaginer le visage d’Adel qui vit l’une des plus grandes supercheries de sa vie.

Je les ai entendus parler d’un homme, Franck. Très loin de Brad, nom sous lequel il se présente. Les gardes ont évoqué Adel et la façon dont elle s’est fait berner.

J’en ai la nausée et je m’en veux de ne pas lui avoir dit d’arrêter de le voir. Nous avions tous des doutes.

Je me retiens de jurer, souhaitant garder mes forces, ce qui n’est pas une mince affaire à cause de la sous-alimentation depuis plusieurs jours.

Si j’ai une gourde d’eau, peu potable à côté de moi, ils oublient de me sustenter l’estomac correctement.

Je suis dans un demi-sommeil comateux quand une conversation vive me réveille. Je n’ai aucune idée du temps passé depuis le départ de mon géniteur. Des heures ou peut-être moins. Il fait toujours jour dehors, de ce que j’entraperçois par les rainures des planches de bois qui m’entourent.

Je tends l’oreille pour comprendre ce qu’il se passe à l’extérieur, un réflexe de survie comme une habitude. Je sais qu’être au courant des éléments extérieurs permet toujours de mieux s’en sortir que de faire la sourde oreille. C’est exactement ce que je décide de faire et je me redresse. La première chose que je capte est un bruit étouffé. Je dirais un coup de pied dans un corps, vu l’amortissement. Ensuite, quelque chose qui roule, probablement une personne sur le côté après l’attaque du lâche. Dans un troisième temps, un rire. Celui-ci provient de Mackenzie.

Un des gorilles de mon paternel que je connais depuis de nombreuses années. C’était lui qui venait m’offrir des cadeaux pour mes anniversaires. Le jour de mes 21 ans, il a déposé une fille ivre morte qui avait pour instruction de me donner tout ce que je désirais si elle ne voulait pas se retrouver à la rue le lendemain.

Cette femme, c’est celle qui gémit sous les coups de ce monstre. Mon cœur se serre en la reconnaissant et malgré tout, je suis fier de l’entendre souffler :

— Vous pensez pouvoir me faire plier aussi aisément ? Je ne suis pas…

Elle n’a pas le temps de terminer sa phrase qu’un énième coup de pied vient la faire taire. Cette fois-ci, au bruit de craquement qui résonne, ils ont visé juste. Je ne sais pas ce qu’ils lui ont brisé, mais les rires des gorilles, dont celui de Mackenzie, font remonter dans ma gorge un relent de vomis. Ils vont le payer. Ils ne le savent peut-être pas encore, mais moi j’en suis persuadé.

— Tu n’es qu’une putain qui a cru pouvoir évoluer, crache un autre.