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L’étreinte est une élision, l’élision est une étreinte. Effacée par des consonnes prononcées par des personnes. Les voyelles sont comme de la dentelle brodée par des voiles de palais. Élision allusive, pour une étreinte abusive d’un son qui s’efface, puis qui revient. Pour le plaisir de dire, de lier, d’embrasser. De se laisser faire par la consolation de lettres…
À PROPOS DE L'AUTEURE
De l’audiovisuel à la langue des signes française, Nathalie Quétel joue les équilibristes avec ses textes courts et libres. Danseuse nomade, elle se plaît à penser en images quelques chorégraphies de phrases fantaisistes, pour le plaisir des sens.
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Seitenzahl: 23
Veröffentlichungsjahr: 2022
Nathalie Quétel
Sur un fil
Recueil
© Lys Bleu Éditions – Nathalie Quétel
ISBN : 979-10-377-6533-8
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Je plisse des yeux je les ferme c’est mieux ;
Souvenances de Prévert à Devos :
Dérisions dans la fosse, et jeux de mots.
Le regard en l’air, art, artisans d’art populaire
De sons précieux, dans mon esprit précoce.
Danseuse et interprète en langue des signes, aisance à penser en images.
Pour quelques chorégraphies écrites de phrases fantaisistes
Et le plaisir des sens.
NQ.
C’est dans l’air
Cumulus sur idées noires.
Toujours beau au-dessus des nuages.
Prendre son coucou à deux mains,
Traverser les turbulences,
Dépasser les champs de coton,
S’y allonger les ailes déployées,
Respirer le ciel,
Bleu ciel…
Je danse pour interpréter.
Comme un tango langoureux, une sensuelle salsa,
Un Lido impudique
Un rock acrobatique,
Une chorégraphie abstraite et répétitive
De déplacements et de hasards,
De circonvolutions douces et brutales.
Droite comme une éthique,
J’interprète pour danser.
Une langue poétique
Fluide et censée
Je sculpte l’espace
J’étire, je place,
Je pointe, je transfère, je libère,
Je fixe. J’y reviens, j’insiste,
Du plan large jusqu’à l’action
D’expressions en émotions,
Fidèle, je persiste,
JE SIGNE.
L’étreinte est une élision,
L’élision est une étreinte.
Effacée par des consonnes,
Prononcées par des personnes.
Les voyelles sont comme de la dentelle, brodée par des voiles de palais, des pharynx ou des lèvres.
Une élision allusive, pour une étreinte abusive d’un son qui s’efface.
Puis qui revient. Pour le plaisir de dire, de lier, d’embrasser.
De se laisser faire par la consolation de l’être.
Dans la bouche, ça résonne, ça glisse. C’est mieux ainsi.
Ça s’étire, ça rapproche.
Puis dans la bouche encore,
Elles s’accompagnent au masculin, d’Un féminisme,
Se répondent au féminin, d’Une masculinité.
C’est étrange, elles s’entendent.
Ce mélange… s’équilibre
Elles se touchent, se doublent parfois de doubles lettres,
Insistent.
Signes de sifflantes s’enlacent aiguës, intenses, après avoir pris l’air.
Elles se frictionnent entre elles, se contiennent.
S’interpellent… s’apostrophent !
Les consonnes chahutent. Explosent, se frottent. Tonitruantes.
Chuuut !
Charnières, charpentières,
