Ta Parole est la Vérité ! - Frédéric Bohy - E-Book

Ta Parole est la Vérité ! E-Book

Frédéric Bohy

0,0
9,99 €

oder
-100%
Sammeln Sie Punkte in unserem Gutscheinprogramm und kaufen Sie E-Books und Hörbücher mit bis zu 100% Rabatt.

Mehr erfahren.
Beschreibung

Les sermons de ce recueil recouvrent l'ensemble des dimanches et fêtes de l'année liturgique. Ils se basent résolument sur les textes de l'Ecriture sainte, dont l'apôtre Paul affirme qu'elle « est inspirée de Dieu » et qui, de ce fait, doit être reçue comme la Parole de Dieu, seule source de Vérité. C'est dans un esprit d'entière fidélité à l'Ecriture que ces sermons ont été rédigés : le lecteur familiarisé avec la Bible s'en rendra aisément compte. Ils contribueront à l'enrichissement spirituel de tout croyant désireux de grandir dans la foi chrétienne et lui apporteront paix, joie et réconfort dans l'assurance du salut gratuit en Jésus-Christ, l'unique Sauveur.

Das E-Book können Sie in Legimi-Apps oder einer beliebigen App lesen, die das folgende Format unterstützen:

EPUB

Veröffentlichungsjahr: 2023

Bewertungen
0,0
0
0
0
0
0
Mehr Informationen
Mehr Informationen
Legimi prüft nicht, ob Rezensionen von Nutzern stammen, die den betreffenden Titel tatsächlich gekauft oder gelesen/gehört haben. Wir entfernen aber gefälschte Rezensionen.



– A feu le pasteur Guillaume Wolff, mon vénéré professeur

– A l‘ « Eglise du Christ » (Eglise Evangile Luthérienne –

21 chemin des Ardennes 68100 Mulhouse)

que j’ai eu l’honneur de desservir durant 37 années

et dont je suis toujours membre.

Autres publications de l’auteur :

Dieu a tant aimé le monde

30 méditations (1988)

32 pages, broché ; réédité par les

Editions de l’Heure Luthérienne 39, rue du Kirchberg

67290 La Petite-Pierre

Martin Luther

Une évocation de sa vie et de son œuvre

Biographie (2019)

290 pages, relié, quatre planches couleur (20 euros)

Editions Le Luthérien 6a Place d’Austerlitz

67340 Strasbourg

La Bible

(courte présentation)

Réédité, 17 pages, broché

Frais d’expédition

Editions Le Luthérien 6a Place d’Austerlitz

67340 Strasbourg

Image de la couverture : Frédéric Bohy

Le présent volume est également disponible auprès des

Editions Le Luthérien 6a Place d’Austerlitz 67340 Strasbourg

A l’attention des lecteurs !

La traduction de la Bible que j’ai utilisée est la version Segond 21, adoptée par l’Eglise Evangélique Luthérienne - Synode de France.

Toutefois, lorsque la traduction m’a paru discutable (par exemple « changement d’attitude » au lieu de « repentance »), j’ai repris une version antérieure de Segond ; occasionnellement aussi celle de L’Ecole biblique de Jérusalem (1961), auquel cas, je l’ai signalé dans une note en bas de page.

Le présent recueil est proposé aux personnes désireuses d’approfondir leurs connaissances en matière de foi biblique, et tout particulièrement à celles qui sont éloignées d’une paroisse ou empêchées de participer au culte d’adoration dans une église respectueuse de la Parole de Dieu. Ce recueil pourra aussi servir aux lecteurs et aux diacres chargés de remplacer le pasteur un dimanche, ou au pasteur lui-même, souvent pris par le temps.

Concernant le choix des textes, je n’ai pas suivi de péricope particulière. Je n’en ai pas moins respecté les thèmes traditionnellement proposés pour les différents dimanches et jours de fête de l’année, en essayant, par le choix des textes, de couvrir les principaux enseignements bibliques. Je me suis appliqué à exposer les saintes vérités dans un esprit d’entière fidélité aux textes sacrés que j’ai sondés avec application pour en recueillir les précieuses pépites.

Je me suis efforcé de m’exprimer dans un style clair et simple. Toujours dans un but de clarté, j’ai formulé le thème du sermon dans le titre qui fait suite à l’introduction. Des sous-titres organisent l’exposé en deux ou trois parties distinctes, chacune comportant une application à la vie du chrétien dans le contexte du monde actuel.

Que Dieu, dans sa grâce, bénisse la lecture de cet ouvrage et qu'il illumine les cœurs par la puissante et bienfaisante lumière de sa Parole ; qu’il apporte à chacun paix, joie et réconfort, dans la certitude, en Jésus-Christ, de la résurrection pour la Vie éternelle !

Frédéric Bohy, pasteur retraité

Mulhouse, janvier 2023

P.S. Sincères remerciements à toutes les personnes qui m’ont fait l’amitié de relire le manuscrit et y ont consacré beaucoup de temps.

Table des matières

1

er

dimanche de l’Avent La joie de Zacharie

Luc 1.67-79

2

e

dimanche de l’Avent Une ère de gloire pour Sion

Michée 3.12-4.4

3

e

dimanche de l’Avent « Es-tu celui qui doit venir ? »

Matthieu 11.2-6

4

e

dimanche de l’Avent Jean-Baptiste, prédicateur de la repentance

Luc 3.2b-14

Veillée de Noël La petite crèche

Luc 2.10-12

Noël Un surprenant échange

2 Corinthiens 8.9

Dimanche après Noël Siméon prend l’Enfant Jésus dans ses bras

Luc 2.25-35

Saint-Sylvestre « Mené, Mené, Teqél, Parsîn »

Daniel 5.1-9, 13, 16-30 et 6.1

Epiphanie Jésus, lumière des nations

Esaïe 49.1-6

1

er

dim. ap. l’Epiphanie Marie et Joseph ont perdu Jésus

Luc 2.41-52

2e dim. ap. l’Epiphanie Nathanaël rencontre Jésus

Jean 1.43-51

3e dim. ap. l’Epiphanie Premier miracle de Jésus

Jean 2.1-11

4e dim. ap. l’Epiphanie La conversion de l’Ethiopien

Actes 8.26-39

Transfiguration La transfiguration de Jésus

Matthieu 17.1-8

Septuagésime La chute d’Adam et d’Eve (1)

Genèse 3.1-8

Sexagésime La chute d’Adam et d’Eve (2)

Genèse 3.7-20

Quinquagésime Un croyant dans l’épreuve

Job 2.3-13 et 4.1-9

Invocavit Jésus tenté par le diable

Matthieu 4.1-11

Reminiscere Le sacrifice d’Isaac

Genèse 22.1-14

Oculi La grâce faite à Manassé

2 Chroniques 33.1-7 ; 10-16

Laetare Le serpent d’airain et le regard de la foi

Nombres 21.4-9

Judica Le douloureux temps de la Passion

Marc 8.31-38

Dimanche des Rameaux Qui est ce Jésus monté sur un ânon ?

Jean 12.12-19

Jeudi Saint « Pessah » : Dieu épargne le pécheur

Matthieu 26.17-30

Vendredi Saint Trois événements miraculeux à la mort de Jésus

Matthieu 27.50-53

Pâques Preuves de la résurrection du Christ

Matthieu 28.1-15

2

e

jour de Pâques Le corps de la résurrection

1 Corinthiens 15.35-50

Quasimodo Geniti Jésus met un terme à l’incrédulité de Thomas

Jean 20.24-29

Misericordias Domini « Je suis le bon Berger »

Jean 10.10-18

Jubilate Joie – Prière – Actions de grâce

1 Thessaloniciens 5.16-18

Cantate La conversion du geôlier de Philippes

Actes 16. 25-34

Rogate « Tout ce que vous demanderez en mon nom »

Jean 16.23b

Ascension L’Ascension du Seigneur

Marc 16.19-20

Exaudi Le message de la croix, une folie ?

1 Corinthiens 1.17b-25

Pentecôte Le puissant discours de Pierre

Actes 2.14a ; 22-24 ; 32-41

Trinité Dieu Père, Fils et Saint-Esprit

Matthieu 3.13-17

1

er

dim. ap. la Trinité La dramatique réalité de l’enfer

Luc 16.19-31

2

e

dim. ap. la Trinité Foi et bonnes œuvres

Ephésiens 2.8-10

3

e

dim. ap. la Trinité « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant »

Matthieu 16.13-18

4

e

dim. ap. la Trinité « Soyez miséricordieux ! »

Luc 6.36-42

5

e

dim. ap. la Trinité « Ne vous vengez pas, bien-aimés !»

Romains 12.17-21

6

e

dim. ap. la Trinité La colère de Dieu envers l’humanité déchue

Romains 1.18-31

7

e

dim. ap. la Trinité Multiplication des pains et des poissons

Jean 6.1-15

8

e

dim. ap. la Trinité Michée : un prophète fidèle

1 Rois 22.1-37

9

e

dim. ap. la Trinité La femme samaritaine (1) - l’« eau vive »

Jean 4.3-15

10

e

dim. ap. la Trinité La femme samaritaine (2) - le Messie

Jean 4.13-20

11

e

dim. ap. la Trinité La femme samaritaine (3) - sa conversion

Jean 4.27-38

12

e

dim. ap. la Trinité La femme samaritaine (4) - son témoignage

Jean 4.27-30 ; 39-42

13

e

dim. ap. la Trinité Les Saintes Ecritures

2 Timothée 3.14-17

14

e

dim. ap. la Trinité Dieu veut votre sanctification !

1 Thessaloniciens 4.1-12

15

e

dim. ap. la Trinité « Ne vous inquiétez pas ! »

Matthieu 6.24-34

16

e

dim. ap. la Trinité La guérison du paralytique

Marc 2.1-12

17

e

dim. ap. la Trinité Jésus vient ; la mort recule !

Luc 7.11-17

18

e

dim. ap. la Trinité La puissance de la Parole unie à l’eau

2 Rois 5.1-16

19

e

dim. ap. la Trinité « Augmente notre foi ! »

Luc 17.5

20

e

dim. ap. la Trinité Paul à Athènes

Actes 17.22-34

21

e

dim. ap. la Trinité (ou Réformation) Commémoration d’un haut-fait de Dieu

Josué 3.15 à 4.7

22

e

dim. ap. la Trinité Paul stimule la bienfaisance

2 Corinthiens 8.1-9 / 9.12-15 Corinthiens

Antépénultième dim. Les signes de la Fin

Matthieu 24.1-14 / 27-31

Avant dernier dim. Le Jugement dernier

Matthieu 25.31-46

Dernier dimanche L’Eglise parvenue au Ciel

Apocalypse 7.9-17

Liste des textes de prédication

Ancien Testament

Genèse 3.1-8

Genèse 3.7-20

Genèse 22.1-14

Nombres 21.4-9

Josué 3.15 à 4.7

1 Rois 22.1-37

2 Rois 5.1-16

2 Chroniques 33.1-7ss

Job 2.3-13 ; 4.1-9

Esaïe 49.1-6

Daniel 5. 1-9

Michée 3.12-4.4

Nouveau Testament

Matthieu 3.13-17

Matthieu 4.1-11

Matthieu 6.24-34

Matthieu 11.2-6

Matthieu 16.13-18

Matthieu 17.1-8

Matthieu 24.1-14 / 27-31

Matthieu 25.31-46

Matthieu 26.17-30

Matthieu 27.50-53

Matthieu 28.1-15

Marc 2.1-12

Marc 8.31-38

Marc 16.19-20

Luc 1.67-79

Luc 2.10-12

Luc 2.25-35

Luc 2.41-52

Luc 3.2b-14

Luc 6. 36-42

Luc 7.11-17

Luc 16. 19-31

Luc 17.5

Jean 1.43-51

Jean 2.1-11

Jean 4.3-15

Jean 4.13-20

Jean 4.27-38

Jean 4.27-30 ss

Jean 6.1-15

Jean 10.10-18

Jean 12.12-19

Jean 16.23b

Jean 20.24-29

Actes 2.14a ; 22-24 ss

Actes 8.26-39

Actes 16.25-34

Actes 17.22-34

Romains 1.18-31

Romains 12.17-21

1 Corinthiens 1.17b-25

1 Corinthiens 15.35-50

2 Corinthiens 8.9

2 Corinthiens 8.1-9 ss

Ephésiens 2.8-10

1 Thessalon. 4.1-12

1 Thessalon. 5.16-18

2 Timothée 3.14-17

Apocalypse 7.9-17

1er dimanche de l’Avent

Luc 1.67-79

67 Son père Zacharie fut rempli du Saint-Esprit et prophétisa en ces termes : 68 « Béni soit le Seigneur, le Dieu d'Israël, parce qu'il a visité et racheté son peuple. 69 Il nous a suscité une corne de salut dans la famille de son serviteur David.70 C'est ce qu'il avait annoncé par la bouche de ses saints prophètes des temps anciens :71 un Sauveur qui nous délivre de nos ennemis et de la domination de tous ceux qui nous détestent ! 72 Ainsi, il manifeste sa bonté envers nos ancêtres et se souvient de sa sainte alliance,73 conformément au serment qu'il avait fait à Abraham, notre ancêtre : 74 il avait juré qu'après nous avoir délivrés de nos ennemis il nous accorderait de le servir sans crainte,75 en marchant devant lui dans la sainteté et dans la justice tous les jours de notre vie.

76 Et toi, petit enfant, tu seras appelé prophète du Très-Haut, car tu marcheras sous le regard du Seigneur pour préparer ses chemins 77 et pour donner à son peuple la connaissance du salut par le pardon de ses péchés, 78 grâce aux entrailles de la miséricorde de notre Dieu. Grâce à elle, le soleil levant nous a visités d'en haut 79 pour éclairer ceux qui sont assis dans les ténèbres et dans l'ombre de la mort, pour diriger nos pas sur le chemin de la paix. »

Chers frères et sœurs !

Il y a beaucoup de joie dans la maison de Zacharie et de son épouse Elisabeth : c’est jour de fête, car leur bébé de huit jours a été circoncis selon la loi de Dieu. Tout à son bonheur, l’heureux père se répand en louanges : « Béni soit le Seigneur, le Dieu d'Israël ! » (v.68)

Les motifs de la joie du couple – et de Zacharie en particulier – sont multiples :

– la naissance d’un enfant en elle-même est toujours source de bonheur ;

– ensuite, la venue de cet enfant est un vrai miracle, car le couple est stérile et âgé ;

– à cela s’ajoute le fait que, tout comme le baptême aujourd’hui, la circoncision fait entrer un bébé dans l’alliance de grâce : il devient un membre du peuple de Dieu ;

– et surtout, Zacharie sait que la naissance de son fils prélude à celle du Sauveur du monde. C’est donc la joie de l’Avent qui l’anime ; une joie que le vieux prêtre exprime dans ce que l’on appelle “le Cantique de Zacharie”, également connu sous le nom de “Benedictus”.

Examinons plus précisément les motifs de

La joie de Zacharie

Il sait que la venue du Sauveur est imminente

Il sait que son fils Jean sera son Précurseur

1. La naissance du Sauveur est imminente

Neuf mois auparavant, Zacharie, sacrificateur de l’Eternel, officiait dans le temple de Jérusalem quand l’ange Gabriel lui apparut pour lui annoncer une étonnante nouvelle : en dépit de leur âge avancé et de la stérilité du couple, Elisabeth sera enceinte. Pour n’avoir pas voulu croire cette annonce, Zacharie fut frappé de mutisme.

Et voilà que l’enfant est né. Huit jours plus tard, il est circoncis.

Quand on demande à Zacharie le nom de son fils, il écrit sur une tablette : « Il sera appelé Jean. »

Comme souvent dans la Bible, les noms des personnages sont motivés : Jean – de l’hébreu “yôhânân” – signifie “Dieu sauve” ou “Dieu fait grâce”. Dans ce nom est donc déjà exprimée la promesse du salut.

Ayant recouvré la parole, Zacharie loue Dieu en ces termes : « Béni soit le Seigneur, le Dieu d'Israël, de ce qu'il a visité et racheté son peuple. Il nous a suscité une corne de salut dans la famille de son serviteur David. » (v.68,69)

Le vieux prêtre déborde de joie parce qu’il sait qu’un événement prodigieux est en train de se préparer : la naissance de son fils sera en effet suivie de celle du Sauveur de l’humanité ! L’horloge du monde va maintenant sonner l’heure solennelle de la venue du Messie, c’est-à-dire du Christ.

Comment Zacharie sait-il cela ?

Il le sait parce que l’ange lui avait annoncé que son fils « sera grand devant le Seigneur » et qu’ « il marchera devant Dieu avec l’esprit et la puissance d’Elie »(Luc 1.15,17). Le fait que le petit Jean « marchera devant Dieu », – plus précisément devant le Fils de Dieu – indique que la venue du Messie est imminente.

Zacharie sait même que le divin Sauveur naîtra six mois plus tard. Car son épouse Elisabeth était au sixième mois quand l’ange Gabriel annonça à Marie qu’elle serait enceinte du Saint-Esprit. Marie s’était alors rendue auprès de Zacharie et d’Elisabeth pour leur faire part de l’étonnante nouvelle.

Il n’y a donc aucun doute : le processus du salut de l’humanité est bel et bien enclenché ! D’où la jubilation de Zacharie : « Béni soit le Seigneur, le Dieu d'Israël, parce qu'il a visité et racheté son peuple. »

Du haut du Ciel, Dieu a vu les malheurs de son peuple et a décidé de le « visiter », c’est-à-dire de venir dans le monde en la personne de son Fils pour le délivrer de ses ennemis spirituels.

Bien que le processus du salut n’en soit encore qu’à son tout début, Zacharie s’exprime au présent comme si la délivrance était déjà réalisée : « Il nous a suscité une corne de salut dans la famille de son serviteur David. »

L’image de la « corne de salut » est éloquente et désigne Jésus comme le puissant Sauveur. A quoi sert la corne d’un animal ? A combattre, à attaquer, à se défendre ; pensez aux cornes d’un taureau ou d’un buffle… qu’il vaut mieux éviter. Eh bien ! Jésus transpercera les ennemis du peuple à coups de cornes et anéantira leur pouvoir.

David, l’illustre roi d’Israël, qui a régné quelque mille ans auparavant, est l’ancêtre de Jésus. Il était lui-même une « corne du salut », un combattant courageux et redoutable : adolescent, il a terrassé le géant Goliath à l’aide d’une fronde et d’un simple caillou, délivrant ainsi Israël de la main des Philistins.

Jésus aura le courage et l’efficacité de son illustre aïeul. Mais lui n’aura pas à combattre des ennemis humains, mais spirituels, autrement dangereux.

« C’est ce qu’il avait annoncé par la bouche de ses saints prophètes des temps anciens. » (v.70)

Quand Dieu fait une promesse, il tient parole. La naissance du petit Jean en apporte une nouvelle preuve. Maintenant vont s’accomplir l’une après l’autre les nombreuses prophéties de l’Ancien Testament relatives à la venue d’un Sauveur, à commencer par l’antique promesse faite à Adam et Eve d’un Sauveur qui naîtrait d’une femme et écraserait la tête du serpent, c’est-à-dire du diable.

Mais les autres prophéties vont également s’accomplir.

Esaïe annonce que le Sauveur naîtra d’une vierge. Et voilà que Marie, la pure jeune fille, est enceinte par la vertu du Saint-Esprit.

Michée prophétise qu’il viendra au monde à Bethléhem. Et voilà qu’en ordonnant un recensement de la population de son vaste empire, l’empereur Auguste va conduire Marie enceinte dans cette localité.

Dans son célèbre chapitre 53, Esaïe décrit avec beaucoup de réalisme les souffrances et la mort expiatoire du Sauveur : ces paroles s’accompliront de façon saisissante quand Jésus mourra sur la croix de Golgotha. Le vieux Zacharie ne sera alors plus là pour assister à la scène. Mais par la foi, il voit d’avance la Passion du Christ.

« ... Un Sauveur qui nous délivre de nos ennemis et de la domination de tous ceux qui nous détestent ! » (v.71)

Zacharie ne pense pas à des ennemis politiques, à des envahisseurs étrangers ou à l’occupant romain, mais à ces ennemis cruels que sont le péché qui place les hommes sous la colère de Dieu, Satan qui veut les entraîner en enfer, et la mort, synonyme de souffrances éternelles.

Voilà les tyrans que devra combattre et vaincre le Sauveur qui naîtra à Bethléhem !

« Ainsi, il manifeste sa bonté envers nos ancêtres et se souvient de sa sainte alliance, conformément au serment qu’il avait fait à Abraham, notre ancêtre... » (v.72,73)

Zacharie tient à souligner une fois de plus la bonté et la fidélité de Dieu : connaissant la lenteur du peuple à croire, l’Eternel est allé jusqu’à jurer à Abraham qu’il bénirait Israël et le monde entier par l’envoi d’un Sauveur : « Je le jure par moi-même … Toutes les nations de la terre seront bénies en ta descendance »(Genèse 22.16,18).

Depuis, deux mille ans se sont écoulés. Dieu n’a pas oublié : le Sauveur est maintenant sur le point de venir au monde…

Le vieux prêtre ajoute : « Après nous avoir délivrés de nos ennemis, il nous accordera de le servir sans crainte, en marchant devant lui dans la sainteté et dans la justice tous les jours de notre vie. » (v.74, 75)

Ce n’est pas là le moindre mérite de la « corne du salut » : elle ne libérera pas seulement les hommes du péché, de la mort et du diable, mais remplira aussi leur cœur d’amour et de gratitude envers Dieu et leur donnera la volonté et la capacité de l’honorer par une vie pure.

Susciter à Dieu un peuple nouveau qui le sert avec amour, telle est la finalité du plan de salut.

Chers amis !

Voyez comme Zacharie exulte de joie à la pensée de la venue imminente du Sauveur ! En esprit, il voit déjà se dérouler toute l’œuvre de la Rédemption conformément aux prophéties de l’Ancien Testament.

Or nous, nous avons beaucoup plus que Zacharie : nous avons devant les yeux l’accomplissement de toutes les prophéties. Les Evangiles nous offrent un panorama complet et circonstancié de l’œuvre rédemptrice du Christ. Je ne sais pas si, six mois plus tard, le vieux Zacharie a encore pu se rendre à Bethléhem pour contempler l’enfant nouveau-né dans la crèche. L’Evangile n’en dit rien. Nous, par contre, nous avons le privilège d’entendre l’annonce que l’ange adresse aux bergers : « Aujourd’hui, dans la ville de David, il vous est né un Sauveur, qui est le Christ, le Seigneur ! »(Luc 2.11). Nous pouvons nous pencher sur la crèche pour contempler l’enfant divin.

Zacharie était certainement mort quand Jésus a débuté son ministère trente ans plus tard. Nous, en revanche, nous avons le bonheur d’entendre Jésus prêcher l’Evangile et de voir ses miracles. Nous avons devant les yeux la scène de sa crucifixion. Nous percevons son cri de victoire : « Tout est accompli ! »(Jean 19.30), de même que la glorieuse proclamation de l’ange devant le tombeau vide au matin de Pâques : « Il n’est pas ici ! Il est ressuscité ! »(Matthieu 28.6)

Ce temps de l’Avent est donc pour nous aussi un temps de joie, car le petit Jean est né et la venue du Sauveur est imminente !

Noël frappe à notre porte !

Voici l’autre motif de la joie du vieux prêtre :

2. Il sait que Jean sera le Précurseur du Christ

« Et toi, petit enfant, tu seras appelé prophète du Très-Haut. » (v.76)

Zacharie est très heureux et très fier d’être le papa de celui que Dieu a choisi pour annoncer au peuple la venue du Sauveur et préparer les cœurs à l’accueillir. Dieu va en effet confier au petit Jean – que l’on connaîtra plus tard sous le nom de Jean-Baptiste – la mission prestigieuse de « prophète du Très-Haut ».

Le mot « Très-Haut » désigne Dieu ; Jésus est en effet le Fils de Dieu, et Jean aura l’honneur insigne d’être son « prophète ».

Dans l’Ancien Testament, tous les prophètes étaient des porte-parole de Dieu, chargés d’annoncer la venue future du Sauveur. Mais la mission de Jean sera différente en ce sens qu’il aura l’honneur d’annoncer la venue effective du Sauveur ! Les autres prophètes disaient : « Il viendra ! » ; Jean dira : « Il est venu ! ».

Son rôle consistera en outre à précéder le Fils de Dieu : « Il marchera devant Dieu » ! – ce qu’aucun autre prophète n’a eu le privilège de faire.

Dans le temple, l’ange Gabriel avait annoncé à Zacharie : « [Ton fils] sera pour toi un sujet de joie … Car il sera grand devant le Seigneur … Il marchera devant Dieu avec l’esprit et la puissance d’Elie … afin de préparer pour le Seigneur un peuple bien disposé. »(Luc 1.14,15,17)

Le vieux père, s’adressant maintenant à son fils, s’exprime en des termes presque identiques : « Tu marcheras sous le regard du Seigneur pour préparer ses chemins et pour donner à son peuple la connaissance du salut par le pardon de ses péchés. » (v.76.77)

Le petit Jean ne comprend évidemment pas les paroles de son père. Mais c’est à l’intention de ses hôtes que Zacharie les prononce.

Le rôle de Jean sera donc celui de “précurseur” du Christ, de celui qui ouvre le chemin au roi, du “héraut” qui dans l’Antiquité annonçait son entrée solennelle dans la ville.

C’est au bord du Jourdain que Jean remplira sa mission de « prophète du Très-Haut » et de précurseur. C’est là qu’il proclamera la venue du Sauveur. Il préparera le chemin du Seigneur dans les cœurs en prêchant « le baptême de repentance pour le pardon des péchés ». (Marc 1.4) Il exhortera la foule à se repentir des péchés et à recevoir le pardon par le baptême. Et lorsque Jésus viendra à lui, il le présentera en ces termes : « Voici l'agneau de Dieu qui enlève les péchés du monde. »(Jean 1.29)

La mission de Jean-Baptiste sera de la plus haute importance.

Zacharie ne verra pas son fils à l’œuvre, mais cela ne l’empêche pas de se réjouir par avance ! Tout à son bonheur, le vieil homme célèbre encore une fois – et en termes très poétiques – la grandeur de l’amour de Dieu : « Grâce aux entrailles de la miséricorde de notre Dieu, le soleil levant nous a visités d'en haut pour éclairer ceux qui sont assis dans les ténèbres et dans l'ombre de la mort, pour diriger nos pas dans le chemin de la paix. » (v.78,79)

« Les entrailles de la miséricorde de notre Dieu » : certaines traductions préfèrent parler de « la profonde bonté de notre Dieu ».

Gardons l’image si parlante de la miséricorde “viscérale” de Dieu, de ce Dieu bon ”jusqu’au plus profond de son être”. C’est en effet sa miséricorde – et elle seule – qui a déterminé Dieu à faire briller la lumière vivifiante de l’Evangile dans le monde, afin que les hommes cessent de tourner en rond dans la nuit mortelle du péché et trouvent le chemin du salut.

Zacharie peut donc légitimement être fier du glorieux destin du petit enfant.

Mais ce qui le ravit par-dessus tout, c’est de savoir que de nombreuses âmes seront sauvées par son ministère : Jean n’est pas le Sauveur ; en revanche, il conduira beaucoup d’âmes à Jésus, l’unique Sauveur.

Chers amis !

Lorsqu’un fils se destine au ministère de pasteur, de missionnaire, d’aumônier, de diacre, les parents croyants éprouvent la même joie que Zacharie à la pensée qu’il va consacrer sa vie – ou du moins une partie de son temps – au service de Dieu pour conduire des âmes à Jésus. En exhortant les pécheurs à la repentance et à la foi, il fera lui aussi œuvre de “précurseur” du Christ !

Tous les pères et tous les parents chrétiens n’ont pas le bonheur de voir leur fils devenir pasteur !

Mais sachez que vous-mêmes, vous pouvez devenir des “précurseurs” du Christ et revêtir la fonction gratifiante de « prophète du Très-Haut » ! Dieu invite chaque croyant et chaque croyante à faire usage de ses dons pour parler de Jésus et devenir prophète ou prêtre de Dieu. Pierre n’a-t-il pas dit : « Vous êtes un peuple choisi, des prêtres royaux […], afin de proclamer les louanges de celui qui vous a appelés des ténèbres à sa merveilleuse lumière »(1 Pierre 2.9) ?

Voici un exemple très simple de la manière dont vous pouvez rendre témoignage à Jésus en cette période bénie de l’année.

Noël approche à grands pas. Tout le monde se prépare pour la fête. Mais rares sont ceux qui, de nos jours, connaissent encore la vraie signification de Noël ! On parle bien du “petit Jésus”, mais c’est un peu court… On chante bien “Petit papa Noël”, mais cela ne veut rien dire !

Alors, profitez-en pour expliquer à tous ceux qui l’ignorent, que l’enfant de la crèche, le “petit Jésus”, est le Fils de Dieu devenu homme. Il a quitté les demeures célestes pour venir dans notre triste monde, afin d’accomplir l’œuvre magnifique du rachat de l’humanité.

Frères et sœurs !

En ce temps de l’Avent et de Noël, laissons-nous gagner par la joie débordante de Zacharie et joignons nos voix à la sienne pour louer Dieu en disant : « Béni soit le Seigneur de ce qu’il a visité et racheté son peuple. Il nous a donné un puissant Sauveur ! » Amen

2e dimanche de l’Avent

Michée 3.12 – 4.4

12 C'est pourquoi, à cause de vous, Sion sera labourée comme un champ, Jérusalem deviendra un tas de ruines, et le mont du temple une hauteur couverte de buissons. 4.1 Il arrivera, dans l’avenir, que la montagne de la maison de l'Eternel sera fondée au sommet des montagnes. Elle s'élèvera au-dessus des collines et des peuples y afflueront. 2 Des nations s'y rendront en foule et diront : « Venez, montons à la montagne de l'Eternel, à la maison du Dieu de Jacob ! Il nous enseignera ses voies et nous marcherons dans ses sentiers. »

En effet, c’est de Sion que sortira la loi, et de Jérusalem la parole de l'Eternel. 3 Il sera le juge d'un grand nombre de peuples, l'arbitre de nations puissantes, lointaines. Celles-ci mettront en pièces leurs épées pour en faire des socs de charrue, et leurs lances pour en faire des serpes : aucune nation ne prendra plus les armes contre une autre et l'on n’apprendra plus à faire la guerre. 4 Ils habiteront chacun au milieu de ses vignes et de ses figuiers, et il n'y aura personne pour les troubler, car la bouche de l'Eternel, le maître de l’univers, a parlé.

On peut considérer les prophètes de l’Ancien Testament comme des serviteurs de Dieu auxquels le Saint-Esprit a accordé des révélations particulières leur permettant d’apercevoir de loin, comme au moyen d’une longue-vue, des événements importants en rapport avec le salut de l’humanité.

C’est ainsi que Michée, prophète du VIIIe siècle avant Jésus-Christ et contemporain d’Esaïe, voit se profiler au loin l’ère bénie du Nouveau Testament. Il l’annonce en ces termes : « Il arrivera, dans l’avenir… » ou selon une autre traduction : « Il arrivera dans la suite des temps. »

Cette ère nouvelle débutera avec la venue du Sauveur et s’achèvera à la fin des temps, pour déboucher sur l’éternité.

Quand cette période commencera-t-elle ? Cela, Michée ne le savait pas. En revanche, nous, croyants du Nouveau Testament, nous savons qu’elle a débuté à Noël, avec la naissance de Jésus. Mais, pas plus que Michée, nous ne savons quand elle s’achèvera.

Ce que Michée voit par avance, ce sont des événements très réjouissants et glorieux liés à la venue du Sauveur et à l’annonce de l’Evangile. Michée les évoque sous forme d’images et en parle comme d’un profond bouleversement qui affectera Israël et en particulier la montagne de Sion, l’une des collines sur lesquelles Jérusalem est bâtie.

Frères et sœurs ! En tant que croyants du Nouveau Testament, nous vivons dans ce que Michée appelle « la suite des temps » ; un temps béni que le prophète décrit comme

Une ère de gloire pour Sion

En effet,

Sion deviendra la montagne la plus élevée

Elle connaîtra une affluence record

Elle sera la montagne où règne la paix

1. Sion deviendra la montagne la plus élevée

Colline comme il en existe tant d’autres en Israël, Sion s’élève à quelque 760 mètres d’altitude. Elle devait sa notoriété au fait que le palais des rois, le temple et une partie de la ville de Jérusalem y étaient édifiés1.

C’est surtout à « la maison de l’Eternel » – donc au temple – qu’elle devait sa gloire, car c’est là que Dieu était présent dans sa grâce et qu’avaient lieu les sacrifices d’animaux préfigurant celui du Christ.

Sion était ainsi le haut-lieu de la proclamation du salut de Dieu, la montagne sainte pour les croyants d’Israël.

… Des croyants, hélas ! de moins en moins nombreux.

Le prophète Michée ne manque pas de stigmatiser l’incrédulité croissante de ses contemporains, et en particulier la corruption des autorités civiles et religieuses qui rejettent les appels à la repentance. Il voit se profiler à l’horizon le terrible châtiment de la colère divine.

La catastrophe ne se produira pas dans l’immédiat, mais plus d’un siècle plus tard, en l’an 586, lorsque les armées babyloniennes investiront Jérusalem et transformeront Sion en champ de ruine : « Sion sera labourée comme un champ ; Jérusalem deviendra un tas de ruines, et le mont une hauteur couverte de buissons. » (3.12)

Cette description donne une idée de l’étendue de la désolation qui règnera en ces lieux jusque-là si glorieux. La ruine est totale : plus de temple, plus de palais, plus d’habitations, plus d’habitants. L’espace, nivelé, est désormais une friche et un lieu désertique. Et surtout, Dieu lui-même a délaissé les lieux.

Pour Sion, c’est la déchéance, l’humiliation et la honte.

Sera-ce la fin de Sion et de sa gloire en tant que montagne sainte ?

Non ! Immédiatement après l’annonce de ces malheurs, et sans transition, le prophète proclame ceci : « Il arrivera, dans l’avenir, que la montagne de la maison de l’Eternel sera fondée au sommet des montagnes. Elle s’élèvera au-dessus des collines. » (4.1)

Ces paroles s’adressent au petit reste de croyants fidèles et sont destinées à les consoler : certes, le peuple a été infidèle, mais Dieu, lui, reste fidèle et n’oublie pas ses promesses.

Sous forme d’image très parlante, le prophète annonce la restauration de la gloire de Sion « dans la suite des temps ». Sion, qui n’est finalement qu’une grande colline, va s’élever au point de dépasser non seulement les autres collines, mais également les montagnes environnantes et celles de la terre entière.

Ce qui n’est pas peu dire !

C’est un peu comme si les montagnes entraient en compétition, chacune voulant être plus haute que l’autre : le plateau du Golan au nord-est d’Israël et les monts de Galilée au nord culminent à environ 1200 mètres ; plus au nord encore, le mont Hermon atteint les 2800 mètres. Et ne parlons pas du massif des Alpes ou de l’Himalaya ! A côté de ces géants, la colline de Sion fait piètre figure !

Et pourtant, cette compétition, c’est Sion qui va la remporter !

Dans un de ses psaumes, David demande : « Montagne du Basan […], pourquoi montagnes aux nombreuses cimes êtes-vous jalouses de la montagne [de Sion] que Dieu a choisie pour résidence ? »(Psaume 68.16)

Eh bien maintenant, les montagnes de la terre entière auront vraiment sujet d’être jalouses, car Sion va s’élever au-dessus de chacune d’elles !

Bien entendu, la nouvelle altitude de Sion sera à comprendre au sens d’une altitude spirituelle : c’est la gloire de Dieu qui la lui conférera, une gloire bien supérieure à celle qu’elle possédait auparavant. En effet, nous apprend Michée, « c’est de Sion que sortira la loi, et de Jérusalem la Parole de l’Eternel. » (4.2c)

Sion sera vraiment un endroit unique au monde, en ce sens que c’est là que retentira la merveilleuse nouvelle du salut de l’humanité !

Ce salut avait déjà été proclamé auparavant en Sion, mais sous forme de promesse. Cette promesse va maintenant s’accomplir avec la venue de Jésus qui mourra sur une croix en expiation des péchés du monde.

C’est donc un message de pardon, de résurrection et de Vie qui retentira puissamment en ces lieux et qui conférera à cette colline une notoriété mondiale.

Cette Bonne Nouvelle – autrement dit l’Evangile du salut par la foi en Jésus-Christ – ne sera pas seulement proclamée en Sion et à Jérusalem, mais dans tout Israël. Elle le sera d’abord par Jésus lui-même, puis par les disciples qui la porteront bien au-delà des frontières d’Israël, suivant les instructions du Seigneur et la promesse faite le jour de son Ascension : « Le Saint-Esprit viendra sur vous, et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie et jusqu’aux extrémités de la terre. »(Actes1.8)

Cette glorieuse annonce du salut se poursuivra jusqu’au Dernier Jour.

C’est donc grâce la proclamation de l’Evangile que la colline de Sion s’élèvera à une hauteur telle qu’elle sera visible en tous points du globe !

Frères et sœurs, voilà pourquoi nous qui vivons à des milliers de kilomètres d’Israël, nous apercevons nous aussi la fameuse colline d’où est sortie « la Parole de l’Eternel ».

Et Dieu n’a pas seulement veillé à ce que la précieuse Parole de Vie et de salut soit transmise oralement, mais également à ce qu’elle le soit sous forme écrite. En effet, c’est aussi de Sion et de Jérusalem – au sens large – que nous sont parvenus les récits des évangélistes qui relatent la vie et l’œuvre de Jésus, ainsi que les Epîtres des apôtres qui exposent en détail la Bonne Nouvelle du pardon gratuit.

Voyons à présent que de cette notoriété, il s’ensuit que

2. Sion connaîtra une formidable affluence

Suite à la catastrophe qui s’est abattue sur Sion avec l’invasion des armées babyloniennes, la colline était non seulement devenue un vaste champ de ruine et une friche couverte de buissons, mais également un désert humain ; elle avait été vidée de ses habitants, les uns ayant été massacrés, les autres déportés. Des bêtes sauvages hantaient les lieux.

Et voici que « dans la suite des temps » – donc avec la venue de Jésus –, Sion va de nouveau s’animer : « Des peuples y afflueront ; des nations s’y rendront en foule, et diront : Venez, et montons à la montagne de l’Eternel, à la maison du Dieu de Jacob... » (4.1,2a)

Quelle métamorphose pour cette montagne qui non seulement s’élèvera très haut, mais attirera aussi des foules très nombreuses !

Avant la destruction de la ville et du temple, ce lieu saint drainait des pèlerins de partout en Israël, notamment à l’occasion des grandes fêtes juives comme la Pâque et la Pentecôte.

Dans les temps futurs annoncés par Michée, ce ne sera pas seulement un petit reste de croyants juifs qui montera à Sion, mais des foules entières y afflueront de tous les points du globe ; des gens par milliers et même par millions, de toutes races, de toutes couleurs, de toutes cultures. Ils s’encourageront les uns les autres en disant : « Venez, et montons à la montagne de l’Eternel, à la maison du Dieu de Jacob. »

Il n’y aura cependant plus de temple en pierre sur cette montagne. Car Jésus sera le nouveau temple, un temple de chair, un temple vivant. N’a-t-il pas dit lui-même : « Détruisez-ce temple et en trois jours je le relèverai » (Jean 2.19) ? Il « parlait du temple de son corps » (Jean 2.21).

« De Sion sortira la loi, et de Jérusalem la Parole de l’Eternel. »

Tel un puissant aimant, l’Evangile attire de partout les foules vers Sion ! Elles ont soif d’entendre un message que l’on n'entend nulle part ailleurs. Elles se réjouissent des réconfortantes paroles du Christ : « Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi vivra, même s’il meurt ; et toute personne qui vit et croit en moi ne mourra jamais. »(Jean 11.25,26)

D’aussi belles promesses ne valent-elles pas la peine que l’on se déplace et que l’on accoure de loin ?

Ces foules ne viennent d’ailleurs pas seulement pour recevoir le pardon, mais également – disent-elles – parce que l’Eternel « nous enseignera ses voies, et nous marcherons dans ses sentiers » (4.2b).

Remplies de gratitude envers Dieu et transformées par son amour, toutes ces personnes désirent connaître sa volonté, afin de s’y conformer et de mener une vie nouvelle à la gloire du Sauveur !

On se demande toutefois comment d’aussi grandes foules vont pouvoir se rassembler et tenir sur « la montagne de l’Eternel » où l’espace est nécessairement restreint…

Frères et sœurs ! Rappelez-vous que Michée s’exprime en images : c’est en esprit et par la foi que ces personnes se transportent en Sion ! Cette colline, qui va s’élever à une altitude si élevée, va aussi s’élargir en son sommet pour constituer une esplanade capable d’accueillir tous ces pèlerins !

Voilà comment le prophète évoque la puissante attractivité de l’Evangile du Christ !

Chers amis !

Nombre de personnes prennent l’avion pour se rendre en touriste en Israël. Elles visitent les principaux sites bibliques, puis rentrent chez elles, enrichies par ce qu’elles ont pu voir.

Et nous-mêmes ?

Eh bien, nous nous rendons nous aussi en Israël, mais en esprit – et bien plus vite qu’en avion ! – chaque fois que nous ouvrons la Bible ou que nous écoutons la Parole de Dieu.

En sportifs de la foi que nous sommes – et poussés par l’Esprit saint –, nous avons nous aussi entrepris l’ascension du Mont Sion !

Quel plaisir de le gravir en compagnie de nombreux autres “alpinistes” animés par la même soif de salut ! Ils convergent de partout : certains viennent de très loin, parfois même des zones arctiques ou du fin fond des forêts équatoriales. Ils sont jeunes ou âgés, riches ou pauvres, gens ordinaires comme vous et moi ; parfois, ce sont des princes. Tous sont puissamment attirés par ces lieux.

C’est que là-haut, sur Sion, l’air est pur et vivifiant ! Il y souffle la douce brise de la vie éternelle et de la communion retrouvée avec Dieu. Le panorama est somptueux avec une vue qui s’étend sur tout le pays. De là, on distingue notamment Bethléhem et l’étable dans laquelle Jésus est né, Golgotha où se dresse la croix, et non loin de là, le sépulcre vide du matin de Pâques…

Quelle ascension gratifiante !

Frères et sœurs, n’oubliez pas d’inviter vos parents et vos amis à participer à cette belle expédition en leur disant vous aussi : « Venez, et montons à la montagne de l’Eternel ! », sur Sion où retentit le beau message de l’Evangile !

Enfin, Michée décrit Sion comme

3. La montagne où règne la paix

« Dieu sera le juge d’un grand nombre de peuples, l’arbitre de nations puissantes, lointaines. Celles-ci mettront en pièce leurs épées pour en faire des socs de charrue, et leurs lances pour en faire des serpes. Aucune nation ne prendra plus les armes contre une autre et on n’apprendra plus à faire la guerre. Ils habiteront chacun au milieu de ses vignes et de ses figuiers, et il n’y aura personne pour les troubler. » (4.3,4)

Sion sera un lieu de paix, en contraste total avec ce monde dans lequel les peuples s’entre-déchirent en menant des guerres sanglantes et cruelles, causes de tant de souffrances.

Sur la montagne sainte, la paix sera parfaite : pas le moindre affrontement entre ces peuples pourtant d’origines et de cultures si diverses ! C’est qu’en Sion, tous se sont placés sous l’autorité de « la Parole de l’Eternel » – parole de grâce et de vie, qui les a profondément touchés, renouvelés intérieurement et unis dans un même amour.

Et ne sont-ils pas également venus pour se laisser instruire par l’Eternel, afin de « marcher dans ses sentiers » et d’accomplir sa volonté ?

« Dieu sera le juge » : ils se soumettront de bon gré à l’arbitrage du Seigneur, au lieu de régler leurs différends par les armes. Par conséquent : plus de guerres, plus d’apprentissage de la guerre, plus d’armes de guerre.

Les épées sont transformées en socs de charrue. Ce qui servait à blesser et à tuer sert désormais à labourer les champs et à préparer les semailles pour engranger de belles récoltes.

Les lances deviennent des serpes – des lames courbées et tranchantes –, utiles pour tailler la vigne et la rendre plus productive.

Bref, chacun mène une existence sans nuage dans le cadre idyllique et paradisiaque de son lopin de terre, et récolte des fruits délicieux.

Sion : un véritable havre de paix !

Cela aussi contribue à la gloire de la montagne sainte !

Frères et sœurs !

Nous vivons dans ce que Michée a appelé « la suite des temps » : Jésus est venu et l’Evangile est proclamé dans le monde entier !

Mais où donc est la paix annoncée par Michée ?

Les peuples s’affrontent toujours autant, ce dont nous avons constamment de dramatiques exemples devant les yeux. Et notre pays aussi, quand il n’est pas impliqué dans quelque conflit extérieur, est sans cesse en proie à des tensions. Quoi d’étonnant ? La plupart des gens vivent sans Dieu, dédaignent son offre de grâce et sont indifférents à son amour.

Et pourtant, la paix promise est là !

C’est la paix spirituelle qu’apporte l’Evangile et qui débouchera un jour sur la paix parfaite au Ciel.

De cette paix, nous en jouissons dès maintenant. Elle est dans notre cœur : nous sommes réconciliés avec Dieu ; notre conscience est tranquille ; nous ne craignons ni la mort ni le Jugement.

Nous possédons la paix qu’à Noël les anges ont annoncée aux bergers, la paix que Jésus a offerte à ses disciples avant sa mort : « Je vous donne ma paix ! »(Jean 14.27), également le soir de Pâques : « Que la paix soit avec vous ! »(Jean 20.19) Cette paix est un bien inestimable que les conflits de ce monde détraqué ne sauraient altérer et que rien ne peut nous ravir.

En paix avec Dieu, nous le sommes aussi avec nous-mêmes et… avec les autres.

… Ce qui ne manque pas de se répercuter sur toute notre conduite : par amour pour Jésus, nous nous efforçons de toujours mieux mettre en pratique ses exhortations : « Soyez en paix les uns avec les autres » (Marc 9.50), ou celles de Paul : « Recherchons ce qui contribue à entretenir la paix ! »(Romains 14.19) ; « s’il est possible, dans la mesure où cela dépend de vous, soyez en paix avec tous les hommes. »(Romains 12.18)

Nous devenons ainsi des artisans de paix dans ce monde qui, certes, parle lui aussi de paix, mais ne la réalise jamais de façon durable. Il n’y a pas d’illusion à se faire : par suite du péché, ce monde ne sera jamais vraiment paisible ; d’ailleurs, ce n’est pas ce que Michée a annoncé.

La paix parfaite, nous la connaîtrons un jour dans la Sion céleste.

Frères et sœurs !

Les croyants contemporains de Michée ont certainement été émerveillés et encouragés par cette belle évocation de la gloire future de Sion !

Puissions-nous l’être tout autant par ces images qui jettent une lumière si éclairante sur l’ère bénie du Nouveau Testament dans laquelle nous avons le bonheur de vivre. Amen !

1 A vrai dire, le temple était bâti sur le Mont Morija (2 Chronique 3.1), mais ici, Sion englobe Morija

3e dimanche de l’Avent

Matthieu 11.2-6

2 Or, dans sa prison, Jean avait entendu parler de ce que faisait Christ. Il envoya deux de ses disciples lui demander : 3 « Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ? » 4 Jésus leur répondit : « Allez rapporter à Jean ce que vous entendez et ce que vous voyez : 5 les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent et la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres. 6 Heureux celui pour qui je ne représenterai pas une occasion de chute2 ! »

« Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ? » (v.3)

Oui, au fait ! Qu’est-ce qui prouve que Jésus est le Messie promis, le Fils de Dieu et le Sauveur du monde ?

Jean-Baptiste charge deux de ses disciples d’aller poser la question à l’intéressé lui-même. Précisons que l’expression « celui qui doit venir », courante à l’époque et empruntée au Psaume 118 (« Béni soit celui qui vient au nom de l’Eternel »(Psaume 118.26)), désigne en effet le Messie, autrement dit, le Christ.

Donc, Jésus est-il oui ou non le Messie ?

La question peut surprendre de la part du précurseur du Christ : n’est-ce pas lui qui, au bord du Jourdain, avait présenté Jésus comme « l’agneau de Dieu qui enlève les péchés du monde »(Jean 1.29) ? Ne se souvient-il pas du témoignage que Dieu a rendu à Jésus lors du baptême : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé »(Matthieu 3.17) ? Comment en arrive-t-il maintenant à demander : « Es-tu celui qui doit venir ? »

Certains pensent qu’il s’est pris à douter après qu’Hérode Antipas l’eut fait jeter en prison (Jean avait en effet dénoncé l’adultère du souverain avec la femme de son frère), ou bien qu’il aurait été troublé par le fait que Jésus n’ait pas empêché son incarcération et ne soit pas intervenu pour le délivrer.

Il se pourrait très bien aussi que Jean ait posé la question pour fournir à Jésus l’occasion d’y répondre lui-même avec la sagesse qui est la sienne, afin de convaincre les foules – toujours lentes à croire – qu’il était bien le Sauveur promis.

Quoi qu’il en soit, en ce temps de l’Avent (qui signifie « venue » ou « avènement » du Seigneur), écoutons ce que Jésus répond aux disciples venus lui demander :

« Es-tu celui qui doit venir ? »

Sa réponse tient en deux parties :

« Allez rapporter à Jean ce que vous entendez et ce que vous voyez »

« Heureux celui pour qui je ne serai pas une occasion de chute »

1. « Allez rapporter à Jean ce que vous entendez et ce que vous voyez »

Jésus ne se contente pas de dire : « Oui, c’est bien moi, le Messie et le Sauveur promis ! » Non ! Il attire l’attention des disciples sur les événements étonnants qui se produisent depuis quelque temps un peu partout en Galilée et en Judée ; des événements qui ne manquent pas de surprendre et d’émerveiller les foules : « Les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, et la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres. » (v.5)

Qui est l’auteur de ces signes merveilleux et de ces discours édifiants ? C’est Jésus !

Evoquons d’abord ses miracles.

Dans le passé également, on avait assisté en Israël à de grands prodiges accomplis par des prophètes tels que Moïse, Elie, Elisée... Mais des miracles en aussi grand nombre que maintenant, aussi variés et admirables, on n’avait jamais vu cela en Israël ! Ce sont des guérisons d’aveugles, de sourds, de lépreux, de boiteux… Selon Luc (7.21), le Seigneur était justement en train d’accomplir de tels miracles quand les disciples de Jean-Baptiste sont venus l’interroger. Peu de temps auparavant, il avait ressuscité le jeune homme de Naïn (Luc 7.11ss).

Jésus guérit aussi des démoniaques, des paralysés et bien d‘autres malades ou infirmes.

D’ailleurs, il n’effectue pas que des guérisons, mais également d’autres miracles : à Cana, il change de l’eau en vin. Par deux fois, il multiplie des pains et des poissons et nourrit de grandes foules. Sur le lac de Tibériade, il permet aux pêcheurs bredouilles de ramener une quantité impressionnante de poissons dans leur filet. Lors d’une tempête qui a failli faire sombrer la barque avec ses occupants, il apaise le vent et les flots… Une nuit, les disciples le verront même s’avancer vers eux en marchant sur l’eau !

Il donne en outre des preuves de son omniscience en montrant qu’il peut lire dans les pensées des hommes : « Pourquoi avez-vous de mauvaises pensées dans votre cœur ? », a-t-il demandé aux scribes (Matthieu 9.4). En esprit, il voit ce qui se passe au loin : « Quand tu étais sous le figuier, je t’ai vu »(Jean 1.48), dit-il à Nathanaël.

Partout où Jésus passe, il souffle comme un air de paradis ; la souffrance disparaît ; la tristesse et la peur cèdent le pas à la joie et au bonheur. Comment ne pas reconnaître dans tous ces prodiges et ces signes la présence miraculeuse du Fils de Dieu ?

Ce n’est pas tout ! Jésus ne demande pas seulement aux disciples de rapporter à Jean « ce que vous voyez », mais également « ce que vous entendez ». Et qu’entendent-ils ? « La bonne nouvelle » est « annoncée aux pauvres » ! C’est même cela que nous aurions dû évoquer en premier, car c’est encore plus important que les miracles !

La Bonne Nouvelle, c’est l’Evangile, l’annonce de l’amour de Dieu et du pardon gratuit offert au pécheur repentant.

L’Evangile n’est pas non plus une nouveauté en Israël. Il avait été proclamé durant tout le temps de l’Ancien Testament. Dieu l’avait même déjà annoncé à Adam et Eve après la chute au paradis (Genèse 3.15).

Mais jamais, il n’a été proclamé avec autant d’éclat et de force que maintenant. Souvenez-vous par exemple de ces magnifiques paroles de Jésus dans l’Evangile de Jean : « Dieu a tant aimé le monde, qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle. »(Jean 3.16)

L’Evangile est vraiment une nouvelle merveilleuse, surprenante et inouïe ! Toutes les religions et croyances du monde enseignent le salut par les œuvres, les mérites, les dons, les sacrifices ou les souffrances… L’Evangile proclame l’exact contraire : le salut gratuit, par la foi en Jésus. Ce message vient du Ciel. Il n’a pas jailli du cerveau de l’homme !

Tandis que les miracles sont le témoignage de la puissance divine de Jésus, l’annonce de l’Evangile est celui de sa sagesse parfaite.

Quand Jésus parle, c’est Dieu qui parle. Sa Parole est puissante pour instruire, consoler, apaiser, remplir les cœurs de joie et d’espérance. Elle change profondément les comportements. Matthieu souligne l’impact de ses discours sur le peuple : « Les foules restèrent frappées par son enseignement, car il enseignait avec autorité, et non comme leurs scribes. »(Matthieu 7.28,29) Luc rapporte qu’à Nazareth, ses auditeurs « étaient étonnés des paroles de grâce qui sortaient de sa bouche »(Luc 4.22).

« Es-tu celui qui doit venir ? »

Oui ! Les miracles et les discours désignent Jésus d’autant plus clairement comme le Messie qu’Esaïe avait annoncé que c’est à ces signes qu’on le reconnaîtrait. Voici ce qu’avait écrit le prophète : « Alors les yeux des aveugles seront ouverts et les oreilles des sourds seront débouchées. Alors le boiteux sautera comme un cerf et la langue du muet lancera des cris joyeux »(Esaïe 35,5,6). Et aussi : « L’Eternel m’a oint pour porter de bonnes nouvelles aux pauvres. »(Esaïe 61.1)

En répondant aux disciples de Jean : « Les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, etc. », Jésus les invite à constater par eux-mêmes que la prophétie d’Esaïe s’accomplit sous leurs yeux !

Chers amis !

L’évangéliste Jean écrit à la fin de son livre : « Jésus a encore accompli, en présence de ses disciples, beaucoup d’autres signes qui ne sont pas décrits dans ce livre. » (Jean 20.30) Mais ceux qui ont été décrits – ajoute-t-il – l’ont été « afin que vous croyiez que Jésus est le Messie, le Fils de Dieu, et qu’en croyant, vous ayez la vie en son nom. »(Jn 20.30, 31)

Les récits des évangélistes nous permettent en outre de constater que toutes les prophéties de l’Ancien Testament se sont accomplies à la lettre en Jésus ; preuve qu’il est bien « celui qui devait venir » :

- il est né de la vierge Marie, ainsi qu’Esaïe l’avait annoncé : « La vierge sera enceinte, elle mettra au monde un fils et l’appellera Emmanuel »(Esaïe 7.14) ;

- il est né à Bethléhem, comme Michée l’avait prophétisé : « Et toi, Bethléhem Ephrata, qui es petite parmi les villes de Juda, de toi sortira pour moi celui qui dominera sur Israël et dont l’origine remonte, loin dans le passé, à l’éternité »(Michée 5.1) ;

- il a fait son entrée à Jérusalem monté sur un ânon, selon la parole de Zacharie : « Voici ton roi qui vient à toi […], il est humble et monté sur un âne, sur un ânon, le petit d’une ânesse »(Zacharie 9.9) ;

- il est mort sur une croix, comme le préfigurait le poteau avec le serpent d’airain élevé par Moïse dans le désert (Nombre 21.8) ;

- les soldats se sont partagé ses vêtements et ont tiré au sort sa tunique, comme David l’avait annoncé : « Ils se partagent mes vêtements, ils tirent au sort mon habit »(Psaume 22.19) ;

- sur la croix, Jésus souffre et expie les péchés du monde selon la description très précise d’Esaïe dans son célèbre chapitre 53.

Voici maintenant l’autre volet de la réponse de Jésus :

2. « Heureux celui pour qui je ne serai pas une occasion de chute »

Bien que les miracles et l’accomplissement des prophéties constituent la preuve indéniable que Jésus est le Sauveur promis, beaucoup de personnes refusent de l’admettre. Même certains disciples se sont mis à douter, soit parce qu’ils ont été surpris par l’apparence humble de Jésus, soit parce qu’il ne répondait pas à l’image qu’ils se faisaient du Messie. D’où ce commentaire du Seigneur : « Heureux celui pour qui je ne serai pas une occasion de chute. » Il met ses auditeurs en garde, pour qu’ils ne tombent pas dans le piège mortel de l’incrédulité.

Mais qu’y a-t-il de si choquant en la personne de Jésus ?

Beaucoup sont effectivement troublés par son apparence, son “costume” de serviteur, son humilité, sa pauvreté ; bref, par ce que l’on appelle son abaissement.

Jésus n’a ni la prestance ni le prestige des grands de ce monde. Il n’est pas richement vêtu. Il n’habite pas dans un palais luxueux. Il ne fait pas partie de la classe supérieure de la société. Qui est sa mère ? Une « humble servante »(Luc 1.48), comme Marie le dit elle-même. Son père adoptif ? Certes, un lointain descendant du roi David, mais tout de même qu’un simple charpentier. Où est-il né ? A Bethléhem, une bourgade insignifiante. Où a-t-il grandi ? A Nazareth, en Galilée : « Peut-il sortir quelque chose de bon de Nazareth ? »(Jean 1.46), avait demandé Nathanaël.

Face à ces réalités, beaucoup ont vite fait d’oublier les miracles qui les avaient éblouis et les sermons pleins de sagesse qui les avaient émerveillés.

Ensuite, Jésus ne correspond pas du tout à l’idée que la plupart se faisaient de

« celui qui devait venir »

 : ils se le représentaient sous les traits d’un prince puissant et glorieux qui apporterait bien-être et prospérité à la nation et la libérerait de l’occupant romain. Ils s’attendaient à un Messie qui use de sa force divine pour instaurer le paradis en Israël. Mais rien de tout cela avec Jésus !

Son enseignement aussi pose problème. Il dénonce le péché, ce qui a le don d’irriter les bien-pensants qui croient en la bonté de l’homme. Ses appels à la repentance ne sont pas de nature à flatter l’ego des gens. Son offre de pardon et de grâce, c’est bon pour les gens de mauvaise vie, les prostituées et les publicains – ces percepteurs véreux –, mais pas pour les “honnêtes gens”.

Quant au peuple dans son ensemble, il se laisse facilement influencer par les critiques et l’opposition dont Jésus ne cesse d’être la cible de la part des dignitaires religieux. Ces derniers n’arrêtent pas de le contredire, de contester son autorité. En présence de miracles qu’ils ne peuvent nier, ils l’accusent même de les faire par la puissance de Béelzébul, le prince des démons !

Dernier point – et non des moindres : le moment n’est certes pas encore venu, mais que va-t-on penser quand on le verra couronné d’épines, le dos ensanglanté et cloué sur une croix entre deux malfaiteurs ?

Mais regardez-le ! Quel spectacle lamentable ! Comment pourrait-on ne pas détourner les regards d’un tel homme !

Comprenez-vous pourquoi Jésus dit : « Heureux celui pour qui je ne serai pas une occasion de chute » ?

Il fallait que Jésus mette ses auditeurs en garde pour qu’ils ne se laissent pas ébranler. Le fait d’appeler « heureux » (ou « bienheureux ») ceux qui persévèrent dans la foi constitue pour eux un puissant soutien. C’est la confirmation qu’ils sont les héritiers de la vie éternelle.

Par conséquent,

– « heureux » ceux que l’humilité de Jésus ne scandalise pas, mais qui, éclairés par le Saint-Esprit, ont compris que l’abaissement est un sujet de gloire pour lui, puisqu’en l’acceptant, il accomplit le salut de l’humanité !

– « heureux » ceux qui se souviennent que tout cela était écrit d’avance, en particulier dans le Livre d’Esaïe : « Méprisé et délaissé par les hommes, homme de douleur, habitué à la souffrance, il était pareil à celui face auquel on détourne la tête : nous l’avons méprisé, nous n’avons fait aucun cas de lui »(Esaïe 53.3) ; – « Mais il était blessé à cause de nos péchés, brisé à cause de nos iniquités. La punition qui nous donne la paix est tombée sur lui, et c’est par ses blessures que nous sommes guéris »(Esaïe 53.5) ;

– « heureux » ceux pour qui l’abaissement de Jésus, loin d’être « une occasion de chute », est au contraire une nouvelle preuve qu’il est bien « celui qui doit venir » !

Chers amis !

A nous aussi, les Evangiles nous renvoient l’image de la pauvreté et de l’humilité de Jésus, celle d’un personnage méprisé et rejeté par ses contemporains.

Mais Dieu merci ! Cela ne nous trouble pas, car nous avons compris pourquoi il a accepté tant d’humilité. Nous savons aussi que son abaissement a été suivi d’une grande gloire. En effet, le troisième jour, il est ressuscité des morts. Puis il est monté au Ciel et s’est assis à la Droite du Père !

Or d’autres éléments, en lien avec son humilité, pourraient nous perturber.

Par exemple, le fait que l’Evangile, centré autour du « message de la croix »(1 Corinthiens 1.18), est considéré comme de la folie par le monde.

Il en va de même des saintes Ecritures dans leur ensemble. De là vient que ceux qui s’attachent aux vérités bibliques passent généralement pour des gens naïfs, quand ce n’est pas pour des attardés mentaux.

De plus, la vie pieuse que les croyants s’efforcent de mener, et qui tranche avec la conduite des incroyants, les expose parfois aussi aux moqueries et aux sarcasmes de leur entourage.

Autre élément déstabilisant : l’Eglise chrétienne, dont nous faisons partie en tant que croyants, est d’apparence pauvre et faible, à l’image de son fondateur. Souvent méprisée et persécutée au cours des siècles, elle n’a de loin pas le prestige des grandes et brillantes institutions humaines. Les communautés paroissiales fidèles à l’enseignement biblique n’attirent pas les foules ; elles constituent généralement de « petits troupeaux »(Luc 12.32) que le monde considère avec dédain.

Autant de pièges qui pourraient ébranler la foi des croyants …

Heureusement, le Seigneur veille et nous dit à nous aussi : « Heureux celui qui ne trébuchera pas à cause de moi ! » En évoquant la félicité céleste qui nous est promise, il nous encourage et nous conforte dans la volonté de résister courageusement aux perfides insinuations du diable.

« Es-tu celui qui doit venir ? »

Frères et sœurs !

Remercions le Seigneur pour la réponse pleine de force et de sagesse qu’il a fait transmettre à Jean-Baptiste : elle nous fortifie puissamment dans la certitude qu’il est vraiment le Sauveur qui devait venir et qui reviendra au Dernier Jour dans sa gloire divine pour nous prendre avec lui dans les demeures célestes ! Amen.

2 Ou « un obstacle » (Segond 21)

4e dimanche de l’Avent

Luc 3.2b-14

2b C'est alors que la parole de Dieu fut adressée à Jean, fils de Zacharie, dans le désert, 3 et Jean parcourut toute la région du Jourdain ; il prêchait le baptême de repentance pour le pardon des péchés, 4 conformément à ce qui est écrit dans le livre des paroles du prophète Esaïe : C'est la voix de celui qui crie dans le désert : ‘Préparez le chemin du Seigneur, rendez ses sentiers droits.’ 5 Toute vallée sera comblée, toute montagne et toute colline seront abaissées ; ce qui est tortueux sera redressé et les chemins rocailleux seront aplanis. 6 Et tout homme verra le salut de Dieu.

7 Il disait donc aux foules qui venaient se faire baptiser par lui : « Races de vipères, qui vous a appris à fuir la colère à venir ? 8 Produisez donc des fruits dignes de la repentance (note 3) et ne vous mettez pas à dire en vous-mêmes : ‘Nous avons Abraham pour ancêtre !’ En effet, je vous déclare que de ces pierres Dieu peut faire naître des descendants à Abraham. 9 Déjà la hache est mise à la racine des arbres : tout arbre qui ne produit pas de bons fruits sera donc coupé et jeté au feu. »

10 La foule l'interrogeait : « Que devons-nous donc faire ? » 11 Il leur répondit : « Que celui qui a deux chemises partage avec celui qui n'en a pas, et que celui qui a de quoi manger fasse de même. » 12