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Ce livre propose un cheminement intérieur pour découvrir la mission propre à laquelle Dieu nous appelle, celle qui nous rendra heureux et sera utile pour le monde. À travers de nombreux exemples et des exercices concrets, Marguerite Chevreul nous apprend à reconnaître nos talents et à les exercer dans toutes les dimensions de notre vie, aussi bien personnelle que professionnelle. Quels que soient notre âge ou notre situation, nous découvrons ainsi nos ressources profondes, sur lesquelles nous pouvons nous appuyer pour identifier notre vocation personnelle et donner du sens à notre existence. Un ouvrage précieux pour mieux nous connaître et nous engager pleinement dans la mission de notre vie.
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Seitenzahl: 134
Veröffentlichungsjahr: 2020
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Conception couverture : © Christophe Roger
Composition : Soft Office (38)
© Éditions Emmanuel, 2020
89, bd Auguste-Blanqui – 75013 Paris
www.editions-emmanuel.com
ISBN : 9-782-35389-783-4
Dépôt légal : 3e trimestre 2020
À mes filleuls Béatrice, Guilain, Louis, Florian, Charles, Vincent et Maylis, dont les vocations bien diverses me réjouissent le cœur !
INTRODUCTION
Chercher le sens de sa vie ?
« Là ou vos talents et les besoins du monde se rencontrent, là se trouve votre vocation. »
Aristote
Quel est le sens de ma vie ? Cette question apparemment banale est omniprésente aujourd’hui. Elle est au cœur des interrogations personnelles, mais aussi des études des sociologues ou de la réflexion philosophique. C’est la question que se pose la génération née à fin du XXe siècle, qu’on appelle la génération Y – ou « why » –, la génération du pourquoi.
Plus qu’une mode passagère, il semble bien que cela traduise un besoin important de sens, de direction, dans notre société occidentale en proie aux incertitudes face à des bouleversements importants. Si la question se pose de façon globale, elle rejoint pour chacun celle du sens de sa propre existence, de son éventuelle vocation personnelle.
Un besoin général de sens
Ce besoin de trouver du sens à notre existence, nous l’exprimons particulièrement à certains moments de notre vie. À l’adolescence et dans les débuts de l’âge adulte, rares sont ceux qui voient clairement quelle est leur vocation. Pour beaucoup, l’engagement dans les études supérieures se fait en fonction des résultats scolaires. De même, les choix professionnels se fondent plus souvent sur des données économiques que sur une prise en compte de la nature de chacun, de ses capacités personnelles et de ses désirs profonds. Cela explique pourquoi cette nouvelle génération qui démarre dans la vie professionnelle se montre aussi désabusée face aux impératifs des entreprises.
La question se pose aussi plus généralement face aux échecs et aux difficultés, que ce soit dans l’activité professionnelle ou dans la vie personnelle. Certains ressentent une insatisfaction ou un vide face à des désirs non réalisés, avec parfois le sentiment d’être passés à côté de leur vie.
Cette interrogation concerne également des personnes plus âgées ayant tout réussi, semble-t-il, dans leur vie professionnelle et personnelle. Tout d’un coup, elles ressentent un besoin de motivation supplémentaire et se demandent « à quoi bon » : à quoi bon toute cette énergie déployée, pour quoi faire tout cela… On appelle cela « l’aquoibonisme », qui rejoint l’acédie décrite par les maîtres spirituels, ce sentiment de découragement face à l’ampleur des défis posés par le monde actuel, avec la tentation de tout laisser tomber, ou bien de tout remettre en question.
D’autres peuvent aussi ressentir une perte de sens de leur vie à certains moments charnières de l’existence, les « turning points » : la crise de la quarantaine, le départ des enfants (le syndrome du nid vide, spécialement pour les mères), l’arrivée à l’âge de la retraite.
Nécessité de se connaître soi-même
Si ce besoin de sens est inhérent à notre nature humaine, et particulièrement aigu en ce moment, il est aussi accentué par le fait que beaucoup n’ont jamais pris le temps de s’interroger sur eux-mêmes ni de chercher à se connaître.
« Connais-toi toi-même » : cette injonction de Socrate figurait sur le portail du temple de Delphes. Pour les philosophes grecs, la base de toute réflexion était d’abord la connaissance de soi.
Or, nous croyons parfois ne pas avoir besoin de nous connaître mieux. Nous pensons que ce serait un retour sur soi nombriliste, ou craignons que cet exercice ne nous entraîne à découvrir que nous ne sommes pas ce que nous pensons être, non pas le superman ou la superwoman que nous voulons montrer aux autres, mais finalement un « pauvre type ».
Le besoin de connaissance de soi peut nous poursuivre tout au long de notre vie. Il est donc nécessaire de comprendre qui nous sommes, comment nous fonctionnons, quels sont nos qualités et défauts. Nous apprenons ainsi à mieux nous gérer, à anticiper nos réactions négatives, à choisir ce qui nous correspond le mieux dans nos activités. C’est le chemin de notre maturité, qui nous permet de sortir d’une vision idéalisée de nous-mêmes, risquant de nous conduire à des décisions dangereuses ou au contraire à une mauvaise estime de nous-mêmes paralysante et déprimante. Il s’agit aussi d’accepter de se regarder tel qu’on est et non pas tel que les autres nous ont dit que nous étions.
Cette connaissance de soi devient indispensable à certains moments de notre vie, à l’heure des choix déterminants, particulièrement professionnels, mais aussi pour d’autres choix tels que le départ à la retraite, etc.
Une telle question ne se posait pas dans le passé, quand les choix de métier étaient presque toujours déterminés par l’histoire familiale. Si on naissait dans une famille d’agriculteurs, on devenait agriculteur, de même que les médecins ou les notaires l’étaient de père en fils… Mais aujourd’hui, les possibilités sont larges, et il nous est permis de prendre une direction où nous pourrons donner le meilleur de nous-mêmes, en fonction de ce que nous sommes, de nos dons, de nos goûts et de nos désirs les plus profonds.
Cette connaissance de nous-mêmes rejoint ainsi la question du sens de notre vie. Que signifie notre vie ? Vers quoi peut-elle tendre ? Sommes-nous destinés à quelque chose de particulier ? Avons-nous chacun une vocation ou une mission personnelle à remplir ?
Connaître ses talents pour identifier sa vocation
Aristote disait : « Là où vos talents et les besoins du monde se rencontrent, là se trouve votre vocation. »
Notre vocation se fonde en effet sur ce que nous sommes, et plus spécifiquement sur nos talents. C’est pourquoi je vous propose de commencer par l’identification de vos talents, pas toujours si simple. Cela permettra ensuite d’examiner comment vous les exercez dans vos activités, et si vous les prenez en compte dans vos choix, notamment professionnels – ce qui vous conduira à vous interroger sur votre vision du travail et sur sa finalité. Enfin, nous élargirons ensuite notre réflexion à la question du sens de votre vie, et donc de votre vocation personnelle.
Méthodologie proposée ou quelques conseils pour cette réflexion
Cet ouvrage n’est pas un livre théorique. C’est un guide pour votre réflexion personnelle, un coaching indirect. Je vous propose un voyage intérieur et vous donne seulement un itinéraire et quelques astuces pratiques. Vous irez à la découverte de vous-même, découverte qui confirmera vraisemblablement beaucoup de vos intuitions et renforcera vos motivations sur des choix déjà entrepris. Pour certains, ce voyage conduira peut-être à des remises en question, à une réflexion plus approfondie, à des changements, petits ou grands, ou encore à des orientations nouvelles… Vous trouverez la réponse à certaines de vos questions et, peut-être, de nouvelles interrogations se feront jour.
Pour ce cheminement, quelques conseils s’imposent. Tout d’abord, prenez le recul nécessaire. Si vous êtes dans une « période de marge » (parenthèse entre deux jobs, vacances, congé longue durée…), profitez-en. Sinon, créez-vous ce temps de distance par rapport à vos activités habituelles. Isolez-vous si vous le pouvez1, mettez-vous à l’écart pour vous concentrer sur votre réflexion et éviter de vous disperser.
Ensuite, prenez votre temps. Ne lisez pas trop vite, répondez tranquillement aux questions proposées à la fin de chaque chapitre, qui ont pour but de vous aider à intégrer la réflexion et à vous impliquer personnellement. Aidez-vous aussi des fiches et des exercices suggérés pour creuser vos idées.
Préparez-vous à d’éventuelles surprises !
1. Un séjour à la campagne, une retraite, une marche dans le désert, le chemin de Saint-Jacques de Compostelle, une retraite ignatienne et même une thalasso sont de belles opportunités !
Questions
• Quel sens a ma vie ? Ai-je identifié un but à mon existence ou suis-je dans l’interrogation quant à mon « pour quoi » ?
• Comment ai-je choisi mon métier ? Quels éléments ai-je pris en compte pour mon orientation ? Comment ai-je pu être influencé ?
• Pourquoi est-ce que je me pose cette question aujourd’hui ?
• Comment est-ce que je vais m’organiser pour aller au bout de cette réflexion ?
CHAPITRE 1
Tu as du talent…
« Dieu dit : “Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance.” »
Gn 1, 26
Partir de la connaissance de nos talents constitue la première étape de notre parcours de découverte du sens de notre vie, le « pour quoi » de notre existence.
Des talents pour tous
Qu’est-ce que le talent ? Dans l’Antiquité, le mot « talent » désignait une unité de monnaie, à laquelle se réfère la parabole des talents de l’Évangile. Le mot a pris de ce fait une autre signification : celle d’une aptitude particulière dans une activité humaine.
On pense souvent que la notion de talent est réservée aux artistes ou aux grands hommes qui ont des dons exceptionnels. Pendant longtemps dans les entreprises, les politiques de ressources humaines consacrées aux talents ne se sont adressées qu’à ceux qu’on appelait les « hauts potentiels » ou aux top managers. Aujourd’hui, les services RH de certaines entreprises ont un département « Développement des talents » qui concerne l’ensemble du personnel, avec des talent managers. Ces entreprises ont en effet compris que chaque salarié, quels que soient son emploi et sa formation initiale, constituait une ressource précieuse avec des qualités propres, utiles et nécessaires.
Chacun d’entre nous se distingue par des dons et des manières particulières d’agir, dont nous ne sommes pas toujours conscients, mais que les autres voient. Pour les chrétiens, la Bible nous en donne une explication. En tant qu’hommes et femmes, nous avons tous été créés à l’image et à la ressemblance de Dieu : « Dieu dit : “Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance” » (Gn 1, 26). Pour moi, les talents sont la marque de cette ressemblance avec Dieu créateur.
Cette ressemblance nous concerne tous. Aucun d’entre nous ne peut se considérer (ou être considéré) comme nul, et donc sans talent. Même la personne la plus handicapée a un talent, et pas seulement celui d’avoir besoin de nous, de notre aide et de notre compassion. C’est beaucoup plus que cela. Je me souviens de Sylvie, rencontrée à Lourdes, tétraplégique depuis l’âge de 18 ans à la suite d’un accident de voiture, dont le sourire illuminait la salle des malades. Elle encourageait tous les brancardiers et nous ramenait à l’essentiel.
Des aptitudes spécifiques
Comment définir les talents ? Ce ne sont pas seulement des qualités, mais des capacités à faire quelque chose, à réaliser une activité. Les talents combinent savoir-être et savoir-faire. En d’autres termes, on peut distinguer dans les talents le hard et le soft : ce que je suis capable de faire (mes capacités, mes compétences pratiques) et mes qualités d’être (relationnelles, émotionnelles, intellectuelles, etc.).
Cette alchimie unique et personnelle se manifeste dans des talents bien spécifiques et extrêmement variés : talent pour organiser une activité, talent pour analyser et résoudre un problème difficile, talent pour accueillir des personnes ou pour les conseiller, talent pour construire ou réparer une machine, talent pour diriger une équipe et la conduire vers un objectif important, etc.
Le talent est cependant différent de la compétence. La compétence est acquise, apprise, alors que le talent est inné. Ainsi, vous pouvez devenir bon en langues sans être particulièrement doué pour cela au départ. En revanche, si vous êtes vraiment doué pour les langues (et dans ce cas, vous avez aussi sans doute de l’oreille), vous parlerez toujours plus facilement l’anglais que la personne qui s’est appliquée à l’apprendre. Et avec un meilleur accent !
Les talents se distinguent aussi des charismes dont parle saint Paul dans l’épître aux Romains : « Tous, tant que nous sommes, nous formons un seul corps ; tous et chacun, nous sommes membres les uns des autres. Et selon la grâce que Dieu nous a donnée, nous avons reçu des dons qui sont différents » (Rm 12, 5-6).Il énumère ensuite un certain nombre de ces dons :prophétiser, servir, enseigner, donner, diriger, être actif, se dévouer aux malheureux… De même dans la lettre aux Éphésiens :
Chacun de nous a reçu sa part de faveur divine selon que le Christ a mesuré ses dons. C’est lui qui a donné aux uns d’être apôtres, à d’autres d’être prophètes ou encore évangélistes, ou bien pasteurs et docteurs, organisant ainsi les saints pour l’œuvre du ministère en vue de la construction du Corps du Christ (Ep 4, 11-12).
Il s’agit bien là de dons spécifiques reçus non pour soi-même, mais destinés à la croissance de l’Église, dons qui peuvent être momentanés. Ces charismes s’appuient pour certains sur leurs talents, mais pas nécessairement.
Les talents, eux, sont permanents, même si certains ne se développent que tard dans notre vie. Ils nous sont si naturels que nous n’en avons pas toujours conscience. Souvent, nous les méconnaissons car ils concernent des activités que nous faisons facilement, sans effort, et sans comprendre que d’autres n’ont pas la même aisance.
Difficiles à identifier
Pourquoi ne connaissons-nous pas nos talents ou, plus exactement, pourquoi les méconnaissons-nous ?
Nous voyons en général très bien nos défauts et nos limites, ce que nous ne savons pas faire. Ce qui est bien, nos points forts, nos qualités et nos talents sont plus difficiles à reconnaître. Et ce n’est pas seulement une question d’humilité !
Une image faussée de nous-mêmes
Parfois, l’image que nous avons de nous-mêmes a été obscurcie. Cela peut provenir de notre éducation. Nos parents et nos éducateurs ont voulu nous faire progresser en insistant sur nos manques et nos défauts. Ils n’ont pas pensé à nous faire prendre conscience de nos forces et de nos qualités, peut-être par crainte de nous rendre orgueilleux. La pédagogie en France insiste sur les progrès personnels et la nécessité de faire mieux, en pointant tout ce qui ne va pas et qui doit être corrigé. Dans d’autres cultures, et notamment en Amérique du Nord, l’éducation valorise au contraire ce qui est positif en chacun. Les enfants sont ainsi encouragés systématiquement à développer leurs qualités et leurs talents.
Cette vision négative a pu avoir comme conséquence l’intégration en nous de croyances limitantes. C’est-à-dire de considérations très sévères sur nous-mêmes telles que : « je suis nul », « je n’y arriverai jamais ». Les difficultés rencontrées au cours de notre scolarité et de notre vie professionnelle, voire nos échecs, renforcent encore ces jugements qui nous bloquent, nous font douter de nous-mêmes et paralysent notre action.
À cela s’ajoutent aussi des interdits ou des injonctions venant également de notre culture quelquefois culpabilisante, comme : « ne te vante pas », « ne sois pas fier de toi », et même « ne réussis pas ». Ces phrases peuvent nous parasiter inconsciemment et nous empêcher de voir ce qui est bon en nous et fonctionne bien, en nous focalisant seulement sur nos points négatifs. Nous entretenons ainsi cette fausse croyance que nous ne sommes pas capables de réussir.
Fanny avait un frère aîné qui réussissait très bien à l’école. Ses parents les comparaient sans cesse pour la stimuler et lui disaient même : « Ton frère est doué, toi tu es nulle. » Elle s’en était persuadée et avait progressivement décidé que ce n’était pas la peine de s’appliquer à l’école et de faire des efforts inutiles pour progresser. En échec scolaire, elle a arrêté ses études avant le bac et a commencé à travailler en enchaînant des petits boulots. Parallèlement, elle s’est investie bénévolement dans une association. Là, son sens pratique, son sérieux et ses capacités d’organisation ont fait merveille. Des tâches de plus en plus nombreuses et complexes lui ont été confiées. Elle a finalement été embauchée par l’association pour un poste administratif dans le service du personnel. Après quelques années, elle a été nommée responsable d’un centre de formation, ce qu’elle trouvait assez drôle, elle l’ancienne « mauvaise élève ». Elle a surtout pris conscience qu’elle n’était pas nulle. Cela lui a donné la confiance suffisante pour reprendre des études et s’engager dans la voie dont elle avait toujours rêvé. Elle est devenue infirmière à 30 ans…
Des projets faits sur nous
Pour d’autres, cette mauvaise image de soi provient des projets faits par l’entourage sur leur propre avenir professionnel. C’est le cas notamment de ceux qui sont très différents des autres membres de la famille. Pensons à l’histoire du vilain petit canard d’Andersen qui se révèle être un cygne élevé dans une famille de canards, ou bien au film Billy Eliot dont le héros, fils d’ouvrier, doit lutter pour imposer son talent de danseur.
