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En 2021, dans un collège de Grenoble, Nina entre en 3ème avec ses deux meilleurs amis: Astrée et Ethan. Cependant, très vite, ils rencontrent Lucy, une nouvelle élève assez mystérieuse. Alors qu'Astrée semble changer brusquement, ils découvrent peu à peu leurs pouvoirs surnaturels, avec l'aide de Su, leur nouvel ami. Ils finissent par rassembler les six adolescents dotés de pouvoirs et ils créent La Nouvelle Académie. Mais, il semble manquer quelques personnes aux super-pouvoirs, alors qu'une menace importante pèse sur le monde entier... Mot de l'auteur: Je m'excuse d'avance, le fichier présente quelques soucis techniques (des décalages du texte) sur lesquels j'avais beaucoup travaillé mais visiblement ne s'est pas correctement mis de partout. Merci de votre compréhension.
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Seitenzahl: 254
Veröffentlichungsjahr: 2022
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À ma famille, mes amis, et tout lecteur qui trouverait ce livre...
CHAPITRE 1: UN ÉTRANGE PHÉNOMÈNE
CHAPITRE 2: NINA
CHAPITRE 3: NINA
CHAPITRE 4: ETHAN
CHAPITRE 5: NINA
CHAPITRE 6: SU
CHAPITRE 7: NINA
CHAPITRE 8: ETHAN
CHAPITRE 9: NINA
CHAPITRE 10: SU
CHAPITRE 11: NINA
CHAPITRE 12: ETHAN
CHAPITRE 13: LUCY
CHAPITRE 14: NINA
CHAPITRE 15: NINA
CHAPITRE 16: XENIA
CHAPITRE 17: NINA
CHAPITRE 18: XENIA
CHAPITRE 19: ETHAN
CHAPITRE 20: SU
CHAPITRE 21: NINA
CHAPITRE 22: NINA
CHAPITRE 23: AUSTIN
CHAPITRE 24: AUSTIN
CHAPITRE 25: ETHAN
CHAPITRE 26: XENIA
CHAPITRE 27: SU
CHAPITRE 28: ETHAN
CHAPITRE 29: NINA
CHAPITRE 30: NINA
CHAPITRE 31: LENNY
CHAPITRE 32: ETHAN
CHAPITRE 33: SU
CHAPITRE 34: AUSTIN
CHAPITRE 35: NINA
CHAPITRE 36: NINA
CHAPITRE 37: ETHAN
CHAPITRE 38: ETHAN
CHAPITRE 39: ETHAN
CHAPITRE 40: NINA
CHAPITRE 41: XENIA
CHAPITRE 42: NINA
CHAPITRE 43: NINA
CHAPITRE 44: ETHAN
CHAPITRE 45: ETHAN
CHAPITRE 46: AUSTIN
CHAPITRE 47: XENIA
CHAPITRE 48: NINA
26 mars 2007, Paris, 2:34
Une femme marchait là, le long de la route, une petite valise à la main. Elle s’arrêta devant un grand bâtiment, d’une architecture des années 1850. L’immeuble était à l’abandon, avec une pancarte « A louer » à moitié décrochée. La femme se dirigea vers la porte du bâtiment, et prit une bouffée d’air avant de brandir de vieilles clés et de les passer dans la serrure de la porte.
Elle entra dans le grand hall. L’architecture du bâtiment était également ancienne, à l’intérieur. Le sol était fait de carreaux noirs et blancs luisants du reflet de la large fenêtre située sur le mur en face de la femme. Il y avait un grand escalier de marbre poussiéreux. Le hall débouchait sur deux grandes salles.
La femme posa sa valise à terre. Elle l’ouvrit et en sortit des flacons remplis d’une substance étrangement bleu vif. Son sourire commença à s’élargir tandis qu’elle posait les neuf flacons sur le sol. Elle leva les yeux vers le plafond avant de les fermer. Elle resta ainsi quelques minutes. Elle n’entendait plus rien, juste le murmure du vent contre la fenêtre. Elle rouvrit les yeux, avant d’observer autour d’elle. Une lueur bleue l’enveloppait. Ses yeux étaient devenus vert vif, emplis d’une flamme haineuse. Elle baissa les yeux sur son ventre gonflé par presque trois mois de grossesse.
Toute histoire a une fin,
mais dans la vie, chaque fin annonce un nouveau départ…
Le pire reste à venir.
2 septembre 2021, Grenoble, 7:02
J’étais levée depuis une trentaine de minutes. Aujourd’hui était le jour de la rentrée, au collège, dès huit heures du matin pour toute une matinée. Injustement, nous, troisièmes, devions avoir notre rentrée en premiers. Étant déjà prête depuis quelques minutes, je profitais du moment de repos que je pouvais avoir. Allongée sur mon lit, j’écoutais de la musique sur mon téléphone avec mes écouteurs.
Mes parents dormaient encore, mon frère et ma sœur aussi. J’étais la seule éveillée, donc. Je n’avais aucune envie de reprendre les cours, comme toute adolescente. Pourtant, j’étais pratiquement sûre que la moitié du collège pensait que j’adorais les cours, je préférais aller en cours plutôt que de rester chez moi,...les clichés sur les personnes ayant de bonnes notes, quoi.
Je fixais le plafond, perdue dans mes pensées. Je tenais dans la main droite une montre à l’ancienne. Je l’avais toujours sur moi, elle appartenait à mon arrière grand-mère. Elle était décédée quelques mois plus tôt. Je ne la connaissais pas beaucoup car je ne lui rendais presque jamais visite, mais c’était la dernière chose qu’elle m’avait laissée, je ne savais pas vraiment pourquoi, d’ailleurs.
Aujourd’hui, je portais une robe bleu marine, l’une de mes favorites. J’avais également mis mon bandeau bleu. J’aimais beaucoup cet ensemble, comme tous mes amis.
J’avais tout de même hâte de les retrouver. Je n’en avais pas énormément, juste mon cercle d’amis, et d’autres personnes à qui je parlais de temps à autre. Il y avait ma meilleure amie, Astrée, et mon meilleur ami, Ethan. Astrée était géniale. Elle était toujours gentille avec tout le monde, pouvait rigoler pour tout et n’importe quoi. Elle était assez grande en taille, je la dépassais tout de même du haut de mes un mètre soixante dix. Elle avait des cheveux châtain foncé lui arrivant juste en dessous des épaules, et des yeux marron. Elle portait souvent des sweats et des pulls larges.
Et il y avait Ethan. Il était bien plus grand qu’Astrée et moi-même. Ses cheveux étaient châtain, et ses yeux verts. Ethan était quelqu’un d’incroyable aussi. Il était drôle, compréhensif, gentil, quoi qu’un peu trop bavard et lunatique parfois.
Au collège, il y avait aussi des personnes que je détestais absolument. Il s’agissait du groupe de populaires. Le plus détestable restait Austin. Il débordait de confiance en lui, se croyait toujours drôle. Il était très énergique, impulsif, rancunier et lunatique. Son point positif était son côté protecteur envers ses amis, sans doute. Austin était plus grand que moi, il avait des cheveux châtain clair et des yeux bleus. La seule que j’appréciais un minimum dans la bande d’Austin devait être Xenia. J’aimais tout d’abord son prénom original. Xenia était une personne sociable, tout de même gentille avec les autres, elle était toujours optimiste et débordante d’énergie. Elle pouvait quand même se montrer très naïve. Elle était petite en taille, avec des cheveux blond ondulés et des yeux noisette. Elle aimait beaucoup les couleurs vives d’après son style vestimentaire particulier.
Je regardai l’heure sur ma montre à l’ancienne. Il était sept heures trente, l’heure pour moi de me mettre en route. Je coupai la musique et arrachai mes écouteurs, puis éteignis mon téléphone pour le glisser dans la poche de mon sac posé à mes pieds. Je pris mon sac pour le traîner dans le couloir. Je m’arrêtai pour enfiler mes baskets blanches et ma veste en jean, avant d’ouvrir la porte et de partir, direction mon établissement scolaire.
Je marchai vite, non pas que je sois pressée d’aller en cours, mais plus pour me débarrasser du trajet. Je n’aimais pas le paysage, le bruit des voitures, les travaux par ci par là, les piétons qui marchaient trop lentement,…Je regardais à peine lorsque je traversais, me fiant uniquement aux sons. On disait parfois que j’étais folle à traverser sans m’arrêter ni regarder, mais j’anticipais toujours mon geste avec confiance.
J’arrivai au collège à sept heures quarante deux, soit trois minutes avant l’ouverture du portail. Astrée et Ethan n’étant pas encore arrivés, j’attendais dans un coin, à côté du portail. Peu d’élèves étaient là, une dizaine. Sur les murets installés face au portail se trouvait une fille, nouvelle sans aucun doute. Elle avait l’air solitaire, la capuche de son sweat noir abattue sur sa tête et ses écouteurs incrustés dans ses oreilles. Elle avait le visage penché sur son téléphone, assise sur le muret, son sac basique gris à ses pieds. Elle avait deux tresses brun foncé qui retombaient dans l’air et c’était à peine si l’on voyait son visage brun. Elle dut sentir mon regard car elle leva ses yeux verts pour croiser mon regard. Je détournai les yeux, mal à l’aise, au moment où Ethan arriva.
— Salut ! Alors, prête pour la rentrée ?
Je grimaçai sur le mot « rentrée ».
— Ne m’en parle même pas !
— Allez, c’est la dernière année au collège, ce n’est pas génial, ça ?
— Il y a le lycée, encore, puis l’université…
— Roh, ça va !
Il me sourit avant de remarquer la fille seule, sur le muret.
— Il y a des nouveaux, on dirait.
Je n’eus pas le temps de répondre car Astrée venait d’arriver.
— Salut ! Vous avez passé de bonnes vacances ?
— Ce n’est pas comme si nous avions parlé hier soir, même !
— Oh ça va, Ethan, je demandais ça comme chaque jour normal de rentrée !
Je perdis le fil de la discussion, les yeux rivés vers la nouvelle. Je ne savais pas ce que j’avais, ce matin, ni quel était mon problème avec cette fille, mais elle m’intriguait. J’avais comme vu ses yeux verts briller, lorsque nos regards s’étaient croisés. J’observai tous les autres élèves arrivés, et repérai Su, seul, avec son Rubik’s Cube. Su était un nouvel élève de l’année dernière, dans ma classe. Il n’avait qu’un ami dans la classe, qui a changé de collège cette année, même. Su n’avait rien de méchant. Il était coréen et gardait toujours son Rubik’s Cube sur lui, un peu comme moi avec la montre de mon arrière grand-mère.
— Nina, tu viens ou quoi ? me ramena Astrée.
Je suivis mes amis dans l’enceinte du collège, oubliant la fille et Su.
La principale du collège appelait chaque classe, en citant chaque élève, tandis que nous attendions notre nom, assis par terre, au milieu de la cour. La troisième une passa sans que mes amis, la fille, Su ou moi-même furent appelés. Je remarquai la bande d’Austin, dont il manquait un membre, assis dans leur coin, Austin ricanant en jaugeant des élèves du regard et Xenia, mal à l’aise, qui essayait de se concentrer sur l’appel des noms. Ce fut le tour de la troisième deux, et je fus triste d’entendre le nom d’Astrée sans le mien ni celui d’Ethan. La pauvre n’avait pas d’autres amis dans sa classe. Je me promis de faire de mon mieux afin qu’elle ne se sente pas seule. La bande d’Austin, la fille ni même Su avaient été appelés. Ce fut le tour de la troisième trois, puis quatre. La cour se vidait peu à peu jusqu’à l’appel de la dernière classe, la troisième cinq.
— Jessy Alanda.
Sur un silence glacial, la dénommée Jessy, que je connaissais comme étant une vraie peste, se leva pour rejoindre notre professeur principal, Monsieur Quasanas, sans doute le professeur d’histoire géographie le plus ennuyeux du collège.
— Martin Bigard. Amélie Bosana. Cassie Corand. Austin Dalas. Collin Derbe. Hédi Edmont. Talia Ery. Lucy Hanny.
Donc la fille s’appelait Lucy. Elle rejoignit le reste de la classe et fixa ses pieds.
— William Imo. Jeanny Jalson. Kelly Joran. Gale Lacard. Ethan Laury. Emilia Lora. Xenia Mason. Sofia Mency. Jean Mou-tans. Alex Nelly. Thomas Nelson. Alyson Ponce. Fanny Romand. Léo Sally. Nina Stanes.
Je me levai pour rejoindre Ethan, qui se contenta de me sourire avant de froncer les sourcils vers la principale.
— Luna Tare. Simon Tones. Rita Vaillard. Lenny Vendé. Su Wang-Gon.
Je tressaillis à l’appel de Lenny. Ethan me lança un regard inquiet mais ne posa pas plus de questions. Nous suivîmes Mr Quasanas jusque dans sa salle, au deuxième étage, en silence. Seul Austin bavardait avec Xenia, qui se contentait de l’écouter. Une fois dans la salle, nous n’eûmes pas le loisir de choisir nos places, dès le premier jour.
— J’ai déjà établi un plan de classe. Attendez au fond de la salle.
Nous obéîmes et restâmes « au fond de la classe ». Le silence était pesant dans la salle. Mr Quasanas se racla la gorge avant de commencer ses placements.
— Au premier rang viendront Sofia à côté de William, Austin à côté d’Amélie, et Jean à côté d’Emilia.
Bien évidemment, Mr Quasanas plaçait une fille et un garçon à côté. Il avait fait attention de mettre au premier rang un élève perturbateur à côté d’un élève sérieux. Austin soupira, haussa les sourcils et fusilla du regard le professeur avant de s’installer à côté d’Amélie, sur le rang du milieu.
— Deuxième rang, Martin et Alyson, Kelly et Collin, Talia et Thomas. Troisième rang, Fanny et Alex, Gale et Jessy, Cassie et Hédi. Quatrième rang, Ethan et Xenia, Luna et Simon, Jeanny et Léo. Cinquième rang, Rita toute seule, Lucy et Lenny, et enfin Nina et Su.
J’étais déçue de ne pas être à côté d’Ethan, mais Su ne me dérangeait pas non plus. Je m’installai à ma place, au fond de la salle, contre le mur. Su s’assit en silence à côté de moi. Il ne me dit pas un seul mot, ne me regarda même pas, comme si je n’étais pas là. Il jouait avec son Rubik’s Cube, le visage concentré. Mr Quasanas parla pendant une heure, en nous distribuant toutes sortes de documents. Tous avaient l’air intéressés par l’emploi du temps, qui n’était pas terrible. J’hésitais à parler à Su, pour dire quoi, de toute manière ? Salut, je suis Nina, enfin tu me connais déjà normalement ! Je serais passée pour une idiote qui essaie de se faire des amis.
— Tu sais résoudre des Rubik’s Cube ?
Surprise, je tournai la tête vers mon voisin. Alors même que je songeais à lui adresser la parole, lui-même venait de me poser cette question.
— Euh...Oui, j’en ai fait plusieurs fois.
— Une fois qu’on connaît la technique, c’est simple.
Je me contentai de hocher la tête lorsque la sonnerie retentit.
— Vous avez dix minutes de pause, ensuite je continuerai de vous expliquer le déroulement de l’année, lâcha Mr Quasanas.
Je me levais pour sortir de la salle en vitesse, les yeux rivés sur mes pieds, quand je heurtai quelqu’un au moment de tourner les talons pour traverser les rangs. Je levai les yeux sur le visage de Lucy, sa capuche toujours sur la tête, la luminosité de la pièce laissant voir clairement son visage. Je croisai son regard, encore une fois qui me perturbait. Cette fois, j’en étais sûre, ses yeux n’étaient pas normaux.
— Désolée, marmonnai-je.
Elle ne répondit pas et s’enfuit d’un pas pressé.
— Elle a quelque chose de particulier, cette nouvelle. Je sursautai lorsque Su m’adressa la parole.
— Oui…
— Toi aussi, tu as remarqué ses yeux. Il faudrait lui demander si elle porte des lentilles de couleur, ça s’expliquerait.
J’étais rassurée de ne pas être la seule, et de ne pas délirer.
— Aucune idée, je murmurai.
Ethan nous avait rejoints.
— Ah salut Su. Tu veux rester avec nous, pour la pause ?
— Avec plaisir, répondit l’intéressé avec un large sourire.
Je regardai d’un œil mauvais Lenny qui passait juste à côté de nous, avant de suivre Ethan et Su vers les escaliers.
— J’espère qu’Astrée va bien, dis-je.
— Elle finira peut-être par se faire des amis, dans sa clas-se.
Nous venions d’arriver dans la cour. Je cherchai Astrée du regard.
— On dirait qu’elle est en forme, en tout cas, lâcha Su.
Je suivis son regard vers un groupe de filles, LE groupe de Jessy, parmi lesquelles se trouvait Astrée.
— Si ce matin tu m’avais dit qu’Astrée ferait un jour partie de ce groupe de pestes, je n’y aurais jamais crû, marmonna Ethan.
Je n’en revenais pas de voir ma meilleure amie, nous oubliant totalement, riant comme ces filles, regarder d’un air hautain les personnes passant devant elle. Il y avait forcément une explication à cela.
— Elle finira bien par nous voir, dis-je, la mâchoire crispée.
— Je ne crois pas, non, me répondit Su.
À ce moment même, Lenny s’approcha de la bande de Jessy. Il fixait Astrée avec un grand sourire, les yeux pétillants. J’eus une vision d’horreur en voyant ma meilleure amie le regarder de la même façon, et pire encore, le rejoindre, et lui prendre la main. Mon cœur se brisa en mille morceaux.
Le fait de voir Astrée, celle que je croyais être ma meilleure amie, avec l’ex petit ami de Nina, me dégoûtait. Comment osait-elle faire ça, alors qu’elle savait pertinemment tout le mal qu’il avait infligé à Nina ? Je voyais le visage de Nina se décomposer. Je refusais de la laisser assister à cette scène plus longtemps. Je me plaçai derrière elle, posai mes mains sur ses épaules pour la retourner vers moi. Je me demandais moi-même si je ne rêvais pas. Hélas, il me semblait que ce cauchemar était bien réel. Su continuait de fixer Astrée et Lenny en train de se prendre dans les bras. Je baissai les yeux sur le visage de Nina. Elle semblait contenir ses émotions.
— Su ? Viens.
Su détourna le regard du cauchemar et me suivit lorsque j’entraînais Nina loin de tout, là où personne ne pouvait nous voir. Elle tremblait. C’était horrible pour moi de la voir dans cet état. J’avais envie d’aller voir Astrée afin qu’elle s’explique. Je forçai Nina à me regarder afin qu’elle ne soit pas plus bouleversée par ce qu’il venait de se passer. Des larmes commencèrent à couler le long de ses joues. Elle me regardait dans le blanc des yeux. Su, à côté de nous, continuait d’observer le groupe de Jessy, ne sachant pas quoi faire d’autre.
— Ça va aller, Nina.
Je ne pus m’empêcher de prendre ma meilleure amie dans mes bras, afin de la rassurer. Su se tourna vers nous à ce moment là, mais Nina ne pouvait le voir hausser un sourcil l’air de dire : Vraiment ?
En temps normal, j’aurais ri, mais ce n’était pas le moment. Là, je voulais juste aider Nina à aller mieux, et lui montrer que moi, je ne ferai jamais ce genre de chose. Su leva les yeux au ciel puis reporta son attention sur Astrée qui riait aux éclats. Nous restâmes ainsi jusqu’à ce que la sonnerie retentit. Je m’écartai de Nina qui semblait aller mieux.
— Merci.
— C’est normal. Ne t’en fais pas, on trouvera des amis qui valent bien mieux qu’Astrée. D’accord ?
Elle sourit légèrement et hocha la tête.
— Bon, désolé de vous interrompre, je n’ai pas servi à grand-chose parce que je ne fais pas partie de votre super groupe de meilleurs amis pas très fiables apparemment, mais il faudrait peut-être y aller si vous ne voulez pas que Monsieur Quasanas nous jette dehors.
Je ris avant de suivre Su et Nina vers le bâtiment. Heureusement, nous arrivâmes sans que Mr Quasanas nous fasse de remarque. Je m’installai à côté de Xenia, visiblement guère enthousiaste d’être à côté de moi.
— Rebonjour, je lâchai.
Je me pris un énorme vent, ce qui n’était pas très gentil. Enfin c’est vrai quoi, un minimum de politesse, non ? Je n’insistais pas plus auprès de Xenia, après tout, elle faisait partie de la bande d’Austin. Mr Quasanas continuait ses longues explications ennuyeuses. Le brevet, le stage, l’oral du brevet,...le classique de la troisième, quoi. Ne sachant que faire et ayant une voisine qui préférait m’ignorer et me laisser dans le vent, je gribouillais sur un carnet de brouillon. Je levais de temps en temps les yeux vers Nina, qui parlait avec Su et essayait de résoudre son Rubik’s Cube, visiblement. Au moins, elle ne s’ennuyait pas. Elle avait l’air d’aller bien mieux, ce qui était rassurant. J’en profitai pour examiner Lucy, qui intriguait Nina. Je l’avais compris par moi-même, car ce matin même Nina la fixait d’un air perplexe.
Je ne savais pas ce qu’elle avait par rapport à elle, mais il devait sûrement y avoir une bonne raison. Lucy semblait dessiner quelque chose dans un cahier, sous le regard de Lenny. Je détestais celui-ci. Il avait harcelé Nina lorsqu’elle avait voulu le quitter car il s’amusait à la tromper « parce qu’il avait besoin de se ressourcer » d’après lui. De toute façon, je le sentais mal depuis le début. Il me regardait toujours mal et essayait de se débarrasser de moi.
Je réalisai que j’avais transpercé la page de mon cahier. Je grimaçais avant de continuer mon gribouillage. Je jetai un œil vers Nina. À ma grande surprise, je croisai son regard. Elle me sourit avant de reporter son attention sur le Rubik’s Cube de Su. Je regardai à nouveau Lucy. Elle continuait de dessiner dans son cahier. Je remarquai alors ses yeux. Un vert étrange, scintillant. Je comprenais mieux pourquoi cela perturbait Nina. Soit Lucy portait des lentilles, soit...ses yeux étaient peut-être tout simplement comme ça ? Ou une maladie rare, peut-être ? Lenny leva les yeux vers moi. Il me lança un regard noir avant de tourner la tête en direction de Mr Quasanas.
Je m’ennuyais terriblement, malgré les gribouillis dans mon pauvre cahier de brouillon qui ne m’avait rien demandé, que je regardais à peine.
— Comment tu as fait ?
Je sursautai. Ma voisine venait vraiment de me parler, là ? Je tournai la tête vers elle. Je réfléchis au sens de sa phrase, avant de réaliser : fait quoi ?
— Pardon ?
— Ta main bouge vite.
Je la dévisageai, perplexe. Je ne comprenais pas où elle voulait en venir. Je faisais du gribouillage, normal que ma main bouge vite, non ?
— Je ne pige pas, là.
— Ta main a bougé tellement vite qu’on la voyait à peine.
Je me demandais si elle avait rêvé, ou si elle ne trouvait vraiment aucun sujet de discussion pour me dire des choses insensées. Je décidai de me montrer compréhensif dans la mesure du possible.
— Je fais du gribouillage, là. Vu que ce n’est pas compliqué, c’est normal, non ?
— Oui, mais...laisse tomber.
Je fronçai les sourcils avant de retourner à mon dessin insensé. Je regardai une dernière fois vers Nina et Su, qui écoutaient Mr Quasanas, avant d’observer un à un chaque élève de la classe. La sonnerie finit par retentir. Ma voisine se leva précipitamment pour partir, tandis que je prenais le temps d’enfiler ma veste et d’attendre Nina, car Su était parti dès la fin de la sonnerie.
— On y va ?
Nous sortîmes de la salle pour dévaler les escaliers et sortir du collège.
Ethan me raccompagna chez moi, comme l’année dernière, sauf qu’avant, c’était avec Astrée. J’essayais d’oublier cette dernière, mais c’était trop compliqué pour moi. J’avais eu une confiance aveugle en elle. Heureusement, il y avait encore Ethan, et maintenant, Su. Nous avions passé le reste de la matinée à résoudre son Rubik’s Cube – il était surpris que j’y arrive – et avions pu discuter – je ne savais pas pourquoi il me posait des tas de questions sur Ethan et moi.
— La semaine prochaine, ça ira mieux.
— Je l’espère…
J’appréciais l’optimisme d’Ethan, malgré le fait que je n’y croyais pas vraiment.
— On se voit ce week-end, de toute façon…ajouta-t-il.
— Oui ! répondis-je.
— Sauf si tu préfères inviter Su, à la place d’Astrée.
— Oh non ne t’en fais pas, ça ira.
À vrai dire, j’aimais l’idée de voir uniquement Ethan. Il me sourit.
— D’accord. On continue de parler par messages, de toute façon.
— Ouais.
— Oh d’ailleurs, tu as vu la vidéo que je t’ai envoyée, ce matin ?
— Non ? Qu’est-ce que tu m’as envoyé, encore ?
Il éclata de rire. Je restais dans l’incompréhension. Ethan envoyait souvent des vidéos qui n’avaient pas de sens, moi-même également. Nous envoyions toutes sortes de bêtises, comme des memes. Nous nous arrêtâmes pour que mon meilleur ami sorte son téléphone de son sac à dos, avant de poursuivre notre chemin tandis qu’il me montrait la vidéo en question. Nous rîmes tous deux, déclenchant des regards de jugement autour de nous.
— D’ailleurs, ça va mieux, tu sais, par rapport à tout ce qui t’arrive depuis la sixième…lâcha Ethan en reprenant son sérieux.
Je savais parfaitement de quoi il parlait. Avec Lenny, mais aussi un groupe anonyme d’élèves du collège créé en sixième exprès pour se moquer de moi, une amie qui m’avait trahie et essayé de retourner toutes mes amies contre moi – elle avait réussi, d’ailleurs, mes problèmes familiaux, mes facilités en cours qui faisaient que je m’ennuyais souvent, et surtout, mes problèmes dans le social. Ethan était au courant de tout, et Astrée aussi, malheureusement. Je connaissais Ethan depuis la sixième, et il m’avait toujours aidée, jamais laissée tomber, et moi également. Je ne connaissais Astrée que depuis l’année dernière, car elle était nouvelle dans le collège.
— Je vais bien mieux, oui, mais j’ai toujours des problèmes. Ethan...je ne t’ai jamais assez remercié pour tout ce que tu as fait pour moi.
— C’est normal. Tu as fait pareil pour moi, de toute façon.
Je souris, les larmes aux yeux. Je n’avais jamais eu une vie facile, et mon côté hypersensible rendait les choses encore plus compliquées. Au moins, Ethan me comprenait, car lui aussi vivait des choses horribles. J’évitais au maximum de me lamenter sur mon sort, car il y avait forcément quelqu’un qui vivait encore pire, bien pire. Ethan remarqua mes larmes car son visage s’attrista.
— Si seulement je pouvais changer les choses, murmura-t-il.
Je ne répondis pas. Nous venions d’arriver en bas de mon immeuble.
— Je n’ai pas envie de te laisser là, alors que je sais qu’à tout moment tu peux être en danger.
À présent, les larmes coulaient sur mes joues. J’essayai de les essuyer. Je n’avais pas à pleurer, non. Ethan me prit dans ses bras. J’appréciais ces moments, énormément. Je me sentais en sécurité, comme si tous mes problèmes étaient résolus.
— Tu m’appelles, si il y a un problème, d’accord ?
— D’accord.
Mon cœur battait la chamade, et ma tête commençait à chauffer. Je m’écartai doucement de mon meilleur ami et me détournai, n’osant plus le regarder dans les yeux.
— À samedi.
— Salut !
J’ouvris la porte d’entrée de mon immeuble et me précipitai à l’intérieur. Je montai les escaliers lentement, guère pressée de rentrer chez moi. Je réfléchissais à ce qui venait de se passer. Ethan faisait toujours ça, me prendre dans ses bras quand ça n’allait pas, or avant, je n’avais pas ces réactions. Seulement depuis aujourd’hui. Je finis par arriver devant la porte de mon appartement. Je sortis mes clés et ouvris la porte avant d’entrer dans le hall. Il n’y avait encore personne, à mon grand soulagement. Je me déchaussai et enlevai ma veste, avant de me réfugier dans ma chambre. Je posai ma montre sur mon bureau, et mon sac par terre, avant de m’étaler sur mon lit.
Je pris mon téléphone. Il était onze heures quarante cinq. J’avais un message d’Ethan, la fameuse vidéo, et une notification, signalant qu’Astrée avait quitté le groupe, qui se composait d’Ethan, elle, et moi. Je soupirai avant de me lever et de me diriger vers la cuisine. Seulement quelques secondes après que je sois debout, je commençai à voir tout noir. Mes yeux me brûlèrent et ma tête commença à tourner. Je m’appuyai sur le mur le plus proche et fermai les paupières fort. La sensation finit par partir. Je rouvris les yeux. J’étais dans la cuisine, alors que quelques secondes plus tôt, je me levais à peine du lit. Ce genre de choses m’arrivait souvent, depuis quelques années, des sortes de chutes de tension, sauf qu’avant, je ne changeais pas de pièce comme par magie. Je fronçai les sourcils.
Ne trouvant aucune explication, je me tournai vers mon réfrigérateur pour y prendre une tranche de jambon cru. Une fois le jambon cru avalé, je retournai dans ma chambre, fermai la porte et m’allongeai sur mon lit. Je pris mes écouteurs et les branchai à mon téléphone, puis mis ma playlist habituelle. Je reçus à ce moment même un message.
C’était Ethan. Je souris avant de déverrouiller mon téléphone et répondre :
Il répondit presque immédiatement.
Je ne savais pas quoi ajouter, alors je ne dis rien de plus.
Les battements de mon cœur s’accélèrent. Qu’est-ce que j’avais, à la fin ?
Je sursautai lorsque la porte d’entrée claqua. Ma mère ouvrit la porte de ma chambre d’un coup sec qui me fit bondir sur mes pieds.
— Nina ! Tu es là !
Je ne voyais pas où elle voulait en venir.
— Tu n’as même pas mis la table !
Normal, vu que c’était au tour de ma sœur, ce midi.
— Mais…
— Il n’y a pas de mais ! Tu étais seule pendant trente minutes ! Et tu n’as même pas vidé le lave-vaisselle !
Je ne répondis pas.
— Qu’est-ce que tu attends ? Une gifle, peut-être ?
Je pris une grande bouffée d’air avant de la contourner pour me diriger vers la cuisine.
— Non mais tu vas me répondre, quand même ?
Je tâchais de l’ignorer et de mettre la table, puis vider le lavevaisselle. Elle attendait, debout, bras croisés, le visage crispé par la colère.
— Tu verras, quand ton père rentrera ce soir !
Telle une gamine de cinq ans qui n’avait pas droit au dessert, elle fit une moue avant de tourner les talons et s’installer à sa place du canapé, le visage plongé sur son téléphone. Je n’ajoutai rien et retournai dans ma chambre, fermant la porte derrière moi au moment où mon frère rentrait à la maison.
— Tiens, Hayden ! cria ma mère au moment où j’incrustai mes écouteurs dans les oreilles.
Je pris mon téléphone en main et allumai l’écran. J’avais deux messages d’Ethan.
Je rentrais chez moi en bus, comme toujours. Sauf qu’il passait à midi, donc trente minutes d’attente à l’arrêt. Je manipulais mon Rubik’s Cube, songeur. Au moins, je n’étais pas seul, au collège. Cependant, je n’avais pas très envie de tenir la chandelle à longueur d’année. Ça se voyait clairement, qu’Ethan aimait Nina bien plus qu’une meilleure amie. Je n’arrivais pas à déterminer si c’était réciproque ou pas. Nina était assez compliquée à comprendre. Elle ne montrait pas facilement ses sentiments. J’en avais déduit qu’elle ne savait pas elle-même, car elle n’y avait jamais songé.
J’avais remarqué bien des choses, aujourd’hui. Lucy, la nouvelle élève, ne perturbait pas seulement moi. J’avais déduit de ses yeux qu’elle avait potentiellement une mutation génétique perturbant la couleur de ses yeux. Elle ne portait pas de lentilles, car sinon j’aurais remarqué la présence de lentilles sur ses yeux. Sauf si elle venait d’une autre planète, qu’elle avait subi des injections étranges, ou bien...elle n’était pas humaine ? Il fallait que je lui parle, pour en être sûr, or elle n’avait pas l’air facile à aborder. Elle était naturellement une personne solitaire.
J’observai les autres personnes, à l’arrêt du bus. Il y avait une vieille femme, assise sur le banc métallique, sans doute âgée de soixante douze ans. Elle fixait le paysage d’un air perplexe. À côté d’elle était assis un homme, d’une vingtaine d’années. Sans aucun doute un homme d’affaires. Et il y avait moi, debout, appuyé