Traces d'un pays - Pascal Verbaere - E-Book

Traces d'un pays E-Book

Pascal Verbaere

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Beschreibung

Pour aller de l'avant, il est bon de se retourner sur les traces d'un pays. Celui de son coeur. Certes, ce coeur, l'auteur est seul à l'avoir, comme le souffrait si bien Goethe... Mais peut-être trouverez-vous à sa lecture un monde proche du vôtre.

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Seitenzahl: 60

Veröffentlichungsjahr: 2021

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Du même auteur

À la limite du désert, Les Chemins de Traverse, 2001

L’amour domine la solitude, Les Éditions du Net, 2013

Du sentiment à perdre, Éditions BoD, 2014

Chant de ruines, BoD, 2015

Une torche allumée au coeur des crocs, BoD, 2018

Les reproches n'éloignent pas, BoD, 2019

Un blog notes ouvert en novembre 2011 :

http://www.pascaloupdesavoie.fr/

© Pascal Verbaere, 2021.

Table des petits cailloux

On refait le blog

J'ai failli oublier de ralentir l'azur

Le petit garçon ne partage pas la vindicte

Qu'il advienne le papillon sur les pôles !

Aux lèvres du coeur, larguer l'écume

Livret d'accompagnement

Post-scriptum

Parcours d'un coeur battant

On refait le blog

La poche gauche d'Internet n'est peut-être pas trouée. Et mes billets de manque n'ont certainement floué personne.

Voici qu'ils veulent me rendre la monnaie de leur liesse. Être publiés sur la plateforme Overblog, ce n'est pas trouver du pétrole, mais ce n'est pas rien.

Comme je sais interroger l'archiviste en ligne, retrouver la piste de ces signes ne me posera aucun problème...

Ils se bousculeront sans doute au tourniquet de ce livre, mais chaque petit caillou remonté à la surface deviendra, qui sait, une perle de vivre.

J'ai failli oublier de ralentir l'azur(2011 – 2016)

Sur le front

Tant qu'il y aura des enfants

Pour honorer les morts de l'engagement,

La France, racine du Ciel,

Joindra bravoure et parole essentielle.

Ils sont loin de nous, les Poilus,

Mais aucun n'est un soldat inconnu.

Tous les noms du monument

Sont des officiers pour les vivants.

Le Roi du lac

Sur le point de rejoindre le péage

D'Aiguebelette, j'ai pris mon coeur

En vacances, pour flâner au joli

Petit port d'attache du grand hiver.

Quel ne fut pas mon bonheur de voir

Ce qu'un élève avait voulu me faire croire :

" Je sais écrire mon prénom dans la glace. "

Un début de renom, pour la grâce.

Écrire aux éclats

Dans une salle obscure, il est aisé

De rester proche du chemin balisé

Par l'apparence. Rêver de la belle étoile

Projette sur le coeur comme un voile.

Fort heureusement, les éditions Points

Introduisent le jour aux quatre coins

Du cinéma. Les Fragments de Marilyn

Forment un tout qui, douloureusement, chemine :

" I seek joy but it is clothed with pain " ;

Je cherche la joie mais elle est habillée de chagrin.

Un soleil si jeune *

Descendu à tombeau ouvert

Du col de Saint-Saturnin,

J'ai failli oublier de ralentir l'azur

De ma vie pour un panneau d'hiver.

En plein milieu de l'empyrée,

Ailes pliées, l'ange de Sonnaz

M'a rappelé la chance et le miel

D'une existence que la santé embrase.

Au sortir du vestiaire de l'âme,

Son souvenir a cadencé la trame

Du jour et sa voix cristalline en mesure

Soufflé le lac sur mon vieux corps.

Église cardiaque

Le dernier tramway sur la place Rouge

Attendait pour Karl-Marx que je bouge.

Le temps de laisser descendre

Le docteur Jivago, un confrère

De mon jeune père, j'ai cu entendre

Son coeur battre la chamade.

Mauvais pressentiment ; au pas de course,

Il fut saisi d'un vertige fatal sous la Grande Ourse.

Une glace plus loin, au coin de la rue Lénine,

Une jeune femme blonde pressait encor l'allure...

Était-elle tout un monde pour lui ?

L'âme à genoux derrière la vitre,

J'ai prié le cimetière après la nuit

De m'apporter la lumière à ce titre.

Elle est apparue, le recueil des Poèmes

à Lara en guise de cernes sous les yeux.

Vide de moi alors j'ai réalisé, à l'ombre

D'une balalaïka, que deux êtres qui s'aiment

À ce point aiguisent la grande scène de la vie

Sans jamais craindre d'avoir à se dire adieu.

Les froids de l'homme

Au carrefour de la cité

" Vous n'auriez pas une petite pièce ? "

Résonne autour de l'opacité

Comme un reproche à notre liesse.

Il est planté là, les yeux rougis

Au mauvais vin pour bougie,

Et son regard d'enfant perdu nous rappelle

Que le trottoir ouvre une fenêtre fraternelle.

Coupable aux mains pleines, j'arrive à lui tendre

Un billet ; il se gêne pour le prendre,

Mais son compagnon d'infortune, bâtard

Des rues, remue la queue en dernier avatar.

Recueillement

Je viens de descendre du train, avec la mélancolie

D'un temps qui a rongé son frein. De Chambéry

À Toulon, impossible comme jadis et naguère

De se pencher dangereusement à la fenêtre.

Et puis, ce car vert qui m'emmenait à Six-Fours

A dû sombrer dans un golfe pas très clair.

Amère l'onde, sans grand-mère au monde.

Plus fragile que le muguet cher à Mayol,

Mamy s'est laissée, juste après le but de Boli,

Ensevelir par le premier mistral ;

Le souffle coupé, je porte une mort

De vingt ans à la boutonnière.

Une Belle fille

Elle citait Jean Cocteau,

Sur les planches ou en plateau :

" Les premières places ne sont pas

Intéressantes, celles qui m'intéressent,

Ce sont les places à part. "

Tout au long de son existence

Où la douleur ne lui fut point épargnée

(Et nous pensons à la disparition de Pauline),

Bernadette Lafont aura su échapper

Au conformisme des catalogueurs de talents.

Hôpital de jour

Le petit garçon qui s'accrochait

À la main de sa maman peut avoir grandi,

Il aura suffi que la maison

Se vide d'amour en urgence

Pour faire de lui un homme perdu.

Au refuge du travail, pourra-t-il

Éloigner sa luge de cette faille ? Difficile.

Le vrai changement

Un homme se dit innocent ;

" Innocent de quoi ? " réplique

Le shérif de sévice. Impitoyable

Doit être la vie, avec le mâle

Qui met du temps pour suivre le matin :

" Claudia m'a ramené dans le droit chemin. "

Saison sèche

Ne pleurons pas l'été qui s'en va

Sans avoir accouché d'une diva.

Le chagrin, il faut le garder pour soi ;

La face du monde a assez de joies.

Une mise en demeure, que ce proverbe

Japonais rend peut-être plus acerbe :

" Il y a toujours une guêpe

Pour piquer un visage en pleurs. "

Résolution

Place de l'Étoile, les bulles de champagne

Voilent pour cent ans la tombe du soldat inconnu.

Chacun prend sa part à la paix du monde

Et tous forment le voeu d'une année

Où seuls sonneront les douze coups de midi.

Mise en oeuvre

" Avant nous le déluge ", la déraison

D'être barbares au musée de Mossoul.

Des statues inestimables, réduites

En poussière. Leur âme perdue ?

Pas le moins du monde. Et la Civilisation

Ne saurait seulement essuyer les plâtres :

Portons aux nues les frappes chirurgicales !

Du potentiel

J'ai lu beaucoup de livres

Et je pense aux adolescents

Qui manquent de mots pour les vivre.

À huit fiches du brevet,

Pourront-ils plonger leur inquiétude

Dans cet extrait de Borges, traduit par Ibarra ?

" Qu'on me laisse sans crainte

Au bord des fleurs obscures :

Il est des nuits que je déchiffrerai toujours. "

Chemin des Hoirs

Bernard de Fallois, éditeur agrégé de lettres

Classiques, a fait sonner quelques chrysanthèmes :

" Nous produisons des générations de jeunes gens

Qui n'ont pas de curiosité ni d'admiration

Pour tous ceux qui les ont précédés. "

Au rapport de stage, Elke dément

L'allègement du bagage : " Les archives

M'attirent par tout ce qu'elles ont à nous raconter,

C'est comme une bibliothèque de la vie d'antan

Où l'on trouve toute l'histoire des individus

Et du tissu social qu'ils composent.